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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 10:12

 

Paris-Normandie : le 15 février 2016

 

« Nous n’avons plus les moyens de remplir nos missions et dans le même temps on fait de l’esbroufe à grands coups de com’» déclarent les bibliothécaires

 

Le torchon brûle entre une partie du personnel des sept bibliothèques rouennaises qui comptent environ 90 agents et leur encadrement. Même si Christelle Di Pietro, la nouvelle directrice arrivée cet été, semble épargnée pour l’heure par les critiques. Un préavis de grève a été déposé pour le mercredi 24 février et un second appel à la mobilisation est déjà dans les tuyaux pour le mercredi 2 mars. « Une réunion est prévue avec le maire le 23 février, mais nous n’en espérons pas grand-chose », assure François Botté, secrétaire de la CGT, l’une des trois organisations syndicales, avec SUD et FO, qui soutient ce mouvement.

 

Réunis dernièrement en mairie, plusieurs agents municipaux et représentants syndicaux listaient leurs griefs qui, selon eux, ne datent pas d’hier. « Mais la goutte d’eau, c’est le non-renouvellement de la conservatrice d’État [en charge notamment de la gestion du Fonds patrimonial de la Ville, NDLR], reconnue pour ses qualités humaines et professionnelles, dont nous avons appris en janvier que le contrat ne serait pas reconduit », explique José Marin, le représentant de SUD.

 

Pour lui, cette décision n’est que l’illustration des tensions qui minent le service des bibliothèques depuis de longs mois, voire même des années puisqu’en 2011 un précédent mouvement, pour des motifs similaires, s’était déroulé. « Il y a un management qui génère de la souffrance au travail et qui n’accepte pas la discussion, ni la contradiction. Une réunion extraordinaire du CHSCT [comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, NDLR] le 15 novembre dernier, en présence de l’adjoint en charge du personnel, Olivier Mouret, et du DGS [directeur général des services, NDLR] l’avait même mis en lumière. Mais depuis rien n’a bougé », continue José Marin qui prend également l’exemple de la directrice de la bibliothèque Parment, en arrêt de travail depuis qu’elle a dû prendre en plus la gestion de celle des Capucins.

 

« Les compétences des bibliothécaires ne sont plus reconnues. Aujourd’hui, le mot d’ordre c’est l’événementiel, ce n'est plus la culture, ni la politique de lecture publique. Nous n’avons plus les moyens de remplir nos missions et dans le même temps on fait de l’esbroufe à grands coups de com’», s’agace l’une des membres du personnel des bibliothèques. L’être ou le paraître, telle est la question... à laquelle la Ville n’a pas souhaité répondre officiellement. Préférant sans doute réserver ses commentaires pour la prochaine réunion.

 

Lire l'article de Paris-Normandie

 

 

                            Yvon Robert le maire (PS) de Rouen à côté de Laurent Fabius

Grève dans les bibliothèques municipales de Rouen contre le bling-bling

                                                - Pour une fois le bling-bling c'est pas moi, c'est lui

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:10

 

Le Parisien : le 15 février 2016

 

« Malgré ses grands discours sur la culture accessible à tous, la Ville rend les catacombes inaccessibles aux Parisiens fauchés » tacle la CGT de Paris-Musées

 

Les amateurs de squelettes vont devoir mettre la main au porte-monnaie ! D’après la CGT culture, le ticket d’entrée aux catacombes a augmenté de 40 % en un an et demi ! « La mairie de Paris s’en met plein les fouilles », s’étrangle les syndicalistes qui le dénoncent sur leur site Web… Fin 2013, le prix d’entrée de l’ossuaire parisien de la place Denfert-Rochereau était de 8 €. Il est désormais de 12 € au guichet ! Si l’on préfère réserver un billet coupe-file ni échangeable ni remboursable mais avec un audio guide (cassette de 30 minutes, NDR), c’est 27 € et avec un « vrai » guide conférencier, c’est 35 €.

 

Les catacombes, cimetière municipal à 20 m sous terre qui expose six millions de squelettes, géré par la Mairie de Paris, via l’établissement public Paris Musées, ont reçu 352 614 visiteurs en 2014, soit 13,4 % de plus qu’un an plus tôt. En 2015, il a atteint les 500 000. Depuis six mois, le site fait l’objet d’un plan de rénovation, notamment la ventilation et les éclairages. Pour faire face à son succès, les horaires d’ouverture ont été élargis, 20 heures à la place de 16 heures. Enfin, il est prévu en 2019, une nouvelle sortie, avenue René-Coty, équipée de sanitaires et d’une librairie-magasin de souvenirs.

 

« La Ville et Paris Musées considèrent les catacombes comme une pompe à fric ! regrette Dominique Quenehen, représentante du personnel à la CGT Musée de Paris. Le syndicat avait déjà épinglé la ville en octobre dernier. Elle avait loué au site Airbnb qui voulait faire une soirée privée Halloween une nuit à 350 000 € (lire ici) ! « Au final, tacle Dominique Quenehen, malgré ses grands discours sur la culture accessible à tous, la Ville rend les catacombes inaccessibles aux Parisiens fauchés. »

 

« L’accessibilité des équipements culturels de Paris est reconnue par tous. Améliorer les services au bénéfice des Parisiens, et de ceux qui viennent visiter notre ville, est un travail que la Ville entend mener et qui a un coût », explique de son côté Bruno Julliard premier adjoint.

