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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 13:54

 

Contre la numérisation à marche forcée — à laquelle les pouvoirs publics se plient d'ailleurs sans rechigner —, Virgile Stark, auteur-bibliothécaire, publie un essai vivifiant.

 

C’est un petit livre qui devrait intéresser tous ceux « qui ne se résignent pas à l'engloutissement de la pensée par la technique » nous annonce l’hebdomadaire Marianne à propos du livre de Virgile Stark intitulé, prophétiquement, Crépuscule des bibliothèques. Cet auteur, bibliothécaire de son état, il a passé plus de dix ans à la Bibliothèque nationale de France, au cœur des grandes mutations du livre et du projet numérique nous décrit « l'autodafé symbolique » des lieux de culture et de réflexion voués à la lecture et à la concentration qui se déploie, selon lui, sans résistance.

 

Pour Virgil Stark, « le destin des bibliothèques et les progrès de la liberté ont longtemps été étroitement liés ». Une assertion que partage le critique littéraire de l’hebdomadaire, Alexis Lacroix, pour qui « l'humanisme, l'encyclopédisme et la diffusion de la connaissance et des Lumières auraient été impossibles sans l'existence de ces lieux séparés ». Selon Alexis Lacroix, l'auteur  publie un essai vivifiant sur ce processus qui emporte nos sociétés : la numérisation à marche forcée. Avec pour funeste conséquence  « cette injonction de remplacer partout les vieux grimoires par les liseuses et les e-books — un commandement auquel se soumettent sans discussion les pouvoirs publics ».

 

Tellement sans discussions d’ailleurs que certains s’étonnent que les mêmes pouvoirs publics en pleine austérité budgétaire acceptent le coût prohibitif du prêt des livres numériques dans les bibliothèques de lecture publique. Des e-book qu’il faut en plus racheter tout les trente emprunts (lire ici).  « Les gens sont assez choqués lorsqu'ils réalisent combien payent les bibliothèques pour des livres numériques qu’en en fin de compte nous ne possédons même pas » déclare dépitée une directrice de bibliothèque qui a expérimenté ce système. Avec une telle politique, c’est bien des bibliothèques qu’on est en train d’abattre.

 

 

Ces bibliothèques qu'on veut abattre

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commentaires

caron 27/08/2015 23:21

personnellement j'ai tendance à croire que l'imprimerie ne s'est pas imposée du jour au lendemain. Il en sera de même pour l'encre numérique et les bons vieux écrans. Les gens aiment encore leur journal papier, leur livre papier (qui encombrent leur bibliothèque), leur... Mais à un moment le basculement s'opèrera comme il s'est opéré pour le disque, et là...les biliothèques numériques auront leur mot à dire !

thierryc 09/07/2015 16:48

pas très convaincant l'argumentaire, sauf erreur il me semble que les bibliothèques paient aussi des droits à prêts pour les collections physiques. Par ailleurs, les liseuses et autres matériels ne donnent pas accès pour l'instant à toute les collections ! A t-on pendu Gutenberg pour avoir inventé l'imprimerie ? Non, alors pourquoi tant de haine contre le numérique ?

Social Nec Mergitur 09/07/2015 17:06

Bonjour,
Oui les bibliothèques paient un droit de prêt pour les collections physiques mais à un niveau très nettement inférieur.
Il n'y a pas de haine contre le numérique (après tout ce blog est on ne peut plus numérique, n'est ce pas ?), cet article rend juste compte d'un livre salué par beaucoup de gens, c'est tout.
Quand au prêt numérique proprement dit les critiques viennent de toutes parts, bibliothécaires, universitaires, journalistes spécialisé dans la culture et bien d'autres.....
Enfin pour conclure n'est ce pas plutôt les thuriféraires des smart cities qui veulent pendre tout ceux qui pourraient faire obstacle à leur projet de mondialisation heureuse ?

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