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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 15:23

 

A tel point qu'il censure même les bibliothécaires parisiens qui relayent le communiqué de l'ABF. Une faute politique dénoncée par la CGT puis par la CFDT

 

La Ville de Paris n'avait sûrement pas prévu ça, mais en démarrant il y a quelques jours avec force trompettes, sa bibliothèque numérique basée sur l’offre de PNB  (prêt numérique en bibliothèque) elle a relancé un débat sur la pertinence de ce dispositif dans les établissements de lecture publique. De quoi rendre fou Bruno Julliard qui voit les critiques s’accumuler contre son bébé.

 

Le débat existait pourtant depuis plus d'un an, au moment où la ministre de la culture, Fleur Pèlerin, annonçait avec enthousiasme un accord sur l'avenir du livre numérique et des service publics culturels. Un enthousiasme vite douché par le site spécialisé dans l'univers du livre, ActuaLitté et le collectif SavoirCom1, composé d'universitaires, de bibliothécaires et de juristes en droit d’auteur, lesquels avaient dénoncé un modèle économique hors de prix pour les bibliothèques (lire ici). Une alerte qui n'a apparemment pas atteint les décideurs politiques, en principe soucieux des deniers publics, notamment à la Ville de Paris qui a décidé coûte que coûte de mettre en place ce projet alors qu'il n’existe « aucune évaluation qualitative de ce modèle » selon les termes de l'association des bibliothécaires de France (ABF).

 

Oui, mais voilà tout ce qui se passe dans la capitale fait immédiatement caisse de résonance. C'est d’abord, la CGT culture, qui s'est émue de l’indigence tant du système que du modèle limitant le nombre de prêt pour chaque livre numérique à 30 emprunts, au terme desquels la bibliothèque devra racheter l'ouvrage.

 

Et le syndicat d’expliquer : « Le livre numérique (ou ebook) coûte cher. Systématiquement plus cher qu’un livre traditionnel (en papier quoi) en ce qui concerne le tarif appliqué aux bibliothèques. Très cher même, car le modèle en vigueur est celui d’une cession de licence, à la fois limitée dans le temps (six ans, pour Paris) et plafonnée au nombre d’emprunt. Avec le PNB (prêt numérique en bibliothèque) c’est fromage et dessert. Des livres électroniques qui contrairement aux bons vieux livres en papier ne sont jamais vraiment acquis. Sauf à les racheter éternellement. Si la mairie de Paris veut mettre en place une bibliothèque numérique, pourquoi pas ! Mais il faut alors un autre rapport de force avec les éditeurs et un droit de prêt numérique similaire au droit de prêt papier sans contrainte de durée ni de nombre de prêts », commente la CGT Culture (lire ici). 

 

De son côté Savoir Com1, encore lui, a décidé de se saisir du lancement parisien pour dénoncer ce système absurde et mettre la ville de Paris face à ses contradictions en appelant à  télécharger jusqu'à épuisement des stocks tout les fichiers disponibles à travers une campagne sur Twitter avec le hashtag la #chasseauxjetons. « N’hésitez pas à l’utiliser et à la tester, elle va probablement être rapidement inutilisable avec le merveilleux système de jetons que PNB propose. Comme les bibliothèques sont facturées au nombre d’emprunts de livre numérique et qu’elles ont des budgets limités, plus le public consulte les fichiers de PNB et moins la bibliothèque peut les proposer! Plus on fait notre métier de médiateurs sur ces contenus et moins on a de livres numériques à recommander, n’est-ce pas formidable ? Allez n’hésitez pas à télécharger des livres et le dire sur twitter, la #chasseauxjetons est lancée! » ont déclaré les membres du collectif dans un communiqué. Savoircom1 a par ailleurs développé sa position dans une tribune très argumentée publiée sur Rue 89 (lire ici).

 

Contacté par Rue89 justement, le cabinet de Bruno Julliard, premier adjoint chargé de la Culture à la mairie de Paris, qui « regrette la campagne lancée par SavoirsCom1 » se défend comme il peut « Certes, le nombre de prêts est limité, ainsi que sa durée. Mais c’est parce qu’il a fallu mettre en confiance les éditeurs, secoués par le changement de leur modèle d’affaires » précise l'élu. Et d'annoncer, incantatoire, que « l’idée est bien d’obtenir des conditions plus avantageuses ».

 

 

                             Prêt numérique : Bruno Julliard, incantatoire, s'adresse aux éditeurs

Les critiques contre les conditions du Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB) rendent fou Bruno Julliard

                         - Allez, soyez sympas quoi, accordez-moi des conditions plus avantageuses

 

 

C'est alors que l'ABF, l'association des bibliothécaires de France s'est, à son tour, invitée dans le débat à travers un communiqué des plus cinglants. L'ABF s'inquiète ainsi du manque de transparence autour du PNB : « il n'y a pour l'heure aucune évaluation qualitative de ce service »

 

L'association pointe également « le risque de fracture territoriale » qui pourrait advenir entre les grandes collectivités qui bénéficient de ressources financières suffisantes et les petites et moyennes bibliothèques qui sont dans l'impossibilité d'accéder à un service onéreux. « Nous déplorons le fait que PNB crée une inégalité d'accès à la lecture pour les usagers sur l'ensemble du territoire français » souligne l'ABF. D'ailleurs dans un entretien accordé à Archimag, Lionel Dujol, secrétaire adjoint chargé du  numérique à l'ABF, précisait que « le coût unitaire d’un prêt de livre numérique par rapport à un livre papier est jusqu’à quatre fois plus élevé ! ».

