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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 10:27

 

Une fois le ministère vidé de son administration centrale, il ne restera plus alors qu’à brader l’immeuble de la rue de Valois.

 

C’est une information qui a mis le feu aux poudres autour de la rue de Valois et du quartier du Palais Royal. Les personnels du ministère de la culture, près de mille sept cent agents, vont-ils devoir quitter la capitale ?

 

L’information n’a, en tout cas, rien d’une rumeur puisque la source vient, rien moins, … que du site officiel du ministère des finances !  « L'État recherche une solution immobilière pour le relogement des services de l'administration centrale du Ministère de la culture » peut-on en effet lire sur le portail de Bercy. « La recherche porte sur une surface maximale de 27 000 m² à la location (avec option d’achat) dans un immeuble bien desservi par les transports en commun, situé à environ 30 minutes du site de la rue de Valois, Paris 1er » précisent même les services d’Emmanuel Macron (lire ici).

 

Ce déménagement ne concernerait toutefois pas tout le monde car la ministre, Fleur Pellerin et sa garde rapprochée resteraient sous les lambris dorés de la rue de Valois. Une situation qui ne manque pas d’étonner le syndicat CGT du ministère de la culture. « Les chefs, ceux qui sont si souvent en réunion au cabinet, seront payés pour faire du métro et du RER. À moins que les chefs passent leur temps en visioconférence (on est aussi le ministère de la communication !) … tandis que la ministre et son cabinet resteront dans leur tour d’ivoire rue de Valois » raille la CGT Culture sur son site.

 

 

Fleur Pellerin, Michel Sapin et Macron présentent le mandat de vente du ministère de la culture

Emmanuel Macron veut bouter les personnels du ministère de la culture hors de Paris

    - Comme on est sympa, on a aussi pensé à mettre une clause pour le Pass Navigo !

 

 

A moins que les chefs en question, au lieu de prendre les transports en commun, utilisent plutôt les voitures avec chauffeurs qui seront mises à leur disposition pour venir s’engouffrer dans les embouteillages du quartier de l’Opéra et de la rue de Rivoli. Pas très écolo tout ça. A croire que Fleur Pellerin et Emmanuel Macron ont décidé de saboter la future conférence climat (COP21) présidée par François Hollande.

 

De leur côté, les syndicats CGT, SUD et UNSA voient dans cette manœuvre une façon d’affaiblir un peu plus le secteur de la culture. « Quelle meilleure façon de fragiliser encore plus le ministère de la Culture que d’éloigner la Ministre de son administration et de détériorer encore plus les conditions de travail des personnels » demandent les syndicats qui ont décidé de mobiliser les personnels. Une première pétition papier a recueilli plus d'un millier de signatures (soit 60% des agents), un chiffre considérable compte tenu de la période estivale. Une pétition qui va être remise au Premier Ministre, Manuel Valls pour lui demander de stopper ce projet de déménagement. Pour ceux qui étaient encore en vacances l’intersyndicale l’a également mise en ligne (lire ici).

 

En réalité, les observateurs se demandent quel peut être l’intérêt de l’État à vouloir vider les locaux occupés par les personnels du ministère de la culture, actuellement détenus en pleine propriété, sachant que généralement celui-ci est un bien piètre vendeur. Les exemples ne manquent d’ailleurs pas comme le rappelle L’express : « en 2003, l’État vend l'un de ses fleurons, l'Imprimerie nationale, au fonds américain Carlyle, pour 85 millions d'euros. Moins de quatre ans plus tard, le ministère des Affaires étrangères, à l'étroit dans ses locaux, recherche un lieu et décide de racheter la vénérable institution au même fonds, mais pas au même prix : le chèque s'élève, cette fois, à 376 millions d'euros. Soit, pour l'État, une perte sèche de 291 millions ! » conclu l’hebdomadaire. Une gestion en effet pas très fluctuat.

