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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 12:00

 

Les sans-abri de la bibliothèque de Pompidou au cœur d’une enquête


Le Parisien : Le 2 mars 2013

 

Nabil vient quasiment tous les jours à la bibliothèque du Centre Pompidou (BPI). Il n’est pourtant ni chercheur ni étudiant : il est SDF. Ses nuits, il les passe dans les bus de la RATP et, la journée, il se réfugie ici. « J’aime lire, ça m’occupe un peu l’esprit », confie cet ancien commercial de 34 ans, qui a sombré après avoir perdu sa fille et sa femme dans un accident.

 

Depuis le début de la vague de froid, les SDF sont particulièrement nombreux dans cette bibliothèque libre d’accès, ouverte jusque tard dans la soirée. « De temps en temps, il y a de nouvelles têtes, mais c’est très rare. A 99%, ce sont toujours les mêmes », observe un agent de sécurité, posté en face du coin télé, où une partie de ces précaires passent leurs après-midi, casques sur la tête, à regarder les chaînes du monde entier.

 

Le phénomène n’est pas nouveau, mais il a pris une telle ampleur que l’établissement a commandé une étude à deux sociologues, Camila Giorgetti et Serge Paugam. Leur enquête sera publiée le 27 mars*.

 

Dans ces allées fréquentées quotidiennement par plus de 5000 personnes, dont 65% d’étudiants, on distingue assez facilement les SDF à leurs vêtements élimés et aux cabas qu’ils traînent derrière eux.

 

« Il y a aussi beaucoup de personnes fragiles qui font tout pour passer pour des usagers comme les autres », souligne Serge Paugam. Les plus en difficulté s’endorment parfois un livre ou un journal à la main, voire s’allongent à même la moquette, aux confins des rayons, épuisés par une nuit peu réparatrice dans la rue ou un foyer.

 

                                                   aqualung-front1

 

Une cohabitation compliquée.  La cohabitation avec le public « traditionnel » n’est pas toujours simple. Au deuxième, dans l’espace où l’on peut voir des films ou écouter de la musique, isolés dans de petits box, le personnel essaie de ne pas « placer les gens les uns à côté des autres afin d’éviter les frictions », confie une vacataire. « J’ai un peu honte de le dire mais, la semaine dernière j’ai reconnu un clochard du quartier qui utilisait un casque audio et je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux problèmes d’hygiène que cela pose », lâche une habituée.

 

« Tant qu’ils ne font pas de bruit, moi, ça ne me dérange pas », balaie Arthur, 20 ans, en licence d’histoire. « Il y a parfois des problèmes d’ébriété qui nous obligent à raccompagner certains vers la sortie, mais c’est très rare. Ces personnes sont globalement respectueuses du règlement intérieur, souvent bien plus que les étudiants », assure le même agent de sécurité.

 

A ces SDF s’est aussi ajoutée une population tout aussi précaire de réfugiés, principalement afghans, qui viennent en groupe. Au point qu’un accueil spécifique, confié à France Terre d’asile, a fini par ouvrir au rez-de-chaussée. « Vous voyez tous ces gens qui attendent pour utiliser Internet, eh bien, ils sont iraniens », indique Saleh, un employé de l’association. Tous ne sont pas là pour tuer le temps au chaud. Loin de là. « J’apprends le français pour ensuite trouver un travail », explique un Afghan de 25 ans, qui vient d’obtenir le statut de réfugié.

 

* « Des pauvres à la bibliothèque. Enquête au Centre Pompidou », de Serge Paugam et Camila Giorgetti, PUF. 208 p., 22 €.

 

Lire l’article du « Parisien »

 

 

                                                     aqualung22.jpg

 

 

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 15:46

 

Le Parisien : Le 8 mars 2013

 

La CGT demande « un petit geste de compensation » sous la forme d’intérêts !

 

La menace de grève dans les quatorze musées municipaux s’éloigne depuis que Bruno Julliard, adjoint à la culture, a annoncé à la CGT qu’il avait demandé à l’Etablissement public, « Paris Musées » de régler à la fin mars les primes du dimanche et les heures supplémentaires non payées depuis trois mois.

 

Cinq cent salariés sont concernés pour une somme moyenne de deux cent euros.

 

Dans l’attente du paiement, la CGT des Affaires Culturelles demande à la Ville « un petit geste de compensation qui pourrait prendre la forme du versement des intérêts sur trois mois calculés sur la base du taux du livret A »

 

A suivre….