 

Lire l'article du Parisien

 

 

 

                                                          Catacombes : Bruno Julliard s'explique

Paris : les catacombes une mine d’or pour la Ville
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:54

 

Le Monde : le 24 janvier 2016

 

Pour certains spécialistes de la santé au travail, les risques psychosociaux ont été instrumentalisés et ont masqué l’enjeu politique des conflits en entreprise

 

Entre 2007 et 2014, la psychologue du travail Lise Gaignard  a rédigé des chroniques à partir d’entretiens menés dans son cabinet. Elle soulignait alors les phrases les plus affligeantes, les retapait, et changeait les prénoms. Aujourd’hui réunis dans un ouvrage, Chroniques de la souffrance au travail, ces textes sont poignants : la psychanalyste a du mal à relire son livre. Elle n’est pas la seule : « On m’a reproché de dire du mal des travailleurs », raconte-t-elle.

 

Si son texte suscite des réactions vives, c’est qu’il critique la dépolitisation de la souffrance au travail : à ses yeux, le changement le plus frappant dans le monde du travail en France n’est pas « la transformation – pourtant importante – des modes de management, ni les catastrophiques techniques d’évaluation pipées, ni la mondialisation. Pour moi, la différence majeure, c’est qu’en France, quand on est victime d’une injustice épouvantable au travail… on demande à aller chez le psy ! ».

 

D’après la psychologue du travail, c’est en 1998 que tout commence, avec la sortie de Souffrance en France, de Christophe Dejours, et Le Harcèlement moral, de Marie-France Hirigoyen. Deux ouvrages qui connaissent un succès retentissant : « Soudainement, tout le monde est harcelé, tout le monde a un pervers narcissique dans son entourage ! Le ministère du travail va même introduire le harcèlement moral dans la loi de 2002. » Lise Gaignard n’a pas de mots tendres pour cette loi qui « arrange les entreprises : pendant qu’on consulte sur les risques psychosociaux, on ne s’interroge pas sur les modalités de production ».

 

Les risques psychosociaux auraient-ils été instrumentalisés ? En tout cas, de nombreux médecins se plaignent d’avoir à régler des problèmes qui relèvent du management plus que de la santé. « Quand on a commencé à parler de harcèlement, c’était miraculeux : finalement, on comprenait ce qui se passait, on pouvait s’en prendre au pervers narcissique », se souvient Fabienne Bardot. Mais cette médecin du travail porte aujourd’hui un regard plus amer sur la question, et refuse de mettre ses patients en inaptitude médicale. « C’est ce que tout le monde leur dit de faire, et c’est grave ! Le problème n’est pas médical, il est lié au travail. Je préfère la rupture conventionnelle : au moins, c’est le salarié qui la demande, qui décide de mettre un terme à une situation qui ne lui convient pas ».

 

Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi. Même après les attentats du 13 novembre, on ne parle que de la souffrance des gens ! On met en place des cellules d’urgence, mais personne ne se demande comment on a pu produire des monstres pareils ».

 

 

Souffrance au travail : oubliez le psychologue !

Si la psychologisation de la souffrance au travail s’est autant développée, c’est aussi qu’elle constitue une niche rémunératrice pour les médecins, consultants et experts qui se sont spécialisés sur la question.« Même les syndicats envoient les salariés chez le psy ! La souffrance ne pousse plus à l’action, elle est vécue de façon individuelle et désespérante », regrette Anne Flottes, auteur de Travailler, quel boulot ! Les conflits du travail, enjeux politiques du quotidien. « Bien sûr qu’il y a des gens qui vont mal et que le travail joue un rôle majeur dans ce malaise. Sauf qu’on utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! », renchérit la professeure de psychologie sociale Pascale Molinier.

 

Le psychologue Yves Clot parle d’une approche hygiéniste des risques psychosociaux, qui transforme la fragilité des situations en fragilité des personnes. Stress, burn-out, pervers narcissique, sont des termes qu’il prend avec beaucoup de recul : « Le vocabulaire est glissant parce qu’il traduit une angoisse sociale d’appeler les choses par leur nom. Il y a quelque chose de profondément déréglé dans le travail. On assiste alors à une obsolescence programmée des mots. On passe des plans d’action contre les risques psychosociaux à la qualité de vie au travail, et pendant ce temps les symptômes s’aggravent ».

 

Le cœur du problème est ailleurs. Il se trouve dans l’impossibilité du travail bien fait. Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l’art se heurtent à des organisations qui sacrifient la qualité du travail, dans tous les secteurs : l’industrie, les services ou encore le milieu universitaire. Ces conflits de critères refoulés viennent s’enkyster dans le corps et la tête de chacun. Le problème devient alors personnel, mais il est politique dans ses causes, tout comme dans ses conséquences.