 

Le déménagement du ministère de la culture effectué à grand frais présente un risque similaire pour les finances publiques avec la mise à l’encan de ce foncier situé au cœur de Paris à proximité du Louvre et de la Comédie Française. Ce serait alors le jack pot garanti pour les éventuels acheteurs qui n’attendent qu’un geste de l’État pour s’emparer de ses bijoux de famille comme le rappelle mergitur une commission d’enquête du Sénat (lire ici). Et une fois les services du ministère de la culture vidés de son administration centrale, il ne restera plus alors qu’à brader l’immeuble de la rue de Valois.

 

Publié egalement sur Miroir Social

 

 

 Fleur Pellerin va-elle bientôt, elle aussi, être réléguée en grande banlieue ?

Emmanuel Macron veut bouter les personnels du ministère de la culture hors de Paris

  - Je crois mon cher Manuel, qu'elle se doute encore de rien

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 08:12

 

L'ancienne capitale européenne de la culture est obligée de fermer toutes ses bibliothèques le samedi. La deuxième ville de France n'ayant, semble-t-il, plus les moyens d’ouvrir plus de quatre jours par semaine.

 

Les affiches placardées sur la porte d'entrée de l'Alcazar, la plus grande bibliothèque publique de Marseille ont fait le tour du Vieux Port « Nous vous prions de rester tranquillement devant votre téléviseur », « Nous vous informons que les terrasses du Port sont ouvertes 7 jours sur 7 » ou encore « Nous vous remercions de ne pas trop profiter du service public marseillais », pouvait-on lire dès début août sur la porte de l'établissement. Mieux, « pour la presse, allez au PMU du coin » était-il conseillé aux marseillais en quête de lecture. Des messages ponctués d'un « Merci de votre compréhension » et (faussement) signés « La Municipalité ».

 

Une situation soulevée par le site Achilmag qui dévoile que cet été l'ancienne capitale européenne de la culture est obligée de fermer toutes ses bibliothèques le samedi. La deuxième ville de France n'ayant semble-t-il plus les moyens d’ouvrir plus de quatre jours par semaine. Un vrai pastis. Pourtant, la cité phocéenne ne compte qu'un faible réseau de 8 bibliothèques (contre 15 à Lyon, 14 à Montpellier, 10 à Bordeaux...et 60 à Paris !)

 

 

                  L'affiche posée sur la devanture de la bibliothèque de l'Alcazar

A Marseille, les bibliothèques sont en plein pastis

   Pour la presse, allez au PMU du coin. Merci de votre compréhension

 

 

La municipalité phocéenne tente de se défausser en affirmant au quotidien La Provence « qu' en cette période, on a beaucoup moins de monde; les gens sont plus attirés vers les plages [...] Dans les autres grandes villes, ça se passe exactement de la même manière ». Ce qui est faux, affirme le site Archimag « puisque à Lyon et Paris, les grands établissement restent ouverts 5 jours sur 7 ». Précisons toutefois à Archimag que pour la capitale, bien qu'elles soient ouvertes effectivement sur cinq jours, les bibliothèques parisiennes réduisent, elles aussi, drastiquement leurs horaires d'ouverture, faute de moyens. Certaines sont même fermées tout les matins, y compris le samedi. Pas très fluctuat.

 

En tout cas, pour les syndicats de la capitale des Bouche-du-Rhône, les arguments de la municipalité marseillaise ne valent pas une bouillabaisse et dans une déclaration également à La Provence, vont droit au but : « les usagers sont là, mais la vérité, c'est que la ville se refuse à prendre le nombre de vacataires ou de saisonniers suffisants pour faire tourner les services alors que, dans le même temps, on oblige les permanents à prendre leurs quatre semaines au cœur de l'été. Avant de vouloir ouvrir plus, on demande déjà que l'on ouvre mieux. Mais avec 50 départs à la retraite non remplacés, c'est impossible » affirme ainsi Raymond Romano pour le syndicat CGT.