 

Lire l’article du « Parisien »




 

                                                   Le trésorier de "Paris-Musées" fait marcher la calculette

                             Caisse d Epargne Banques P1250852 300x300

                                 " Bon alors, deux cents euros sur trois mois à 2,25% ça fait.... "

 

 

 

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 12:44

 

Arrêt Sur Image : Le 8 mars 2013

Comme un suicide à la Poste

On sait qu'elle s'appelait Pauline. Elle avait 21 ans. Elle était factrice en CDD en Haute-Loire, à Monistrol sur Loire. Et le 15 février, on l'a retrouvée pendue chez ses parents. Voilà ce que l'on sait.

Est-elle "une suicidée de La Poste", inaugurant un feuilleton qui pourrait prendre le relais des suicides à France Télécom ? Libé n'en dit pas beaucoup plus: "La veille de sa mort, la Poste venait de lui signer un nouveau CDD. Sa première journée avait été difficile. Le matin du drame, elle prend son poste à 6 h 30. Un cadre, voyant son état de fatigue, la renvoie chez elle. A 8 h 30, ses parents la découvrent à son domicile, pendue".

Etrange. Pourquoi se suicider, alors qu'on vient de décrocher un nouveau CDD ?

                                  storm-thorgerson-L-5-copie-1

On en apprend davantage à la lecture de L'Huma. On venait de confier à Pauline une tournée difficile, dans une région montagneuse et enneigée. La veille de son suicide, elle n'a pas pu achever sa tournée, en dépit de onze heures de travail. Elle arrive tôt le matin. Elle a du courrier en retard. Elle n'a pas dormi de la nuit. Son chef, la voyant épuisée, lui "propose" de rentrer chez elle. Elle se pend quelques heures plus tard.

Quelques détails supplémentaires encore dans le quotidien régional, Le Progrès (édition locale). On y apprend qu'elle a dû écouler le retard de courrier laissé par son prédecesseur, un autre CDD, parti en arrêt maladie. La direction assure que « la salariée avait accepté les heures supplémentaires pour écouler un surcroît de volume. Des heures qui ont été prises en compte financièrement. »

                                    storm-thorgerson-L-16

Voilà ce que disent les articles, pas davantage. Evidemment, il y a tout le cadre, qu'on reconstitue mentalement. La tournée maudite, sur des départementales enneigées, que la direction refile à de jeunes CDD, sur fond de suppressions de postes. Mais pour en savoir davantage, il faudrait aller sur place, enquêter. Il faudrait la parcourir, cette tournée du secteur de Saint-Just-Malmont, que la direction, si l'on comprend bien, suppose qu'un facteur sachant facter peut effectuer en cinq heures.

Près d'un mois après le suicide, aucun journaliste n'a encore vraiment enquêté sur ses circonstances précises. L'article du Progrès, daté du 7 mars, semble être le premier consacré à l'affaire, trois semaines après le suicide. On a beaucoup moins enquêté sur le suicide de Pauline, par exemple, que sur les circonstances dans lesquelles Nicolas Sarkozy a dit à Valeurs Actuelles qu'il était prêt à se dévouer pour le bien de la patrie. L'a-t-il dit en demandant qu'on le répète ? En demandant qu'on ne le répète pas, mais en espérant qu'on le répète ? Ou l'inverse ? Voilà un vrai sujet d'enquête, garanti sans routes enneigées de Haute-Loire.

                                    storm-thorgerson-L-10

«Il n’y a pas d’éléments permettant d’établir la responsabilité de l’entreprise. Ce sont des drames personnels et familiaux, où la dimension du travail est inexistante ou marginale» a déclaré le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, le 28 février, à propos du suicide de Pauline, et de trois autres suicides récents, au cours d'un conseil d'administration. Disons plutôt: "aurait" déclaré.

Ces phrases, si elles ont été entendues par des syndicalistes, ont ensuite été adoucies, à coups de "souvent", dans le compte-rendu écrit du CA, comme le précise Libé, qui conclut: "la direction contestait hier ce récit" (des syndicalistes). On la comprend.

                                                  storm-thorgerson-L-6

                                                   

 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 16:15

 

Le Parisien : Le 7 mars 2012

 

Après avoir défilé contre la réforme du marché du travail, FO a annoncé hier qu’il signait l’accord de compétitivité chez Renault. Une étrange volte-face.

