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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 12:35

 

Le Parisien : le 1er février 2016

 

L'actuel président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, alors simple député d'opposition (PS), s'était ému en 2011 de la situation en demandant publiquement quelles mesures le gouvernement d'alors comptait prendre pour remédier à la situation

 

De Seine-Saint-Denis, des Hauts-de-Seine, des Bouches-du-Rhône, du Rhône... Environ 200 personnes ont assigné l'Etat au TGI (tribunal de grande instance) de Paris pour « déni de justice ». Les premières audiences se déroulent à partir de la semaine prochaine, le 10 février. Ce sont de simples salariés qui ont eu, à un moment de leur carrière, à saisir les prud'hommes, à Bobigny, Nanterre, Marseille, Lyon. Et qui ont attendu longtemps leur jugement. Trois ans pour Maeva à Bobigny, trente-cinq mois pour un cadre du quartier d'affaires de La Défense...

« Les réformes au cœur de l'actualité ne protègent pas le salarié, le gouvernement ne met en place aucune disposition pour raccourcir les délais de procédures, laissant le justiciable salarié dans une situation d'attente inadmissible », déplore le Syndicat des avocats de France, qui porte cette action avec des organisations syndicales, liées ou non à la justice. Ce n'est pas le fonctionnement des conseils des prud'hommes qui est montré du doigt, mais bien le manque de moyens humains pour traiter les affaires dans des délais raisonnables, comme le prévoit la Convention européenne des droits de l'homme. Dans son article 6, elle stipule que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable ».

En 2011, déjà, cet argument avait fondé une action similaire. « Nous dénoncions déjà ces délais et demandions au tribunal de juger l'Etat coupable de déni de justice, et
à 71 reprises le tribunal a jugé l'Etat responsable », rappelle Maud Beckers, l'avocate qui coordonne le mouvement et qui intervient directement dans une quinzaine de dossiers. Elle se souvient qu'à l'époque l'actuel président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, alors simple député d'opposition (PS), s'était ému de la situation en demandant publiquement, en janvier 2011, quelles mesures le gouvernement d'alors comptait prendre pour remédier à la situation.

 

 

Prud'hommes : l'État sur le banc des accusés pour déni de justice

                                         -  Vous allez voir quand je serais le troisième personnage de l'Etat ! 

 

 

Les défendeurs de l'époque avaient fait le calcul : l'Etat avait été condamné à verser quelque 400 000 € d'indemnités. « Ne serait-il pas plus cohérent que l'Etat renforce les effectifs plutôt que d'avoir à verser des indemnités ? » interroge avec inquiétude Jamila Mansour, présidente du conseil de prud'hommes à Bobigny, l'unique conseil en Seine-Saint-Denis, dont l'activité a bondi de 30 % en trois ans, mais pas les effectifs.

Sur les trois juges départiteurs affectés à Bobigny (ce sont des magistrats professionnels sollicités en cas de départage), il n'en reste qu'un. Si bien qu'il n'y a plus que 8 audiences par mois, contre 22 auparavant.
Même constat chez les voisins des Hauts-de-Seine. « Avec six fonctionnaires de plus, on pourrait doubler les audiences et les passer de 500 à 1 000 », assure Michel André, président du conseil de prud'hommes de Nanterre, qui affiche un stock de 8 200 affaires. Soit deux ans d'attente ! Pour une saisine de cet automne, il faudra repasser en mai 2018.

Face au problème, l'Etat fait la sourde oreille. Sollicitée à plusieurs reprises, la chancellerie n'a pas été en mesure d'apporter d'éclairage. Quant à Claude Bartolone, son entourage assure qu'il n'a pas été officiellement saisi de la situation.

 

Lire l’article du Parisien

 

 

 

      Prud'hommes : quand Bartolone sera au pouvoir il fera pression sur la ministre de la justice

Prud'hommes : l'État sur le banc des accusés pour déni de justice

                                 - Mince, je me réveille  trop tard, t'es plus Garde des Sceaux

                - Tu déconnes Barto, pour une fois que je pouvais être une véritable icône de Gauche

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 11:20

 

Libération : le 3 février 2016

 

Une ex-employée décrit les mauvaises conditions de travail des personnels d'une l'institution qui dans le même même temps diffusait des films dénonçant l’exploitation du prolétariat

 

Il y a quelques jours, la Cinémathèque française changeait de patron, Frédéric Bonnaud prenant la succession de Serge Toubiana, lui-même en poste depuis 2003. Comme pour saluer cette entrée en fonction, une étudiante en cinéma, ex-employée d'un prestataire de l’institution de la rue de Bercy, lui a adressé une lettre filmée, postée sur YouTube. On y apprend qu'à la cinémathèque le social, c'est vraiment du cinéma

 

Filmée en plan fixe, entre une affiche de cinéma, un portrait de Godard et son costume d’hôtesse, la jeune femme de 22 ans dénonce les conditions de travail des personnels d’accueil de la Cinémathèque. Passionnée de cinéma, elle expose que son rêve le plus cher était de travailler dans ce saint des saints, avant d’y parvenir début 2012. C’est son premier job et elle découvre alors que l’accueil est sous-traité à une société extérieure, qui lui propose « un contrat ponctuel », autrement dit à la journée ou à la semaine, renouvelable.

