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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 13:44

 

Par Daniel Schneidemann

 

Et comment David Pujadas a été terrorisé par Nathalie Saint-Cricq

 

Loi travail : comment le système médiatique, comme un seul homme, a épousé le point de vue patronal - on n’ose même plus parler de point de vue gouvernemental, tant on le cherchait à la loupe, ces derniers jours. Il fallait voir l’escouade des envoyés spéciaux envahir les stations-service à sec, agiter le spectre des éventuelles coupures d’électricité, s’enivrer d’exégèses sur la «radicalisation» de la CGT.

 

Certes, ils tendent aussi leurs micros aux syndicalistes bloqueurs des raffineries. Mais, comme on va au zoo, à la redécouverte d’espèces en voie de disparition, avec un délicieux frisson : des fois qu’ils mordent ! Oh là collègue, avait-on envie de crier, ne vous vient-il pas à l’idée que la CGT fait simplement son travail de syndicat ?

 

Aux avant-postes, se planta un soir la cheffe du service politique de France2, Nathalie Saint-Cricq. La tactique de la CGT ? «Une technique révolutionnaire bien orchestrée», révéla-t-elle à un David Pujadas terrifié. Et d’insister sur «la base rabougrie» de la CGT, raison pour laquelle le syndicat «joue la rue, et l’affrontement total», désireux de «tout faire sauter». Mais où a-t-elle la tête, la CGT ? Car «rien ne permet de dire que cette stratégie va dans le sens de l’histoire, au contraire», décréta la journaliste. Infortunée CGT ! Si encore elle faisait tout sauter dans le sens de l’histoire, on comprendrait. N’a-t-elle pas vu les panneaux sens interdit ?

 

 

               Sens de l'Histoire : Nathalie Saint Cricq fait repasser le Code de la route

Comment on a frôlé la prise de la Bastille sur France2 lors des manifestations contre la loi travail

                           - Je vous préviens, Avec moi c'est toujours priorité à droite...

 

 

« Jouer l’explosion sociale, poursuivit Saint-Cricq, c’est prendre la responsabilité qu’il y ait un accident, un blessé ou un mort. […]. C’est un pari risqué de se mettre à dos durablement l’opinion publique. Exiger purement et simplement le retrait de la loi El Khomri, c’est jouer un va-tout qui n’a pratiquement aucune chance d’aboutir.» Toutes voiles gonflées par le grand vent de l’histoire, les esprits vagabondaient.

 

On imaginait Saint-Cricq sur le même plateau du 20 heures, au cours de l’été 1789. On imaginait sa réprobation, son indignation. Non mais franchement, ces députés du tiers état qui occupent une salle à Versailles, sans autorisation de la préfecture ! Ne vont-ils pas se mettre l’opinion publique à dos ? Et que vont devenir les joueurs de paume, privés de leur jeu préféré, et pris en otages ? Mais que veulent-ils, à la fin ?

 

Et les voilà, ces radicalisés, qui exigent le vote par tête, maintenant, et non par ordre ! Quelle absurdité. Ils vont finir par exciter le peuple de Paris. Qu’est-ce qu’on vous disait ? On signale des mouvements de foule autour de la Bastille. La forteresse serait bloquée, elle aussi. Nos envoyés spéciaux ont interrogé les bloqueurs. Ils sont également au cœur de la garnison qui défend l’édifice, et aussi à Versailles, où des désaccords se feraient jour à la Cour, sur la conduite à tenir.  Et David Pujadas, angoissé : «Nathalie, cet assaut de la Bastille, n’est-ce pas un pari risqué ?» Alors Saint-Cricq : «Ah oui, jouer l’explosion sociale, c’est prendre le risque, etc.»

 

Lire la chronique de Daniel Schneidermann dans Libération

 

 

 

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     - Ouch, désormais au lieu de de descendre à Bastille, je continuerais jusqu'à Gare de Lyon

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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