 

Pour l'Association des Bibliothécaires de France,la critique ne s'arrête pas là puisque avec les mesures techniques de protection insérées dans le système PNB : « beaucoup d'usagers ne seront pas en mesure d'accéder à ce service qui nécessite un certain niveau d'aisance avec l'ordinateur ». et L'ABF de demander au ministère de la Culture de « diligenter une véritable étude indépendante qui puisse faire le point de cette année d'évaluation » (lire ici). 

 

Une évaluation qui visiblement ne sera surtout pas faite par la mairie de Paris. Il est vrai que l’équipe qui entoure Anne Hidalgo n'aime pas beaucoup la critique. Les premières victimes ont été les bibliothécaires de la capitale qui ont eu l'audace de relayer le communiqué de l'ABF sur les comptes twitter officiels de leur bibliothèque respective. Une initiative qui n'a pas vraiment été du goût du cabinet de Bruno Julliard qui par le biais de son bureau des bibliothèques (BBL) a appelé les établissements concernés à retirer leurs tweets comme l'a révélé la CGT culture (lire ici).

 

« Nous avons été sommés de retirer ces tweets qui ne représentent à nos yeux qu'un droit à l'information pensons-nous; le droit à l'information, c'est aussi le droit à l'information contradictoire pour que chacun, chacune se fasse une idée » ont ainsi affirmés de nombreux bibliothécaires parisiens qui n'ont pourtant fait que travail de veille documentaire dans cette histoire. D'ailleurs quelques jours après, c'est au tour de la CFDT de dénoncer la censure municipale (lire ici). Comme quoi Bruno Julliard a peut être bien commis ce que l'on appelle une faute politique. Et comme le résume si bien la CGT « La mise en place de la bibliothèque numérique à la ville de Paris semble rendre fous ses zélateurs ».

 

 

          Prêt numérique: Bruno Julliard tente de mettre au pas les bibliothécaires parisiens

Les critiques contre les conditions du Prêt Numérique en Bibliothèque (PNB) rendent fou Bruno Julliard

                   - Pour la formation - comment être autoritaire - , suivez-moi, c'est par là !

                        - Y aura aussi un module " comment faire une faute politique" ?

                          

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 16:47

 

Livres-Hebdo : le 16 octobre 2015

 

L’Association des bibliothécaires de France s’inquiète du manque de clarté concernant ce dispositif, adopté par une vingtaine de villes en France, dont tout récemment Paris, et demande au ministère de la Culture et de la Communication une étude quantitative et qualitative.

 

Dans un communiqué publié vendredi 16 octobre, l’Association des bibliothécaires de France (ABF) s’inquiète du manque de transparence concernant le dispositif Prêt numérique en Bibliothèque (PNB).

 

Mis en œuvre en 2014 avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, PNB est aujourd’hui en service dans une vingtaine de réseaux de bibliothèques publiques en France. Mais, relève l’ABF « excepté quelques retours chiffrés, il n’y a pour l’heure aucune évaluation qualitative de ce service. Ce qui devait être au départ un test réalisé à huis clos avec quelques bibliothèques participantes est devenu une véritable offre pour les bibliothèques. […] De fait, PNB est devenu le seul système en matière de livres numériques recommandé par le ministère de la Culture et de la Communication. Ce choix de la part du MCC entre en contradiction avec les Accords interprofessionnels du 8 décembre 2014 signé lors des Assises des bibliothèques qui appelait à une diversité des modèles […] ».

 

L’ABF estime que cette situation risque de provoquer des inégalités sur le territoire pour les petites bibliothèques qui n’auraient pas les moyens financiers de souscrire à l’offre PNB. Elle invite le ministère de la Culture à mener « une véritable étude indépendante qui puisse faire le point de cette année d’évaluation ».

 

Le 13 octobre, à l'occasion de l'adoption du dispositif PNB par la Ville de Paris, le collectif de bibliothécaires SavoirsCom1 a publié un billet dans lequel il critique le système de « jetons » qui autorise un nombre limité de prêts pour chaque livre numérique (6 par titre à Paris).

 

Lire l'article de Livre Hebdo

 

 

 

                              Prêt numérique : l'ABF dénonce un manque de transparence

L’ABF réclame une évaluation de Prêt numérique en bibliothèque
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 16:22

 

Archimag : le 16 octobre 2015

 

L'Association des Bibliothécaires de France critique un dispositif accusé de provoquer « un risque de fracture territoriale » et demande « plus de transparence sur le PNB »

 

Un an près son lancement, le dispositif de Prêt Numérique en Bibliothèque  (PNB) ne convainc toujours pas les bibliothécaires. Déjà critiqué par plusieurs collectifs (Réseau Carrel, Savoirs Com1...), c'est aujourd'hui l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) qui joint sa voix au concert de critiques. Dans un courrier adressé au ministère de la Culture, l'ABF s'inquiète du manque de transparence autour du PNB : « il n'y a pour l'heure aucune évaluation qualitative de ce service.  De fait, PNB est devenu le seul système en matière de livres numériques recommandé par le Ministère de la Culture et de la Communication ».

