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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 16:44

 

Le Magazine Littéraire : le 7 août 2017

 

Chercheurs, associations, syndicats redoutent sa disparition pure et simple

 

En octobre 2016, la mairie de Paris a annoncé le transfert de la bibliothèque Marguerite-Durand dans la bibliothèque historique de la ville de Paris. Depuis, les syndicats s’y opposent et en particulier la CGT Culture de la direction des Affaires culturelles de la ville de Paris, qui a lancé une alerte dans un article publié le 28 juillet dernier sur son site.

 

Créée en 1932 à partir du legs de Marguerite Durand, militante féministe et fondatrice du journal La Fronde, la bibliothèque, qui porte son nom, est sur le point d’être transférée sur décision de la Direction des affaires culturelles de la ville de Paris. Hébergée dans la médiathèque Jean-Pierre-Melville, elle occupe un espace qui devrait être remplacé par une zone « détente », selon Bibliobs. Les raisons : trop peu d’inscrits et des horaires d’ouverture au public trop restreints – alors même que le ministère de la culture entend favoriser l’accès aux bibliothèques et notamment par l’élargissement des horaires d’ouverture. 

 

Pour la CGT de la Direction des affaires culturelles, les bâtiments de la Bibliothèque historique de la ville de Paris, situés dans le IVe arrondissement, seraient trop petits pour accueillir la totalité des ouvrages. Une grande partie du fonds se trouveraient alors dans un local, et les lecteurs qui voudraient les consulter devraient les commander pour les recevoir quelques jours plus tard. Le délai pour accéder à un ouvrage serait alors nettement augmenté pour une bibliothèque composée de milliers de livres, de documents et de photos sur l’histoire du féminisme et qui accueille des thésards, des sociologues, des historiens du monde entier. Les soutiens de la bibliothèque – chercheurs, associations, syndicats – redoutent sa disparition pure et simple.

 

Lire l'article du Magazine Littéraire

 

 

               

 

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 15:59

 

Quand à ceux qui ne viennent plus en bibliothèque ce n’est pas en raison des horaires, mais plutôt de « contraintes de temps » dans leur vie personnelle

 

Les bibliothèques ont surgi tout à coup dans la dernière campagne électorale, devenant, un peu à leur corps défendant, l’objet d’une attention soudaine. Qui s’attendait à ce que des candidats pris sous le feu des médias évoquent ce lieu un peu à l’écart de la cohue et des projecteurs ?  À vrai dire, cet intérêt s’est essentiellement focalisé sur un point, celui des horaires d’ouverture. Et cette question n’est pas si nouvelle puisque, dès la fin des années soixante-dix, elle suscite à intervalles réguliers questionnements, rapports, débats et analyses...

 

La France a développé son réseau de bibliothèques publiques très tardivement. Le retard sur les pays anglo-saxons et ceux du nord de l’Europe était criant jusque dans les années quatre-vingt. Mais le rattrapage a été rapide et aujourd’hui notre pays dispose d’un équipement parmi les plus développés d’Europe. On aurait pu s’attendre à une augmentation concomitante du public. Certes, celui-ci s’est accru, mais dans une proportion bien moindre. Surtout, on constate depuis quelques années la stagnation du nombre de lecteurs inscrits. Les causes en sont nombreuses et cette situation ne signifie nullement que le nombre d’usagers est en baisse puisqu’on mesure a contrario une augmentation forte de lecteurs non inscrits (les « séjourneurs »). C’est néanmoins dans ce contexte que la question de la faiblesse des horaires d’ouverture est apparue centrale.

 

La Métropole européenne de Lille a engagé sur ce sujet un travail d’enquête. Le rapport final particulièrement instructif a été rendu en mars 2017. Un échantillon de six bibliothèques ou collectivités a été constitué, représentant un quart de la population métropolitaine. Les enquêtes quantitatives et qualitatives ont été conduites en identifiant trois groupes : les usagers, les non-usagers et les agents. Plus de trois mille usagers au total ont pu donner leur avis sur les horaires et les services. Et c’est majoritairement le créneau 18 h-19 h00, voire 20 h qui apparaît le plus prisé, en particulier le mercredi et le vendredi. « Les usagers jugent que les heures de fermeture du soir sont le plus souvent trop tôt compte tenu de leurs propres emplois du temps (sortie de bureau, après d’autres activités ou la sortie de l’école de leurs enfants...) », note le rapport. « Le mercredi est un jour d’activité pour les enfants, dont certains passent à la bibliothèque ensuite, avec ou sans leurs parents, avant de rentrer à la maison. Le vendredi soir, veille de week-end, est un jour où une grande partie des usagers est moins pressée et peut s’offrir plus facilement du temps pour flâner à la bibliothèque et choisir des documents qu’elle consultera le samedi et le dimanche. »

 

La pause méridienne (12h-14h00) fait aussi l’objet d’une attente notable. Le samedi, l’attente est à peu près égale, quel que soit le créneau horaire, de 9h à 19h. En revanche, la demande d’ouverture le dimanche est de moindre intensité. Qu’en est-il des non-usagers ? Ils sont plus de mille cinq cent à avoir été interrogés et le premier constat, c’est que près de trois sur quatre sont eux-mêmes d’anciens usagers ! Ce n’est pas en raison des horaires, mais plutôt de contraintes de temps qu’ils se sont détournés de la bibliothèque... Parmi leurs souhaits, c’est la proximité physique du lieu qui arrive en tête ainsi que le fait de pouvoir accéder à des services en dehors des heures d’ouverture. Ils espèrent aussi une meilleure communication sur les activités et les ressources des bibliothèques.

