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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 10:04

  

France Soir : 10 septembre 2011

 

Musée d’Art Moderne : Le retour de « l’homme-araignée »

 

 Vjeran Tomic, un incroyable monte-en-l’air, serait à l’origine du vol du siècle au musée d’Art moderne de Paris, en mai 2010. Les toiles, elles, restent introuvables.

 

« Homme-araignée », « roi de la varappe» , « Arsène Lupin-escaladeur »… Pour les policiers, Vjeran Tomic, passe pour l’un des voleurs d’art les plus étonnants et sans doute les plus doués de sa génération. Alors, le 20 mai 2010 au matin, après l’incroyable casse au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, il a rapidement figuré parmi les « suspects habituels ». Et il y a deux semaines, l’homme a été mis en examen pour ce cambriolage.


A 43 ans, ce Français d’origine croate est un vieux client du groupe « antiquaire » de la brigade de répression du banditisme de Paris (BRB) qui lui a même donné son surnom : l’Homme-araignée. Avant le « casse du siècle », les policiers spécialisés l’avaient fait tomber à deux reprises en quelques mois. C’était en 1999 et en 2000. Car il y a une « signature » Tomic.

 

Basé à Montreuil, l’homme s’inscrit dans la « lignée » des redoutables casseurs originaires d’ex-Yougoslavie, qui, depuis les années 1960, ont fait de la cambriole une de leur spécialité. Son truc à lui, c’est avant tout les objets d’art. Janvier 1999, il chute après une série de fric-frac dont un dernier au domicile du doyen de l’université d’Aix-en-Provence, Charles Debbasch. Là, alors que l’éminent juriste dormait, il s’est emparé d’huiles de Bernard Buffet et de pastels de Camille Pissarro, sans oublier une toile contemporaine signée Yves Brayer. Butin : 450.000 €. Lors de son arrestation, treize tableaux essentiellement du XVIIe siècle et des bijoux sont encore retrouvés ainsi que divers guides, magazines et indicateurs lui permettant de connaître la cote des objets dérobés.


Flèches et arbalète  A l’époque, Tomic agit par escalade. Sa recette ? Une grosse condition physique et du matériel d’escalade. L’Homme-araignée utilise une arbalète et des flèches qui, reliées à des cordes et des mousquetons, lui permettent de se hisser sur les toits. Le tout attaché à un baudrier de spéléologue, il peut ensuite s’élancer en varappe le long des façades et entrer par les fenêtres. Son terrain de jeu : le très chic XVIe arrondissement, en particulier les secteurs des avenues Foch, Henri-Martin et du Président-Wilson. Une dernière artère qui longe… le musée d’Art moderne de la ville de Paris

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Placé en détention, le monte-en-l’air va rechuter à peine remis en liberté. Fin septembre 2000, le Croate reprend son matériel et s’attaque à un nouvel immeuble du XVIe arrondissement. Coup sur coup il visite deux immenses appartements, faisant fi de ses occupants endormis. Deux tableaux de Renoir, un Utrillo, un Braque, un Derain ainsi que deux Modigliani qui s’avéreront être des copies disparaissent. Dans la foulée, l’esthète « fraque » la porte voisine et s’empare d’une collection de bijoux étrusques cotée près de 150.000 €.


100 millions d’euros   Après une éclipse médiatique de dix ans, c’est donc l’Homme-araignée qui fait son marché au musée d’Art moderne, le 20 mai 2010, cinq chef-d’œuvre signés Picasso (Le Pigeon aux petits pois), Matisse (La Pastorale) Modigliani (La Femme à l’éventail), Fernand Léger (Nature morte aux chandeliers) et Georges Braque (L’Olivier près de l’Estaque), pour un butin frisant les 100 millions d’euros. Cette fois, la tâche a été beaucoup plus facile. Pas besoin de varappe.

 

Selon Le Journal du dimanche, Tomic a « jugé le système de sécurité plutôt médiocre » au musée. Trois jours avant sa visite, il a placé du décapant sur la peinture des huisseries d’une baie vitrée donnant sur une terrasse surplombant le quai de New-York, à l’arrière du musée. La nuit du vol, armé d’une simple visseuse électrique il a démonté la fenêtre puis, avec un coupe-boulon, a brisé sans difficulté le cadenas verrouillant sommairement un simple rideau de fer. Selon Le JDD, le voleur a été surpris qu’aucune alarme ne se déclenche. Et pour cause, elle était en panne depuis plusieurs semaines.

 

Malgré les 30 caméras de surveillances et les trois gardiens de nuit, Vjeran Tomic est longuement resté dans les lieux, prenant même le temps de démonter les cadres pour ne garder que les châssis. « C’est vraiment hyper-cohérent d’emporter ces toiles-là. Ce sont les chefs-d'œuvre du musée », confiait à l’époque une employée des lieux.


Une commande   Sauf que les toiles sont pratiquement invendables. Trop connues. Les enquêteurs savaient qu’ils devraient être patients, à l’affût, en surveillance constante du milieu des receleurs. En mai dernier, après un cambriolage avenue Montaigne, la BRB a retrouvé son vieux client, qu’elle a interpellé alors qu’il déchargeait bijoux et livres rares devant son pavillon de Montreuil, le même où il avait été arrêté il y a dix ans. Il faudra encore six mois pour que l’enquête identifie le « donneur d’ordres », un antiquaire parisien du gen

 

re plutôt véreux. Il aurait commandité le cambriolage mais s’intéressait en réalité à un autre Fernand Léger. Les cinq peintures auraient ensuite été confiées à une connaissance, un réparateur de montre-expert en art à ses heures. Ce dernier, pris de panique après l’arrestation de l’antiquaire, aurait jeté les chefs-d’œuvre à la poubelle. Un scénario qui reste à vérifier.


Quant à l’Homme-araignée, un personnage courtois qui reconnaît habituellement ses « exploits » quand il est pris, il a de nouveau endossé sa part de responsabilité, « balançant » le commanditaire peu réglo à ses yeux : il ne lui aurait jamais versé les 40.000 € promis pour sa visite nocturne au musée d’Art moderne.

 

Par Brenda Kemmer                                                                     

Voir l'article de "France-Soir"


 

                                             presse 8

 

Sur le même sujet:  Vol du MAM: 100 millions jetés à la poubelle  

 

 

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Published by parisculturesociale - dans Revue de presse
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