 

L'association pointe en particulier « le risque de fracture territoriale » qui pourrait advenir entre les grandes collectivités qui bénéficient de ressources financières suffisantes et les petites et moyennes bibliothèques qui sont dans l'impossibilité d'accéder à un service onéreux. « Nous déplorons le fait que PNB crée une inégalité d'accès à la lecture pour les usagers sur l'ensemble du territoire français » souligne l'ABF. Dans un entretien qu'il avait accordé à Archimag au mois de mars dernier, Lionel Dujol, secrétaire adjoint chargé du  numérique à l'ABF, précisait que « le coût unitaire d’un prêt de livre numérique par rapport à un livre papier est jusqu’à quatre fois plus élevé ! ».

 

L'Association des Bibliothécaires de France critique également les mesures techniques de protection insérées dans le système PNB : « beaucoup d'usagers ne seront pas en mesure d'accéder à ce service qui nécessite un certain niveau d'aisance avec l'ordinateur ». L'ABF demande au ministère de la Culture de « diligenter une véritable étude indépendante qui puisse faire le point de cette année d'évaluation ». 

 

Du côté de la rue de Valois, Fleur Pellerin déclarait au mois de décembre dernier suivre activement le projet PNB : « le cadre contractuel peut offrir une voie intéressante si tous les acteurs du livre y participent. Je suis confiante ». Une confiance qui n'est manifestement pas partagée par les bibliothécaires.

 

Lire l'article de Archimag

 

 

 

                               PNB : l'ABF pointe un risque de fracture territoriale

Pour les bibliothécaires, le Prêt numérique (PNB) doit être revu et corrigé
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 19:14

 

ActuaLitté : le 13 octobre 2015

 

A peine ouverte, la bibliothèque numérique de Paris bientôt fermée ?

 

Ce 13 octobre, la Ville de Paris vient de lancer sa bibliothèque numérique, basée sur l’offre de PNB (prêt numérique en bibliothèque). L’objet est simple : emprunter en ligne jusqu’à trois ouvrages chaque mois, pour charger son appareil de lecture favori. Le tout est lancé avec un catalogue de 1200 titres classiques et « des milliers de livres, des nouveautés, des essais, des romans, récemment parus », assure la Ville. Dans les faits...

 

Dans les faits, la réalité est légèrement différente : on parle en effet de 2250 ouvrages – soit 1000 titres contemporains, et le reste émanant du domaine public. Autrement dit, des livres que l’on peut trouver partout ailleurs, gratuitement et légalement, parce qu’entrés dans le domaine public. 

 

Le lancement, opéré sans trop de promotions, va pourtant se heurter à un petit souci. D’abord, la CGT culture, qui s’émeut de l’indigence tant du système que du modèle. Rappelons que si c’est avec PNB que la bibliothèque numérique est lancée, cela limite le nombre de prêts pour l’établissement à 30 emprunts, au terme desquels il faudra que la bibliothèque rachète les ouvrages.

 

Et le syndicat d’expliquer : « Car le livre numérique (ou ebook) coûte cher. Systématiquement plus cher qu’un livre traditionnel (en papier quoi) en ce qui concerne le tarif appliqué aux bibliothèques. Très cher même, car le modèle en vigueur est celui d’une cession de licences, à la fois limitées dans le temps (six ans, pour Paris) et plafonnées au nombre d’emprunt. Avec le PNB (prêt numérique en bibliothèque) c’est fromage et dessert. Des livres électroniques qui contrairement aux bons vieux livres en papier ne sont jamais vraiment acquis. Sauf à les racheter éternellement. Si la mairie de Paris veut mettre en place une bibliothèque numérique, pourquoi pas ! Mais il faut alors un autre rapport de force avec les éditeurs et un droit de prêt numérique similaire au droit de prêt papier sans contrainte de durée ni de nombre de prêts », commente la CGT Culture (lire ici). 

 

 

                                                   Prêt numérique: la ville de Paris laisse les clefs aux éditeurs

Le collectif SavoirCom1 conteste les conditions de la mise en place du prêt numérique en bibliothèque

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appelons également aux possesseurs de Kindle qu’ils pourront attendre les prochaines Calendes grecques : aucun fichier n’est proposé en KINDLE, le format propriétaire de la firme américaine. Il en va de même pour les possesseurs d’iPad de première génération : aucun support de la machine d’Apple. En soi, ne pas cautionner les écosystèmes propriétaires n’est pas un mal – on pourrait même parler de geste citoyen, voire, osons les gros mots, politique. Dans les faits... c’est plus discutable. 

 

Mais le problème ne vient pas que de là : le collectif SavoirCom1 a décidé de mettre son bit de sel dans cette belle machinerie. « Comme les bibliothèques sont facturées au nombre d’emprunt de livres numériques et qu’elles ont des budgets limités, plus le public consulte les fichiers de PNB et moins la bibliothèque peut les proposer… », expliquent-ils. Et d’ajouter : « Autrement dit, plus on fait notre métier de médiateurs sur ces contenus et moins on a de livres numériques à recommander, n’est-ce pas une formidable manière de construire des politiques publiques culturelles ? »

 

Il est ainsi proposé à tout un chacun de se lancer dans le téléchargement des livres numériques disponibles.  « PNB en deux mots c’est une offre de livre numériques chronodégradables pour les bibliothèques, les usagers accèdent à des livres sous droits avec des DRM mission impossible : le livre s’autodétruit au bout d’une durée de prêt. Et c’est pire que ça, puisque les bibliothèques n’achètent jamais le fichier, mais uniquement un droit temporaire d’accès par titre qui expire au bout d’un certain temps. Question enclosures, on fait difficilement pire ! Allez n’hésitez pas à télécharger des livres et à le dire sur twitter la #chasseauxjetons est lancée ! » [NdR : Par jeton, on entend le nombre de prêts accordés par un éditeur à qui un établissement a acheté une licence d'utilisation.] Et de faire référence à une étude que ActuaLitté avait copubliée, en décembre 2014, avec le collectif, démontrant toute la fragilité de cette structure économique. Car, dans son ensemble, PNB, pour les bibliothèques, représente « un coût prohibitif », expliquait-on.