 

Enfin l’enquête s’est intéressée aux agents des bibliothèques concernés. Le taux de réponse est de 99% ! On a mesuré à la fois leur perception de l’attente du public et la leur. S’ils perçoivent bien les attentes  des usagers (horaires identiques tous les jours d’ouverture, vacances scolaires ou pas, horaires exceptionnels pendant les périodes d’examen, ouverture lors de la pause déjeuner, etc.), Mais quelle est l’attente des agents eux-mêmes ? On peut penser qu’une bonne partie d’entre eux estime que le statu quo est souhaitable ; c’est en tout cas l’opinion majoritaire en ce qui concerne l’ouverture les jours fériés et le dimanche. Les agents pensent en outre qu’il est possible d’améliorer les horaires sans les augmenter, mais en les réaménageant. L’ouverture les jours fériés ou le dimanche n’est pas considérée comme une bonne solution. Il en est de même, pour une éventuelle augmentation des horaires pendant les grandes et petites vacances scolaires (qui est pourtant une demande très forte des usagers).

 

En cas d’extension des horaires d’ouverture hors dimanche et jours fériés, les agents interrogés souhaitent une augmentation du personnel et bénéficier de récupérations ou d’heures supplémentaires. Toutes les autres propositions suscitent des réactions majoritairement négatives (recrutement de bénévoles, ouverture limitée à certains espaces de la bibliothèque, modification des jours de repos sur plusieurs semaines, mobilité au sein du réseau, alternance semaine courte et semaine longue).

 

Publié à l'origine sur le site  ActuaLitté

 

 

 

          Bibliothèques : une enquête repousse les idées reçues sur les horaires d'ouverture

Bibliothèques : l'ouverture du dimanche n'est pas une priorité selon une enquête faire auprès des usagers
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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 17:04

 

Livres-Hebdo : le 5 août 2017

 

Un article mis en ligne par la CGT Culture a réveillé les inquiétudes concernant le projet de déménagement du fond d'archives féministe de la bibliothèque Marguerite-Durand

 

A partir de juin 2018, le bâtiment qui réunit depuis 1989 la bibliothèque Marguerite-Durand et la médiathèque Jean-Pierre Melville dans le XIIIe arrondissement de Paris (quartier Olympiades) fermera ses portes pour des travaux étalés sur l’année. La mairie compte aménager les locaux pour proposer un « espace détente » au sein de la médiathèque Melville. « Certains parlent même d’une cafétéria ! Un vrai projet de société », ironise l’article de blog de la CGT Culture, mis en ligne le 28 juillet.

 

L’annonce des travaux correspond au projet de déménagement de la bibliothèque Marguerite-Durand, dont l’impressionnant fonds de documentation féministe sera acheminé en partie à la Bibliothèque historique de la ville de Paris (dans le Marais). Le fonds constitué par Marguerite Durand, militante féministe et fondatrice du journal La Fronde, compte parmi les plus complets de France sur le sujet et rejoindra les fonds Marie-Louise Bouglé et George Sand à la BHVP dans le cadre d’un « projet scientifique et culturel sur ces trois fonds, géré par un ou une conservatrice dédié(e) sur le sujet », rapporte la ville de Paris interrogée par Livres Hebdo.

 

Cela fait près d’un an que la mairie travaille sur le projet de transfert de cette bibliothèque et de son fonds. L’idée remonte à l’année passée lorsque la proposition de création « d'une bibliothèque des femmes et du féminisme » est soumise au budget participatif de la ville de Paris. En réaction à un projet qu’elle juge « dangereux par son imprécision » l’association Archives du féminisme a publié en octobre dernier une tribune dans Libération où elle dénonce ce qui « pourrait n’être qu’une manière détournée de faire disparaître l’actuelle bibliothèque Marguerite-Durand ».

 

Les craintes liées au transfert anticipent une détérioration des conditions d’accès aux documents. Pour la CGT Culture, la BHVP n’aurait pas les capacités d’accueillir l’ensemble des archives. La ville de Paris ne s'en cache pas puisqu'elle nous confirme qu’une partie du fonds Durand – dont la proportion reste encore à définir – sera conservée dans le lieu de stockage et de conservation commun aux bibliothèques de la ville de Paris situé dans la Plaine Saint-Denis. Cela rendrait leur consultation plus contraignante avec des demandes à faire « au moins deux jours à l’avance », alors que « dans le quartier de Tolbiac, elles étaient à la disposition permanente des usagers » rappelle la CGT Culture. Le manque d’espace toucherait également le personnel dont les bureaux seraient dans « les anciens appartements de l’ancien conservateur ». « Enfin ce qu’il en reste  ! », toujours selon le syndicat.

 

Interrogée par Livres Hebdo, la ville de Paris s’explique : « Le but n’est pas du tout de nuire a la bibliothèque, ni de la fermer. C’est un patrimoine dont la ville est fière et qui a beaucoup de valeur aux yeux de la maire et de la Direction des Affaires culturelles (DAC) ». Concernant le soupçon de mainmise du budget et la perte d’autonomie de la bibliothèque Marguerite-Durand par la BHVP, la porte-parole de la ville répond : « La bibliothèque n’est pas autonome contrairement à ce que tout le monde peut penser. Elle dépend en partie du responsable des bibliothèques de la DAC. Il n’y a pas de tutelle spécifique, car les trois fonds fonctionnent sur une cohérence de fonds patrimonial ». La mairie assure que la bibliothèque conservera son budget, ainsi que son personnel qui viendra « compléter l’équipe actuelle de la BHVP » La ville s'est aussi engagée à étendre les horaires de consultation des collections à 48 heures hebdomadaires au lieu de vingt dans les anciens locaux.

 

Reste que la plupart des détails sont encore flous car « il y aura un travail collectif à la rentrée, assure la mairie. Le début des travaux commencent en juin 2018, justement pour laisser le temps à toutes les parties prenantes de discuter et optimiser au mieux les questions comme le stockage et les conditions de travail des employés ».

