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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 14:41

 

Le Figaro : Le 23 septembre 2013

Un rapport de la Chambre Régionale des Comptes pointe les largesses de cet établissement public de la Ville de Paris.

La politique culturelle de la mairie de Paris ressemble parfois à un vaudeville. On se souvient du bide du Centquatre, centre culturel rénové pour 100 millions d'euros de travaux et inauguré en grande pompe en 2008 par Bertrand Delanoë. Ses directeurs ont été remerciés en 2010. Tout comme Patrick Gufflet, à la tête, lui, du Théâtre Paris-Villette depuis plus de vingt-cinq ans et déclaré mauvais gestionnaire en 2012 par Bruno Julliard, adjoint à la culture, qui justifiait ainsi sa décision: « Nous sommes redevables envers les Parisiens des deniers publics dépensés.»

Une éthique partagée par la chambre régionale des comptes d'Ile-de-France, si l'on en croit un rapport d'étape concernant une autre salle municipale, et non des moindres. « La gouvernance du Théâtre de la Ville n'est pas celle d'une grande institution culturelle », indique-t-il clairement. Le constat est accablant. Fruit d'une enquête diligentée par deux inspecteurs en 2012, ces « observations provisoires » sont datées de février 2013. Ce rapport d'étape a été, comme le veut la loi, soumis aux responsables de l'établissement contrôlé, le 24 juillet dernier. Il porte sur les exercices de 2006 et suivants, ceux de Gérard Violette, directeur de 1985 à 2008, et de son successeur, Emmanuel Demarcy-Mota.

 

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                               La direction du Théatre de la Ville tente d'échapper à la Cour des Comptes

 

La direction des affaires culturelles de la Ville de Paris, la direction du Théâtre de la Ville, le conseil d'administration de l'association, fourbissent actuellement les réponses aux analyses des sages. L'étude soulève, en effet, de nombreuses irrégularités. Bien que dépendant à 80 % des subventions de la Ville, à hauteur de 10 millions et demi d'euros, il semble que ce théâtre, qui accueille en deux sites (place du Châtelet et rue des Abbesses) 250.000 personnes par an, n'ait été longtemps régi que par l'autorité de son directeur. Une situation à l'origine de ces dérives ?

Ainsi, lors de son départ à la retraite, en plus des indemnités prévues par la convention collective, M. Violette aurait touché une gratification d'un montant de 98.056 euros. La chambre s'interroge aussi sur une autre prime exceptionnelle « décidée dans des conditions peu transparentes et calculée sur des bases parfaitement indéterminées de 75.000 euros bruts, versée sur 2007 et 2008 » et dont il fut bénéficiaire (ce qui fait donc un total de 173 000 euros pour cette retraite-chapeau). Un cadeau de la mairie de Paris ? Attribuée par Bertrand Delanoë, celle-ci est considérée par les experts de la chambre régionale des comptes comme une « libéralité qui ne respecte pas le cadre fixé pour les organismes à but non lucratif ».

 

                                                    173 000  euros pour la retraite, c'est mortel ! 

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                                                                    -  Manque plus que le chapeau !

 

À propos des primes d'ancienneté, ceux-ci notent que « par des décisions qualifiées d'exceptionnelles et pourtant reformulées chaque année », l'ancien directeur du Théâtre de la Ville en a autorisé le dépassement du plafond pour lui-même et certains de ses collaborateurs…

Les rapporteurs s'inquiètent des pleins pouvoirs qui seraient donnés au directeur, au détriment du président et des membres du conseil d'administration de l'association qui régente ce théâtre. Selon eux, ces derniers n'auraient d'ailleurs pas été consultés pour la nomination d'Emmanuel Demarcy-Mota: « Compte tenu de l'implication des directeurs dans la gestion, la chambre ne pouvait se désintéresser des modalités de ce choix. Elle aurait pu s'attendre à ce qu'il soit possible de consulter les projets concurrents, ou au moins de connaître le nom des candidats qui ont été sollicités ou se sont manifestés. Mais elle doit constater que la décision de choisir l'actuel directeur a largement échappé à l'association elle-même.»

 

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                                        Au Théatre de la Ville les primes de fin d'année étaient riches

 

Ce que conteste fermement Dominique Alduy, présidente du conseil d'administration. Elle rappelle que plusieurs candidats étaient en lice et que leurs projets avaient été longuement débattus. Emmanuel Demarcy-Mota, qui dirigeait le Centre dramatique de Reims, avait été préféré à Michel Orier, alors patron de la maison de la culture de Grenoble et aujourd'hui directeur de la création au ministère de la Culture, et José-Manuel Gonçalvès, alors directeur de la Ferme-du-Buisson et aujourd'hui à la tête du Cenquatre.

Le rapport signale encore une entorse au contrat du directeur. Celui-ci prévoit en effet que pendant toute la durée de son mandat, « M. Emmanuel Demarcy-Mota ne peut exercer des fonctions de même nature en France ou à l'étranger, exception faite de ses fonctions de metteur en scène.» Pourtant, trois ans plus tard, en 2011, il est nommé directeur du Festival d'automne.

Joint à Lisbonne, où était présenté l'un des spectacles français du Festival d'automne, il nous précise: « Un avenant à mon contrat stipule que je peux exercer une autre fonction culturelle, mais ne peux pas diriger une institution concurrente.» La Ville de Paris, contactée par nos soins, refuse de s'exprimer, arguant d'une procédure en cours. Et annonce des rectifications courant octobre, en attendant que l'on s'attaque enfin à un autre dossier brûlant: les travaux de rénovation du théâtre.

Lire l’article du « Figaro »

 

                                                 Au théatre de la Ville on sait alpaguer les primes

                             affiche alpagueur 2

                                                                 Normal, y a un avenant à mon contrat ! 

 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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