 

Heureuse d’intégrer les lieux, elle se fiche même de ne pas recevoir de prime, récompense pourtant promise après l’exposition Tim Burton, qui vit défiler par tous les temps un public phénoménal et turbulent. « C’était une situation réelle, confirme quelqu'un d'autre, qui a travaillé dans les mêmes conditions pour la Cinémathèque. Toutes les semaines il fallait appeler la patronne pour savoir si on allait travailler et elle nous prévenait souvent au dernier moment. On pouvait faire parfois huit heures de caisse avec à peine vingt minutes de pause déjeuner ». Cette personne, qui a souhaité garder l’anonymat, a également constaté que les conditions de travail sont nettement meilleures dans des établissements culturels qui ne pratiquent pas la sous-traitance.

 

La situation va se corser à l’arrivée d’une nouvelle personne chargée des relations entre la société de sous-traitance et la Cinémathèque. La pression s’accentue fortement sur ces précaires. « On nous menace subtilement, ça fonctionne au chantage affectif. On nous appelle pour travailler la veille pour le lendemain. […] Dès lors, il faudra supplier pour travailler ». Souffrance au travail, collègues qui craquent… Une grève finit par éclater sans préavis le 8 mai 2014 à la suite du licenciement d’une collègue en CDI pour faute grave.

 

Le tract de la grève souligne à l’époque : « La Cinémathèque française ne peut prétendre ignorer nos conditions de travail. En fermant les yeux, elle cautionne le fonctionnement de C.O. [initiales de la société City One, ndlr] ». Mais le mouvement ne dure qu’une journée, poursuit la jeune fille, à cause des menaces de licenciement, ou plutôt de « non-reconduction » pesant sur les contrats précaires. L’étudiante déchante de plus en plus « entre les histoires de harcèlement, de délation, d’accusations mensongères, de collègues renvoyés pour de faux motifs, d’emplois du temps ingérables…».

 

 

                                              Serge Toubiana, un patron cool issu de la gauche progressiste

A la cinémathèque, le social c'est vraiment du cinéma

                                                          - La preuve , je porte un jean hors de prix et pas de cravatte

 

 

Et c’est au partant, Serge Toubiana, directeur des lieux depuis treize ans, que s’adresse la jeune femme. « Grève étouffée et sans retentissement. Monsieur Toubiana ne veut pas que le bruit contamine la Croisette à Cannes ». La Cinémathèque ne bronche pas, souligne-t-elle, malgré l’intercession de personnes syndiquées en interne. Vingt jours après le mouvement s’ouvre une rétrospective consacrée aux frères Dardenne, cinéastes qui dénoncent la misère sociale et l'exploitation du prolétariat. Comble d’une ironie qu’elle souligne : « Monsieur Toubiana, il vous suffisait de descendre les sept étages qui nous séparaient. Nous sommes peut-être moins romanesques mais nos situations étaient les mêmes ».

 

La jeune femme, qui réalise un master en cinéma sur les cinéphiles de la Cinémathèque, auxquels elle a déjà consacré un court documentaire, n’a finalement pas été reconduite en septembre 2015 après trois ans et demi de contrats brefs. Aucune explication ne lui a été donnée. L’agence sous-traitante n’a pour l'heure pas donné suite à l’appel de Libération.

 

Du côté des personnels de la Cinémathèque, plusieurs personnes, qui tiennent à rester anonymes par peur de représailles, indiquent que le mot d’ordre interne de la direction est de ne surtout pas répondre à la missive « pour ne pas lui donner d’écho ». Et confirment que la situation décrite par la jeune femme est «avérée, connue, et enracinée depuis un certain temps ». « Quand elle parle des Dardenne, elle a absolument raison, dit un autre. Tout le monde le sait et, il faut bien le dire, chacun ferme les yeux sur la situation ».

 

Le nouveau directeur de la maison, Frédéric Bonnaud, « là depuis quatre heures », n’a pas « souhaité réagir pour le moment et va s’emparer du dossier plus tard ». Car c’est au nouveau patron qu’elle s’adresse à la fin de sa lettre : « J’espère […] que vous ne vous contenterez pas de serrer la main de stars, mais que vous direz aussi bonjour à "votre vitrine" d’être humains ».

 

Lire l'article de Libération

 

 

 

    Serge Toubiana et les frêres Dardenne lors d'une retrospective sur l'exploitation du prolétariat

A la cinémathèque, le social c'est vraiment du cinéma

                                   - Alors chers amis, pas trop dur d'être venu ici observer la misère sociale ?

                                             - Bah tant qu'il y a un peu de champagne et des petits fours

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 15:49

 

Le Parisien : le 5 février 2016

 

De son côté, Rémi Féraud, le maire socialiste du Xe, réaffirme : « Je ne m’opposerai pas à la fermeture de la bibliothèque »

 

Promise à la fermeture en juin prochain, la bibliothèque Château-d’Eau (Xe) a fait l’objet de nouveaux débats lundi soir en conseil d’arrondissement puisque trois vœux ont été présentés.