 

Rififi chez FO. Mardi, Jean-Claude Mailly et des milliers de militants défilaient au côté de la CGT contre le projet de loi « scélérat » sur la sécurisation de l’emploi. Hier, coup de théâtre et virage à 180 degrés… le syndicat FO de Renault a annoncé qu’il paraphera l’accord compétitivité chez le constructeur.

 

« A FO, on est des habitués des grands écarts, mais là, les salariés ne vont plus rien y comprendre! » grommelle l’un des responsables de FO-Renault, hostile à cette signature.

 

Un étrange court-circuitage sur lequel Jean-Claude Mailly a dû s’expliquer. Ce type d’accord au sein d’une entreprise, a-t-il fait valoir, « existe depuis tout le temps ». Il a souligné que, dans le cadre de l’accord chez Renault, « des garanties » ont été obtenues, notamment : il n’y a « pas de baisse de salaires », seulement un gel « sur un an ».

 

« Ça n’a rien à voir avec l’accord du 11 janvier 2013, s’est-il évertué à répéter sans parvenir à cacher son embarras. Tant que le projet de loi n’est pas adopté, « je n’ai jamais dit qu’on ne signerait pas ce type d’accord ! » s’est-il défendu.

 


 

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                                             Je n’ai jamais dit qu’on ne signerait pas ce type d’accord !"


 


« Ça a été houleux dans les usines », lâche l’un des responsables de FO-Renault, persuadé que la Fédération de la métallurgie (opposée à la ligne Mailly) a eu le dernier mot. « Montebourg a aussi pesé lourd », sous-entend-il.

 

Dans les 15 sites du groupe, FO a consulté ses adhérents : 58% ont voté pour, 29% contre et 13% se sont abstenus. « Il vaut mieux prendre le risque d’un avenir que de ne pas avoir d’avenir du tout », a expliqué Laurent Smolnik, délégué central FO. Même si ce plan prévoit une saignée dans les effectifs, le texte permet « d’avoir une vision de l’activité sur nos sites jusqu’à 2016, voire 2020 pour Douai », a-t-il estimé.

 

Quelques jours avant, la CFE-CGC avait déjà donné son feu vert. La CFDT et la CGT ne se sont pas encore prononcées.

 

Mais Renault peut maintenant se passer d’eux. FO et la CGC représentant 30% des voix requises, l’accord est sûr d’être validé. Signature prévue autour du 12 mars.

 

Lire l’article du « Parisien »


 

                                                          Flexisécurité: Force Ouvrière fait le grand écart

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                                       " C'est beaucoup de boulot, mais on y est arrivé ! "

 

 

 


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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 10:45

 

Le Parisien : Le 6 mars 2013

 

La Mairie de Paris n’a plus les moyens de faire fonctionner les structures existantes

 

Pour des raisons d'économie, la Ville a décidé de supprimer pendant les vacances scolaires, les nocturnes des trois bibliothèques Mouffetard (Ve), Faidherbe (XIe) et Rostand (XVIIe) qui ouvrent traditionnellement jusqu'à 22 heures le jeudi.

 

Cette mesure s'appliquera dès demain et sera reconduite pendant les vacances d'été.

 

« La mairie ouvre de nouveaux équipements (NDLR : quatre médiathèques seront inaugurées d'ici à 2015) mais n'a pas, faute de personnel, les moyens de faire fonctionner les structures existantes », constate Bertrand Pieri, délégué CGT.

 

Non sans rappeler que les bibliothèques Europe (VIlle), Brochant (XVIIIe), Clignancourt (XVIIIe) et Duras (XXe) ont réduit leurs horaires d'ouverture depuis le début de l'année.

 

La nocturne n'est toutefois pas la période la plus fréquentée de la semaine, surtout pendant les vacances.

 

Lire l’article du « Parisien »



 

                                               A Paris, les bibliothèques vont fermer plus tôt

                                              couvre feu,0

 

                                                                               " Allez circulez, y a rien à voir ! "

 

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:19

 

Le Parisien : Le 6 mars 2013


Les heures supplémentaires des agents n’ont toujours pas été payées !


En pleines vacances, cela tomberait bien mal. Les agents des musées municipaux parisiens se disent prêts à la grève, si leurs primes de dimanches et les heures supplémentaires effectuées depuis décembre ne leur sont pas versées.