 

L’auteur de Le travail peut-il devenir supportable ? évoque le cas Volkswagen, « une organisation du travail qui fonctionne comme la Corée du Nord : on ne peut pas parler sous peine d’être éliminé, et on finit par abîmer l’entreprise, ainsi que la planète. Et là, on accorde aux salariés le droit de faire des aveux : c’est le comble de la perversion politique ! On les contraint à ravaler leur expérience, et quand on arrive au drame on leur demande de confesser des tricheries qu’ils ont été amenés à faire justement parce que la parole était censurée ».

 

Lire l’article du Monde

 

Souffrance au travail : oubliez le psychologue !
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 10:40

 

Pauline Veron, l’adjointe en charge de la politique de la ville et…. de la démocratie et de la participation citoyenne, refuse de respecter une décision pourtant votée à l'unanimité par le CHSCT

 

C’est une direction de la Ville de Paris qui porte vraiment bien mal son nom, celui de « démocratie », tant les conflits sont exacerbés entre l’adjointe en charge du secteur, Pauline Veron et les syndicats au sein des instances représentatives des personnels la Direction de la Démocratie,des Citoyens et des Territoires (DDTC). Une direction qui assure entre autres le fonctionnement interne du Conseil de Paris, celui des cabinets des Adjoints au Maire ou encore des relations avec les mairies d'arrondissement et les associations de la capitale. Bref, un secteur sensible du côté de l’Hôtel de Ville.

 

Après un Comité hygiène et sécurité (CHSCT) très mouvementé en novembre dernier qui avait vu Pauline Veron hurler au scandale (lire ici),  on pensait que le conflit allait s’apaiser puisque les organisations syndicales, toutes tendances confondues, avaient fini par obtenir une expertise indépendante avec un cabinet agréé par le Ministère du Travail pour analyser les conditions de travail dans le sevice dit de la politique de la ville (rattaché à la DDTC) et dont nombre d'agents se trouvent en grande souffrance depuis plusieurs années déjà. « Il s’agit d’analyser concrètement les risques organisationnels et la combinaison de ces risques pour les agents : Intensité du travail, l’augmentation de la charge de travail sans moyens suffisants, conflits de valeur... » précisaient ainsi les représentants des personnels dans un communiqué (lire ici). C'était même « du jamais vu à la Ville de Paris pour une reconnaissance de la souffrance au travail et des risques psycho-sociaux » selon les organisations syndicales.

 

Oui, mais voilà, la mairie de Paris a décidé de s’assoir sur les décisions du CHSCT au risque de provoquer une nouvelle fronde sociale, voire de se coltiner une plainte pour « entraves syndicales » en refusant que le cabinet désigné puisse commencer son enquête sur les risques psycho-sociaux dans le service concerné. Selon plusieurs sources, la ville craindrait les conclusions à venir. Et la municipalité socialiste de choisir un cabinet moins regardant pour mieux lui dicter la marche à suivre en prévision des prochaines reorganisations et restructurations. Heureusement que la mairie est désormais dirigée par une ancienne inspectrice du travail...

 

Une procédure qui met même le nouveau cabinet d’expertise dans l’embarras puisque celui-ci a déclaré devant les représentants des personnels « qu’une expertise décidée par les élus du CHSCT ne se passe pas comme cela, et qu’il n’y a pas de comité de pilotage d’habitude ». Pan sur le bec d’Anne Hidalgo et de son équipe. Si le projet budget participatif avec les parisiens, dirigé lui aussi par Pauline Veron et forment médiatisé par la mairie, se passe dans les mêmes conditions ça promet d’être sportif.

 

Enfin détail qui tue : le Conseil de Paris s’est vu présenté une délibération municipale pour commander un logiciel sur la « gestion de la santé au travail et la prévention des risques professionnelles pour l’ensemble des agents de la Ville ». Du pur mergitur. Pas de doute, à la mairie de Paris, le travail est vraiment au bord de la crise de nerf. De quoi relancer les maigres ventes du livre d'Anne Hidalgo, malgré des critiques dithyrambiques (lire ici).

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

A la mairie de Paris, le travail est vraiment au bord de la crise de nerf

                       - Pas d'inquiétude les amis, j'ai plein d'exemplaires en stock

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 12:35

 

Le Parisien : le 1er février 2016

 

L'actuel président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, alors simple député d'opposition (PS), s'était ému en 2011 de la situation en demandant publiquement quelles mesures le gouvernement d'alors comptait prendre pour remédier à la situation

 

De Seine-Saint-Denis, des Hauts-de-Seine, des Bouches-du-Rhône, du Rhône... Environ 200 personnes ont assigné l'Etat au TGI (tribunal de grande instance) de Paris pour « déni de justice ». Les premières audiences se déroulent à partir de la semaine prochaine, le 10 février. Ce sont de simples salariés qui ont eu, à un moment de leur carrière, à saisir les prud'hommes, à Bobigny, Nanterre, Marseille, Lyon. Et qui ont attendu longtemps leur jugement. Trois ans pour Maeva à Bobigny, trente-cinq mois pour un cadre du quartier d'affaires de La Défense...