 

Les deux premiers, déposés par les élus communistes et le groupe Les Républicains exigeant l’abandon de la fermeture, ont toutefois été rejetés ; le troisième, déposé par les Verts, qui réclamait lui la préservation du fonds photographique (3 000 ouvrages) de l’établissement a par contre été adopté. « Cela signifie peu ou prou que cette bibliothèque est sauvée puisqu’il n’existe pas d’autre endroit où installer ce fonds dans le Xe », estime d'ailleurs Bertrand Pieri, délégué CGT-Bibliothèque.

 

Un an après l’ouverture de la médiathèque Françoise-Sagan voisine, Rémi Féraud, maire (PS) du Xe, réaffirme de son côté : « Je ne m’opposerai pas à la fermeture de la bibliothèque Château-d’Eau ». C'est à dire la laisse couler.

 

Lire l'article du  Parisien

 

 

 

                  Bibliothèque Château d'Eau : Rémi Féraud (à gauche) tombe le masque

Paris : les communistes et le groupe Les Républicains réclament le maintien de la bibliothèque Château-d’Eau
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 16:06

 

Livre Hebdo : le 3 février 2016

 

Les groupes Europe Ecologie-Les Verts (EELV), communiste et Les Républicains ont chacun présenté un vœu.

 

La fermeture programmée de la bibliothèque parisienne Château-d’eau, à Paris (Xe), motivée par l’ouverture en mai 2015 dans le même quartier de la médiathèque Françoise Sagan, est revenue dans les débats lundi 1er février lors du conseil de l'arrondissement parisien où se trouvent les deux établissements. Les groupes Europe Ecologie-Les Verts (EELV), socialiste, communiste et Les Républicains ont chacun présenté un vœu.

 

Le vœu des élus EELV, qui demandait que la période d’évaluation visant à la fermeture de la bibliothèque soit prolongée, et que son important fonds photographique soit transféré dans un autre équipement du 10e arrondissement et reste accessible au public a été adopté. Celui du groupe socialiste, concernant le maintien du fonds dans le réseau des bibliothèques municipales et le maintien de l’organisation tous les deux ans des Rencontres photographiques, a également été adopté.

 

En revanche, le vœu des Républicains réclamant le maintien de la Bibliothèque Château-d’eau dans les locaux de la mairie du 10e arrondissement et la réalisation d'une étude par un groupe de travail paritaire, a été refusé, de même que celui du groupe communiste qui portait la même demande.

 

La question devrait à nouveau être évoquée lors du prochain conseil municipal de Paris, courant février.

 

Lire l'article de Livre Hebdo

 

 

 

      Pour Rémi Féraud, le mairie socialiste du Xe, le fonds photo doit quitter l'arrondissement

Paris : la fermeture d’une bibliothèque contestée
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 16:47

 

ActuaLitté : Le 2 février 2016

 

Quoi qu'il en soit, le fonds spécialisé consacré à la photographie doit rester dans l'établissement selon le vœu adopté par le conseil municipal de l'arrondissement

 

Fin 2015, la Mairie de Paris annonçait la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau, dans le 10e arrondissement de Paris : suite à l'ouverture de la médiathèque Françoise Sagan, fréquentation et emprunts ne seraient plus suffisants pour justifier le maintien de l'établissement. Si le maire de l'arrondissement, Rémi Féraud, était favorable à la fermeture de la bibliothèque, les personnels avaient exprimé leur opposition. Les élus du Xe arrondissement viennent de les rejoindre.

 

La Mairie de Paris assurait que la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau poursuivait la politique municipale en matière de services aux usagers : « Quand nous avons recruté le directeur de la bibliothèque Château d'Eau, Frédéric Dumas, on l'a informé de la possible fermeture de son établissement » nous expliquait Noël Corbin, directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. « Si l'on compare l'évolution des prêts de Château d'Eau entre 2014 et 2015, on constate une baisse moyenne de 30 % sur ces derniers mois, avec - 36 % en octobre et - 30 % en novembre. En 7 mois, Château d'Eau enregistre 26.000 prêts, la moitié de ce que Sagan enregistre en un mois », analysait encore le directeur des Affaires Culturelles.

 

Évidemment, les syndicats soulignaient l'aspect biaisé de cette analyse : « On compare des établissements de tailles différentes, et, surtout, avec des offres différentes : le public familial de Sagan emprunte beaucoup plus. Les enfants et adolescents qui lisent des mangas en empruntent vingt d'un coup, et les rendent deux jours plus tard, ce qui gonfle les statistiques ». Ils déploraient par ailleurs la fermeture programmée d'un établissement de proximité, dont les résultats ont été évalués sur une période trop courte pour être représentative. Le conseil municipal du 1er février a rebattu les cartes : « La majorité des membres du conseil municipal du Xème arrondissement gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau », rapporte la CGT Culture.

 

 

   Bibliothèque Château d'Eau : Les élus du Xème mettent à mal les projets de Buno Julliard

Paris : les élus du Xème refusent la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau

                      - Le problème c'est que maintenant j'ai plus de programme culturel !

 

 

Les élus communistes, Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte ont souligné le rôle d'établissement de proximité de la bibliothèque Château d'Eau, tandis que Déborah Pawlik, du groupe Les Républicains, réclamait la réalisation d'une étude « par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement », et donc le maintien de l'établissement entre-temps. Les élus socialistes ont voté contre le maintien de l'établissement, et les élus écologistes se sont abstenus.

