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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 08:49

 

Dans la capitale, maintenant même les poètes ont disparu !

 

La culture, si elle n’est pas bling-bling, est décidément bien malmenée en ce moment à Paris. On connaissait les difficultés rencontrées par les bibliothèques municipales - budget, horaires, effectifs - suffisement décrites ici pour que ce soit utile d’y revenir, ou bien la situation des conservatoirres municipaux. Il y a quelques jours c’était la Maison de l’Europe et d’Orient, librairie spécialisée dans les cultures d’Europe de l’Est, du Caucase et de l’Asie Centrale qui était sur le point de mettre la clé sous la porte avec les abandons successifs des pouvoirs publics, dont la Mairie de Paris. Aujourd'hui, c’est un appel à l’aide qui est lancé par le fondateur du festival Poètes à Paris.

    

Ce festival crée il y a sept ans est lui aussi en péril faute d’aide du ministère de la Culture et maintenant de la Mairie de Paris. Le festival, programmé pour le mois d’octobre, n'avait pourtant besoin que d'une subvention de cinq mille euros pour continuer d'exister. Encore trop pour la municipalité, sans doute. Il est vrai qu’à Paris les crédits affectés à la culture, plusieurs dizaines de millions d’euros sont déjà mangés par les projets les plus couteux – CentQuatre, Gaité Lyrique, Théâtre du Rond-point…. Alors à Paris, même les poètes auront bientôt disparu ? C’est semble-t-il les craintes du fondateur de Poètes à Paris, Yvan Tetelbom, à travers la tribune que nous publions ici.                                        


                il-est-mort-le-poete.jpg

    

            

Créateurs, artistes, relevons la tête avec fierté !

 

Par Yvan Tetelbom, créateur du festival « Poètes à Paris »

 

J’ai fondé et dirige depuis sept ans, une association Poètes à Paris qui bénéficiait de quelques subventions du ministère de la culture (DRAC) et de la mairie de Paris (DAC) jusqu’en 2012. Seule, la région Ile de France s’opposait sans explications, à ce projet. 

 

Ces subventions dont le total cumulé ne dépassait pas les cinq mille euros me permettaient de faire vivre un événement unique à Paris dont la nature est de faire émerger, découvrir, promouvoir le poète vivant et son langage, à travers des rencontres culturelles et artistiques qui draine un public d’environ mille à mille cinq cent personnes.

 

Cette année, toutes mes demandes ont essuyé un refus malgré mes lettres recommandées réitérées au maire de Paris, à son adjoint à la culture, et mes appels téléphoniques incessants à leurs conseillers ou aux responsables en charge des affaires culturelles dans les différents ministères suivis parfois de rendez vous où j'ai exprimé mes attentes, mes espoirs avec force de conviction argumentée.


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                   Un évenement unique à Paris qui draine un public d’environ 1000 à 1500 personnes

 

 

Mais ces responsables ou plutôt ces robots sans âme ni sentiments de toute évidence formatés par leurs écoles, vous répondent avec un sourire figé, prennent des notes, le regard posé sur leurs feuillets, mais la décision est déjà prise en plus haut lieu.

 

Devant cet abandon « politique » de toutes ambitions culturelles au sommet de l’état, le créateur culturel, l’artiste, c’est à dire celui qui ose, crie, accuse, espère, aime, s’indigne, se révolte, est aujourd’hui démuni, comme livré à lui même entre renoncement et engagement impérieux de poursuivre sa démarche dont il sait qu’elle est nécessaire pas seulement à lui même mais aux autres, à la jeunesse surtout.

 

J’appelle tous les créateurs, les artistes, dont les projets tel le mien, sont désormais malmenés, voire assassinés par l’état, à s’organiser, à relever la tête avec fierté, à faire front commun pour enrayer cette destruction programmée du bien culturel, témoin d’un héritage commun, source de représentation qu’une société a d’elle même, vecteur de cohésion sociale sans lequel un pays mais surtout la France, n’aurait plus d’avenir.

 

Pour tout savoir sur le festival Poètes à Paris, lire ici

 

 

                                              Alors à Paris, même les poètes auront bientôt disparu ?


                              mission-9---L-ame-des-poetes.jpg

                                                   Ah, Paname, c'était toute une époque !

 

 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Tribune libre
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