 

Lire l'article de Livres-Hebdo

 

 

Paris : polémique autour de la bibliothèque Marguerite-Durand
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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 09:15

 

BFM TV : le 3 août 2017

 

Le projet de déménagement de cette bibliothèque située dans  le XIIIème arrondissement de Paris est décrié

 

Tout a commencé sur le blog du Syndicat CGT Culture avec un texte posté, le 28 juillet dernier. Intitulé « Paris: les archives du féminisme doivent débarrasser le plancher », celui-ci dénonce le projet de la Mairie de Paris de déménager la bibliothèque Marguerite-Durand, spécialisée dans le féminisme.

 

Installée depuis 1989 rue Nationale, dans le XIIIème arrondissement de Paris, dans le même espace que la médiathèque Jean-Pierre-Melville, la bibliothèque Marguerite-Durand rejoindra la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, dans le Marais. Mais les bureaux sont trop petits pour contenir les sept personnes travaillant aujourd'hui à Marguerite-Durand. Quant aux milliers de documents réunis depuis sa création, ils iront dans un entrepôt en banlieue. « A condition d’en trouver un », ironise le blog Syndicat CGT Culture. « Et pour les chercheurs et universitaires obstinés qui voudraient quand même les consulter, il faudrait en faire la demande au moins deux jours à l’avance... C’est ce que l’on appelle sûrement un progrès puisque, dans le quartier de Tolbiac, elles étaient à la disposition permanente des usagers ».

 

La raison de cette délocalisation? Des travaux de réaménagement de la médiathèque Jean-Pierre-Melville. L'espace fermera à partir de juin 2018 pour dix huit mois. Un « espace détente » devrait remplacer les archives de l'histoire des femmes et du féminisme. Interrogé par ,BuzzFeed News Bertrand Pieri, de la CGT des bibliothèques parisiennes, craint que Marguerite-Durand ne perde son identité et, à terme, ferme: « Le projet fait que, à terme, le fond de la BMD va mourir de sa belle mort, en étant absorbé. Cela va faire que les gens ne viendront plus ».

 

La Mairie de Paris affirme pourtant vouloir tout faire pour sauver la bibliothèque. Selon Bruno Julliard, premier adjoint à la maire en charge de la culture, cité par L'Obs « il n'est pas question de la fermer ». Plusieurs points restent pourtant flous, comme l'a expliqué également à L'Obs Christine Bard, historienne spécialiste de l'histoire des femmes: « Nous n'avons aucune garantie sur beaucoup de sujets, notamment le personnel, l'avenir du poste de conservatrice, qui prend sa retraite ». Elle ajoute: « C'est très grave car il s'agit de notre patrimoine. Il existe tellement peu de lieux de mémoire et de recherche liés au féminisme... On ne supportera pas sa disparition ». Selon l'historienne, un comité de défense réunissant des chercheurs, des associations et des syndicats, va se mettre en place. Et un avocat sera contacté.

 

Lire l'article de BFM TV

 

 

 

Paris: la bibliothèque féministe Marguerite-Durand menacée
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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 15:52

 

Libération : le 3 août 2017

 

A Paris, le projet de déménagement la bibliothèque Marguerite-Durand inquiète des universitaires et des organisations syndicales. Selon ses détracteurs, le lieu risque d'être trop petit et la structure pourrait manquer d'autonomie. Mais la mairie se veut rassurante

 

« Vous n’avez pas le choix » C’est dans ces mots que l’administration de la Direction des affaires culturelles de la capitale a informé à la mi-juillet le personnel de la bibliothèque Marguerite-Durand, réuni en petit comité, du déménagement de ses collections à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. A la mairie, cela faisait plus d’un an que le projet était dans les tuyaux, sans que le personnel n’ait jamais vraiment été consulté. A croire que l’on fait peu de cas du sort de cette bibliothèque, créée en 1932 à partir du legs de Marguerite Durand, militante féministe et première patronne de presse et fondatrice du journal la Fronde.

 

Trop peu d’inscrits, pas assez valorisée, horaires d’ouverture au public restreints… les arguments avancés par la mairie pour justifier son choix de déplacer la plus complète collection de documentation féministe de France n’ont pas convaincu, et surtout pas la CGT de la Direction des affaires culturelles. Dans un post de blog, elle a immédiatement dénoncé une décision considérée comme méprisante à l’égard des conditions de travail du personnel, mais aussi, plus symboliquement, envers la cause féministe.

 

Selon le syndicat, si la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, située en plein Marais (IVarrondissement), est plus centrale, le lieu risque d’être bien trop petit pour accueillir les collections de la bibliothèque Marguerite-Durand (se trouvant actuellement au 79, rue Nationale, dans le XIIIe). La CGT craint qu’une partie des archives se retrouve entreposée ailleurs, ce qui rendrait moins rapide l’accès aux collections. Si tel était le cas, elle estime qu’il faudrait compter entre vingt-quatre à quarante-huit heures, peut-être plus, entre la commande d’un livre et sa réception dans la salle de lecture de la BHVP, contre une dizaine de minutes aujourd’hui, le magasin actuel étant situé au sous-sol de la bibliothèque Durand. A la mairie, on précise que «les conditions du déménagement (espaces, surfaces de stockage, etc.) sont en cours d’étude ».

 

 

 

 

Autre argument : la BHVP se révélerait peu adaptée. Il faudrait créer (pour les bibliothécaires) des bureaux dans de vieux appartements de l’ancien conservateur, qui risquent d’être exigus. Sans compter qu’ainsi intégrées à une autre grande collection, celle de la BHVP, les archives de la bibliothèque Marguerite-Durand risquent d’être noyées. Un ensemble de raisons qui pourraient décourager les dons de documents, par manque de valorisation et par effacement de sa spécificité. Par le passé, la bibliothèque Marguerite-Durand a déjà été contrainte de refuser des dons faute de place dans son magasin, d’où la création, il y a plus d’une quinzaine d’années, d’une nouvelle antenne à la bibliothèque universitaire d’Angers par l’association Archives du féminisme.

