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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:53

 

Le Monde : Le 10 décembre 2014

 

La réunion de la CE, mardi 9 décembre, s’est déroulée dans un climat lourd. « A plusieurs reprises, Thierry est apparu sonné, cassé », note un dirigeant.

 

Dans le combat acharné qu’il mène pour garder son poste, Thierry Lepaon a perdu une nouvelle manche. A l’issue d’une réunion de près de dix heures, mardi 9 décembre, la commission exécutive (CE) de la CGT – qui comptait peu d’absents parmi ses 56 membres – a convoqué pour le 13 janvier 2015 une réunion extraordinaire du comité confédéral national (CCN), le parlement de la centrale, composé des secrétaires généraux des 33 fédérations et des 96 unions départementales.

 

Les partisans du départ du secrétaire général ont marqué un point décisif, puisque le CCN, dont l’ordre du jour sera fixé par une CE le 16 décembre, dispose de l’arme suprême. En vertu de l’article 30 des statuts, il peut révoquer le secrétaire général et le bureau confédéral.

 

M. Lepaon avait tout tenté pour éviter une réunion statutaire du CCN. Le 3 décembre au soir, il s’était employé à obtenir le soutien de six importantes fédérations, traditionnellement proches du Parti communiste – métallurgie, énergie, transports, cheminots, travailleurs de l’Etat, santé –, en faisant miroiter au patron des métallos, Philippe Martinez, en échange de son appui, la perspective de lui succéder au congrès d’octobre 2016. « Ce sont des fédérations légitimistes, qui peuvent le soutenir d’autant plus facilement qu’elles peuvent avoir des choses à se reprocher au regard des avantages qu’elles offrent elles aussi à leurs responsables », explique un proche du secrétaire général.

 

Le 5 décembre, devant son bureau confédéral, qu’il avait réussi à diviser, M. Lepaon avait sorti sa botte secrète : au lieu de convoquer un CCN statutaire, il réunirait de manière informelle, pour débattre et non pour décider, les patrons de fédération et d’union départementale. Cette réunion aura bien lieu, lundi 15 décembre, mais en prime le CCN se tiendra un mois après.

 

Depuis le 5 décembre, l’horizon s’est de nouveau obscurci pour M. Lepaon. « Cela remonte fort de la base, observe un membre de la CE, avec beaucoup de syndicats qui demandent son départ. » Le syndicat national des journalistes (SNJ-CGT) a réclamé publiquement sa démission, jugeant « inacceptables au regard de l’histoire et des valeurs » de la centrale les différentes affaires qui touchent le secrétaire général – depuis les travaux dans son logement de fonction (105 000 euros) et ceux dans son bureau au siège de la CGT (62 000 euros), jusqu’à son indemnité de départ quand il a quitté le comité régional de Basse-Normandie (qui serait en définitive de 27 000 euros).


 

                                                    Thierry Lepaon quand il était en Basse-Normandie

           SIPA 00424658 000009

                                                        - C'était le bon temps !


 

Le PCF, qui ne fait plus depuis belle lurette la pluie et le beau temps à la CGT mais a encore une influence dans quelques fédérations, se garde de le soutenir. Interrogé le 7 décembre sur l’avenir de M. Lepaon, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, s’est borné à indiquer : « C’est aux organisations de la CGT [de répondre], je respecterai totalement l’indépendance de leur décision. » Et le 8 décembre, les fédérations de la fonction publique ont imputé à M. Lepaon la responsabilité de leur recul de 2,3 points lors du scrutin qui s’est terminé le 4 décembre.

 

La réunion de la CE, mardi 9 décembre, s’est déroulée dans un climat lourd. « A plusieurs reprises, Thierry est apparu sonné, cassé », note un dirigeant. Michel Faivre-Picon, le président de la commission financière de contrôle, a présenté un rapport sur les différents « dysfonctionnements » en suggérant des pistes pour améliorer la « transparence » des décisions. M. Lepaon a lu la lettre de démission d’Eric Lafont, l’administrateur trésorier, à qui il avait fait porter le chapeau de ses déboires financiers. « C’est un fusible qui saute un peu tard, commente un membre de la CE, mais cette démission a pu lui rallier quelques soutiens. »

 

Lors des débats, trois courants se sont dégagés, selon un membre de la CE : « Il y a ceux qui ne comprennent pas tout et qui disent qu’il faut que Thierry reste. Il y a ceux qui disent que son maintien va être difficile pour la crédibilité de la CGT, mais que ça vaut mieux plutôt que de retomber dans une crise. Et il y a ceux qui disent qu’il faut qu’il parte. »

 

Catherine Perret s’est ainsi distinguée en demandant la démission des membres du bureau confédéral, à l’exception de M. Lepaon… A la fin de l’année 2013, elle avait mené les négociations sur la formation et avait imposé à M. Lepaon, favorable au diapason de son bureau à une signature, le refus de l’accord. Cet épisode a représenté un tournant qui a accéléré la perte de légitimité et d’autorité du secrétaire général.

 

Lire l'article du « Monde »

 


                                                           Thierry Lepaon a perdu se légitimité

               687554-le-secretaire-general-de-la-cgt-thierry-lepaon-le-9-

                                   - Pourtant je vous jure que j'arrête pas de la chercher

 


 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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