 

L’investissement en argent public, pour un pareil déploiement, ne saurait avoir été mal conçu. Sauf que l'on ignore quel est le budget consacré par la ville au fameux achat de jetons, qui équivalent à un prêt, personne ne sait quand la campagne de SavoirsCom1 s’achèvera. Ni même si elle n’est pas déjà finie. 

 

Lire l'article de « ActuaLitté »

 

 

 

            Avec des DRM, le livre s’autodétruit au bout d’une durée de prêt.

Le collectif SavoirCom1 conteste les conditions de la mise en place du prêt numérique en bibliothèque
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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 17:35

 

Livre Hebdo : le 13 octobre 2015

 

Un système de prêt qui ne fait toujours pas l’unanimité dans la profession

 

A partir du 13 octobre, les quelque 300 000 usagers inscrits dans les bibliothèques municipales parisiennes auront accès gratuitement à 2250 livres électroniques, dont 1000 sous droit et 1250 libres de droit. La Ville de Paris vient en effet de rejoindre le dispositif Prêt numérique en bibliothèque. Cette initiative s’inscrit dans la politique de développement de l’offre numérique entamée avec la mise en place du prêt de 1200 liseuses dans le réseau de lecture publique de la capitale à partir de 2014.

 

« L’émergence du livre numérique présente des perspectives de développement particulièrement intéressantes pour le réseau de bibliothèques de la Ville de Paris, confie à Livres Hebdo Bruno Julliard, adjoint au maire chargé de la culture. Notre ambition est de développer une offre de lecture publique en ligne, complémentaire de l'offre physique, afin de répondre à l’évolution des pratiques culturelles des Parisiens, et d'attirer de nouveaux publics ». Dès janvier prochain, la plateforme devrait s’enrichir de 4000 livres électroniques supplémentaires. Les usagers peuvent emprunter deux ebooks simultanément pendant 3 semaines.

 

L’investissement pour l’abonnement à PNB et l’achat de liseuses se chiffre à un million d’euros. Un montant que la section culture de la CGT à Paris considère comme trop élevé. « Le modèle en vigueur est celui d'une cession de licences, à la fois limitées dans le temps, six ans pour Paris, et plafonnées dans le nombre d’emprunts. Avec le PNB, la ville n’aura le droit de prêter un livre numérique que 30 fois maximum. Après, il disparaîtra des bases de données », déplore le syndicat dans un message posté sur son blog lundi 12 octobre.

 

Inspiré du modèle québécois qui permet de garder dans le numérique la même chaîne commerciale que pour le livre imprimé, PNB, déjà adopté par une quinzaine de réseaux de bibliothèques en France, ne fait toujours pas l’unanimité dans la profession mais constitue, à ce jour, l’offre de livres numériques pour les bibliothèques la plus importante en nombre de références.

 

Lire l'article de « Livre Hebdo »

 

 

                      PNB:  Après 30 emprunts il disparaîtra des bases de données 

Les usagers des bibliothèques municipales de la capitale ont désormais accès à 2250 livres électroniques sous droit ou du domaine public.
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 13:34

 

Le Parisien : le 13 octobre 2015

 

Seul problème : Le modèle en vigueur est celui d'une cession de licences, limitée dans le temps et plafonnée au nombre d'emprunts.

 

Cela fera peut-être date dans la révolution numérique en cours. « Nous lançons mardi (NDLR : aujourd'hui) le service de prêt de livres numériques entièrement gratuit », nous annonce Bruno Julliard, premier adjoint (PS) chargé de la culture. Les 300 000 inscrits dans les 74 bibliothèques municipales recevront aujourd'hui un courriel les informant de la nouvelle. « C'est la première fois en France qu'un service de prêt d'ouvrages numériques est développé à cette échelle, sachant que 1 % seulement des bibliothèques publiques proposent le livre numérique », fait valoir Bruno Julliard.


Toute personne, inscrite dans une bibliothèque de la Ville est invitée à se connecter sur le site dédié*. Parmi 2 250 ebooks, chacun pourra emprunter, c'est-à-dire télécharger, « trois documents par mois dont deux simultanément », précise-t-on au cabinet de l'élu. Début 2016, cette bibliothèque numérique comptera 4 000 références supplémentaires, l'objectif étant d'arriver à 15 000 ebooks en 2018. Un budget de 1 M€ (ventilés de 2014 à 2018) est affecté au lancement du prêt numérique (lire ci-dessous). Ce service de prêt d'ebooks est mis en œuvre dans le cadre de la plateforme du Centre national du livre, qui permet aux municipalités d'acquérir la licence temporaire pour tel ou tel ouvrage auprès des éditeurs.

