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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 16:14

 

Le Parisien : le 24 août 2017

 

La bibliothèque Marguerite-Durand rejoindrait la Bibliothèque historique de la Ville du Paris, dans le Marais (IVe). « Un lieu totalement inadéquat à la conservation et la communication de ce fonds, qui archive l’histoire du féminisme », estiment les professionnels qui ont décidé de réagir

 

La maire de Paris va-t-elle se mettre à dos les féministes ? La menace pointe déjà, brandie non par des mouvements militants mais… par le syndicat CGT de la Direction des affaires culturelles de la Ville (DAC), qui dénonce « l’expulsion » programmée de la bibliothèque Marguerite-Durand, dédiée à l’histoire du féminisme depuis 1932 (lire ici). En cause : la fermeture de cette bibliothèque spécialisée, logée depuis près de trente ans sur un étage de la médiathèque Jean-Pierre Melville, rue de Tolbiac (XIIIe), à l’occasion des grands travaux de modernisation de cette dernière. Melville fermera provisoirement en juin 2018 mais serait seule à réintégrer les lieux, tandis que Marguerite-Durand rejoindrait la Bibliothèque historique de la Ville du Paris, dans le Marais (IVe). « Un lieu totalement inadéquat à la conservation et la communication de ce fonds, qui archive l’histoire du féminisme », estiment les professionnels qui ont décidé de réagir.

 

Création d’un collectif, appel aux grandes voix du féminisme, assemblée générale et demandes de rendez-vous aux élus concernés… « En septembre, les choses vont bouger » annonce la CGT. « On envoie les bibliothécaires dans un lieu déjà saturé, et d’après ce que l’on nous annonce, le fonds serait stocké dans un entrepôt de banlieue… Bonjour le temps perdu pour les gens qui voudront consulter des documents et devront les demander plusieurs jours à l’avance ! ». Marguerite-Durand en recèle environ 60 000, ainsi que 5 000 lettres et manuscrits, et plus d’un millier de périodiques. Selon le syndicat, l’étage récupéré pourrait devenir… un espace détente, voire une cafétéria. Le projet municipal prévoit de loger la bibliothèque transférée dans l’ancien logement de fonction de l’ancien conservateur. Un appartement trop exigu pour l’équipe des bibliothécaires. « Ce projet est une manière détournée de faire disparaître cette bibliothèque fréquentée et appréciée par les professionnels comme par les amateurs de l’histoire des femmes, sans que les personnels n’aient été consultés », s’indigne leurs délégués.

 

La mairie de Paris nuance. Selon ses arguments, les bibliothécaires et surtout la CGT crient avant d’avoir mal : « Des réunions doivent démarrer en septembre, ce déménagement sera l’occasion d’un travail de réflexion collectif, afin de continuer à faire vive et donner encore plus de visibilité à cette bibliothèque ! » défend-on à l’Hôtel de Ville. La Ville prévoit « de réunir trois fonds dédiés au féminisme, avec celui de la bibliothèque George-Sand. Elle promet aussi de pérenniser une équipe de spécialistes du féminisme, un conservateur unique, et de continuer à dédier un budget spécifique à la bibliothèque Marguerite-Durand. Les conditions de transfert et de confort à venir « feront l’objet des discussions et des visites techniques à la rentrée », assure enfin la mairie de Paris, qui estime que les 86 places de lecture de la bibliothèque historique peuvent tout à fait absorber une fréquentation nouvelle. Pas sûr que cette conviction soit partagée.

 

Lire l'article du Parisien

 

 

Paris : projet de déménagement plus qu'inquiétant pour la bibliothèque du féminisme

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse Culture nec mergitur
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