Depuis le 1er janvier, les musées sont regroupés dans un établissement public Paris-Musées afin d'en « simplifier la gestion ». Or, selon le syndicat CGT des personnels des affaires culturelles, ce serait tout le contraire qui se passe. « Cela représente en moyenne 200 € par personne », souligne un porte-parole.


Faute de réponse à leur demande auprès d'Anne Hidalgo, première adjointe (PS) et présidente du conseil d'administration du nouvel organisme, les agents des musées espèrent obtenir « une solution et des explications» de l'adjoint (PS) à la Culture, Bruno Julliard, qu'ils rencontrent aujourd'hui.


Sinon, ils déposeront un préavis de grève pour l'ensemble des 14 musées de la Ville de Paris.


Lire l’article du « Parisien »


 


                                                    Les agents n'ont toujours pas été payés deux mois après     

                    crimes-au-musee-des-horreurs-a08.jpg

                                          " Les musées parisiens, c'est vraiment l'horreur ! "

 

 

 

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 08:29

 

Fin du tapage nocturne dès jeudi prochain pour trois bibliothèques municipales !

Jacques Chirac en était encore le Maire quand les bibliothèques municipales de la Ville de Paris: Mouffetard (Ve), Faidherbe (XIe) et Edmond-Rostant (XVIIe) commençaient à ouvrir chaque jeudi jusqu’à 22 heures.

Alors signe de l’austérité des temps ou bien souci écologique ? En tout cas ça semble être le début de la fin des nocturnes pour ces  trois  établissements, car la Mairie de Paris vient de décider que les jeudi 7 et 14 mars, le temps des vacances scolaires, ce sera rideau dès 19 heures.

Même si faire marcher chauffage et électricité jusqu’à 22 heures n’est pas très bon pour la Planète, il faut  chercher plutôt du côté des restrictions de personnel pour expliquer ce choix car c’est très officiellement que la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris a déclaré que « les nocturnes des bibliothèques sont supprimées durant tous les congés scolaires ».

Cette mesure, à effet immédiat, s’appliquera aussi cet été ainsi qu’aux prochaines vacances de la Toussaint en octobre.

 

                                     Nocturne

Bien qu’aucune évaluation n’ai jamais été faite sur l’utilité d’ouvrir ces bibliothèques jusqu’à 22 heures, c’est pourtant une vache sacrée qui vient de tomber à la Mairie de Paris.

Cette mesure qui a traversé les mandatures Chirac, Tibéri puis Delanoë était particulièrement appréciée de l’ancien adjoint à la Culture, Christophe Girard. Tellement appréciée d’ailleurs, qu’un projet d’harmonisation des horaires de toutes les bibliothèques parisiennes avait été retiré en catastrophe il à quelques années, le dit-projet ayant pour conséquence la fin des nocturnes. Une perspective effrayante aux yeux du créateur de « Nuit blanche ». 

En tout cas, la Mairie de Paris semble ne plus avoir le choix : Les contraintes budgétaires ne lui permettant plus de faire fonctionner correctement le réseau des bibliothèques municipales parisiennes (un des plus importants au monde, il est vrai), c’est désormais sur les diminutions d’horaires d’ouverture au public que se trouve, semble t-il, la solution.

Depuis plusieurs semaines, les bibliothèques Europe (VIIIe), Brochant (XVIIIe), Clignancourt (XVIIIe) ou Duras (XXe)  réduisent la voilure (lire ici). Pour d’autres, c’est  désormais l’extinction des feux !  

 

                                         tapage-nocturne-affiche 213873 12939

                                                    " Allez, maintenant extinction des feux "

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:49

 

Libération : Le 28 février 2013

Les maîtres nageurs de la capitale ont voté la fin de leur mouvement. Retour sur dix mois de conflit

Serait-ce la fin des désillusions matinales pour les nageurs parisiens ? Pendant dix mois, les amateurs de plongeons au réveil ont régulièrement trouvé scotchée sur la porte de leur piscine de quartier une note les informant qu'elle est «fermée pour cause de grève», sans plus d'explication.

