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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 10:08

 

Rue 89 : Le 7 septembre 2012

 

Mais c’est surtout « la maman qu’ils veulent » selon un élu parisien !  Mais alors une mère fouettarde ?

 

Loyale, la socialiste en a assez de « vivre dans l’ombre » du maire de Paris. Sa souriante dauphine est politiquement lisse mais se veut moderne et... « normale ».

 

Le prochain maire de Paris s’appelle Anne Hidalgo. Vu de l’Hôtel de Ville, ça ne fait aucun doute. « La conjonction astrale est formidable ! », s’emballe un cadre de la mairie : « La sociologie parisienne est telle que les électeurs ne peuvent plus voter pour un maire de droite ; Le Guen et Bloche n’ont aucune chance dans une primaire ; il est trop tôt pour les petits jeunes comme Julliard ; et Duflot a un trop gros portefeuille ministériel pour l’abandonner dans un an et demi. »

 

Hidalgo a un boulevard. Elle vient de lancer sa campagne pour 2014. Un adjoint s’amuse de son impatience : « Elle était très déçue que Delanoë ne soit pas nommé au gouvernement. Elle était persuadée d’occuper son fauteuil dès cet été. » Un autre ajoute : « Elle n’en peut plus d’être la numéro deux. Onze ans qu’elle a à vivre dans l’ombre de quelqu’un. »

 

 

                                                                                      Bruno Juliard

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                                               Il est encore trop tôt pour les petits jeunes


 

Spécialiste des rendez-vous ingrats.  Onze ans qu’elle est la doublure de Bertrand Delanoë. La députée Danièle Hoffman-Rispal se souvient : « Quand Bertrand a été atteint par un coup de couteau [au cours de la “Nuit blanche” 2002], elle l’a remplacé au pied levé sur dix-huit comptes-rendus de mandat [réunions dans les arrondissements pour présenter l’action municipale, ndlr]. J’ai été estomaquée par sa compétence. »

 

Depuis, chaque fois qu’il a fallu remplacer Delanoë pour une inauguration, une visite de terrain, une cérémonie rasoir, elle s’est rendue disponible. Elle est devenue la spécialiste des rendez-vous ingrats. Elle fait ça très bien : elle sourit, plante ses yeux dans ceux de ses interlocuteurs et dodeline de la tête avec la régularité d’un gif animé.

 

Quand elle parle, c’est avec douceur ; et avec les mains : on dirait qu’elle fait de la poterie dans l’espace. Elle produit une jolie musique avec sa voix, vous enrobe de ouate verbale, ses mots suent les bons sentiments – si vous avez du mal à dormir le soir, c’est radical.

 

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                                                             " Mon heure a sonné ! "


 

Peinture à l’huile et vieilles rancunes.  Quand elle écoute, elle le souligne : « Mmh... Mmh... Oui... Mmh... Mmh... Bien sûr... » En boucle. Si vous êtes un adversaire, elle peut vous laisser vous épuiser sans combattre. Confession d’un maire d’arrondissement :  « Je n’ai jamais réussi à dialoguer avec elle. Avec Delanoë, tu t’engueules, mais tu peux parvenir à le convaincre. Elle, elle te sourit, mais c’est “cause toujours, tu m’intéresses.” »

 

Ana-Maria Hidalgo est bosseuse, opiniâtre, chaleureuse, fidèle, rancunière, laborieuse. Elle semble tellement lisse que ses amies ont l’impression de vous faire une confidence d’une folle audace en parlant de sa pratique de la peinture à l’huile (« Beaucoup de paysages orangés »).

 

A 53 ans, elle n’a jamais gagné d’élection sur son nom, n’est pas porteuse d’un courant de pensée original, n’a pas marqué la vie de son parti. C’est sa loyauté qui est aujourd’hui récompensée.

 

Jamais elle n’a laissé paraître de désaccord avec son patron. A tel point qu’il est difficile de cerner ses idées personnelles. A part des prises de position très répressives sur la prostitution et son « rêve » de créer des jardins sur les toits des HLM, rien de très saillant n’est resté.

 


 

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                                      " Si je suis élue, je rajoutes un étage à la Tour Eiffel "


 

Auteur du premier « tweet-clash » politique. Elle a fait parler d’elle pour avoir posté sur Twitter une photo de Valérie Pécresse assoupie au conseil régional (considéré comme le premier « tweet-clash » politique en France, en décembre 2009) ou pour avoir exigé la suppression de tweets relayant une vieille rumeur. Jamais pour son inventivité politique. Son projet, de toute façon, elle entend le construire avec des élus de banlieue et « avec les citoyens », à la Royal.« La politique a changé. Vraiment beaucoup changé. Nous ne sommes plus à l’époque où un programme se faisait avec trois experts sur un coin de table. »

 

Idéologiquement, elle est d’abord une féministe. Marquée par la culture alors machiste de son Espagne natale, cette fille d’un électricien et d’une femme au foyer fait son éducation politique en fréquentant la Librairie des Femmes à Lyon.