 

Pendant ce temps là, Fleur Pellerin, la ministre de la culture a dans un éclair de démagogie missioné la sénatrice d'Ile et Vilaine, Sylvie Robert pour étudier.... les extensions d'horaires des bibliothèques ! Entendez par là surtout les ouvrir le dimanche et le soir. On ignore si elle aura inclus la situation de Marseille (mais aussi de Nantes, du Havre, de Brest, de Levallois ou de Paris, liste non exhaustive) dans le rapport sénatorial qu'elle doit remettre prochainement à la ministre..

 

En tout cas comme le dit si bien le bibliothécaire marseillais «  Avant de vouloir ouvrir plus, on demande déjà que l'on ouvre mieux ». Justement il existe une pétition et elle là. A signez massivement. Oh peuchère !

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

 Avec le maire de Marseille les bibliothèques phocéenes sont en plein pastis

A Marseille, les bibliothèques sont en plein pastis

 - Alors collègues, je vois que vous avez lu les affiches posées sur la porte de l'Alcazar !

 

 

 

 

Lire aussi

Bibliothèques : Ouvrir plus ou ouvrir mieux ?

Et notre rubrique BM nec mergitur

 

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25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 12:34

 

Pour privilégier un public, la Ville de Paris va-t-elle en exclure tous les autres ? 

 

Les bibliothèques, c’est un fait, subissent de plein fouet l’apparition des nouvelles technologies et la dématérialisation des supports. Pour certains professionnels, cette révolution numérique qui est loin d’être terminée, remet en cause, sinon leur existence même, du moins l’usage et la destination du lieu.

 

Comment les bibliothèques peuvent-elles répondre à ce défi si l’on a plus besoin de s’y rendre, et que l’on peut tout consulter à distance ? Doit-on segmenter ou privilégier des publics ? Présenter des collections plus ludiques ? Transformer la bibliothèque en « lieu de vie » ? C’est, semble t-il, les réponses que tente d’apporter la Mairie de Paris avec l’inauguration en 2016 de la future bibliothèque du Forum des Halles (Ier arrondissement) baptisée pour le moment « Canopée ».

 

Cet espace serait dédié à un seul type d’usager : « la génération Y » ou les « digital natives » selon le jargon consacré. Et les autres, ceux de la génération W, XXX ou β : où iront-ils ? Peut-on les exclure d’un projet aussi central ? Cette expérience, si elle est menée à terme, signe peut-être l’abandon du concept de « bibliothèque pour tous ».

 

 

 

                                                                                 Paris: le Forum des Halles en 2015

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

           - La future bibliothèque devrait se trouver quelque part par là !

 

 

 

1. Le lectorat rejoindra-t-il l’électorat ?   Selon la Mairie de Paris « la future  bibliothèque de la Canopée vise à répondre aux demandes et usages d’un public de jeunes adultes (« Génération Y » ou « Digital natives ») avec une activité d’animation importante (actions culturelles mais aussi ateliers divers liés au numérique), une salle modulable selon les besoins et une animation de communauté sur Internet ».  Mais qu’elle est donc cette génération Y ?

   

C’est une génération qui a grandi dans un monde où l'ordinateur personnel, le jeu vidéo et Internet sont devenus de plus en plus importants, accessibles partout et qui en maitrisent tous les usages. Toutefois cette particularité n’est pas suffisante en soit pour justifier qu’une bibliothèque lui soit exclusivement dédiée. D’autant que la notion de génération n’est consensuelle qu’en démographie et que le lien entre appartenance générationnelle et comportements est controversé au sein de la communauté des sciences sociales. En effet, il est excessif d’attribuer systématiquement un comportement et des habitudes socio-techniques à une tranche d’âge donnée, qui plus est la tranche des jeunes dont l’hétérogénéité est particulièrement forte tant sur le point social que culturel.

 

Si l’on considère que la « génération Y » est constituée de personnes nées approximativement entre 1980 et 2000, difficile de conclure à des attentes identiques de 14 ans à 34 ans !

 

En quoi une génération dont le seul point commun serait l’usage des nouvelles technologies constitue un seul et même bloc ? Et quand bien même, pourquoi réduire cette génération à son seul dénominateur commun ? Pourquoi tenter d’isoler un public par nature très mouvant et dont les centres d’intérêts sont également très variables ? A ces interrogations la Ville de Paris n’apporte pas de réponse.