 

L’autre souci, toujours selon la CGT, c’est qu’une fois intégrée à la BHVP, la bibliothèque Marguerite-Durand ne serait plus à proprement parler autonome. Si elle partage déjà le même bâtiment que la médiathèque Melville (XIIIe arrondissement) depuis 1989, elle dispose de son nom sur la façade de l’édifice, et surtout, de fonds propres. Interrogée par Libération sur cette question, la mairie répond que « la bibliothèque Marguerite-Durand conserve son budget actuel, donc [il n’y aura] aucune réduction budgétaire». Mais pour Bertrand Pieri, de la CGT, « si, selon la ville, " les objectifs mis en avant sont de rassembler le fonds de Marguerite-Durand avec le fonds Marie-Louise-Bouglé " [un important fonds féministe déjà présent à la BHVP, ndlr], cela signifie que ledit budget sera forcément sous l’autorité de la BHVP à moyen terme ». Dans cette affaire, la question de l’autonomie est effectivement centrale : qui dit budget dédié, dit maîtrise de la politique documentaire et des collections et des acquisitions. Mais dit aussi reconnaissance de l’importance du patrimoine féministe et de la place cruciale de la recherche sur les questions féministes et de genre, dont les conclusions peuvent guider les politiques publiques et aboutir à des applications concrètes.

 

La bibliothèque Marguerite-Durand est un « trésor », estime l’historienne spécialisée dans l’histoire des femmes et présidente-fondatrice de l’association Archives du féminisme Christine Bard. Car elle rassemble des dizaines de milliers de documents qui retracent l’histoire du féminisme depuis ses débuts en France, « mais aussi l’histoire des femmes ». Parmi eux, des livres universitaires qui témoignent des enjeux et combats féministes des deux derniers siècles, des photos de femmes, des caricatures. Des manuscrits, aussi, dont celui des Histoires de ma vie de l’enseignante et illustre communarde Louise Michel. Ou encore des dossiers de presse, sortes de mémoires de l’époque, comme par exemple celle, pas si lointaine, du combat des femmes pour l’obtention du droit de vote. Bref, une mine pour les chercheurs, d’où leur ressentiment lorsqu’ils ont entendu parler de l’hypothèse du déménagement de la bibliothèque.

 

L’idée d’un transfert est apparue publiquement pour la première fois en octobre 2016 dans le cadre du « budget participatif » de la mairie de Paris, avec la mise au vote des Parisiens d’un projet de « nouvelle bibliothèque » dédiée à l’histoire des femmes, qui faisait suite à la proposition d’un citoyen sur la plateforme participative. Dans une tribune publiée dans Libération, des universitaires avaient alors émis des premières craintes pour un projet qui, sur le papier, pouvait emporter leur adhésion, « mais par son imprécision » se révélait « au contraire un projet dangereux », signant ni plus ni moins que l’arrêt de mort de l’actuelle bibliothèque. En outre, ils s’offusquaient qu’un tel projet soit simplement soumis au vote des citoyens, là où il aurait fallu un dialogue avec les principaux concernés et une vraie volonté politique. Selon la CGT, soumettre ce projet au vote populaire aurait surtout servi de caution à la mairie pour faire accepter sa décision de déménager l’actuelle bibliothèque.

 

                     

 

 

Quoi qu’il en soit, la tribune n’a abouti à rien, pas plus que les demandes de rencontre à la mairie de Paris, ni la pétition lancée en ligne dans la foulée avec ses 1 800 signatures, ou les tentatives de discussions engagées par le groupe communiste–Front de gauche au Conseil de Paris, lequel a adopté en novembre un projet de déménagement pour un lieu « plus grand et plus fonctionnel », bien loin de ce qui semble se profiler. Une idée avait circulé à la fin de l’année, de créer une Maison des femmes à Paris, comme cela se fait dans d’autres grandes villes, où pourrait se loger une bibliothèque féministe. On ne sait pas à l’heure actuelle si la mairie étudie ou non cette option. Interrogée sur ce point par Libération, elle n’a pas répondu.

 

En revanche, elle s’est voulue rassurante quant à l’intérêt que pourrait susciter pour le public le transfert à la BHVP. La bibliothèque sera ouverte « quarante-huit heures par semaine », contre vingt actuellement, assure-t-elle. La municipalité mise également sur la complémentarité des collections de la BHVP et celles de Marguerite-Durand : « Cette réunion de fonds [d’archives, ndlr] dans un même bâtiment permettrait de former une véritable bibliothèque consacrée à l’histoire des femmes et du féminisme ».

 

Le débat sur le devenir de Marguerite-Durand dépasse la sphère universitaire. La bibliothèque est également un lieu de découverte, fréquenté par de simples curieux ou de fervents passionnés, que l’allongement des délais pour obtenir des documents (du fait d’un éventuel stockage ailleurs) risque de décourager. Régulièrement, la bibliothèque prête ses documents pour les besoins d’un film ou d’une exposition, même à l’étranger. L’image féministe de la ville de Paris écornée ?