« Les réformes au cœur de l'actualité ne protègent pas le salarié, le gouvernement ne met en place aucune disposition pour raccourcir les délais de procédures, laissant le justiciable salarié dans une situation d'attente inadmissible », déplore le Syndicat des avocats de France, qui porte cette action avec des organisations syndicales, liées ou non à la justice. Ce n'est pas le fonctionnement des conseils des prud'hommes qui est montré du doigt, mais bien le manque de moyens humains pour traiter les affaires dans des délais raisonnables, comme le prévoit la Convention européenne des droits de l'homme. Dans son article 6, elle stipule que « toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable ».

En 2011, déjà, cet argument avait fondé une action similaire. « Nous dénoncions déjà ces délais et demandions au tribunal de juger l'Etat coupable de déni de justice, et
à 71 reprises le tribunal a jugé l'Etat responsable », rappelle Maud Beckers, l'avocate qui coordonne le mouvement et qui intervient directement dans une quinzaine de dossiers. Elle se souvient qu'à l'époque l'actuel président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, alors simple député d'opposition (PS), s'était ému de la situation en demandant publiquement, en janvier 2011, quelles mesures le gouvernement d'alors comptait prendre pour remédier à la situation.

 

 

Prud'hommes : l'État sur le banc des accusés pour déni de justice

                                         -  Vous allez voir quand je serais le troisième personnage de l'Etat ! 

 

 

Les défendeurs de l'époque avaient fait le calcul : l'Etat avait été condamné à verser quelque 400 000 € d'indemnités. « Ne serait-il pas plus cohérent que l'Etat renforce les effectifs plutôt que d'avoir à verser des indemnités ? » interroge avec inquiétude Jamila Mansour, présidente du conseil de prud'hommes à Bobigny, l'unique conseil en Seine-Saint-Denis, dont l'activité a bondi de 30 % en trois ans, mais pas les effectifs.

Sur les trois juges départiteurs affectés à Bobigny (ce sont des magistrats professionnels sollicités en cas de départage), il n'en reste qu'un. Si bien qu'il n'y a plus que 8 audiences par mois, contre 22 auparavant.
Même constat chez les voisins des Hauts-de-Seine. « Avec six fonctionnaires de plus, on pourrait doubler les audiences et les passer de 500 à 1 000 », assure Michel André, président du conseil de prud'hommes de Nanterre, qui affiche un stock de 8 200 affaires. Soit deux ans d'attente ! Pour une saisine de cet automne, il faudra repasser en mai 2018.

Face au problème, l'Etat fait la sourde oreille. Sollicitée à plusieurs reprises, la chancellerie n'a pas été en mesure d'apporter d'éclairage. Quant à Claude Bartolone, son entourage assure qu'il n'a pas été officiellement saisi de la situation.

 

Lire l’article du Parisien

 

 

 

      Prud'hommes : quand Bartolone sera au pouvoir il fera pression sur la ministre de la justice

Prud'hommes : l'État sur le banc des accusés pour déni de justice

                                 - Mince, je me réveille  trop tard, t'es plus Garde des Sceaux

                - Tu déconnes Barto, pour une fois que je pouvais être une véritable icône de Gauche

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 11:20

 

Libération : le 3 février 2016

 

Une ex-employée décrit les mauvaises conditions de travail des personnels d'une l'institution qui dans le même même temps diffusait des films dénonçant l’exploitation du prolétariat

 

Il y a quelques jours, la Cinémathèque française changeait de patron, Frédéric Bonnaud prenant la succession de Serge Toubiana, lui-même en poste depuis 2003. Comme pour saluer cette entrée en fonction, une étudiante en cinéma, ex-employée d'un prestataire de l’institution de la rue de Bercy, lui a adressé une lettre filmée, postée sur YouTube. On y apprend qu'à la cinémathèque le social, c'est vraiment du cinéma

 

Filmée en plan fixe, entre une affiche de cinéma, un portrait de Godard et son costume d’hôtesse, la jeune femme de 22 ans dénonce les conditions de travail des personnels d’accueil de la Cinémathèque. Passionnée de cinéma, elle expose que son rêve le plus cher était de travailler dans ce saint des saints, avant d’y parvenir début 2012. C’est son premier job et elle découvre alors que l’accueil est sous-traité à une société extérieure, qui lui propose « un contrat ponctuel », autrement dit à la journée ou à la semaine, renouvelable.

 

Heureuse d’intégrer les lieux, elle se fiche même de ne pas recevoir de prime, récompense pourtant promise après l’exposition Tim Burton, qui vit défiler par tous les temps un public phénoménal et turbulent. « C’était une situation réelle, confirme quelqu'un d'autre, qui a travaillé dans les mêmes conditions pour la Cinémathèque. Toutes les semaines il fallait appeler la patronne pour savoir si on allait travailler et elle nous prévenait souvent au dernier moment. On pouvait faire parfois huit heures de caisse avec à peine vingt minutes de pause déjeuner ». Cette personne, qui a souhaité garder l’anonymat, a également constaté que les conditions de travail sont nettement meilleures dans des établissements culturels qui ne pratiquent pas la sous-traitance.