 

A moins qu’un premier tri ne soit déjà fait pour se focaliser sur un public de « jeunes adultes » (20-35) ans selon les termes même de la municipalité ? Tous, bien sur, avec le même profil sociologique ?

 

Il est vrai que la situation géographique de la bibliothèque en plein centre de la capitale, dans un quartier où le prix de l’immobilier a explosé, permet à la Mairie de faire le pari de toucher une cible homogène. Ainsi, le (jeune) lectorat rejoindrait l’électorat. Mais quid des très nombreux franciliens qui passent chaque jour aux Halles ? Car pour eux, c’est de nouveau l’exclusion…

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

 

2. De la bibliothèque à la ludothèque ?   Pour ce nouveau lectorat, cette nouvelle bibliothèque doit inventer de nouvelles offres. « La bibliothèque, de manière générale, offrira des collections d’actualité, avec un fort taux de renouvellement et selon une présentation favorisant la découverte et la lecture confortable et détendue. Elle inclura aussi un grand nombre de revues et de postes Internet et multimédia. » Dixit la Mairie de Paris.

  

C’est donc décidé, la bibliothèque ne doit plus être l’occasion de découvrir ou d’acquérir une certaine culture, elle ne doit offrir dans le cas présent que des « collections d’actualité ». Hors du temps présent point de salut semble t-il. C’est la disparition de la « bibliothèque encyclopédique » qui se dessine. La BnF qui incarnait cet esprit au plus haut niveau, voit elle aussi disparaître des dizaines de milliers de livres de ses rayonnages (lire ici).

  

Or, si on parcourt le Manifeste de la Fédération Internationale des Bibliothécaires,l’IFLA on peut y lire : « La bibliothèque publique doit répondre aux besoins de tous les groupes d’âge.[…] Elle doit être à la fois reflet des tendances du moment et de l’évolution de la société, et mémoire de l’entreprise et de l’imagination humaines. » 

 

C’est également le sort qui a été réservé à la bibliothèque Goutte d’Or (XVIIIème). Elle a ainsi connu un réaménagement où l’on a pensé les flux du public pour favoriser la rotation des documents dont on estime qu’ils doivent sortir le plus rapidement et reléguer en fond de bâtiment les collections considérées comme les plus difficiles d’accès. Un peu comme dans hypermarché, avec ses têtes de gondole et ses promotions !

 

Le public n’adhère pas forcement à la vision de la bibliothèque du Futur que défend Paris si l’on en croit l’étude américaine « Perceptions of Libraries and Information Resources », portant sur les perceptions et les comportements du grand public vis-à-vis des bibliothèques et des sources d’information. La perception de la bibliothèque comme lieu de référence du savoir livresque est toujours aussi tenace : En 2005, la plupart des Américains (69 %) associe le terme "livre" à celui de "bibliothèque"; en 2010, ils sont 75 %. Ce grand public il est vrai ne correspond pas forcément à celui dont rêve la Mairie de Paris.

En plus d’être ludique la nouvelle bibliothèque doit d’être numérique puisque « Elle inclura aussi un grand nombre de postes Internet et multimédia. »  Mais est on sûr que l’installation massive de postes internet et multimédia, instruments bientôt obsolètes selon certains, est le seul horizon indépassable des bibliothèques ?  

La connexion massive à Internet à partir de postes informatiques de la bibliothèque ou de manière plus étonnante à partir de connexion Wifi n’est elle pas paradoxale ? Si c’est bien la dématérialisation de l’information qui remet en cause le lieu physique qu’est la bibliothèque, pourquoi s’y rendre pour consulter Internet alors que l’on peut le faire de n’importe où, et surtout de chez soi ?