 

Plus symboliquement, cette affaire pourrait écorner l’image féministe de la ville de Paris. Selon Christine Bard, il s’agit d’une décision « qui va à contre-courant des ambitions de la ville de Paris, qui par ailleurs lance des actions pour dénoncer les inégalités hommes-femmes. Si l’on n’est pas capable à Paris d’avoir un lieu autonome pour la recherche sur les questions féministes, qu’est-ce que ça veut dire ? » ; L’historienne balaye aussi l’argument avancé par Bruno Julliard, premier adjoint à la mairie de Paris chargé de la Culture, selon lequel la fréquentation serait trop basse à cause de son manque de visibilité : « C’est de la mauvaise foi. Par définition, il y a moins de lecteurs dans une bibliothèque de recherche. Et depuis plus de vingt ans, avec Internet, de plus en plus d’archives sont numérisées. La baisse de fréquentation, ce n’est pas un critère, c’est un fait qui touche toutes les bibliothèques ».

 

Christine Bard se dit prête à créer un comité de défense de la bibliothèque Marguerite-Durand, ouvert à tou-te-s : « La seule chose qui pourrait impressionner la mairie, c’est la mauvaise image que ça lui donne ». En attendant, en juin 2018, le bâtiment entier de la médiathèque Melville, bibliothèque Marguerite-Durand comprise, doit être fermé pour travaux pour une durée d’au moins un an. Pendant ce temps, les archives de la bibliothèque Durand seront transférées dans des entrepôts en proche banlieue.

 

Lire l'article de Libération

 

 

Féminisme : pourquoi le transfert de la bibliothèque Durand inquiète les syndicats
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 12:11

 

L'Obs : le 2 Août 2017

 

Marguerite Durand souhaitait que la ville de Paris fasse vivre le fonds d'archives qu'elle lui avait cédé en 1931. Il est aujourd'hui menacé par un projet de relocalisation

 

C'est une petite mezzanine verte, entre deux étages d'une médiathèque généraliste du XIIIe arrondissement de Paris. La bibliothèque Marguerite-Durand, spécialisée dans l'histoire des femmes et le féminisme, attire depuis sa création en 1932 des thésards, des sociologues, des historiens et des passionnés du monde entier. Associations et syndicats estiment qu'elle est aujourd'hui menacée par un projet de relocalisation qui modifierait profondément son fonctionnement. « J'y passais mes journées lorsque je rédigeais ma thèse », se souvient  l'historienne Christine Bard, spécialiste de l'histoire des femmes et créatrice de l'association « Archives du féminisme », qui travaille régulièrement en lien avec la bibliothèque. Le clin d'œil passé, elle ne décolère pas: « Il faut stopper ce funeste projet qui aboutira à la disparition de la bibliothèque ».

 

La CGT Culture de la direction des Affaires culturelles de la ville de Paris a lancé l'alerte sur le projet de déménagement dans un article publié le 28 juillet dernier sur son site. La médiathèque Jean-Pierre-Melville, qui héberge Marguerite-Durand, doit fermer l'année prochaine pour travaux durant un an. Un espace détente doit être créé, et Marguerite-Durand disparaître. Pour aller où ? « Les sept agents ont été convoqués il y a une dizaine de jours. On leur a indiqué qu'ils devraient intégrer les effectifs de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (BHVP)», indique Bertrand Pieri de la CGT. Problème: les locaux de la BHVP sont selon lui bien exigus pour les accueillir. Sans parler du fonds d'archives de la bibliothèque Marguerite-Durand – des milliers de livres, de documents, de photos, d'objets parfois très rares – qui finiraient... « dans un entrepôt ». En novembre 2016, le Conseil de Paris adoptait pourtant à l'unanimité un vœu prévoyant que si la bibliothèque déménageait, ce serait pour un lieu « plus grand et plus fonctionnel »... Pour le syndicaliste, c'est clair: La bibliothèque deviendra inaccessible, moins de gens s'y intéresseront, et on nous dira à terme qu'elle doit fermer.

 

La Ville de Paris assure elle que la bibliothèque spécialisée sera bien sanctuarisée après son déménagement au sein de la BHVP en juin 2018, dont les détails sont encore « en cours d'étude ». Un « travail collectif » avec les différents partis doit servir à « continuer à faire vivre cette bibliothèque et lui donner encore plus de visibilité », indique aussi la mairie. La bibliothèque serait accessible au public « 48 heures par semaine », contre vingt actuellement, et conserverait un budget propre. Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire en charge de la culture, fait savoir : « la bibliothèque Marguerite Durand est un établissement unique en son genre qui met à la disposition de toutes et tous, dans un équipement municipal, des fonds consacrés à l’histoire des femmes et du féminisme. Cette bibliothèque est pour nous indispensable et il n'est pas question de la fermer. Si son déménagement est en effet envisagé, c'est pour rendre plus accessible et pour mieux valoriser ses formidables ressources ».

 

 

             Bibliothèque Marguerite Durand : Bruno Julliard tente de dénouer la polémique

Arf, j'y arrive pas !

Arf, j'y arrive pas !

 

« Nous n'avons aucune garantie sur beaucoup de sujets notamment le personnel, l'avenir du poste de conservatrice, qui prend sa retraite », souligne toutefois Christine Bard. C'est très grave car il s'agit de notre patrimoine. Il existe tellement peu de lieux de mémoire et de recherche liés au féminisme... On ne supportera pas sa disparition ». Elle rappelle que la bibliothèque est constituée de fonds anciens mais aussi très récents et en constante évolution. Pour combien de temps ? Le tableau est bien noir : « cela risque de devenir un fonds mort, qui n'aura plus de visibilité et ne sera plus enrichi. Les archives seront dans un local en banlieue, il faudra les demander deux jours à l’avance et il n’y aura presque plus de place pour la lecture… Je ne vois pas comment des féministes pourraient avoir envie dans ces conditions de continuer à donner leurs archives ». Cette bibliothèque « n'est pas un joujou dont la mairie de Paris peut faire n'importe quoi: c'est un lieu à nous, créé par des féministes, enrichi par des féministes», explique-t-elle. Aussi, le projet revient pour elle, en l'état, à trahir « le contrat passé avec Marguerite Durand ».