Seul problème, aux yeux de Bertrand Pieri, représentant CGT des bibliothèques de la Ville : « Le modèle en vigueur est celui d'une cession de licences, limitée dans le temps (six ans à Paris) et qui est plafonnée au nombre d'emprunts (30 à 40 prêts) ». Au-delà de 30 à 40 emprunteurs, le livre électronique doit donc être racheté à l'éditeur qui, de toute façon, réexpédie la facture à la municipalité tous les six ans. D'où la formule de la CGT : « Au bout de 30 ou 40 emprunts, votre document s'autodétruira ! » (
lire ici).

Tout en soulignant que « le taux de renouvellement des ouvrages papier est important », Bruno Julliard conclut : « Le livre numérique est une offre complémentaire dotée d'un budget spécifique. Il ne s'agit pas de diminuer la somme affectée à l'achat de livres classiques ».

 

Lire l’article du  Parisien

 

 

 

                   Prêt numérique : La mairie de Paris entravée par les éditeurs

Les bibliothèques parisiennes se mettent à l'heure du numérique
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 08:09

 

Après la médiathèque Françoise Sagan, c’est au tour de la bibliothèque Chaptal de voir ses collections de DVD disparaître. Un épisode qui remet une nouvelle fois en cause la technologie RFID

 

« Nous constatons à nouveau depuis quelques semaines des vols de DVD à la bibliothèque Chaptal. En effet, plusieurs boitiers de DVD ont été retrouvés vide en rayon, comme cela avait été le cas il y a quelques années  ». C’est par cette affichette qu'ont été cueillis les usagers de cette bibliothèque située dans le quartier de la Nouvelle Athènes dans le IXeme arrondissement de Paris. Des actes de malveillance qui coûtent cher à l’établissement. D’autant plus que les achats des DVD par les bibliothèques municipales ne correspondent pas au prix public des titres acquis, mais sont bien plus onéreux en raison du droit de prêt.

 

Avant l’été une autre bibliothèque parisienne avait, elle aussi, été victime d'une succession de vols dans ses rayons. « Nous déplorons de nombreux vols de DVD depuis l'ouverture de l’établissement » alertait alors la médiathèque Françoise Sagan située elle dans le quartier de la gare de l'Est (Xe). Il est vrai que le phénomène avait de quoi surprendre plus d’un observateur car l’établissement avait été inauguré à peine un mois auparavant. Evidemment les documents subtilisés n'ont pas été remplacés faute de budget. « Nous ne serons pas en mesure de les racheter » précise d'ailleurs la direction de la bibliothèque. Laquelle concluait dans une supplique aux usagers « soyez vigilants, aidez-nous à protéger vos collections » (lire ici).

 

Toutefois ces séries de vols n'ont pas vraiment surpris les spécialistes car les objets volés étaient équipés de puces RFID. Et si les DVD n’ont pas sonné aux portiques antivol c'est que les malfaiteurs connaissaient bien les failles de sécurité de cette technologie. Des failles pourtant connues de la Ville de Paris car dans un passé récent de nombreuses bibliothèques dont entre autres Robert Sabatier (XVIIIe), François Villon (Xe) ou Levi-Strauss (XIXe) avaient subi la même mésaventure que Françoise Sagan et Chaptal (lire ici).

 

« Effectivement, il existe un certain nombre de techniques qui permettent de contourner les protections RFID, qui sont apposées sur les boîtiers, mais aussi sur les CD et DVD que ces derniers contiennent » confirmait ainsi au site ActuaLitté,  Alexandre Walker, le directeur général de Bibliotheca, le prestataire technique choisi pour certains établissements par la Ville de Paris. « Une des solutions serait d’adjoindre à la sécurité RFID des boîtiers sécurisés, qui pourraient être déverrouillés sur l’automate de prêt, une fois l’enregistrement effectué », expliquait alors Alexandre Walker « mais cela génère bien entendu des coûts supplémentaires pour l’établissement, il faudra donc calculer le ratio entre le préjudice subi et le coût de cette sécurité » (lire ici).

 

Il existe toutefois une solution qui ne coûte rien et, de plus, techniquement très facile à mettre en place : le prêt indirect. L’usager choisit les documents disponibles en rayon, des documents qui ne sont autres que des boitiers vides, et va ensuite demander le DVD (ou le CD) directement auprès du bibliothécaire. La solution semble avoir déjà les faveurs de la bibliothèque Chaptal qui envisage « de bloquer l’accès direct à (ses) collections » comme on peut le lire sur l'affichette.

 

Paris : encore une bibliothèque victime de vols en série !

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 12:34

 

Pour privilégier un public, la Ville de Paris va-t-elle en exclure tous les autres ? 

 

Les bibliothèques, c’est un fait, subissent de plein fouet l’apparition des nouvelles technologies et la dématérialisation des supports. Pour certains professionnels, cette révolution numérique qui est loin d’être terminée, remet en cause, sinon leur existence même, du moins l’usage et la destination du lieu.

 

Comment les bibliothèques peuvent-elles répondre à ce défi si l’on a plus besoin de s’y rendre, et que l’on peut tout consulter à distance ? Doit-on segmenter ou privilégier des publics ? Présenter des collections plus ludiques ? Transformer la bibliothèque en « lieu de vie » ? C’est, semble t-il, les réponses que tente d’apporter la Mairie de Paris avec l’inauguration en 2016 de la future bibliothèque du Forum des Halles (Ier arrondissement) baptisée pour le moment « Canopée ».

