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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:00

 

Livre Hebdo : Le 11 avril 2012

 

De vifs échanges entre le directeur de la BPI, Patrick Bazin et une conservatrice de la BnF, Bénédicte Hamon.

 

La tendance à diminuer les collections fait débat. En témoignent les échanges entre Patrick Bazin, directeur de la BPI, et Bénédicte Hamon, conservatrice à la BNF.

 

Moins de collections, plus de place pour les usagers: cette tendance actuelle dans les bibliothèques n'est pas sans susciter des débats, notamment dans les plus gros établissements. La question a été soulevée par Bénédicte Hamon, conservatrice et élue du personnel au Conseil scientifique de la BNF, lors de notre forum Livres Hebdo « Quelle politique pour le livre ? », le 16 février. Prenant la parole face aux représentants des candidats à la présidentielle, elle déclarait, évoquant la BNF, la BPI et la bibliothèque universitaire de Nanterre: « nous sommes très nombreux à constater des baisses des crédits d'acquisition qui s'accompagnent de projets assez dangereux de réduction des collections accessibles à tous. »

 

Interpellé, Patrick Bazin, directeur de la BPI, lui a répondu dans une tribune publiée dans nos colonnes le 16 mars. « Notre projet vise, au contraire, à valoriser l'offre de livres papier dont nous pensons qu'elle a toujours plus d'avenir que le livre numérique. [...] Nous allons nous efforcer de redonner davantage de lisibilité, d'ouverture et de vie aux collections de cette bibliothèque, d'une part en les ramenant progressivement à leur périmètre originel et, d'autre part, en les revisitant (et non pas en les réduisant), à hauteur d'environ 20%, dans le sens d'une plus grande diversité ».

 

Bénédicte Hamon développe ses arguments dans un courrier envoyé à Livres Hebdo  : «A la BPI, il est prévu de réduire la volumétrie d'imprimés (10% pour les monographies, 50% pour les périodiques) au détriment de la profondeur de collection et de revoir le contenu de 20% de l'offre documentaire que vous jugez trop "spécialisée", le tout au profit d'une offre centrée sur les "loisirs" et la "documentation pratique" et d'un "réaménagement" des espaces. »

 

Lire l'aricle de Livre Hebdo

 

Lire les arguments de Bénédicte Hamon, dans la rubrique "commentaire"

 

Lire également sur le même sujet l'article de "ActuaLitté"


 

                       247738_la-bibliotheque-nationale-de-france-bnf-le-2-juillet.jpg

                                      BnF: Une politique qui penche dans le mauvais sens ?

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Bibliothéconomiquement Vôtre
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commentaires

Bénédicte Hamon 14/08/2012 19:09

Monsieur,

Vous réagissez à ma dénonciation du mouvement de réduction massive des collections en bibliothèques en niant que le projet d'établissement que vous conduisez à la Bpi participe de cette politique.
Elue au Conseil scientifique de la BnF pour la Fédération syndicale unitaire (FSU), je vous prie de croire que j'ai pourtant bien étudié vos projets, leur ressemblance avec ceux mis en œuvre
aujourd'hui à la BnF à travers la réforme du Haut-de-jardin pouvant difficilement m'échapper.

A la Bpi, il est prévu de réduire la volumétrie d'imprimés (10% pour les monographies, 50% pour les périodiques) au détriment de la profondeur de collection et de revoir le contenu de 20 % de
l'offre documentaire que vous jugez trop « spécialisée », le tout au profit d'une offre centrée sur les « loisirs » et la « documentation pratique » et d'un « réaménagement » des espaces.

À la BnF, derrière un discours officiel mettant en avant le remodelage des espaces, censé favoriser le « nomadisme », la « convivialité » et le « confort », se profile un projet destructeur. Il
s'agit de proposer moins de livres, ceux qui restent se devant d'être plus « frais », plus « français », moins « difficiles », au détriment d'ouvrages risquant de manquer à nos usagers. Bref, on
sacrifie la diversité, la qualité, l'originalité de l'offre documentaire. Ainsi pour la seule salle J (Sciences humaines), ce sont 21 000 ouvrages sur les 71 000 actuels qui ont vocation à
disparaître.

Notre échange doit permettre enfin un débat public sur ces politiques, associant tous les acteurs des bibliothèques, sans concepts abscons ni postures stériles. Au moment où les sources
d'informations et de documentation se multiplient, avec la généralisation de l'accès à Internet et l'explosion de la documentation numérique, l'exigence d'une politique documentaire encyclopédique
ne relève-t-elle pas d'une nécessité démocratique impérieuse ?

Dans ce débat, deux points font déjà accord. Vous avez raison d'affirmer que le numérique ne signe pas la disparition de l'imprimé et qu'il s'agit désormais de prendre la mesure des pratiques des
usagers en favorisant la complémentarité de ces deux supports. De même avez-vous raison d'affirmer que la question des budgets d'acquisitions revêt une importance politique réelle. Je ne doute donc
pas que vos efforts se joindront aux nôtres pour défendre le service public de la lecture auquel nous tenons tant.

Bénédicte Hamon

Conservatrice élue du personnel au Conseil scientifique de la BnF