 

En 1931, cette journaliste et patronne de presse (elle a fondé et dirigé «la Fronde», un quotidien féministe) faisait don à la mairie de Paris de quelque 10.000 livres et de milliers d'autres documents. En échange, la ville devrait les mettre « gratuitement à la disposition du public pour être consultés sur place ou prêtés à domicile ». C'est ce que l'on peut lire sur l'extrait du « Bulletin municipal officiel » de janvier 1932 . Il atteste de l'acceptation de la bibliothèque de Marguerite Durand. Les collections sont détaillées: journaux et affiches, 2.000 ouvrages sur des théories féministes ou anti-féministes, thèses de doctorat, œuvres écrites par des femmes, dizaines de biographies de femmes célèbres...

 

En octobre 2016, l'association « Archives du féminisme » publiait dans « Libération » une tribune « pour un projet ambitieux de bibliothèque d'histoire des femmes et du féminisme à Paris ». Une pétition était aussi créée en ce sens. Cette fois-ci, les défenseurs de Marguerite-Durand veulent passer à la vitesse supérieure: un comité de défense va être mis sur pied qui regroupera chercheurs, associations et syndicats. Les donatrices ou leurs descendants seront sollicités, ainsi qu'un avocat. Car « la ville s'était engagée à faire vivre cette bibliothèque », rappelle Christine Bard.

 

Lire l'article de l'Obs

 

 

 

Bibliothèque Marguerite Durand : les féministes demandent le respect à la mairie de Paris

Paris : un « funeste projet » pour la bibliothèque féministe Marguerite-Durand
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 11:45

 

ActuaLitté : le 2 août 2017

 

La bibliothèque Marguerite Durand (XIIIe), qui abrite les archives des luttes féministes depuis 1932, doit déménager pour rejoindre la Bibliothèque Historique de la ville de Paris. Mais des historiennes, archivistes ou spécialistes dénoncent un projet qui ne mettra pas en valeur ces archives

 

La médiathèque Jean-Pierre Melville, qui abrite la bibliothèque Marguerite Durand, sera réhabilitée à l'occasion de l'extension de ses horaires d'ouverture : un « espace détente » sera ajouté à l'établissement, indique le syndicat CGT sur son blog, au détriment des archives de l'histoire du féminisme conservées entre ses murs. Le fonds devrait rejoindre la Bibliothèque Historique de la ville de Paris, d'après le projet de la ville de Paris.

 

Sauf que le projet présenté par l'administration parisienne est loin de convaincre : la CGT dénonce d'abord le simple « deux pièces-cuisine » proposé aux sept personnes de la bibliothèque Marguerite Durand. Mais le sort réservé aux archives n'est pas plus enviable, d'après la CGT : ces dernières se retrouveraient dans un entrepôt, avec l'obligation, pour les chercheurs, de déposer une demande de consultation « au moins deux jours à l’avance », contrairement à une mise à disposition immédiate au sein de la médiathèque Melville, rappelle l'organisation syndicale.

 

Du côté des historiens, archivistes et spécialistes du féminisme, le jugement porté sur le projet de la mairie de Paris est tout aussi sévère : l'Association Archives du Féminisme avait déjà publié une pétition sur le site Change.org, « Pour un projet ambitieux de bibliothèque d’histoire des femmes et du féminisme à Paris », dénonçant déjà, fin 2016, un premier projet de déménagement des archives par la ville de Paris.

 

Face à cette nouvelle tentative de l'administration, l'association revient à la charge : « Le fonctionnement de la bibliothèque changera complètement. On voit bien que la Mairie de Paris va nous dire : “Mais non, vous ne comprenez pas, la bibliothèque ne va pas fermer.” Mais on est face à énormément de mauvaise foi et à un déni de l’impact négatif du projet », assure Christine Bard, présidente de l'association des archives du féminisme, historienne et professeure à l'université d'Angers auprès de BuzzFeed News.

 

« Paris maltraite cette bibliothèque depuis des années sans réaliser que c’est un trésor et qu’il faut le protéger et lui donner des moyens. C'est un lieu de recherche absolument essentiel, avec des fonds magnifiques » explique encore Christine Bard en soulignant que les économies de fonctionnement réalisées avec le déménagement seront dérisoires. L'association Archives du féminisme promet des actions pour lutter contre le déménagement, et, au contraire, susciter le dialogue autour d'une valorisation de ces archives.

 

Interrogée par BuzzFeed News, l'administration parisienne explique que « [l]es conditions de déménagement sont en train d'être travaillées. On est en train de diagnostiquer les collections et ce travail se poursuivra avec l’équipe de la BMD à la rentrée pour étudier les meilleures conditions de leur déménagement. Mais la bibliothèque continuera de s’appeler “Marguerite Durand” et restera une unité à part entière. »

 

L'objectif serait de réunir les archives avec le fonds Marie-Louise Bouglé, qui porte lui aussi sur les luttes des femmes, et d'améliorer l'accès à l'ensemble des ressources, notamment grâce à une amplitude horaire plus importante, un ou une spécialiste dédié.e et un budget spécifique.

 

Lire l'article d'ActuaLitté

 

Bibliothèque Marguerite Durand : les archives féministes de la Ville de Paris en danger 
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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 17:12

 

BuzzFeed News : le 1er août 2017

 

« Paris maltraite sa bibliothèque féministe depuis des années sans réaliser que c’est un trésor » affirme ainsi l'historienne Christine Bard qui, comme d'autres, interpelle Anne Hidalgo

 

« La Mairie de Paris veut vraiment faire la peau à la bibliothèque Marguerite Durand ». C'est ainsi que commence le post de blog du Syndicat CGT Culture de la direction des affaires culturelles de la ville de Paris, publié le 28 juillet. Selon ce texte, la Mairie de Paris veut transférer la bibliothèque féministe dans un lieu « totalement inadéquat ». Et ce projet provoque pas mal de remous.