 

Cet espace serait dédié à un seul type d’usager : « la génération Y » ou les « digital natives » selon le jargon consacré. Et les autres, ceux de la génération W, XXX ou β : où iront-ils ? Peut-on les exclure d’un projet aussi central ? Cette expérience, si elle est menée à terme, signe peut-être l’abandon du concept de « bibliothèque pour tous ».

 

 

 

                                                                                 Paris: le Forum des Halles en 2015

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

           - La future bibliothèque devrait se trouver quelque part par là !

 

 

 

1. Le lectorat rejoindra-t-il l’électorat ?   Selon la Mairie de Paris « la future  bibliothèque de la Canopée vise à répondre aux demandes et usages d’un public de jeunes adultes (« Génération Y » ou « Digital natives ») avec une activité d’animation importante (actions culturelles mais aussi ateliers divers liés au numérique), une salle modulable selon les besoins et une animation de communauté sur Internet ».  Mais qu’elle est donc cette génération Y ?

   

C’est une génération qui a grandi dans un monde où l'ordinateur personnel, le jeu vidéo et Internet sont devenus de plus en plus importants, accessibles partout et qui en maitrisent tous les usages. Toutefois cette particularité n’est pas suffisante en soit pour justifier qu’une bibliothèque lui soit exclusivement dédiée. D’autant que la notion de génération n’est consensuelle qu’en démographie et que le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé au sein de la communauté des sciences sociales. En effet, il est excessif d’attribuer systématiquement un comportement et des habitudes socio-techniques à une tranche d’âge donnée, qui plus est la tranche des jeunes dont l’hétérogénéité est particulièrement forte tant sur le point social que culturel.

 

Si l’on considère que la « génération Y » est constituée de personnes nées approximativement entre 1980 et 2000, difficile de conclure à des attentes identiques de 14 ans à 34 ans !

 

En quoi une génération dont le seul point commun serait l’usage des nouvelles technologies constitue un seul et même bloc ? Et quand bien même, pourquoi réduire cette génération à son seul dénominateur commun ? Pourquoi tenter d’isoler un public par nature très mouvant et dont les centres d’intérêts sont également très variables ? A ces interrogations la Ville de Paris n’apporte pas de réponse.

 

A moins qu’un premier tri ne soit déjà fait pour se focaliser sur un public de « jeunes adultes » (20-35) ans selon les termes même de la municipalité ? Tous, bien sur, avec le même profil sociologique ?

 

Il est vrai que la situation géographique de la bibliothèque en plein centre de la capitale, dans un quartier où le prix de l’immobilier a explosé, permet à la Mairie de faire le pari de toucher une cible homogène. Ainsi, le (jeune) lectorat rejoindrait l’électorat. Mais quid des très nombreux franciliens qui passent chaque jour aux Halles ? Car pour eux, c’est de nouveau l’exclusion…

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

 

2. De la bibliothèque à la ludothèque ?   Pour ce nouveau lectorat, cette nouvelle bibliothèque doit inventer de nouvelles offres. « La bibliothèque, de manière générale, offrira des collections d’actualité, avec un fort taux de renouvellement et selon une présentation favorisant la découverte et la lecture confortable et détendue. Elle inclura aussi un grand nombre de revues et de postes Internet et multimédia. » Dixit la Mairie de Paris.

  

C’est donc décidé, la bibliothèque ne doit plus être l’occasion de découvrir ou d’acquérir une certaine culture, elle ne doit offrir dans le cas présent que des « collections d’actualité ». Hors du temps présent point de salut semble t-il. C’est la disparition de la « bibliothèque encyclopédique » qui se dessine. La BnF qui incarnait cet esprit au plus haut niveau, voit elle aussi disparaître des dizaines de milliers de livres de ses rayonnages (lire ici).

  

Or, si on parcourt le Manifeste de la Fédération Internationale des Bibliothécaires,l’IFLA on peut y lire : « La bibliothèque publique doit répondre aux besoins de tous les groupes d’âge.[…] Elle doit être à la fois reflet des tendances du moment et de l’évolution de la société, et mémoire de l’entreprise et de l’imagination humaines. » 

 

C’est également le sort qui a été réservé à la bibliothèque Goutte d’Or (XVIIIème). Elle a ainsi connu un réaménagement où l’on a pensé les flux du public pour favoriser la rotation des documents dont on estime qu’ils doivent sortir le plus rapidement et reléguer en fond de bâtiment les collections considérées comme les plus difficiles d’accès. Un peu comme dans hypermarché, avec ses têtes de gondole et ses promotions !

 

Le public n’adhère pas forcement à la vision de la bibliothèque du Futur que défend Paris si l’on en croit l’étude américaine « Perceptions of Libraries and Information Resources », portant sur les perceptions et les comportements du grand public vis-à-vis des bibliothèques et des sources d’information. La perception de la bibliothèque comme lieu de référence du savoir livresque est toujours aussi tenace : En 2005, la plupart des Américains (69 %) associe le terme "livre" à celui de "bibliothèque"; en 2010, ils sont 75 %. Ce grand public il est vrai ne correspond pas forcément à celui dont rêve la Mairie de Paris.

En plus d’être ludique la nouvelle bibliothèque doit d’être numérique puisque « Elle inclura aussi un grand nombre de postes Internet et multimédia. »  Mais est on sûr que l’installation massive de postes internet et multimédia, instruments bientôt obsolètes selon certains, est le seul horizon indépassable des bibliothèques ?  

