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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 15:03

 

Il est vrai que le bâtiment a été conçu comme « une masse tellurique arraché de son élément naturel » selon son architecte

 

Les africains appellent ça un éléphant blanc. Ces bâtiments non utilisés sortis tout droit de la mégalomanie de leurs dirigeants et dont la construction et même l’entretien coûtent une fortune. Pile la définition de la bibliothèque universitaire Paris-Est-Marne-la-Vallée qui bien que terminée depuis plusieurs années, n’est pas en mesure d’accueillir les étudiants pour cause de malfaçons multiples. Elle n’en coûte pas moins cher pour autant car bien qu’étant dans un état de désolation avancée, elle est chauffée et éclairée jour et nuit ! Le comble, c’est que ce bâtiment se voulait à l'avant garde écolo. Au point de s’attirer bien des railleries.

 

« C’est sans doute le premier bâtiment haute qualité environnementale (HQE) qui aura consommé le plus d’énergie avant même d’avoir permis d’en économiser » écrit ainsi le journal Le Parisien dans un article qui révèle ce que l’on peut appeler une vraie gabegie. Car c’est vrai, la bibliothèque n’est guère économe en énergie puisque bien que vide, la chaufferie fonctionne à tout va et que la lumière reste toujours allumée. On espère au moins qu'au moins les ampoules sont des LED. « Nous sommes obligés de maintenir le bâtiment à une température minimale afin qu’il ne se dégrade pas, quand à l’éclairage il est indispensable pour permettre aux entreprises mandatées de travailler  » se retranche le vice-président de l’université, Frédéric Moret toujours au Parisien pour justifier ce gaspillage.

 

Des ouvriers qui ne vont pas manquer de travail si l’on en croit les avanies multiples qui frappent le bâtiment : problèmes d’étanchéité, escaliers impraticables, absence de ventilation dans les ascenseurs... En tout, pas moins de 72 défauts de construction ont été recensés par un ingénieur d’études qui s’occupe - à plein temps, et depuis trois ans - de relever tous ces malfaçons. Conséquence : l'université vient d'assigner en justice les architectes en charge des travaux, le cabinet Bekhmann N'Thépé, devant le tribunal administratif de Melun.

 

Des architectes qui ont visiblement fait fort car d’après les experts, l’escalier principal pourrait même...ne pas résister au passage des usagers ! L’unique solution selon les spécialistes du BTP serait de renforcer l’escalier par des piliers. Des piliers Haute Qualité Environnemental ? Un état des lieux qui en tout cas correspond vraiment aux déclarations du cabinet d’architecte qui sur son site décrivait sans rire ce nouveau bâtiment comme « une masse tellurique arraché de son élément naturel ». On dirait du Pierre Dac.

 

Bref, la bibliothèque n’est pas prête d’ouvrir ses portes. En attendant, Il ne reste plus alors à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée qu’à prendre modèle sur les bibliothèques municipales parisiennes qui chaque été organisent « les bibliothèques hors les murs ». En plus, c'est une opération certifiée haute qualité environnementale car elle se tient généralement dans les parcs et jardins de la capitale.

 

 

    Transition énergétique : Une bibliothèque vide mais chauffée et éclairée été comme hiver

Une bibliothèque vraiment hors les murs (et sans transition énergétique)

       - Là, on ne peut rien faire car c'est une masse tellurique arraché de son élément naturel !

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Culture nec mergitur
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