Au plus fort de la contestation, le 14 février, les 38 piscines municipales de la capitale étaient fermées pour la journée entière. Après des semaines de tractations, les 300 maîtres nageurs de la capitale semblent avoir obtenu gain de cause auprès de la mairie de Paris, et ont voté jeudi matin, à la quasi unanimité, la fin de leur mouvement.

Lancé conjointement avant l’été par les syndicats CGT et FO, ce débrayage visant au départ uniquement les créneaux du matin avait pris de l’ampleur à l’automne en s’étendant aux plages horaires dédiées aux scolaires, privant les écoliers de cours de natation depuis plusieurs semaines.  

Alors que l’agacement des usagers avait atteint son paroxysme (pétitions de nageurs, création de collectifs de parents) et après une cinquantaine de réunions infructueuses, les syndicats et la mairie de Paris sont donc finalement arrivés à s'entendre. Retour sur dix mois de conflit.

 

                                                 Dix mois de conflit dans les piscines parisiennes

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                                         " A force d'attendre depuis tout ce temps, j'ai attrapé une crampe ! "

 

Les causes du mouvement  A l’origine de la fronde des «mait’ nages», un rapport de la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France de 2011 pointant le «système discutable» des cours de natation individuels dispensés par les maîtres nageurs sauveteurs (MNS) pendant leurs heures de surveillance des bassins. Soit l’exercice d’une activité privée sur le temps de travail rémunéré par la municipalité.

Or, ce système dit «des tickets» a depuis toujours compensé le faible régime indemnitaire des maîtres nageurs, agents de catégorie B. D’ailleurs, l’argent généré par ces cours (aquagym, session pour les seniors, etc.) revient à la mairie de Paris, qui d’après la CGT, n’en reverse que 60% aux MNS via un circuit administratif complexe. La suppression envisagée des tickets en faveur d’un système de rémunération plus transparent a mis le feu aux poudres, les maîtres nageurs étant persuadés d’y perdre au change.

Dans le même temps, les rumeurs d’application à la rentrée 2013-2014 d’une circulaire de Luc Chatel datant de 2011 autorisant des bénévoles à surveiller les bassins pendant les sorties scolaires a renforcé les inquiétudes des MNS sur la précarisation de leur statut.    

 

                                     A la recherche d'un système de rémunération plus transparent 

                mark spitz 1972 09 08

                                                " C'est vrai que le  circuit administratif est complexe."

 

Que voulaient les maîtres nageurs ?  Pendant de longs mois, les deux parties ont peiné à se comprendre : «On a eu du mal à identifier leurs demandes», concède un cadre en charge du dossier à la mairie de Paris. Au final, deux revendications ont dominé les négociations. La première était salariale : les maîtres nageurs acceptaient le principe d'une réforme du système des tickets mais refusaient de voir leur salaire baisser. Ils demandaient donc des garanties à la mairie de Paris sur leur nouveau système indemnitaire. Ils voulaient aussi être rassurés sur leur statut à long terme, craignant qu’une approche budgétaire de la «filière aquatique» ait pour but de les remplacer progressivement par des bénévoles ou des précaires (parents d’élèves, étudiants).

La seconde revendication était plus explosive. Les maîtres nageurs réclamaient la totalité des heures de cours de natation dispensés aux écoliers du primaire, qu’ils partagent pour le moment à 50-50 avec les Professeurs de la ville de Paris (PVP).

En 2002, les maîtres nageurs avaient arraché au bout d’un autre conflit marathon de quatorze mois la parité de l’encadrement des cours, jusque-là assurés à 80% par les PVP. Mais pour ces derniers, hors de question de revenir sur l'accord de 2002 : «On a le soutien sans faille des parents d’élèves là-dessus, ainsi que celui de la mairie», assurait Bernard Suisse, représentant du Snadem, le syndicat des PVP, en début de semaine.

 

                                      En 2002, il y eu aussi un conflit marathon de quatorze mois

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                                                  "  Refaire le marathon ? Hors de question ! "

 

« La natation n’est pas leur coeur de métier, contrairement aux maîtres nageurs, répliquait Ida Cohen, secrétaire générale de la CGT Cadres, qui représente les maîtres nageurs. Que les PVP restent dans leurs gymnases ! »

Réponse des PVP : «L’éducation physique est un tout et la natation en fait partie intégrante, on ne peut pas découper les enseignements ainsi.»

Selon plusieurs parents, à la piscine Jean Taris, dans le Ve arrondissement, considérée comme l’épicentre du mouvement, les PVP et les maîtres nageurs n’étaient pas loin d’en venir aux mains devant les écoliers à maintes reprises.