La connexion massive à Internet à partir de postes informatiques de la bibliothèque ou de manière plus étonnante à partir de connexion Wifi n’est elle pas paradoxale ? Si c’est bien la dématérialisation de l’information qui remet en cause le lieu physique qu’est la bibliothèque, pourquoi s’y rendre pour consulter Internet alors que l’on peut le faire de n’importe où, et surtout de chez soi ?

C’est le paradoxe du connecté : un nomade tellement peu mobile qu’il doit venir à la bibliothèque qui n’est pourtant pas spécialement un lieu de passage (au contraire d’une gare ou d’un aéroport) pour se connecter, en réalité pour se fournir gratuitement en électricité, pour recharger son téléphone et faire marcher son ordinateur portable. Ce qui n’est en principe pas l’objectif d’un service public. D’autant que rien n’est fait par ailleurs à Paris pour réduire les inégalités liées à la « fracture numérique ». Dans la capitale, assurément, le social et le culturel ne font pas bon ménage  

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

 

3. La bibliothèque, un nouveau lieu de vie au service exclusif d’un certain public ?  La réalité c’est que la mairie de Paris veut élargir le champ des concepts de la bibliothèque du futur en y intégrant la notion de cohabitation des publics.

 

Celle du Forum des Halles « compte tenu de son environnement sera fondée sur la cohabitation des publics et des espaces, « espaces froids » pour les publics en quête de silence  et « espaces chauds » plus conviviaux. » insiste la municipalité parisienne.

 

Elle s’inscrit en ce sens dans un courant de pensée de plus en plus développé qui laisse à croire que les bibliothèques ne sont aujourd'hui fréquentées que par une majorité d'usagers ne s'intéressant non pas aux collections, mais cherchant un espace convivial - un lieu à vivre : c'est le concept de la bibliothèque « troisième lieu » . Ce concept n’est d’ailleurs guère éloigné de celui de « lieu de vie » développé par certaines enseignes commerciales. (Lire ici l'article publié par marketing.fr ) 

   

Pour les défenseurs du troisième lieu vouloir continuer à travailler sur le modèle traditionnel de la bibliothèque encyclopédique, sans s'apercevoir que les pratiques de la lecture ne sont plus les mêmes qu'il y a trente ans, c'est refuser les réalités et l'évolution du monde extérieur.

 

Pour être digne de ce « troisième lieu » les bibliothèques doivent donc s’adapter et privilégier des collections ludiques (guide de voyage notamment), avoir une cafétéria en son sein, des endroits pour consommer, téléphoner, d’où l’idée « d’espace chaud » qui avait suscité la réaction de la CGT des affaires culturelles. Lire ici son texte intitulé une bibliothèque qui souflera le chaud et le froid .

 

La Mairie de Paris pense également à développer la réservation et la livraison à domicile des livres par internet comme si une bibliothèque se réduisait à une simple filiale d’Amazon. Mais comment caser dans 1 000 m² une cafétéria, un cyber café, un salon de lecture, des tables de travail, des bornes de recharge pour PC et portable et… des livres ?

 

Du « service public » au « service aux publics » et maintenant au « service exclusif d’un certain public », est-ce l’évolution souhaitable de la lecture publique à Paris ? Pas sûr que les bibliothécaires et les usagers y gagnent. Surtout que dans le même temps on observe une baisse continue des budgets d’acquisition, et qu’on sent poindre la volonté de fermer une partie des « petites bibliothèques » de proximité.

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

                                                                                                                    Le « troisième lieu » !

 

 

4. La bibliothèque pour tous ou la bibliothèque pour chacun ?  Si le projet de cette nouvelle bibliothèque du Forum des Halles, qui cible très clairement une frange supposée (et idéalisée ?) de la population en en excluant de facto une large partie était vraiment mis en œuvre, ce serait sans aucun doute le premier pas de la remise en cause de la bibliothèque pour tous.

 

On ne peut pas réduire un public à une simple appartenance générationnelle ou communautaire, ou alors il faut également des bibliothèques pour séniors, pour jeunes bretons et vieux corses et inversement. On passerait alors de la bibliothèque pour tous à la bibliothèque pour chacun, selon un mot d’ordre en vogue dans les milieux culturels ? (Lire ici une mémoire sur ce sujet publié par l'ENSSIB)

 

Il semble plutôt que ce projet ne réponde qu’à une volonté d’affichage électoral pour faire oublier les difficultés que rencontrent les professionnels ainsi que les usagers des bibliothèques parisiennes. Car aujourd’hui, si Paris est bien la Capitale de la France, elle a perdu depuis longtemps son rôle moteur dans l’innovation bibliothéconomique et l’excellence culturelle. Les grandes métropoles telles que Bordeaux, Lille, Lyon ou Toulouse pourraient donner des leçons d’humilité aux responsables du projet de la Canopée…

 

Il est toujours possible que la création de cette future « bibliothèque métropolitaine » qui s’insère dans le projet pharaonique de rénovation du Forum des Halles » (autour d’un milliard d’euros) ne se réduise finalement qu’à un simple cyber-café, amélioré de « collections d’actualité » histoire de justifier ce gaspillage d’argent public. 

 

Rappelons que la Mairie de Paris s’était engagée lors de la création de la BPI (bibliothèque Publique d'Information) au centre Pompidou, à construire parallèlement une grande bibliothèque publique, sur le modèle des bibliothèques centrales métropolitaines, afin de fédérer réellement un réseau de bibliothèques de proximité. Cela aurait eu l’avantage de mieux servir le territoire et ses usagers, de répondre à une demande croissante d’un grand espace central et de développer par la suite des unités de quartier, plus ou moins spécialisées, sans renoncer ni à l’encyclopédisme des collections ni à la convivialité tout en répondant aux défis de l’ère numérique.