 

La bibliothèque Marguerite Durand (BMD), c'est la bibliothèque de la ville de Paris spécialisée sur les femmes et le féminisme. On y trouve une très riche collection de livres, mais aussi des archives, des photos, des cartes postales, des lettres, des dossiers thématiques... Ce qui fait d'elle un lieu précieux pour toutes les personnes (et notamment les chercheurs) travaillant sur l'histoire des femmes. En 2010, l’exposition « Photo, femmes, féminisme » a présenté une petite partie du fond photographique de la bibliothèque. La BMD a été fondée en 1932, quand la journaliste et féministe militante Marguerite Durand, la fondatrice du journal La Fronde, a donné ses archives à la ville de Paris. Hébergée dans un premier temps dans la mairie du Ve arrondissement, la bibliothèque a déménagé en 1989 dans un bâtiment également occupé par la médiathèque Jean-Pierre Melville, dans le XIIIe arrondissement.

 

Or ce bâtiment doit fermer en juin 2018, pour une période de travaux. Il réouvrira dix huit mois plus tard... sans la bibliothèque Marguerite Durand. « La direction des affaires culturelles de la ville de Paris (DAC, ndlr) a annoncé à l'équipe de Marguerite Durand qu’ils devaient partir des lieux actuels », détaille à BuzzFeed News la CGT des bibliothèques parisiennes. Selon le syndicat, la ville de Paris aurait proposé aux agents d'intégrer la bibliothèque historique de la ville de Paris (BHVP), située dans le Marais, et donc plus centrale. Sauf que... le lieu manque déjà d'espace.

 

Les bureaux des bibliothécaires seraient aménagés dans les vieux appartements de l’ancien conservateur de la BHVP. « Pour sept personnes, faudra se serrer », tacle la CGT. Surtout, l'essentiel du fond de la bibliothèque Marguerite Durand ne pourrait être conservé sur place. Selon le texte des représentants des personnels : « La bibliothèque historique n’a pas de place dans ses réserves: elle a même de ce fait mis pas mal de documents à la benne ces dernières années. Les archives du féminisme iraient donc dans un entrepôt. À condition d’en trouver un. Et pour les chercheurs et universitaires obstinés qui voudraient quand même les consulter, il faudrait en faire la demande au moins deux jours à l’avance...» Le syndicat craint que la BMD, en plus de son espace, perde son identité. « Le projet fait que, à terme, le fond de la BMD va mourir de sa belle mort, en étant absorbé. Cela va faire que les gens ne viendront plus ». D'ailleurs sur Twitter, plusieurs personnes ( dont des chercheuses et des élues) ont apporté leur soutien à la BMD ou ont interpellé Anne Hidalgo, la maire de la capitale.

 

Paris : le sort de la bibliothèque Marguerite Durand inquiète les féministes

 

Contactée par BuzzFeed News, la Ville de Paris confirme le déménagement de la BMD à la BHVP en juin 2018, mais reste assez flou sur les détails. « Les conditions de déménagement sont en train d'être travaillées, explique-t-on. On est en train de diagnostiquer les collections et ce travail se poursuivra avec l’équipe de la BMD à la rentrée pour étudier les meilleures conditions de leur déménagement. Mais la bibliothèque continuera de s’appeler "Marguerite Durand" et restera une unité à part entière ». Les objectifs mis en avant sont de rassembler le fond de la BMD avec le fond Marie-Louise Bouglé, sur la même thématique et déjà situé à la BHVP, ainsi que de garantir un accès au public sur une tranche horaire plus importante (40h pour la BHVP contre 20 actuellement pour la BMD).

 

La mairie précise également qu'une équipe « constituée d’au moins un-e spécialiste de l’histoire des femmes et du féminisme et un budget spécifique continueront à être dédiés spécifiquement à la bibliothèque Marguerite Durand ». Sollicité par BuzzFeed News, Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris chargé de la culture, n'a pas fait suite à notre demande d'interview mais nous a transmis cette réponse via le service presse : « Cette bibliothèque est pour nous indispensable et il n'est pas question de la fermer. Si son déménagement est en effet envisagé, c'est pour rendre plus accessible et pour mieux valoriser ses formidables ressources ».

 

L'historienne du féminisme Christine Bard, présidente de l'association des archives du féminisme, fait partie des personnes qui ont tweeté en soutien de la BMD. « Le fonctionnement de la bibliothèque changera complètement, estime-t-elle. On voit bien que la Mairie de Paris va nous dire: " Mais non, vous ne comprenez pas, la bibliothèque ne va pas fermer ". Mais on est face à énormément de mauvaise foi et à un déni de l’impact négatif du projet ». Mais la professeure à l'université d'Angers ne décolère pas :« On n'est pas contre un déménagement en soi, mais là il n’y aura pas de place pour les lectrices et lecteurs, il n’y aura pas de place pour le personnel et il n’y aura pas de place pour les collections. On se demande vraiment pourquoi la mairie le fait. Pour économiser quoi ? C'est grotesque, ce sont des sommes ridicules par rapport au budget de la ville de Paris. Paris maltraite cette bibliothèque depuis des années sans réaliser que c’est un trésor et qu’il faut le protéger et lui donner des moyens. C'est un lieu de recherche absolument essentiel, avec des fonds magnifiques ».