Au début du conflit, Jean Vuillermoz, adjoint au maire (PCF) chargé des sports s’était même indigné au Parisien de cette guerre fratricide entre fonctionnaires : «C’est la première fois que je vois une catégorie de personnel vouloir récupérer le travail d’une autre.» Ambiance. Force Ouvrière s’était d’ailleurs mis progressivement en retrait sur cette revendication, principalement portée par la CGT.

 

                                          Dix mois de grève dans les piscines parisiennes

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                                                                  " Un très très très long métrage "

 

 

Des usagers à bout de patience  Traînant des pieds pour jouer les arbitres entre MNS et PVP, fustigée pour sa lenteur et sa communication opaque, la mairie a cristallisé le ras-le-bol des usagers.

«On ne soutient pas mais on n’accable pas les maîtres nageurs, résume Emmanuel, fondateur de l’association Nageurs citoyens, créée début février à l’occasion d’une énième session piscine annulée au dernier moment. Ce qu’on veut, c’est que les élus règlent ce conflit une bonne fois pour toute, et surtout que la mairie de Paris nous informe sur les grèves.»

De leur côté, les grévistes, qui avaient aussi créé leur blog début février pour tenter de mettre les nageurs derrière eux, ne montraient aucun signe d’épuisement. «Ils font grève une heure par jour et à tour de rôle, car il suffit qu’un maître nageur sur quatre se mette en grève pour fermer tout un bassin, se désole un parent. La grève ne leur coûte quasiment rien et leur pouvoir de nuisance est énorme, ils n’abandonneront pas comme ça.»

 

                                                          Après dix mois, le conflit risquait la noyade

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                                                                    " Au secours, aidez moi ! "

 

Une sortie de crise en vue ?  Mardi matin, les représentants CGT des maîtres nageurs étaient sortis plutôt satisfaits de leur réunion avec la direction des ressources humaines de la mairie de Paris. «La donne a changé», se félicitait David Rigaudie (CGT).

«La mairie a décidé de remettre toute la filière aquatique dans le droit chemin, en leur donnant de vraies garanties, assure-t-on du côté du cabinet du maire. La Ville s’est engagée à ne pas prendre de bénévoles ni d’agents de catégorie C dans les piscines et à garder les maîtres nageurs. Le nouveau régime indemnitaire sécurisera leur position et assurera un revenu équivalent à l’ancien système, et sera même plus favorable pour la moitié des MNS.»                                              

Quid du litige avec les PVP ?   «On ne revient pas sur le protocole de 2002. Mais on va profiter de la réforme des rythmes scolaires pour augmenter le volume de cours de natation dans le périscolaire, cours que les MNS assureront. De manière générale, on va renforcer l’offre aquatique pour les enfants, notamment pour les CM2. Il y aura un effort budgétaire à cette occasion, en plus des fonds dégagés par la réforme des rythmes.»

Ce dernier compromis a convaincu les maîtres nageurs, qui ont voté la fin de la grève à une écrasante majorité jeudi matin lors d’une assemblée générale à la bourse du travail. La signature de l’accord avec la mairie de Paris devrait se faire dans la journée, et les parisiens matinaux pourront en principe retrouver leurs bassins dès demain matin.

Un bémol cependant, une partie des promesses faites aux maîtres nageurs dépend de façon cruciale de la très laborieuse réforme des rythmes scolaires. Avec le risque de reporter la crise de quelques mois.

Lire l’article de « Libération »

 

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                                                       " Bon, pour les piscines c'est fait ! "              

 

 

Lire sur

JDD : Fin des vagues dans les piscines parisiennes?

Le Parisien : Piscines perturbées après dix mois de conflit !

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:17

 

ActuaLitté : Le 2 mars 2013

 

Une conséquence des aménagements des nouveaux rythmes scolaires.

 

Avec la mise en place de la réforme des rythmes scolaires au primaire, de nombreuses plages horaires vont devoir être remplies d'activités à visée éducative. La Ville de Paris aurait dans l'idée de pousser des bibliothécaires à venir dans les écoles faire la lecture aux élèves en fin d'après-midi, selon la CGT Culture.