 

Maintenant, si la Canopée est le futur de la bibliothèque alors ce futur est bien peu ambitieux…

 

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 13:54

 

Contre la numérisation à marche forcée — à laquelle les pouvoirs publics se plient d'ailleurs sans rechigner —, Virgile Stark, auteur-bibliothécaire, publie un essai vivifiant.

 

C’est un petit livre qui devrait intéresser tous ceux « qui ne se résignent pas à l'engloutissement de la pensée par la technique » nous annonce l’hebdomadaire Marianne à propos du livre de Virgile Stark intitulé, prophétiquement, Crépuscule des bibliothèques. Cet auteur, bibliothécaire de son état, il a passé plus de dix ans à la Bibliothèque nationale de France, au cœur des grandes mutations du livre et du projet numérique nous décrit « l'autodafé symbolique » des lieux de culture et de réflexion voués à la lecture et à la concentration qui se déploie, selon lui, sans résistance.

 

Pour Virgil Stark, « le destin des bibliothèques et les progrès de la liberté ont longtemps été étroitement liés ». Une assertion que partage le critique littéraire de l’hebdomadaire, Alexis Lacroix, pour qui « l'humanisme, l'encyclopédisme et la diffusion de la connaissance et des Lumières auraient été impossibles sans l'existence de ces lieux séparés ». Selon Alexis Lacroix, l'auteur  publie un essai vivifiant sur ce processus qui emporte nos sociétés : la numérisation à marche forcée. Avec pour funeste conséquence  « cette injonction de remplacer partout les vieux grimoires par les liseuses et les e-books — un commandement auquel se soumettent sans discussion les pouvoirs publics ».

 

Tellement sans discussions d’ailleurs que certains s’étonnent que les mêmes pouvoirs publics en pleine austérité budgétaire acceptent le coût prohibitif du prêt des livres numériques dans les bibliothèques de lecture publique. Des e-book qu’il faut en plus racheter tout les trente emprunts (lire ici).  « Les gens sont assez choqués lorsqu'ils réalisent combien payent les bibliothèques pour des livres numériques qu’en en fin de compte nous ne possédons même pas » déclare dépitée une directrice de bibliothèque qui a expérimenté ce système. Avec une telle politique, c’est bien des bibliothèques qu’on est en train d’abattre.

 

 

Ces bibliothèques qu'on veut abattre
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 13:33

 

ActuaLitté.com : le 24 juin 2015

 

 « Il existe des moyens de contournement des systèmes antivol RFID » confirme Alexandre Walker, le directeur général de Bibliotheca

 

Un problème récurrent en bibliothèque vient de refaire surface, puisqu’il touche la toute récente médiathèque Françoise Sagan dans le Xeme arrondissement de Paris. Depuis l’inauguration de cette dernière, le 16 mai dernier, les vols de DVD se sont multipliés. Des actes de malveillance qui coûtent cher, d’autant plus que l’achat des DVD par l’établissement ne correspond pas au prix public des titres acquis, mais sont bien plus onéreux en raison du droit de prêt. Une information révélée par le vigilant site Social Nec Mergitur lequel a signalé les problèmes rencontrés par l'établissement. 

 

« Ces boîtiers ont été retrouvés vides en rayons. Coût moyen : 45 euros pour un DVD simple et 100 euros pour un coffret », informe la bibliothèque auprès de ses usagers, pour tenter de responsabiliser et d’obtenir un peu d’aide du public. « Toutefois cette série de vols ne surprend pas les spécialistes, car les objets volés étaient en fait équipés de puces RFID. Et si les DVD n’ont pas sonné aux portiques antivol c’est que les malfaiteurs connaissaient bien les failles de sécurité de cette technologie », précise encore Social Nec Mergitur.

 

« Effectivement, il existe un certain nombre de techniques qui permettent de contourner les protections RFID, qui sont apposées sur les boîtiers, mais aussi sur les CD et DVD que ces derniers contiennent », nous confirme Alexandre Walker, le directeur général de Bibliotheca, le prestataire technique choisi pour certains établissements par la Ville de Paris, dont Françoise Sagan.

 

Outre cette explication, il est également possible que le portique de sécurité soit en panne, mais cela n’a pas grand-chose à voir avec l’automate de prêt en lui-même, précise encore Alexandre Walker. « Une des solutions serait d’adjoindre à la sécurité RFID des boîtiers sécurisés, qui pourraient être déverrouillés sur l’automate de prêt, une fois l’enregistrement effectué », explique Alexandre Walker : un système comparable est utilisé à la médiathèque de Puteaux. « Mais cela génère bien entendu des coûts supplémentaires pour l’établissement, il faudra donc calculer le ratio entre le préjudice subi et le coût de cette sécurité supplémentaire » (sinon il existe aussi le bon vieux prêt indirect NdR).

 

Lire l’article de ActuaLitté.com

 

 

                                                                       RFID en bibliothèque : une véritable arnaque

La RFID remise en cause après la série de vols dont a été victime la nouvelle médiathèque Françoise Sagan (Paris Xe) dès son inauguration

                                                                    - C'est même un de nos plus beaux coups !

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