 

Si, en 2000, l'universitaire a créé l'association des archives du féminisme et le Centre des archives du féminisme à l'université d'Angers, c'est justement parce que la BMD était saturée, faute d'espace. « Grâce à ce dispositif à Angers, on a pu sauver de gros fonds d’archives que la BMD ne pouvait pas prendre, mais c’est une roue de secours. On a toujours considéré que la BMD était la bibliothèque historique ». Il y a dix mois, un autre projet de déménagement de la BMD avait déjà provoqué de nombreuses inquiétudes. L'association des archives du féminisme avait publié une tribune sur le site de Libération, intitulée « Pour un projet ambitieux de bibliothèque d’histoire des femmes et du féminisme à Paris », et lancé une pétition sur Change.org.

 

Lire l'article de BuzzFeed News

 

 

Paris : le sort de la bibliothèque Marguerite Durand inquiète les féministes
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 10:49

 

Emmanuel Macron et le Patronat main dans la main pour « simplifier » tout ce qui touche à la sécurité et la santé au travail

Les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), créés en 1982 par Jean Auroux, ministre du travail de François Mitterrand vont-ils être réduits à de la simple figuration ? C’est en tout cas ce qui semble filtrer des projets d’ordonnance sur le droit du travail que compte faire passer sans vote Emmanuel Macron.

Pour parvenir à ses fins, l’actuel gouvernement propose une réforme à priori anodine : la fusion de toutes les instances représentatives des personnels (Comité d’Entreprise, délégués du personnels et donc CHSCT) en une structure unique appelée finement « Comité Social et Économique ». Une vieille revendication patronale qui sous couvert de « simplification » semble surtout ne pas vouloir s’encombrer de trop de lieux de « dialogue social » et autre « concertation ». Mais surtout si cette réforme aboutit, cela pourrait bien réduire à néant les CHSCT si l’on en croit les spécialistes…. dont l’ancien ministre lui-même (lire ici) !

C’est que pour les observateurs, les projets gouvernementaux dessinent une perspective dans laquelle le CHSCT perdrait à terme, outre son pouvoir d’expertise, celui de porter devant la justice toute entorse aux régles de santé et de sécurité au travail. En effet, dans cette nouvelle instance, le CHSCT n’aurait plus d’existence propre. Et n’étant plus une « personne morale » civile et juridique, il n’aurait alors plus la possibilité comme aujourd'hui, d'ester en justice dans le cadre de ses missions, pour faire valoir par exemple les obligations de l'employeur en matière de prévention des risques professionnels ou faire reconnaître un préjudice. CQFD ! On comprend mieux désormais les propositions du MEDEF.

C’est pourquoi de nombreux syndicalistes, de toutes sensibilités, ont décidé de lancer un appel pour le « maintien du CHCT ». « Supprimer le CHSCT ramènera à la situation d’avant. L’instance unique ne permettait alors aucune expression ni aucun contrôle des conditions de travail. Autre danger pour les salariés, cela éradiquerait la jurisprudence protectrice et spécifique qui s’y attache » est-il écrit dans le texte adressé à Muriel Pénicaud,l'actuelle ministre du travail.

Pour les signataires de cet appel, il faut donc « confirmer l’existence d’au moins deux instances de représentation distinctes. L’une aura mission d’examiner les fondamentaux de la santé économique de l’entreprise, sa compétitivité « coûts ». L’autre devra renforcer sa performance sociale et sa compétitivité « hors coûts ». Cette séparation s’impose d’autant plus que les compétences nécessaires pour y siéger sont profondément différentes. Toute entreprise ne possède-t-il pas deux directions distinctes, l’une « financière », l’autre des « ressources humaines » ? ». Pas très fluctuat pour le patronat mais plutôt bien vu non ?  En tout cas l’argument est on ne peut plus imparable !

Ils demandent donc à l’actuel gouvernement de « préserver l’institution consacrée aux conditions de travail d’une fusion portée par des convictions dogmatiques qui lui serait fatale ». Et les syndicalistes de conclure : « afin de nous opposer ensemble à la disparition programmée du CHSCT comme instance distincte telle qu’inscrite dans le projet de loi d’habilitation, nous vous invitons à signer notre appel ». Il est ici.

Publié également sur Miroir Social

 

            Sécurité et santé au travail : Emmanuel Macron et Pierre Gattaz main dans la main

Des syndicalistes lancent un appel pour « le maintien du CHSCT »

                 - Dis-moi Manu, alors ça en est où de notre plan de simplification ?

                           - Euh gaffe mon Pierrot,  je crois qu'on est repéré !

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19 juillet 2017 3 19 /07 /juillet /2017 10:50

 

Quand André Malraux s’acoquine avec Ossip Zadkine, faut pas rater ça !

La bibliothèque André Malraux (VIe) vous propose cet été une activité culturelle dans un cadre exceptionnel : les jardins du musée Zadkine lovés entre celui du Luxembourg et de l'Observatoire.  A l’endroit même où le peintre et sculpteur russe vécut et travailla pendant prés de quarante ans puisque outre le jardin, les curieux peuvent aussi admirer l'atelier et la grande maison de l'artiste. Et tellement à l'écart, que bien que situés au cœur de Paris, l’on ne perçoit même plus les bruits de la capitale. C’est donc dans ce cadre bucolique, et plutôt méconnu des parisiens, que les bibliothécaires proposent aux enfants (et même aux plus grands) une rencontre mêlant lecture, sculpture…. et nature !

Une activité culturelle d’autant plus exceptionnelle qu’elle est éphémère, avec encore seulement deux rendez-vous de programmés, les mardi 25 juillet et 1er août à partir de 14 heures, mais en plus totalement gratuite. Bref, comme dirait l’autre « faut pas rater ça ! ». Pour plus de détails voir ici.

Paris : des bibliothécaires proposent une rencontre mêlant lecture, sculpture…. et nature !

         La bibliothèque Malraux propose une activité éphémère dans un cadre exceptionnel

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