 

Malgré le sous-effectif actuel des bibliothèques parisiennes, avec certains établissements qui sont forcés déjà de réduire leurs horaires d'ouverture, les bibliothécaires de la Capitale feraient bien partie du projet accompagnant la réforme des rythmes scolaires.

 

Ces personnels interviendraient après 15h30 dans les écoles. (C'est toutefois loin d'être fait. C'est plutôt, semble t-il, un ballon d'essai lancé par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, NdR)

 

Lire l'article de "ActuaLitté"


 

 

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                                              " Pffff, ces écoliers, qu'est ce qu'ils sont collants ! "

 

 

 

Lire aussi

Extinction des feux dans les bibliothèques parisiennes

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:58

 

La Croix : Le 22 février 2013

 

Tout ce que vous avez voulu savoir sur le jour de carence sans oser le demander !

   

La ministre de la fonction publique Marylise Lebranchu a annoncé, mercredi 20 février, la suppression de jour de carence non payé en cas d’arrêt maladie des fonctionnaires.

 

Comment fonctionne le jour de carence dans le privé ?  Tout salarié en arrêt maladie cesse de percevoir son salaire. À la place, il reçoit une indemnité journalière mais il peut lui être appliqué un « délai de carence » pendant lequel la Sécurité sociale ne paie rien. Dans le privé, il existe ainsi trois jours de carence. 

 

Ensuite, le salarié en arrêt maladie perçoit de la Sécurité sociale 50 % de son salaire journalier de base (environ 91 % du salaire des trois derniers mois), dans la limite de 41,38 € bruts, un montant majoré s’il a plus de trois enfants, à quoi s’ajoutent éventuellement des versements complémentaires de son employeur. 

 

Et dans le public ?  Dans le public, aucun délai de carence n’était appliqué jusqu’en 2012, date où le précédent gouvernement a créé un jour de carence. À l’issue de ce jour, l’agent en arrêt maladie reçoit de son employeur (État, hôpital, collectivités territoriales) l’intégralité de son traitement pendant trois mois, plus la moitié de son traitement les neuf mois suivants. Dans le privé comme dans le public, les jours de carence ne sont pas appliqués en cas de maladie professionnelle ou de maladie de longue durée.

 

« Avec notre confédération, qui représente aussi les intérêts du privé, nous étions d’accord pour demander la fin du jour de carence pour les fonctionnaires, explique Brigitte Jumel, secrétaire générale de la CFDT fonction publique, car il s’agit d’un faux rétablissement de l’égalité entre public et privé. En effet, dans le privé, environ 75 % des salariés sont couverts par un accord collectif qui prévoit que l’employeur prend à sa charge le jour de carence. » 


 

                                           Fonctionnaires: Le Gouvernement cherche une idée

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                                           "  Maryse, faut vraiment qu'on lâche quelque chose "

 

 

L’absentéisme des fonctionnaires est-il vraiment plus important que dans le privé ?  Jusqu’ici, les chiffres connus faisaient apparaître un absentéisme nettement plus fort dans le public que dans le privé, mais très peu d’études faisaient des comparaisons selon les mêmes critères.

 

Ainsi, selon une étude de Dexia Sofcap publiée en 2011, les collectivités locales ont compté en moyenne 22,6 jours d’absence pour raison de santé par agent et par an et le secteur hospitalier 24,1 jours. Selon une autre étude, réalisée par Alma Consulting Group, en 2011, les entreprises enregistraient en moyenne 14 jours d’absence par an et par salarié.

 

Mais une toute récente étude publiée par la Dares, le service statistique du ministère du travail, éclaire le problème d’un jour nouveau. Selon cette étude, entre 2003 et 2011, 3,9 % des fonctionnaires en moyenne ont été arrêtés pour maladie ou pour garder un enfant malade. Ce taux est de 3,7 % pour les salariés du privé en CDI depuis plus d’un an, mais il descend à 2,6 % pour les salariés à statut précaire. 

 

Ce sont donc la précarité de l’emploi et les conditions de travail, plus que le statut public ou privé de l’emploi, qui joueraient sur l’absentéisme.

  


                   L’absentéisme des fonctionnaires est-il vraiment plus important que dans le privé ?

