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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 09:31

 

Pour le syndicat, c’est maintenant « l’extension du domaine de la lutte pour la culture ! »

 

La CFDT, qui ne voit plus la vie en rose malgré le départ de Christophe Girard, se lâche et dénonce la multiplication des structures administratives à la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris.

 

« Cela ressemble désormais à la vie d'un vieux couple mal assorti qui passe son temps à résoudre à deux des problèmes qu'ils n'auraient pas eu seul... ». C’est ainsi que la CFDT dresse, de manière très imagée, le bilan de la Ville de Paris en matière culturelle dans une déclaration rendue publique la semaine dernière*.

 

«  On attend dorénavant avec une inquiète impatience le prochain chapitre d'une restructuration de la DAC. » rajoute le syndicat perfide !

 

Leur liste de critiques sur la gestion des bibliothèques, musées et conservatoires est longue. Le syndicat cher à François Chérèque commence son réquisitoire par les bibliothèques municipales : Problèmes informatiques (lire ici), règles budgétaires qui changent en cour d’année, énormes cafouillages pour les équipements en travaux, notamment celui de la bibliothèque Goutte d’Or (lire ici). La charge est lourde

 

 Mieux, selon la CFDT les préfigurations des futures médiathèques (Saint Lazare ou Vaclav Havel) font l’objet d’une gestion des plus erratiques. « Bureaux, hangars loués et dont on découvre qu'ils ne pourront être occupés que durant 6 mois, pour ensuite faire déménager les collections déjà constituées, les postes de travail et les connexions internet, entrainant une lourde très lourde logistique à remettre en place. » appuient les syndicalistes! Mais faire et défaire, c’est toujours travailler, n’est ce pas ?

 


                                                                            Déménager tout les six mois ?

                                                 cfdt 4

                                                  " Alors là, ils font plus fort que nous ! "


 

Avec cette organisation digne du sapeur Camembert, on multiplie les comités Théodule avec dans le désordre : « mission territoire », « qualiparis », « charte d’accueil » « que l’on peaufine et fignole » précise la CFDT.

 

Il est vrai que le syndrome du Shadock est présent au plus haut niveau de l’Hôtel de Ville de Paris avec la mise en place de la désormais célèbre « démarche valeur » ! lire ici et

 

Bref, ces critiques rejoignent celles de la CGT des Affaires Culturelles qui avait, elle aussi, pointé l’inflation bureaucratique (ici), les pannes de chauffage ou du système informatique (lire là) dans les bibliothèques

 

Pour la CFDT « Il existe d'autres domaines d’extension du domaine de la lutte pour la culture... » et d’embrayer sur la situation des conservatoires parisiens où « on invente des astuces pour cacher la réalité des queues d'inscriptions et cette année on découvre les vertus de l’inscription par téléphone... ». Ah ! Les vertus du téléphone ! La Mairie de Paris qui se veut « ville numérique » n’y avait pas pensé. Ce numérique justement que la CFDT n’hésite pas à brocarder avec le bout de la souris « On veut du jeune, du geek, le multimédia l'exige... », faisant probablement référence au futur projet de la bibliothèque de la Canopée dont d'autres avaient déjà dénoncés le ridicule. (Lire là)


 

                                                   cfdt-1.jpg

                                                               Pour la culture

 

Pour les musées parisiens ce n’est guère mieux, selon la CFDT « Avec leur futur transfert vers un  Etablissement Public, on reste encore stupéfait de la déclinaison que ce projet a fini de faire du dialogue social à la ville de Paris : une information sur la base d'un monologue de l’administration...sans revenir, une fois de plus, sur les grandes questions qui restent en suspens pour l'avenir des personnels au sein de cette nouvelle structure ? »

 

Il est vrai que côté dialogue social l’exemple vient d’en haut. On se souvient d’une réunion houleuse, où les syndicats avaient été unanimes à dénoncer l’attitude parisienne (lire là). Le devenir des musées parisiens proposé par la municipalité y avait fait l’objet d’un rejet collectif des représentants des personnels.

 

la CFDT, avec d’autres, décrit une situation sans concession sur l’état de la culture municipale qui semble se résumer à quelques équipements de prestige fort coûteux (CentQuatre, Gaité Lyrique, etc…).

 

La Mairie de Paris « laisse une sensation d'indicible chaos directionnel qui engendre désillusion et rancœur des professionnels de la culture parisienne : bibliothèques, conservatoires, musées... » Ce qui va immanquablement entrainer, poursuit-elle « doute et critique vis à vis des structures et des élus politiques dont ils pensaient que ces derniers leur offriraient un fonctionnement professionnel nettement moins lourd, voire plus rose... »  

 

Il semble qu’il n y ait plus que l’administration qui voit la vie en rose, couleur il est vrai de l’actuelle majorité municipale. Une chose est sûre cependant il n’on pas vu venir l’attaque de la CFDT

 

Publié également dans "Miroir Social" 

 

 

                                          CHEREQUE 1

                                               " Je crois qu'à Paris, ils n'ont rien vu venir ! "

                                            

 

 


* Lire l'intégrale de la déclaration de la CFDT dans la rubrique commentaire 

 

Lire aussi:

Climat social : À la Ville de Paris, le changement, ce n’est pas encore pour maintenant

Le Parisien : Les bibliothèques de la Ville de Paris connaissent des bugs à répétition

Paris : Perturbation de l’exposition Crumb au Musée d’Art Moderne !

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Published by Social Nec Mergitur - dans Actualité sociale
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CFDT Affaires culturelles 02/07/2012 15:26

Déclaration préalable au CTP de la DAC du 28 juin 2012

Madame la Maire,

La Cfdt profite de ce CTP où va être abordé le bilan social de la DAC pour y raccrocher un autre bilan, fait lui aussi sur la base du vécu professionnel des agents.