 

Quoi qu'il en soit, le fonds spécialisé de 3000 ouvrages environ consacrés à la photographie restera dans l'établissement : les élus écologistes ont soumis un vœu dans ce sens, adopté à l'unanimité par le conseil municipal. « Il est en cours d'analyse, mais il sera maintenu, et consultable, nous étudions deux ou trois pistes pour le réimplanter », nous confiait la Mairie de Paris en décembre dernier.

 

La fermeture de la bibliothèque Château d'Eau sera examinée à la mi-février par le Conseil de Paris : « Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau (Les Républicains, Communistes, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires », souligne la CGT Culture. Si les vœux des élus reflètent leurs avis, et donc ceux des citoyens, ils ne sont pas contraignants juridiquement pour la municipalité, contrairement aux délibérations.

 

Lire l’article d’ActuaLitté

 

 

 

     La mairie de Paris va-t-elle écouter les élus qui veulent garder leur bibliothèque ?

Paris : les élus du Xème refusent la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau

                                       - Quoi, garder des livres ? Vadé rétro !

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:46

 

Street Press : le 25 janvier 2016

 

Le personnel de ce musée inauguré l’année dernière n'est pas à la fête : salaires au rabais, temps partiels et sexisme, les démissions se multiplient

 

« Les toilettes c’est au bout du couloir à gauche ! », lance Anne-Lyse pour la quinzième fois en moins d’une heure. Pas rigolo tous les jours, de faire la billetterie du musée : « Je pensais que bosser dans un musée, ça allait un peu faire travailler mon cerveau. Mais en fait pas du tout. J’ai l’impression de vendre des billets à la chaîne… » D’autant qu’Anne-Lyse, malgré ses vêtements Damart, est frigorifiée. En ce mois de novembre, il n’y a pas de chauffage dans le hall de l’établissement pourtant flambant neuf. Après plusieurs semaines de grogne, la direction fini enfin par distribuer des doudounes et placer quelques radiateurs d’appoint.

 

C’est une toute petite victoire pour les salariés, mais la liste des griefs reste longue. « Les visiteurs du musée doivent savoir ce qu’il s’y passe », lance Caroline, la vingtaine. L’ex-médiatrice en a elle aussi plein les guiboles : « Un jour notre responsable nous a dit : les femmes ont leurs règles, elles ont des gosses, elles sont tout le temps malades !  Ou encore Avec le nombre de filles que vous êtes, c’est vraiment le poulailler » François, 25 ans, look d’aventurier, pull en laine et cheveux désordonnés, a lui aussi quitté le musée. Il confirme : « Il s’est excusé un jour qu’il y ait autant de filles. Il pense que ça amène une mauvaise ambiance… Alors que c’est sa mauvaise gestion qui pourrit tout ! »

 

Dans les couloirs de ce « navire futuriste de métal et de verre », musée « d’histoire naturelle et des sociétés » les salariés n’ont pas vraiment le sourire. Pourtant ce dimanche 20 décembre 2015, l’ambiance est plutôt champagne et cotillons : le musée des Confluences (MDC) célèbre son premier anniversaire. Pour l’occasion, l’entrée est gratuite. Et la presse fait ses choux gras sur son audience, supérieure aux prévisions : 825.000 visiteurs en un an. Pour le musée, c’est aussi une manière de dire que son coût exorbitant – 300 millions d’euros contre 60 prévus initialement  – n’était pas inutile. Sauf que pour gérer ce succès sans trop alourdir la note du musée, la direction multiplie les économies : sous-traitance massive, contrats précaires, mauvaise ambiance…

 

Le boss de Caroline habitué des saillies sexistes ne fait pas directement partie du Musée. Comme une bonne partie du personnel, il fait parti de l’une des nombreuses boîtes de sous-traitance. Onet, Samsic, Pénélope, Nunatak, Tabaibas, SPIE… C’est une dizaine de PME différentes qui interviennent et emploient plus de la moitié du personnel présent dans l’immense bâtiment. Les employés de ces boîtes ne bénéficient pas des mêmes conditions salariales que le personnel du musée : la majorité est au SMIC. Ils ont bien droit à des tickets restos, mais pas de treizième mois contrairement à leurs collègues directement en contrat avec le musée. Pas de prime d’ancienneté, non plus.

 

 

Au musée des confluences à Lyon, sexisme et précarité en exposition permanente

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Contactée par StreetPress, la direction du musée botte en touche. Elle jure cependant, par l’intermédiaire de son service de com’, que « les entreprises de sous-traitance n’ont pas été choisies pour des questions de tarifs » et met en avant les compétences dans l’accueil des musées et de la culture de ses prestataires comme Pénélope. Sur son site, l’agence met en avant son expertise dans l’accueil des lieux culturels. Sauf que, vérification faite, le MDC est le premier musée à devenir client de la boîte. Pour justifier l’appel à ces boîtes, la direction met aussi en avant… l’intérêt des personnels : « Le musée n’aurait pas pu employer ces salariés à temps plein et c’est donc dans leur intérêt de bosser pour des prestataires… »

 

Sauf que, là encore, la réalité ne semble pas être exactement telle que décrite par la com’ du Musée. Ni François, ni Caroline n’étaient à temps plein tout au long de l’année et encore moins en CDI. Comme la majorité des médiateurs culturels et guides conférenciers, ils étaient en contrat à durée déterminée d’usage (CDD-U). En clair, des CDD à temps partiel, renouvelables à l’infini et sans indemnités de fin de contrat. « On est renouvelés tous les mois », explique François, qui a renoncé à son poste au musée. Et les contrats sont souvent signés alors qu’ils sont déjà au boulot depuis plusieurs jours.