 

La situation va se corser à l’arrivée d’une nouvelle personne chargée des relations entre la société de sous-traitance et la Cinémathèque. La pression s’accentue fortement sur ces précaires. « On nous menace subtilement, ça fonctionne au chantage affectif. On nous appelle pour travailler la veille pour le lendemain. […] Dès lors, il faudra supplier pour travailler ». Souffrance au travail, collègues qui craquent… Une grève finit par éclater sans préavis le 8 mai 2014 à la suite du licenciement d’une collègue en CDI pour faute grave.

 

Le tract de la grève souligne à l’époque : « La Cinémathèque française ne peut prétendre ignorer nos conditions de travail. En fermant les yeux, elle cautionne le fonctionnement de C.O. [initiales de la société City One, ndlr] ». Mais le mouvement ne dure qu’une journée, poursuit la jeune fille, à cause des menaces de licenciement, ou plutôt de « non-reconduction » pesant sur les contrats précaires. L’étudiante déchante de plus en plus « entre les histoires de harcèlement, de délation, d’accusations mensongères, de collègues renvoyés pour de faux motifs, d’emplois du temps ingérables…».

 

 

                                              Serge Toubiana, un patron cool issu de la gauche progressiste

A la cinémathèque, le social c'est vraiment du cinéma

                                                          - La preuve , je porte un jean hors de prix et pas de cravatte

 

 

Et c’est au partant, Serge Toubiana, directeur des lieux depuis treize ans, que s’adresse la jeune femme. « Grève étouffée et sans retentissement. Monsieur Toubiana ne veut pas que le bruit contamine la Croisette à Cannes ». La Cinémathèque ne bronche pas, souligne-t-elle, malgré l’intercession de personnes syndiquées en interne. Vingt jours après le mouvement s’ouvre une rétrospective consacrée aux frères Dardenne, cinéastes qui dénoncent la misère sociale et l'exploitation du prolétariat. Comble d’une ironie qu’elle souligne : « Monsieur Toubiana, il vous suffisait de descendre les sept étages qui nous séparaient. Nous sommes peut-être moins romanesques mais nos situations étaient les mêmes ».

 

La jeune femme, qui réalise un master en cinéma sur les cinéphiles de la Cinémathèque, auxquels elle a déjà consacré un court documentaire, n’a finalement pas été reconduite en septembre 2015 après trois ans et demi de contrats brefs. Aucune explication ne lui a été donnée. L’agence sous-traitante n’a pour l'heure pas donné suite à l’appel de Libération.

 

Du côté des personnels de la Cinémathèque, plusieurs personnes, qui tiennent à rester anonymes par peur de représailles, indiquent que le mot d’ordre interne de la direction est de ne surtout pas répondre à la missive « pour ne pas lui donner d’écho ». Et confirment que la situation décrite par la jeune femme est «avérée, connue, et enracinée depuis un certain temps ». « Quand elle parle des Dardenne, elle a absolument raison, dit un autre. Tout le monde le sait et, il faut bien le dire, chacun ferme les yeux sur la situation ».

 

Le nouveau directeur de la maison, Frédéric Bonnaud, « là depuis quatre heures », n’a pas « souhaité réagir pour le moment et va s’emparer du dossier plus tard ». Car c’est au nouveau patron qu’elle s’adresse à la fin de sa lettre : « J’espère […] que vous ne vous contenterez pas de serrer la main de stars, mais que vous direz aussi bonjour à "votre vitrine" d’être humains ».

 

Lire l'article de Libération

 

 

 

    Serge Toubiana et les frêres Dardenne lors d'une retrospective sur l'exploitation du prolétariat

A la cinémathèque, le social c'est vraiment du cinéma

                                   - Alors chers amis, pas trop dur d'être venu ici observer la misère sociale ?

                                             - Bah tant qu'il y a un peu de champagne et des petits fours

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 15:49

 

Le Parisien : le 5 février 2016

 

De son côté, Rémi Féraud, le maire socialiste du Xe, réaffirme : « Je ne m’opposerai pas à la fermeture de la bibliothèque »

 

Promise à la fermeture en juin prochain, la bibliothèque Château-d’Eau (Xe) a fait l’objet de nouveaux débats lundi soir en conseil d’arrondissement puisque trois vœux ont été présentés.

 

Les deux premiers, déposés par les élus communistes et le groupe Les Républicains exigeant l’abandon de la fermeture, ont toutefois été rejetés ; le troisième, déposé par les Verts, qui réclamait lui la préservation du fonds photographique (3 000 ouvrages) de l’établissement a par contre été adopté. « Cela signifie peu ou prou que cette bibliothèque est sauvée puisqu’il n’existe pas d’autre endroit où installer ce fonds dans le Xe », estime d'ailleurs Bertrand Pieri, délégué CGT-Bibliothèque.