Un bilan beaucoup moins chiffré mais tout aussi éloquent.
Comme l'avait dénoncé en son temps la CFDT, l'organigramme de la DAC et les différents bureaux qui s'y rattachent se sont vus ces dernières années considérablement développés : gestion du personnel
éclaté entre le SRH et le BBL, création de mission territoire, création de Qualiparis, création des responsables de secteurs, rajout d'un adjoint au chef de bureau etc...
Ces nouveaux services et ces postes qui ont été créés, les fonctions qui ont été redécoupées font que les possibilités d'agir rapidement sont désormais fortement compromises...les interlocuteurs,
aujourd'hui démultipliés, sont potentiellement plus nombreux et même si l'on ne peut douter de leur volonté de bien faire, leur esprit d'initiative, leur réactivité et leur pouvoir de décisions
normalement lié à leur fonction se sont vus eux proportionnellement amenuisés...

En effet, Il est actuellement souvent impossible de résoudre rapidement et en profondeur un problème sans que le personnel ne soit obligé de pétitionner au moins au niveau de la sous-direction de
l’éducation artistique et des pratiques culturelles de la DAC et ceci afin de trouver un interlocuteur crédible ayant autorité et pouvoir pour centraliser les moyens et prendre l' initiative...

Ce qui se passe entre le B.A.A et le B.B.L ne va pas sans nous faire penser, nous syndicat CFDT à ce que pourrait être la vie d'un vieux couple mal assorti : passer son temps à résoudre à deux des
problèmes qu'on n'aurait pas eu seul...

On attend dorénavant avec une inquiète impatience le prochain chapitre d'une restructuration de la DAC.

En résumé une réorganisation d'une direction qui à la lumière de sa pratique n'est pas vraiment synonyme d'efficacité.

A titre d'exemples:
-les problèmes informatiques restent nombreux et redondants dans les bibliothèques: gestion difficiles des publics dans les grands établissements, multiples pannes, système inadapté et en doublon :
vsmart et portfolio.

-Difficulté à répétition pour les discothèques dans la gestion de leurs collections avec des modalités budgétaires qui changent en cours d'année.

-Énorme cafouillage durant les préfigurations des futurs établissements et ceux fermés pour travaux: Saint Lazare, Vaclav Havel, Goutte d'Or, et Beaugrenelle. Bureaux hangars loués et dont le B.A.A
découvre qu'ils ne pourront être occupés que durant 6 mois, pour ensuite faire déménager collections constituées, postes de travail et connexion internet, une lourde très lourde logistique à
remettre en place.

Sans oublier le fractionnement des équipes d'un même établissement dans différentes bibliothèques du réseau, chose des plus handicapantes quand on sait ce que doit représenter un travail en équipe
au moment de la constitution d'un fonds et l'élaboration d'un projet d’établissement en amont.

Une situation que l'on juge acceptable par ce que on la dit temporaire en « haut au B.A.A » mais une situation anxiogène que sont amenés à gérer, subir les gens de terrains « ceux du bas » : les
équipes, les chefs d'établissements.

Mais là ne s'arrête pas notre liste. Il existe d'autres domaines d’extension du domaine de la lutte pour la culture...

-Difficulté à organiser des passations de marchés pour les mobiliers et jeux vidéo de certaines préfigurations.

-Dans les conservatoires on retrouve des systèmes de fonctionnement et de profil de poste qui sont différents d'un établissement à l'autre, certains agents se trouvent écrasés sous les tâches alors
que dans d'autres conservatoires la même fonction n'induit pas du tout la même polyvalence...

-Conscient du succès de ces mêmes conservatoires et de leur impact sur les usagers parisiens la mairie met en place une politique de recrutement et de titularisation un peu plus volontaire pour les
professeurs...mais quid des personnels administratifs...des postes d'accueils sous évalués, alors on invente des astuces pour cacher la réalité des queues d'inscriptions et cette année on découvre
les vertus de l’inscription par téléphone...Pendant ce temps dans les autres établissements : musées et bibliothèques on peaufine l’accueil et on fignole la charte...

-Dans des musées comme la maison de Victor Hugo on use et abuse d'un label Handicap pour recruter et surexploiter du personnel en contrats aidés au détriment du personnel titulaire et de la
création de postes...

-Quant à l'EPM, on reste encore stupéfait de la déclinaison que ce projet a fini de faire du dialogue social à la ville de Paris : une information sociale régulière sur la base d'un monologue de
l’administration...sans revenir, une fois de plus, sur les grandes questions qui restent en suspens pour l'avenir des personnels au sein de cette nouvelle structure ?

-N'oublions pas pour finir l'inquiétante amplification du problème concernant la mobilité des plus anciens et de leurs possibilités de postes au sein du réseau. On veut du jeune, du geek, le
multimédia l'exige...

Nous vous alertons donc une nouvelle fois, madame la maire, sur cette multiplicité des problèmes qui certes ne sont pas nés avec la mandature mais qui maintenant prennent une ampleur beaucoup plus
grande qu'ils ne le devraient ; laissant une sensation d'indicible chaos directionnel chez le personnel.

Une situation qui engendre désillusion et rancœur des professionnels de la culture parisienne : bibliothèques, conservatoires, musées...une colère s’exerçant, sur nous, centrales syndicales censées
veiller aux intérêts des agents dans les différentes instances mais aussi, sachez-le, incompréhension, interrogation, doute et critique vis à vis des structures et des élus politiques dont ils
pensaient que ces derniers leur offriraient un fonctionnement professionnel nettement moins lourd, voire plus rose...

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