 

Autour d’un café, dans un bar lyonnais, Julie, chandail en laine, les traits tirés, également médiatrice et démissionnaire, détaille la galère de ces contrats précaires : « IIs veulent qu’on soit tout le temps disponibles pour les visites de dernière minute. Ils claquent des doigts et on devrait arriver ! Le nombre de SMS qu’on a eu 3 heures avant une médiation pour nous demander si on était disponibles… » Le personnel se doit d’être dispo tout le temps. « A chaque fois que je partais en vacances, le patron m’appelait. J’ai pris une fois 10 jours… Il m’a appelé tous les jours », rembobine Julie. Et même si elle n’arrive pas à boucler ses fins de mois avec son seul job au musée, son responsable la pousse à refuser les autres opportunités : « Le patron m’a également demandé de ne pas signer mon contrat d’aide aux devoirs, parce qu’il voulait me proposer quasiment un temps plein. Ce qui n’est jamais arrivé, évidemment ».

 

Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, les heures diminuent. Ainsi, Caroline étudie à côté de son emploi au musée, ce qui est autorisé. Du moins, en théorie : « Comme j’ai affirmé le fait de ne pas pouvoir être à 100% disponible à cause de ma formation, on m’a enlevé des heures, on m’a oubliée », explique la jeune femme de 26 ans. « C’est une sorte de punition », ajoute François. « Si tu poses trop d’indisponibilités, tu n’es pas un bon employé. » Et François de résumer la situation ubuesque : « On ne travaille pas assez pour vivre, donc on a besoin d’un autre boulot à côté. Mais on peut être sollicités chaque jour, pendant une semaine, ce qui empêche de travailler à côté. »

 

Au musée des confluences à Lyon, sexisme et précarité en exposition permanente

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Anne-Lyse et ses collègues de l’accueil et de la billetterie touchent à peine plus du SMIC horaire, sans jamais dépasser les 35 heures. Difficile de s’en sortir avec à peine 1.000 euros de revenus. D’autant qu’à plusieurs occasions les salaires tombent avec un à deux mois de retard ou avec des erreurs : « Chaque mois on devait sortir la calculette pour vérifier que toutes les heures avaient bien été payées, pas facile avec des emplois du temps qui changent en permanence », témoigne Anne-Lyse, les nerfs à vif.

 

Pour boucler les fins de mois, les salariés avalent toutes les couleuvres. Ainsi, Aline, agent de billetterie, a subi des horaires décalés, sans week-end libre pendant plusieurs mois. En dépression : elle ne voyait presque plus sa fille de 12 ans. Elle a réussi à se faire muter au bout de huit mois. Comme elles, beaucoup cherchent à prendre la poudre d’escampette. Mais ce n’est pas forcément simple. Anne-Lyse, agent d’accueil, explique : « Je voulais une rupture conventionnelle, mais le RH a tellement de demandes qu’il n’en accepte aucune ! »

 

Si elle démissionne, elle perd les indemnités chômage qui complètent ses revenus. Elle a quand même déserté son poste, laissant son cas en suspens, ni licenciée, ni toujours au musée… Julie aussi s’est barrée : « Je n’ai pas dit à mes parents que je quittais le musée. Pour la première fois, ils commençaient à comprendre ce que je faisais. Il ont vu le musée à la télé. Ils m’ont mis beaucoup de pression pour rester, dans l’idée que c’est une grosse structure, donc que c’est important. J’en reviens à cacher des choses à mes parents à 28 ans… »

 

Selon les différents salariés interrogés par StreetPress, un an après l’ouverture, il ne reste – à l’exception des cadres – que très peu de personnes présentes à l’origine. Car pour les salariés, rester et se battre n’est pas facile. Pour Caroline : « Il y a peu de boulot dans ce milieu et les personnes qui veulent faire leur trou à Lyon sont contentes d’avoir enfin un truc chouette sur leur CV. » Elle a bien tenté de monter au créneau : « J’ai été porte-parole de l’équipe lors d’une réunion. Ça m’a ensuite été reproché. C’est risqué parce que le contrat peut très bien ne pas être renouvelé si l’on s’affiche trop ».

 

Lire l’article de Street Press

 

 

 

              A Lyon, les musées c'est vraiment l'horreur

Au musée des confluences à Lyon, sexisme et précarité en exposition permanente

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 15:03

 

Il est vrai que le bâtiment a été conçu comme « une masse tellurique arraché de son élément naturel » selon son architecte

 

Les africains appellent ça un éléphant blanc. Ces bâtiments non utilisés sortis tout droit de la mégalomanie de leurs dirigeants et dont la construction et même l’entretien coûtent une fortune. Pile la définition de la bibliothèque universitaire Paris-Est-Marne-la-Vallée qui bien que terminée depuis plusieurs années, n’est pas en mesure d’accueillir les étudiants pour cause de malfaçons multiples. Elle n’en coûte pas moins cher pour autant car bien qu’étant dans un état de désolation avancée, elle est chauffée et éclairée jour et nuit ! Le comble, c’est que ce bâtiment se voulait à l'avant garde écolo. Au point de s’attirer bien des railleries.