 

Un an après l’ouverture de la médiathèque Françoise-Sagan voisine, Rémi Féraud, maire (PS) du Xe, réaffirme de son côté : « Je ne m’opposerai pas à la fermeture de la bibliothèque Château-d’Eau ». C'est à dire la laisse couler.

 

Lire l'article du  Parisien

 

 

 

                  Bibliothèque Château d'Eau : Rémi Féraud (à gauche) tombe le masque

Paris : les communistes et le groupe Les Républicains réclament le maintien de la bibliothèque Château-d’Eau
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 16:06

 

Livre Hebdo : le 3 février 2016

 

Les groupes Europe Ecologie-Les Verts (EELV), communiste et Les Républicains ont chacun présenté un vœu.

 

La fermeture programmée de la bibliothèque parisienne Château-d’eau, à Paris (Xe), motivée par l’ouverture en mai 2015 dans le même quartier de la médiathèque Françoise Sagan, est revenue dans les débats lundi 1er février lors du conseil de l'arrondissement parisien où se trouvent les deux établissements. Les groupes Europe Ecologie-Les Verts (EELV), socialiste, communiste et Les Républicains ont chacun présenté un vœu.

 

Le vœu des élus EELV, qui demandait que la période d’évaluation visant à la fermeture de la bibliothèque soit prolongée, et que son important fonds photographique soit transféré dans un autre équipement du 10e arrondissement et reste accessible au public a été adopté. Celui du groupe socialiste, concernant le maintien du fonds dans le réseau des bibliothèques municipales et le maintien de l’organisation tous les deux ans des Rencontres photographiques, a également été adopté.

 

En revanche, le vœu des Républicains réclamant le maintien de la Bibliothèque Château-d’eau dans les locaux de la mairie du 10e arrondissement et la réalisation d'une étude par un groupe de travail paritaire, a été refusé, de même que celui du groupe communiste qui portait la même demande.

 

La question devrait à nouveau être évoquée lors du prochain conseil municipal de Paris, courant février.

 

Lire l'article de Livre Hebdo

 

 

 

      Pour Rémi Féraud, le mairie socialiste du Xe, le fonds photo doit quitter l'arrondissement

Paris : la fermeture d’une bibliothèque contestée
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 16:47

 

ActuaLitté : Le 2 février 2016

 

Quoi qu'il en soit, le fonds spécialisé consacré à la photographie doit rester dans l'établissement selon le vœu adopté par le conseil municipal de l'arrondissement

 

Fin 2015, la Mairie de Paris annonçait la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau, dans le 10e arrondissement de Paris : suite à l'ouverture de la médiathèque Françoise Sagan, fréquentation et emprunts ne seraient plus suffisants pour justifier le maintien de l'établissement. Si le maire de l'arrondissement, Rémi Féraud, était favorable à la fermeture de la bibliothèque, les personnels avaient exprimé leur opposition. Les élus du Xe arrondissement viennent de les rejoindre.

 

La Mairie de Paris assurait que la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau poursuivait la politique municipale en matière de services aux usagers : « Quand nous avons recruté le directeur de la bibliothèque Château d'Eau, Frédéric Dumas, on l'a informé de la possible fermeture de son établissement » nous expliquait Noël Corbin, directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. « Si l'on compare l'évolution des prêts de Château d'Eau entre 2014 et 2015, on constate une baisse moyenne de 30 % sur ces derniers mois, avec - 36 % en octobre et - 30 % en novembre. En 7 mois, Château d'Eau enregistre 26.000 prêts, la moitié de ce que Sagan enregistre en un mois », analysait encore le directeur des Affaires Culturelles.

 

Évidemment, les syndicats soulignaient l'aspect biaisé de cette analyse : « On compare des établissements de tailles différentes, et, surtout, avec des offres différentes : le public familial de Sagan emprunte beaucoup plus. Les enfants et adolescents qui lisent des mangas en empruntent vingt d'un coup, et les rendent deux jours plus tard, ce qui gonfle les statistiques ». Ils déploraient par ailleurs la fermeture programmée d'un établissement de proximité, dont les résultats ont été évalués sur une période trop courte pour être représentative. Le conseil municipal du 1er février a rebattu les cartes : « La majorité des membres du conseil municipal du Xème arrondissement gauche, droite et écologistes confondus, a voté hier plusieurs textes demandant le maintien de la bibliothèque Château d’Eau », rapporte la CGT Culture.

 

 

   Bibliothèque Château d'Eau : Les élus du Xème mettent à mal les projets de Buno Julliard

Paris : les élus du Xème refusent la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau

                      - Le problème c'est que maintenant j'ai plus de programme culturel !

 

 

Les élus communistes, Didier Le Reste, Dante Bassino et Dominique Tourte ont souligné le rôle d'établissement de proximité de la bibliothèque Château d'Eau, tandis que Déborah Pawlik, du groupe Les Républicains, réclamait la réalisation d'une étude « par un groupe de travail paritaire sur les possibilités de développement de complémentarités entre les différentes bibliothèques de l'arrondissement », et donc le maintien de l'établissement entre-temps. Les élus socialistes ont voté contre le maintien de l'établissement, et les élus écologistes se sont abstenus.