C’est le paradoxe du connecté : un nomade tellement peu mobile qu’il doit venir à la bibliothèque qui n’est pourtant pas spécialement un lieu de passage (au contraire d’une gare ou d’un aéroport) pour se connecter, en réalité pour se fournir gratuitement en électricité, pour recharger son téléphone et faire marcher son ordinateur portable. Ce qui n’est en principe pas l’objectif d’un service public. D’autant que rien n’est fait par ailleurs à Paris pour réduire les inégalités liées à la « fracture numérique ». Dans la capitale, assurément, le social et le culturel ne font pas bon ménage  

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

 

3. La bibliothèque, un nouveau lieu de vie au service exclusif d’un certain public ?  La réalité c’est que la mairie de Paris veut élargir le champ des concepts de la bibliothèque du futur en y intégrant la notion de cohabitation des publics.

 

Celle du Forum des Halles « compte tenu de son environnement sera fondée sur la cohabitation des publics et des espaces, « espaces froids » pour les publics en quête de silence  et « espaces chauds » plus conviviaux. » insiste la municipalité parisienne.

 

Elle s’inscrit en ce sens dans un courant de pensée de plus en plus développé qui laisse à croire que les bibliothèques ne sont aujourd'hui fréquentées que par une majorité d'usagers ne s'intéressant non pas aux collections, mais cherchant un espace convivial - un lieu à vivre : c'est le concept de la bibliothèque « troisième lieu » . Ce concept n’est d’ailleurs guère éloigné de celui de « lieu de vie » développé par certaines enseignes commerciales. (Lire ici l'article publié par marketing.fr ) 

   

Pour les défenseurs du troisième lieu vouloir continuer à travailler sur le modèle traditionnel de la bibliothèque encyclopédique, sans s'apercevoir que les pratiques de la lecture ne sont plus les mêmes qu'il y a trente ans, c'est refuser les réalités et l'évolution du monde extérieur.

 

Pour être digne de ce « troisième lieu » les bibliothèques doivent donc s’adapter et privilégier des collections ludiques (guide de voyage notamment), avoir une cafétéria en son sein, des endroits pour consommer, téléphoner, d’où l’idée « d’espace chaud » qui avait suscité la réaction de la CGT des affaires culturelles. Lire ici son texte intitulé une bibliothèque qui souflera le chaud et le froid .

 

La Mairie de Paris pense également à développer la réservation et la livraison à domicile des livres par internet comme si une bibliothèque se réduisait à une simple filiale d’Amazon. Mais comment caser dans 1 000 m² une cafétéria, un cyber café, un salon de lecture, des tables de travail, des bornes de recharge pour PC et portable et… des livres ?

 

Du « service public » au « service aux publics » et maintenant au « service exclusif d’un certain public », est-ce l’évolution souhaitable de la lecture publique à Paris ? Pas sûr que les bibliothécaires et les usagers y gagnent. Surtout que dans le même temps on observe une baisse continue des budgets d’acquisition, et qu’on sent poindre la volonté de fermer une partie des « petites bibliothèques » de proximité.

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?

                                                                                                                    Le « troisième lieu » !

 

 

4. La bibliothèque pour tous ou la bibliothèque pour chacun ?  Si le projet de cette nouvelle bibliothèque du Forum des Halles, qui cible très clairement une frange supposée (et idéalisée ?) de la population en en excluant de facto une large partie était vraiment mis en œuvre, ce serait sans aucun doute le premier pas de la remise en cause de la bibliothèque pour tous.

 

On ne peut pas réduire un public à une simple appartenance générationnelle ou communautaire, ou alors il faut également des bibliothèques pour séniors, pour jeunes bretons et vieux corses et inversement. On passerait alors de la bibliothèque pour tous à la bibliothèque pour chacun, selon un mot d’ordre en vogue dans les milieux culturels ? (Lire ici une mémoire sur ce sujet publié par l'ENSSIB)

 

Il semble plutôt que ce projet ne réponde qu’à une volonté d’affichage électoral pour faire oublier les difficultés que rencontrent les professionnels ainsi que les usagers des bibliothèques parisiennes. Car aujourd’hui, si Paris est bien la Capitale de la France, elle a perdu depuis longtemps son rôle moteur dans l’innovation bibliothéconomique et l’excellence culturelle. Les grandes métropoles telles que Bordeaux, Lille, Lyon ou Toulouse pourraient donner des leçons d’humilité aux responsables du projet de la Canopée…

 

Il est toujours possible que la création de cette future « bibliothèque métropolitaine » qui s’insère dans le projet pharaonique de rénovation du Forum des Halles » (autour d’un milliard d’euros) ne se réduise finalement qu’à un simple cyber-café, amélioré de « collections d’actualité » histoire de justifier ce gaspillage d’argent public. 