 

« C’est sans doute le premier bâtiment haute qualité environnementale (HQE) qui aura consommé le plus d’énergie avant même d’avoir permis d’en économiser » écrit ainsi le journal Le Parisien dans un article qui révèle ce que l’on peut appeler une vraie gabegie. Car c’est vrai, la bibliothèque n’est guère économe en énergie puisque bien que vide, la chaufferie fonctionne à tout va et que la lumière reste toujours allumée. On espère au moins qu'au moins les ampoules sont des LED. « Nous sommes obligés de maintenir le bâtiment à une température minimale afin qu’il ne se dégrade pas, quand à l’éclairage il est indispensable pour permettre aux entreprises mandatées de travailler  » se retranche le vice-président de l’université, Frédéric Moret toujours au Parisien pour justifier ce gaspillage.

 

Des ouvriers qui ne vont pas manquer de travail si l’on en croit les avanies multiples qui frappent le bâtiment : problèmes d’étanchéité, escaliers impraticables, absence de ventilation dans les ascenseurs... En tout, pas moins de 72 défauts de construction ont été recensés par un ingénieur d’études qui s’occupe - à plein temps, et depuis trois ans - de relever tous ces malfaçons. Conséquence : l'université vient d'assigner en justice les architectes en charge des travaux, le cabinet Bekhmann N'Thépé, devant le tribunal administratif de Melun.

 

Des architectes qui ont visiblement fait fort car d’après les experts, l’escalier principal pourrait même...ne pas résister au passage des usagers ! L’unique solution selon les spécialistes du BTP serait de renforcer l’escalier par des piliers. Des piliers Haute Qualité Environnemental ? Un état des lieux qui en tout cas correspond vraiment aux déclarations du cabinet d’architecte qui sur son site décrivait sans rire ce nouveau bâtiment comme « une masse tellurique arraché de son élément naturel ». On dirait du Pierre Dac.

 

Bref, la bibliothèque n’est pas prête d’ouvrir ses portes. En attendant, Il ne reste plus alors à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée qu’à prendre modèle sur les bibliothèques municipales parisiennes qui chaque été organisent « les bibliothèques hors les murs ». En plus, c'est une opération certifiée haute qualité environnementale car elle se tient généralement dans les parcs et jardins de la capitale.

 

 

    Transition énergétique : Une bibliothèque vide mais chauffée et éclairée été comme hiver

Une bibliothèque vraiment hors les murs (et sans transition énergétique)

       - Là, on ne peut rien faire car c'est une masse tellurique arraché de son élément naturel !

 

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:04

 

20 Minutes : le 22 janvier 2016

 

En un an et demi le tarif d’entrée a augmenté de 50%, dénonce la CGT culture à la ville de Paris

 

Les catacombes vont-elles devenir la pompe à fric de la ville de Paris ? La question est posée sans détour par la CGT culture de la ville de Paris sur son blog. Le syndicat ne fait pas seulement référence aux 350.000 euros encaissés au dernier Halloween pour la location de l’ossuaire municipal parisien à la société Airbnb le temps d’une soirée.

 

Ce sont bien plus les tarifs appliqués aux visiteurs que dénonce aujourd’hui la CGT. « L’entrée était fixée à 8 euros il y a encore un an et demi, elle est passée à 12 euros fin 2015, note le syndicaliste Bertrand Pieri. Soit une augmentation de 50%.» Dans le même temps, la visite est passée d’une heure à 45 minutes. Il est bien possible de profiter d’une visite un peu plus fouillée avec un guide conférencier. « Mais il faut alors débourser 35 euros, déplore Dominique Quenehen, représentente du personnel à la CGT Musée de Paris. Cela fait une somme. Imaginez si vous voulez en faire profiter la famille… »

 

Pour les deux syndicalistes, ces hausses ne répondent qu’à une seule logique : la rentabilité. « Paris Musées [l’établissement public qui gère les 14 musées municipaux parisiens] ne se soucie plus de gérer le patrimoine mais seulement de faire payer les visiteurs qui deviennent des clients », estime Dominique Quenehen. Delphine Levy, directrice de Paris-Musées fournit tout de même une autre explication. « Les catacombes étaient un site qui avait été laissé un peu de côté de longues années, indique-t-elle. Les tarifs étaient très bas, mais le service était assez mauvais avec des horaires inadaptés, une longue attente avant d’accéder au site, pas de toilettes, pas d’informations aux visiteurs… »

 

Les Catacombes, la poule aux œufs d’or de Paris Musées

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Paris Musées dit alors avoir entrepris un plan d’investissement global sur les catacombes. « Nous avons amélioré considérablement les conditions de conservation préventive des ossements, poursuit Delphine Levy. Nous avons également lancé les travaux pour une nouvelle sortie, avenue René-Coty, qui sera prête avant la fin de l’année. Les visiteurs y trouveront des sanitaires, une libraire et toutes les informations dont ils ont besoin. Les études ont aussi été lancées pour créer une nouvelle entrée qui sera, elle, livrée en 2019. L’accueil se fera alors dans l’un des deux pavillons de la barrière d’Enfer ».