 

Quoi qu'il en soit, le fonds spécialisé de 3000 ouvrages environ consacrés à la photographie restera dans l'établissement : les élus écologistes ont soumis un vœu dans ce sens, adopté à l'unanimité par le conseil municipal. « Il est en cours d'analyse, mais il sera maintenu, et consultable, nous étudions deux ou trois pistes pour le réimplanter », nous confiait la Mairie de Paris en décembre dernier.

 

La fermeture de la bibliothèque Château d'Eau sera examinée à la mi-février par le Conseil de Paris : « Le vote des élus parisiens pourrait confirmer celui du Xe puisque ceux qui sont favorables au maintien de la bibliothèque Château d'Eau (Les Républicains, Communistes, Parti de Gauche et EELV) seront, à cette occasion, là aussi majoritaires », souligne la CGT Culture. Si les vœux des élus reflètent leurs avis, et donc ceux des citoyens, ils ne sont pas contraignants juridiquement pour la municipalité, contrairement aux délibérations.

 

Lire l’article d’ActuaLitté

 

 

 

     La mairie de Paris va-t-elle écouter les élus qui veulent garder leur bibliothèque ?

Paris : les élus du Xème refusent la fermeture de la bibliothèque Château d'Eau

                                       - Quoi, garder des livres ? Vadé rétro !

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:46

 

Street Press : le 25 janvier 2016

 

Le personnel de ce musée inauguré l’année dernière n'est pas à la fête : salaires au rabais, temps partiels et sexisme, les démissions se multiplient

 

« Les toilettes c’est au bout du couloir à gauche ! », lance Anne-Lyse pour la quinzième fois en moins d’une heure. Pas rigolo tous les jours, de faire la billetterie du musée : « Je pensais que bosser dans un musée, ça allait un peu faire travailler mon cerveau. Mais en fait pas du tout. J’ai l’impression de vendre des billets à la chaîne… » D’autant qu’Anne-Lyse, malgré ses vêtements Damart, est frigorifiée. En ce mois de novembre, il n’y a pas de chauffage dans le hall de l’établissement pourtant flambant neuf. Après plusieurs semaines de grogne, la direction fini enfin par distribuer des doudounes et placer quelques radiateurs d’appoint.

 

C’est une toute petite victoire pour les salariés, mais la liste des griefs reste longue. « Les visiteurs du musée doivent savoir ce qu’il s’y passe », lance Caroline, la vingtaine. L’ex-médiatrice en a elle aussi plein les guiboles : « Un jour notre responsable nous a dit : les femmes ont leurs règles, elles ont des gosses, elles sont tout le temps malades !  Ou encore Avec le nombre de filles que vous êtes, c’est vraiment le poulailler » François, 25 ans, look d’aventurier, pull en laine et cheveux désordonnés, a lui aussi quitté le musée. Il confirme : « Il s’est excusé un jour qu’il y ait autant de filles. Il pense que ça amène une mauvaise ambiance… Alors que c’est sa mauvaise gestion qui pourrit tout ! »

 

Dans les couloirs de ce « navire futuriste de métal et de verre », musée « d’histoire naturelle et des sociétés » les salariés n’ont pas vraiment le sourire. Pourtant ce dimanche 20 décembre 2015, l’ambiance est plutôt champagne et cotillons : le musée des Confluences (MDC) célèbre son premier anniversaire. Pour l’occasion, l’entrée est gratuite. Et la presse fait ses choux gras sur son audience, supérieure aux prévisions : 825.000 visiteurs en un an. Pour le musée, c’est aussi une manière de dire que son coût exorbitant – 300 millions d’euros contre 60 prévus initialement  – n’était pas inutile. Sauf que pour gérer ce succès sans trop alourdir la note du musée, la direction multiplie les économies : sous-traitance massive, contrats précaires, mauvaise ambiance…

 

Le boss de Caroline habitué des saillies sexistes ne fait pas directement partie du Musée. Comme une bonne partie du personnel, il fait parti de l’une des nombreuses boîtes de sous-traitance. Onet, Samsic, Pénélope, Nunatak, Tabaibas, SPIE… C’est une dizaine de PME différentes qui interviennent et emploient plus de la moitié du personnel présent dans l’immense bâtiment. Les employés de ces boîtes ne bénéficient pas des mêmes conditions salariales que le personnel du musée : la majorité est au SMIC. Ils ont bien droit à des tickets restos, mais pas de treizième mois contrairement à leurs collègues directement en contrat avec le musée. Pas de prime d’ancienneté, non plus.