 

« Devenue inspectrice du travail dans le Val-de-Marne, elle a développé une vision forte des inégalités femmes-hommes, des questions de harcèlement », raconte son amie Michèle Sabban, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France. Elle participe ensuite, au cabinet de Nicole Péry, la secrétaire d’Etat aux Droits des Femmes, à la préparation des lois sur la parité et l’égalité professionnelle.

 

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                                                       " Ne me tweete pas ! "


 

Hollande et le gang des misogynes.  A la mairie de Paris, elle a beaucoup fait la potiche, mais elle a aussi lancé des campagnes sur le dépistage du cancer du sein et pesé pour qu’il y ait autant de directrices que de directeurs à la tête des administrations parisiennes. « Elle a cessé de subventionner les associations anti-avortement, a aidé les structures d’aide aux femmes battues et aux femmes de la rue », ajoute Martine Billard, la coprésidente du Parti de Gauche.

 

Porte-parole de sa « grande sœur en politique », Martine Aubry, pendant la primaire socialiste (les deux femmes se sont depuis brouillées), elle a passé son temps à dépeindre l’équipe de François Hollande comme un gang de cumulards misogynes. Et le fait qu’elle soit une femme est pour l’instant le principal argument de ses supporters : une femme maire de Paris, disent-ils, ça aurait de la gueule. Corollaire : ne pas soutenir la belle de Cadix, c’est être un sale macho.

 

Face aux électeurs, cette mère de trois enfants se présente en maman-qui-se-coltine-comme-vous-les-problèmes-de-vie-quotidienne. Clin d’œil appuyé d’un ex-collaborateur : « C’est une femme NORMALE. »

 

Pour le sociologue Jean-Louis Missika, un des responsables de sa campagne : « Par rapport au modèle classique de l’apparatchik socialiste, elle apparaît comme quelqu’un en contact avec la vraie vie. »

 

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                                                "  C'est bon, je peux y aller la route est dégagée ! "


 

« Un choix marketing ».  C’est déjà ce qui avait séduit Bertrand Delanoë à quelques mois des municipales de 2001. « Bertrand a vu en elle un élément nouveau dans la vie politique parisienne », rappelle le député européen Pierre Schapira. Elle suscitait la curiosité : c’est qui cette fille ? Un maire d’arrondissement de la majorité assure qu’elle n’a « jamais été autre chose qu’un choix marketing ».

 

Elle milite depuis 1994 dans le XVe arrondissement. A l’époque, s’il y en a un que ses camarades de section imaginent faire une carrière politique, c’est plutôt Philippe J., son premier mari. Mais le premier secrétaire Jospin sonne l’heure des femmes.

 

Caroline Heloin, sa témoin de mariage, décrit : « Anne est une fille qui se dit : “Pourquoi pas moi ? Essayons !” Elle se donne des objectifs et elle s’y tient. C’est pareil en vacances : elle nous trouve des buts de promenades et nous empêche de lézarder. »

 

Début 2000, les socialistes parisiens doivent désigner leurs chefs de file locaux et choisir entre Jack Lang et Bertrand Delanoë. Dans le XVe arrondissement, le scrutin interne vire au duel entre Pervenche Bérès (fabiusienne, pro-Lang) et Anne Hidalgo (pro-Delanoë).


 

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                                                                                   " Schlack ! "

 

 

Des militants fantômes.  Au cours du mois de décembre 1999, une des sections de cet arrondissement voit son nombre d’adhérents croître subitement. Sauf que certains résident à des adresses qui n’existent pas. Des membres de cabinets ministériels qui n’ont aucun lien avec le XVe se découvrent une soudaine passion pour cet arrondissement... Anne Hidalgo a-t-elle été désignée grâce à l’appui de quelques militants fantômes ? Le PS parisien a enterré l’affaire, mais le soupçon demeure.

 

Aujourd’hui, rapporte un proche, elle est convaincue qu’il y a « une rencontre harmonieuse entre sa réalité profonde et l’identité de Paris ».

 

Autrement formulé par un responsable socialiste local (par ailleurs homosexuel affiché) : « Il est évident que les Parisiens vont élire cette femme. Venue d’ailleurs, moderne, avec sa petite veste en cuir. Elle est comme eux. Et chez les gays, c’est du délire. C’est trop la maman qu’ils veulent. »

 

Lire l’article de Rue 89

 

 

                                                            C'est trop la maman qu'ils veulent
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                                    "Je vais vous empêcher de lézarder, croyez moi "

 

 

 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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