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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 14:34

 

Un véritable séisme pour les observateurs car Grenoble était présenté depuis les élections comme un « laboratoire politique » avec sa majorité issue de toute la Gauche Alternative

 

Rien ne va plus dans la ville de Grenoble (Isère). La commune dirigée par le maire écologiste Eric Piolle, a ainsi présenté un plan de « refondation du service public » avec à la clef de nombreuses coupes budgétaires. Des coupes drastiques qui touchent notamment le secteur culturel, puisque outre la suppression de plusieurs subventions aux associations œuvrant dans le domaine (théâtre, musique..), la Ville a aussi décidé de fermer trois de ses treize bibliothèques ! Dans la ligne de mire municipale : la bibliothèque Hauquelin, avenue du Marechal Randon et la bibliothèque Prémol, dans le quartie du Village Olympique, spécialisées dans l'acceuil des enfants et des ados, ainsi que celle de l'Alliance, rue de Stalingrad. Une véritable attaque en règle contre la lecture publique.

 

Et un véritable séisme pour les observateurs car Grenoble était présenté depuis les élections de 2012 comme un « laboratoire politique » avec sa majorité issue de toute la Gauche Alternative comprenant Europe Écologie-Les Verts, le Parti de gauche, les Alternatifs, la Gauche anticapitaliste, ainsi que deux associations locales, l’association démocratie écologie solidarité (ADES) et le Réseau citoyen. Une liste qui se voulait pourtant « anti-austérité ».

 

« Nous n'avions pas le choix », explique au Dauphiné Libéré l'adjoint aux Finances Hakim Sabri, qui fini par avouer qu'il s'agit bien d'une « politique d'austérité ». Mais l'élu de rappeler « qu'en raison de la baisse des dotations de l'Etat mais aussi de l'héritage de nos prédécesseurs socialistes, nous avions l'obligation de trouver 14 millions d'euros sur deux ans ». De son côté, le maire Eric Piolle s'embarasse de moins de subtilité. « Il faut changer cette logique de proximité du service public avec par exemple la création d'un bibliobus, d'une bibliothèque à vélo et des nouveaux points d'équipements de librairies, plutôt que ces 14 bibliothèques espacées par moins d'un quart d'heure à pieds » a-t-il asséné dans France 3 Rhône-Alpes. Le même discours que tenait Patrick Balkany à Levalois (Haut-de-Seine) lorsque lui aussi justifiait la fermerture d' une bibliothèque l'année dernière.

 

Ce discours que l'on attendait surtout pas d'une municipalité « Rouge-Verte » renverse ainsi toutes les positions politiques habituelles. Si bien que les Socialistes et Les Républicains grenoblois n'hésitent pas eux aussi à bouleverser tous les repères nationaux. « Au moins, c'est clair, Eric Piolle mène une politique de droite », ose d'ailleurs déclarer au Dauphiné Libéré, le socialiste Jérôme Safar devenu vert de rage. Quand à la droite, justement, elle n'est pas en reste puisque pour Matthieu Chamussy « jamais le service public n'a été attaqué ainsi à Grenoble ! ». Pas de doute, la Ville de Grenoble est bien devenue un laboratoire politique.

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

                            Grenoble : Eric Piolle décide d'étrangler son réseau de bibliothèques

La Ville de Grenoble compte fermer plusieurs bibliothèques municipales

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Published by Social Nec Mergitur - dans BM nec mergitur
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francisR 14/06/2016 11:16

Vous devriez regarder de plus près la situation économique de la ville de Grenoble. C'est une des grandes villes les plus endettées de France (héritage PS) et les communes sont les premières contributrices des politiques culturelles, ainsi lorsque l'Etat se désengage des villes (seulement depuis les élections municipales, lorsque le PS s'est rendu compte qu'il n'avait plus rien à perdre de ce côté) les communes sont contraintes de repenser toutes leur activités ou c'est le danger de mise sous tutelle (cf. congrès de l'AMF) ! Pour rappel, le budget culture 3e place à Grenoble, impossible à "sanctuariser" dans ce contexte, tandis que le ministère de la culture c'est environ 1% du budget de l'Etat, la promesse est plus simple à tenir. Sans cette baisse historique des dotations de l'Etat, la ville n'aurait pas touché à ce réseau de bibliothèque. Aujourd'hui le choix est de supprimer 3 mais de renforcer celles voisines et de trouver d'autres alternatives pour sauvegarder le service public !

Social Nec Mergitur 14/06/2016 12:48

Certes, mais ces fermeture illustrent bien le fait qu'aucune réflexion de fond n'est menée par nos tutelles politiques sur les enjeux de la lecture publique et le rôle de la bibliothèque dans la cité.
Lire ici : #deboutlesbibs : face à des politiques qui les précarisent davantage les bibliothèques doivent désormais se mettre debout

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