 

Les horaires d’ouvertures ont enfin été élargis. La dernière entrée se fait désormais à 20h et non plus à 16h. « Le temps d’attente s’est depuis considérablement réduit, commente Delphine Levy. Ce qui permet d’ailleurs d’attirer de nouveau les Parisiens qui boudaient les catacombes parce qu’ils n’avaient pas envie d’attendre trois heures avant d’entrée dans le site ». Ces améliorations justifient pour Paris Musées cette hausse des prix. Mais la directrice de l’établissement public invite à relativiser. « Le musée Grévin, c’est 25 euros, le zoo de Vincennes, c’est 22 euros, la Sainte-Chapelle, c’est 16 euros, le musée du Louvre, c’est 15 euros ».

 

« On ne peut pas comparer le Louvre aux Catacombes, s’insurge Dominique Quenehen. Il y a mille choses à voir au Louvre, dont de nombreux chefs d’œuvres ». Quoi qu’il en soit, cette hausse de tarif n’a pas freiné l’engouement pour ce site. En 2014, les Catacombes a enregistré 352.614 visiteurs, 13,4 % de plus qu’un an plus tôt. Il était alors le 31e site touristique le plus visité de Paris. Le classement 2015 est encore en cours d’élaboration, mais les Catacombes devraient grappiller des places encore « avec près de 500.000 visiteurs accueillis l’an dernier », selon Delphine Levy.

 

Lire l'article de 20 Minutes

Les Catacombes, la poule aux œufs d’or de Paris Musées

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 14:04

 

Pas grave, on en apprend quand même de bien bonnes

 

Nous étions en 2014 et l’affaire Cahuzac étant passée par là, tous les élus siégeant au Conseil de Paris avaient alors dû signer, la main sur le cœur, une charte de déontologie dans laquelle ils s’engageaient à rendre publique, entre autre, leur déclaration de patrimoine. 

 

Dix huit mois plus tard, seuls 55 des 163 conseillers de Paris ont accepté qu’elle soit publiée, selon un décompte effectué par Le Parisien. C'est vraiment pas beaucoup. Parmi les récalcitrants, on trouve l’immense majorité des maires d’arrondissement (droite, gauche et écolo confondus) qui doivent visiblement avoir de nombreux biens à cacher. Dans cette liste, on compte même cinq adjoints d’Anne Hidalgo dont l’inénarrable Jean-Louis Missika, l’adjoint en charge de l’urbanisme. Ce dernier ne voulait peut être pas détailler ses multiples participations dans les nombreux conseils d'administration qui en font un élu qui « aime vraiment l’entreprise » (lire ici) ! Le petit cachotier.

 

Malgré tout, en fouillant dans les déclarations des élus postées sur le site de la ville, on en apprend quand même de bien bonnes. Notamment concernant les deux élus qui ont eu successivement la charge de la culture à Paris. Et attention c’est du lourd.

 

Ainsi pour l’actuel détenteur de la Charge, Bruno Julliard nous apprenons tout simplement que ce dernier…. n’a jamais exercé de boulot avant d’être élu. Sauf un vague job de conseiller auprès du ministre de l’éducation, socialiste comme lui, donc ça compte pas. C’est même lui qui le dit en indiquant à la rubrique profession : néant (lire ici). Du coup, et c’est on ne peut plus normal, il n’a pas de patrimoine et peut donc se permettre de le déclarer là aussi comme « néant » (lire là). De quoi aviver les critiques sur le parcours de l'ancien syndicaliste étudiant devenu directement apparatchick…

 

Christophe Girard, son prédécesseur, lui se garde bien de dévoiler son patrimoine. On l’imagine toutefois assez bien garni car il se vante de posséder un vignoble (lire ici). Par contre côté activité professionnelle on frise presque l’apoplexie. Si notre Gigi l’amoroso, devenu depuis maire du IVe arrondisement, confesse être un jeune retraité de chez LVMH il n’en reste pas moins très actif puisque, à en croire sa déclaration, il exerce rien moins que la profession de « cinéaste », « metteur en scène de théatre » et  même « intermittent du spectacle » (lire ici). Chapeau l’artiste ! On n’en attendait pas moins de celui qui revendique comme principale bilan de son action à la culture dans la capitale la mise en place de ce grand happening qu'est Nuit Blanche.

 

 

    Culture d'entreprise : Anne Hidalgo entourée de Missika, Julliard et Girard

Ces petits cachotiers qui siègent à l’Hôtel de Ville de Paris

     - Je vous présente un ami du CAC 40, un ancien étudiant et un intermitent du spectacle.

                        - Euh Anne, n'oublie pas qu'il y a aussi un agriculteur-vigneron !

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 12:16

 

Challenge : le 18 janvier 2016

 

Lors d'un congrès extraordinaire, le syndicat du commerce SCID-CFDT, a voté sa désaffiliation de la CFDT centrale. En cause : un désaccord sur le travail du dimanche.