 

 

Au musée des confluences à Lyon, sexisme et précarité en exposition permanente

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Contactée par StreetPress, la direction du musée botte en touche. Elle jure cependant, par l’intermédiaire de son service de com’, que « les entreprises de sous-traitance n’ont pas été choisies pour des questions de tarifs » et met en avant les compétences dans l’accueil des musées et de la culture de ses prestataires comme Pénélope. Sur son site, l’agence met en avant son expertise dans l’accueil des lieux culturels. Sauf que, vérification faite, le MDC est le premier musée à devenir client de la boîte. Pour justifier l’appel à ces boîtes, la direction met aussi en avant… l’intérêt des personnels : « Le musée n’aurait pas pu employer ces salariés à temps plein et c’est donc dans leur intérêt de bosser pour des prestataires… »

 

Sauf que, là encore, la réalité ne semble pas être exactement telle que décrite par la com’ du Musée. Ni François, ni Caroline n’étaient à temps plein tout au long de l’année et encore moins en CDI. Comme la majorité des médiateurs culturels et guides conférenciers, ils étaient en contrat à durée déterminée d’usage (CDD-U). En clair, des CDD à temps partiel, renouvelables à l’infini et sans indemnités de fin de contrat. « On est renouvelés tous les mois », explique François, qui a renoncé à son poste au musée. Et les contrats sont souvent signés alors qu’ils sont déjà au boulot depuis plusieurs jours.

 

Autour d’un café, dans un bar lyonnais, Julie, chandail en laine, les traits tirés, également médiatrice et démissionnaire, détaille la galère de ces contrats précaires : « IIs veulent qu’on soit tout le temps disponibles pour les visites de dernière minute. Ils claquent des doigts et on devrait arriver ! Le nombre de SMS qu’on a eu 3 heures avant une médiation pour nous demander si on était disponibles… » Le personnel se doit d’être dispo tout le temps. « A chaque fois que je partais en vacances, le patron m’appelait. J’ai pris une fois 10 jours… Il m’a appelé tous les jours », rembobine Julie. Et même si elle n’arrive pas à boucler ses fins de mois avec son seul job au musée, son responsable la pousse à refuser les autres opportunités : « Le patron m’a également demandé de ne pas signer mon contrat d’aide aux devoirs, parce qu’il voulait me proposer quasiment un temps plein. Ce qui n’est jamais arrivé, évidemment ».

 

Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, les heures diminuent. Ainsi, Caroline étudie à côté de son emploi au musée, ce qui est autorisé. Du moins, en théorie : « Comme j’ai affirmé le fait de ne pas pouvoir être à 100% disponible à cause de ma formation, on m’a enlevé des heures, on m’a oubliée », explique la jeune femme de 26 ans. « C’est une sorte de punition », ajoute François. « Si tu poses trop d’indisponibilités, tu n’es pas un bon employé. » Et François de résumer la situation ubuesque : « On ne travaille pas assez pour vivre, donc on a besoin d’un autre boulot à côté. Mais on peut être sollicités chaque jour, pendant une semaine, ce qui empêche de travailler à côté. »

 

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Anne-Lyse et ses collègues de l’accueil et de la billetterie touchent à peine plus du SMIC horaire, sans jamais dépasser les 35 heures. Difficile de s’en sortir avec à peine 1.000 euros de revenus. D’autant qu’à plusieurs occasions les salaires tombent avec un à deux mois de retard ou avec des erreurs : « Chaque mois on devait sortir la calculette pour vérifier que toutes les heures avaient bien été payées, pas facile avec des emplois du temps qui changent en permanence », témoigne Anne-Lyse, les nerfs à vif.

 

Pour boucler les fins de mois, les salariés avalent toutes les couleuvres. Ainsi, Aline, agent de billetterie, a subi des horaires décalés, sans week-end libre pendant plusieurs mois. En dépression : elle ne voyait presque plus sa fille de 12 ans. Elle a réussi à se faire muter au bout de huit mois. Comme elles, beaucoup cherchent à prendre la poudre d’escampette. Mais ce n’est pas forcément simple. Anne-Lyse, agent d’accueil, explique : « Je voulais une rupture conventionnelle, mais le RH a tellement de demandes qu’il n’en accepte aucune ! »

 

Si elle démissionne, elle perd les indemnités chômage qui complètent ses revenus. Elle a quand même déserté son poste, laissant son cas en suspens, ni licenciée, ni toujours au musée… Julie aussi s’est barrée : « Je n’ai pas dit à mes parents que je quittais le musée. Pour la première fois, ils commençaient à comprendre ce que je faisais. Il ont vu le musée à la télé. Ils m’ont mis beaucoup de pression pour rester, dans l’idée que c’est une grosse structure, donc que c’est important. J’en reviens à cacher des choses à mes parents à 28 ans… »

 

Selon les différents salariés interrogés par StreetPress, un an après l’ouverture, il ne reste – à l’exception des cadres – que très peu de personnes présentes à l’origine. Car pour les salariés, rester et se battre n’est pas facile. Pour Caroline : « Il y a peu de boulot dans ce milieu et les personnes qui veulent faire leur trou à Lyon sont contentes d’avoir enfin un truc chouette sur leur CV. » Elle a bien tenté de monter au créneau : « J’ai été porte-parole de l’équipe lors d’une réunion. Ça m’a ensuite été reproché. C’est risqué parce que le contrat peut très bien ne pas être renouvelé si l’on s’affiche trop ».

 

Lire l’article de Street Press

 

 

 

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