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12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 10:58

 

ActuaLitté : Le 5 mai 2015

 

L’ancien guitariste de Marquis de Sade démonte quelques idées reçues, et propose des pistes pour l'avenir.

 

Le Bureau des bibliothèques et de la lecture de la ville de Paris, afin de guider sa politique en matière de musique au sein de ses établissements de prêt, avait commandé l'année dernière une étude à Gilles Rettel. Ce dernier est formateur en bibliothèque, chargé d'enseignement en université, et professeur à l'École supérieure de réalisation audiovisuelle de Rennes. Il a aussi été dans sa jeunesse guitariste et compositeur pour les groupes Marquis de Sade et Marc Seberg... Son rapport démonte quelques idées reçues, et propose des pistes pour l'avenir.

 

La constitution d'un rapport sur l'avenir de la musique au sein des médiathèques de la capitale visait à « s'interroger sur les perspectives des bibliothèques de Paris, mais aussi celle de la médiathèque musicale de Paris », nous explique Gilles Rettel. L'accent est évidemment porté sur la médiation des bibliothécaires et discothécaires, et la valeur ajoutée qu'ils peuvent apporter quand l'accès aux œuvres est, dans certains cas, beaucoup plus simple qu'auparavant.

 

« Ce que nous sommes en train de vivre, actuellement, est clairement une révolution », souligne le spécialiste. « Et si nous ne changeons pas de cadre explicatif, nous allons reproduire des schémas qui ne fonctionnent plus : il ne s'agit pas de fournir un catalogue d'améliorations, mais d'avoir une vision globale ». 

 

Il est une donnée avec laquelle il faut d'ores et déjà travailler : « Augmenter l'accès aux œuvres en bibliothèque n'a plus trop de sens, car Internet dispose déjà d'une offre importante en la matière », souligne Gilles Rettel. Néanmoins, les ressources numériques ne sont pas à délaisser, par le biais de la médiation, de la formation des agents et de la réorganisation entre les services. 

 

 

La musique a toute sa place dans les bibliothèques, confirme Gilles Rettel dans un rapport commandé par la ville de Paris

 

« Ce qui serait le pire, c'est de penser qu'un service sous forme de borne va fonctionner. S'il n'est pas suivi d'un accompagnement, d'une appropriation des ressources, il restera peu attractif ». Le retard sur l'exploitation des ressources numériques se trouverait plus au niveau de la valorisation des fichiers déjà existants, et disponibles. Par exemple, des 78 tours numérisés au sein d'une bibliothèque seront peu mis en valeur auprès de l'usager : « Si personne ne sait que cette ressource existe, il est difficile pour l'usager de s'en emparer ».

 

L'éditorialisation et la mise en avant de ces différents contenus, disponibles mais confidentiels, doivent aussi passer par une présence plus importante : « Est-ce que chaque bibliothèque doit avoir son propre blog, ou faut-il construire une plateforme plus transversale ? Ces solutions n'ont pas été assez développées, ou l'ont été individuellement ».

 

Autre point souligné par ce rapport: le prix de l'abonnement dans les médiathèques parisiennes. Actuellement, celui-ci est de 30,50 € chaque année pour pouvoir emprunter les disques compacts. Demander aux usagers de payer un forfait semble constituer un frein à l'exploitation des fonds musicaux.  En effet, selon les statistiques du ministère de la Culture, en 2012, la moyenne des emprunts de CD tourne autour de 3,5 emprunts par an, par usagers. Autrement dit, « le fait de faire payer 30,5 € par an ramène le prix à 8,71 € par CD emprunté, d'après la moyenne. Autant l'acheter », assure Gilles Rettel. « Cette politique tarifaire profite surtout aux grands emprunteurs ».

 

Outre la médiation, qui constitue le principal levier d'action, Gilles Rettel évoque également « l'impact sensitif » de la musique : « Écouter de la musique en streaming au casque, dans Paris, peut provoquer une belle émotion artistique, mais le nombre de neurones mobilisés en entrée est beaucoup moins grand que lors d'un concert, par exemple », détaille-t-il. Se concentrer sur l'impact sensitif que la médiathèque peut proposer, notamment avec l'organisation de concerts, serait un autre moyen de mettre en avant une valeur ajoutée des établissements de prêt peut-on aussi lire dans ce rapport qui est consultable ici dans son intégralité.

 

Lire l’article de « ActuaLitté »

 

 

La musique a toute sa place dans les bibliothèques, confirme Gilles Rettel dans un rapport commandé par la ville de Paris
La musique a toute sa place dans les bibliothèques, confirme Gilles Rettel dans un rapport commandé par la ville de Paris

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