 

A l’annexe Turbigo de la Bourse du travail, ce lundi 18 janvier, l’atmosphère est grave. Une cinquantaine de représentants syndicaux sont assis derrière des bureaux d'écoliers alignés, dans une pièce austère aux allures de salle de classe défraîchie. Beaucoup de ces syndicalistes sont venus d’Ile-de-France comme Elisabeth Petiot, du siège de Monoprix, et quelques-uns de plus loin, tel Maxime Forestier, délégué Ikea à Saint-Etienne. Tous appartiennent au SCID-CFDT, la branche commerce francilienne de la CFDT, qui compte près de 4.000 adhérents. Historiquement cantonné à l’Ile-de-France, le SCID a décidé lors d’un congrès extraordinaire en novembre d’élargir sa couverture à la France entière, et de changer l’intitulé de son nom. SCID ne signifie plus Syndicat Commerce Interdépartemental d'Ile-de-France mais Syndicat Commerce Indépendant et Démocratique.

 

Le but avec le deuxième congrès du 18 janvier: devenir pour de bon indépendant en quittant la CFDT, afin de pouvoir mieux lutter contre le travail du dimanche. Depuis deux ans, la CFDT centrale et sa branche commerce s’étripent. Après avoir fermé les locaux du SCID, la CFDT l’a suspendu en mai 2014 pour « non-respect par le syndicat des règles de fonctionnement interne à la CFDT ». Pour Alexandre Torgomian, secrétaire général de SCID-CFDT, la véritable raison, c’est le travail du dimanche et de nuit. Le SCID s’y oppose fermement, à l’inverse de la CFDT, plus complaisante envers le patronat. Résultat: des visions divergentes.

 

En outre, la CFDT ne verrait pas d’un bon œil que, dans le cadre de la lutte contre le travail dominical, le SCID-CFDT ait rejoint l’intersyndicale Clic-P, aux côtés de CGT, UNSA, CFE-CGC et SUD. Le SCID, à l’inverse, dénonce les pratiques anti-démocratiques de la confédération, comme au Printemps-Haussmann où les élus SCID -CFDT se plaignent d’avoir été dépossédés de leur pouvoir de négociation, se voyant imposer une déléguée syndicale venue du Havre... et donc peu concernée par les problématiques liées au tourisme parisien et ses ZTI (Zones touristiques internationales) qui permettent de déroger au code du travail.

 

 

              Laurent Berger a demandé à un gars du Havre de représenter la CFDT

Scission à la CFDT sur le travail du dimanche

                        - T'es sûr Laurent que personne ne va me reconnaître ?

 

 

Le congrès de ce 18 janvier a pour but de soumettre au vote la scission du SCID de la CFDT. Une date choisie au hasard ? Non. C’est ce même jour que le Tribunal de Grande Iinstance de Créteil devait déterminer si la mise sous tutelle du SCID par la CFDT est légale. Finalement, le tribunal s’est jugé incompétent, renvoyant au TGI de Paris. Mais ce n’est que partie remise pour le SCID. Surtout que très récemment, « la CFDT a changé ses statuts », dénonce Alexandre Torgomian. « Désormais, elle peut mettre un syndicat sous tutelle ». Même si la justice donne finalement raison au SCID, celui-ci risque de rester sous l’emprise de la CFDT. Résolu à en finir avec cette situation, Alexandre Torgomian énumère devant l’assemblée les modifications apportées aux statuts, et soumises au vote. Toute mention à la CFDT est supprimée. Quelques minutes plus tard, le résultat est sans appel: les représentants approuvent à 95,70% la désaffiliation du syndicat de la CFDT. Le SCID devient indépendant.

 

Les patrons du commerce doivent-ils s’en inquiéter ? Oui, selon Alexandre Torgomian. « Dans les entreprises, il y aura moins de risques que la CFDT signe un accord sur le travail du dimanche. Il faut l’accord de 50% des syndicats. Nous pourrons nous allier aux autres syndicats ». Avec une limite cependant: une représentativité fragile pour le SCID, tout du moins au début. « Les élus syndicaux exercent leur mandat jusqu’aux prochaines élections », explique Dahbia Mesbahi, avocate du SCID. « Mais leur représentativité risque d’être comptabilisée pour la confédération, car ils ont été élus sous la bannière CFDT. Quant aux délégués syndicaux, qui n’ont pas été élus mais mandatés par la CFDT, ils risquent d’être dé-mandatés ».

 

Alexandre Torgomian rassure l’auditoire: « Nous vous re-mandaterons sous l’effigie SCID ». Le véritable défi sera de gagner des voix lors des élections professionnelles, et ce, entreprise par entreprise. « Il y a des élections en permanence. Nous comptons grappiller dans la représentativité de la CFDT, jusqu’à être représentatifs », prévient le secrétaire général. « Et même s’il y a un accord signé, nous avons l’action syndicale, nous pouvons faire grève le dimanche ». Premières élections dans le calendrier: Carrefour en janvier, Cora peu après, Monoprix en mai.

 

Lire l’article de Challenge

 

 

                 Travail du dimanche : le MEDEF s'interroge sur la stratégie à suivre

Scission à la CFDT sur le travail du dimanche

                                          - Va falloir que je me débarrasse de ce charlot......

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