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                                                                              " Y a même pas ça d'écart ! '

 

 

Quel a été l’effet de ce jour de carence ?  Dans un entretien aux Échos, la ministre de la fonction publique Marylise Lebranchu a estimé que « les effets sur l’absentéisme ne sont pas démontrés », affirmant qu’entre 2011 et 2012, la proportion d’agents ayant pris des arrêts courts est passée de 1,2 % à 1 % dans la fonction publique d’État, de 0,8 % à 0,7 % dans les hôpitaux et est restée stable à 1,1 % dans les collectivités locales. 

 

De plus, ajoute Brigitte Jumel, « il n’y a pas eu d’évaluation pour savoir si ce jour de carence n’a pas au final abouti à une augmentation des arrêts de deux jours et plus ». 

 

Budgétairement, la mesure n’aurait permis d’économiser « que » 60 millions d’euros à l’État, soit 0,1 % de la masse salariale. Une somme qui aurait été amputée si l’employeur public avait dû financer des mutuelles pour prendre en charge le jour de carence, comme cela se fait dans le privé, précise la ministre. 

 

La Fédération hospitalière de France, elle, a affirmé dans Les Échos avoir économisé entre 65 et 75 millions d’euros avec cette mesure. Surtout, elle affirme que celle-ci a permis de réduire de 7 % l’absentéisme, selon une étude menée dans 10 CHU et 9 centres hospitaliers.

                                       

                                             

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                                            " Y aurait pas une embrouille avec tout ces chiffres ? "

 

   

Qu’a annoncé exactement le gouvernement ?  Mercredi soir, Marylise Lebranchu a confirmé, comme espéré par les organisations syndicales, que le gouvernement abrogerait la journée de carence via « une disposition législative qui sera proposée dans le prochain projet de loi de finances présenté au Parlement ». Autrement dit, cette mesure ne se traduira qu’en 2014. 

 

Par ailleurs, elle a annoncé « un renforcement du contrôle des arrêts maladie dans la fonction publique qui seront désormais contrôlés dans les mêmes conditions que ceux des salariés du privé ». 

 

Pourquoi cette suppression fait polémique ?  Jugée « injuste, clientéliste et coûteuse » par l’ancienne ministre du budget Valérie Pécresse, qui chiffre son coût à 200 millions d’euros, cette abrogation est « une faute » pour son ancien collègue à l’économie François Baroin.

 

Pour Gilles Carrez, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, ce jour de délai de carence « était une mesure de justice et de convergence entre la fonction publique et les employés du secteur privé » et « son abrogation est donc un très mauvais signal ». 

 

« Deux jours à peine après son renoncement sur l’objectif des 3 %, le gouvernement Ayrault relance déjà la machine à déficits !, s’est quant à lui indigné Bernard Accoyer, ancien président de l’Assemblée nationale. Cette annonce met un peu plus à mal la crédibilité de la France auprès de nos partenaires européens et des investisseurs internationaux. ». 


 

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               " Si on les écoute, c'est cinq jours de carence qu'ils vont bientôt nous coller ! "


 

Comment ont réagi les syndicats ?  Ils demandaient tous l’abrogation de ce jour de carence, donc ils saluent cette décision. Mais ils pensent aussi que « ça ne saurait exonérer le gouvernement de prendre des mesures, par exemple des mesures générales sur les salaires pour l’année 2013 », résume Jean-Marc Canon, le patron de la CGT fonction publique, majoritaire.

 

Les syndicats devaient se retrouver jeudi 21 février pour envisager des suites à l’action du 31 janvier, qui a mobilisé moins d’un fonctionnaire sur dix. 

 

Dans quel contexte intervient cette décision ?  Le 7 février, Marylise Lebranchu a dû confirmer qu’il n’y aurait pas en 2013 d’augmentation du point d’indice, gelé, de façon inédite, depuis 2010. Une augmentation d’un point coûte en effet 1,8 milliard d’euros par an. Or cette augmentation, qui sert de base au calcul du traitement des 5,2 millions de fonctionnaires, est la revendication principale des syndicats. 

   

« Il fallait bien que le gouvernement lâche quelque chose, analyse Luc Rouban, directeur de recherches au CNRS. Entre le problème des salaires, les suppressions de poste un peu partout, la dégradation des conditions de travail et la réforme du rythme scolaire, l’atmosphère est un peu explosive dans la fonction publique en ce moment. » 

 

Lire l’article de « La Croix »

 


                         Intersyndicale

                    " En même temps il fallait bien que le Gouvernement lâche quelque chose "

 


 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Revue de presse
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