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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 16:16

 

Le Soir de Bruxelles : le 21 mars 2016

 

La réforme du travail lancée par le gouvernement français est plus libérale que jamais

 

François Hollande avait prévenu la semaine dernière  : entre ceux qui ne veulent « rien faire » et ceux qui veulent « tout défaire », il s’emploierait, lui, à « bien faire ». Les Français étaient donc avisés : jusqu’à la fin de son quinquennat, il s’efforcerait de réformer le pays englué dans la crise pour qu’il se remette sur les rails.

 

Mais comment ? Ce serait la surprise du chef. Après le tournant social-démocrate de l’hiver 2013-2014 qui, avec le pacte de responsabilité, donnait le coup d’envoi d’une politique de l’offre plutôt que de la demande, voici la saison 2 du « changement, c’est maintenant ! ». La réforme annoncée du Code du travail, qui aboutira de facto à un déverrouillage des 35 heures et à des licenciements facilités, offre davantage de flexibilité aux entreprises qu’elle ne garantit de stabilité aux salariés. «  Du thatchérisme ! », s’épouvante jusqu’à l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui n’a rien d’un dangereux gauchiste.

 

On ne va pas lui reprocher ce volontarisme. Après tout, il faut un certain courage pour annoncer aux salariés, à quatorze mois d’une élection, que les temps vont être encore plus durs, plutôt que de leur promettre qu’on va raser gratis. Le problème, c’est que sa nouvelle politique ne chamboule pas seulement les droits sociaux en accroissant l’inquiétude des salariés, qui ne seront pas forcément enclins à consommer davantage. Elle repose en outre sur un pari aléatoire : espérer que les entreprises, ainsi aidées, créeront de nouveaux postes, et cela même si la croissance reste quasi inexistante. Rien n’est moins sûr. Manuel Valls vient lui-même de sermonner le patronat parce que celui-ci n’avait pas joué le jeu du pacte de responsabilité : pas assez d’emplois créés en contrepartie des allégements de charges consentis.

 

Surtout, on peut s’interroger sur le timing d’une telle réforme. François Hollande, qui s’est longuement expliqué vendredi soir sur France Inter lors d’une émission spéciale, peut très bien vanter les modèles suédois ou finlandais en faisant un grand plaidoyer pour le dialogue social. Mais pour un pareil big bang, il aurait fallu un mandat. Or le candidat de 2012, celui qui disait que son seul ennemi serait la finance, n’avait pas annoncé cette couleur.

 

Ses électeurs, qui se sentent trahis, se demandent si François Hollande est toujours de gauche. « Toute ma vie a été un engagement pour l’égalité, la dignité humaine et le progrès », leur a répondu le président français, même s’il revendique, de par sa fonction, ne plus être un militant. La question n’est en fait même plus celle-là. Qu’elle soit de gauche ou qu’elle soit de droite, le problème dramatique de la politique de François Hollande est surtout qu’après quatre ans d’efforts, elle ne porte désespérément pas ses fruits.

 

Lire l'article du Soir de Bruxelles

 

 

 

                        François Hollande est-il encore de gauche ? Même Platini s’interroge

François Hollande est-il encore de gauche? Même la presse belge s’interroge

                Attention François, si tu va trop sur l'aile droite, tu risque de te mettre hors-jeux

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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