 

Rappelons que la Mairie de Paris s’était engagée lors de la création de la BPI (bibliothèque Publique d'Information) au centre Pompidou, à construire parallèlement une grande bibliothèque publique, sur le modèle des bibliothèques centrales métropolitaines, afin de fédérer réellement un réseau de bibliothèques de proximité. Cela aurait eu l’avantage de mieux servir le territoire et ses usagers, de répondre à une demande croissante d’un grand espace central et de développer par la suite des unités de quartier, plus ou moins spécialisées, sans renoncer ni à l’encyclopédisme des collections ni à la convivialité tout en répondant aux défis de l’ère numérique.

 

Maintenant, si la Canopée est le futur de la bibliothèque alors ce futur est bien peu ambitieux…

 

 

 

 Paris : Vers la fin de la bibliothèque pour tous ?
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:46

 

Le projet de nouvelle médiathèque à la Place des Fêtes est désormais renvoyé aux calendes grecques. Une histoire qui remonte à plus de dix ans puisque à l’origine elle devait être implantée à la Porte des Lilas

 

C’était il y a pile un an : Quelques semaines à peine après les élections municipales, les élus du XIXème arrondissement de Paris soutenus par leur maire nouvellement réélu, François Dagnaud, réclamaient la construction d’une médiathèque dans l’arrondissement. « L’offre municipale de service public culturel dans le XIXe n’est pas à la hauteur des ambitions que porte Paris en faveur de ses quartiers populaires. Ce déficit est d’autant plus injustifiable que la fréquentation des bibliothèques et la richesse de leur programmation témoignent de l’attachement des habitants de l’arrondissement au service de proximité qu’elles rendent » pouvait-on lire dans le vœu adopté par le conseil municipal de l’arrondissement.

 

D’ailleurs les élus de ces quartiers du nord-est parisien avaient même trouvé l'endroit idéal pour ériger cette nouvelle médiathèque : les terrains autrefois occupés par l’ancien lycée hôtelier Jean Quarré, vidé de ses élèves depuis plusieurs années et qui offrait une surface disponible de pas moins 7 000 mètres carrés. Située à quelques pas de la Place des Fêtes, cette  zone est, de surcroit, une des plus habitée de l’arrondissement.

 

Un emplacement qui n’a que des avantages pour les élus : « la Place des Fêtes bénéficie d’une position centrale à la convergence de deux arrondissements (XIXe et XXe), elle offre un bassin de population important et l’emprise proposée réduirait considérablement les coûts d’investissement et de fonctionnement. Par ailleurs, la concertation actuellement menée sur l’aménagement de la Place des Fêtes fait ressortir entre autres souhaits, une demande forte d’équipement culturel innovant ». Une demande à laquelle la mairie centrale ne voyait aucune objection. « Cette demande sera prise en compte dans le cadre de la préparation du programme d’investissements proposé prochainement » avait promis l’équipe d’Anne Hidalgo en échange du retrait du vœux des élus du XIXeme au conseil de Paris (lire ici). Visiblement un an plus tard les plans de la mairie ont changé si l'on en croit les derniers événements.

 

 

               François Dagnaud, le maire du XIXe et Anne HIdalgo

La Mairie de Paris va-telle enterrer le rêve « de service public culturel en faveur des quartiers populaires » des élus du XIXème arrondissement ?

            - Anne, je compte sur toi pour tenir ta promesse pour notre bibliothèque

             - Ouch !

 

 

En effet, depuis le 31 juillet, des centaines de migrants ont investi l’ancien lycée hôtelier. Après avoir plus ou moins toléré l'occupation du lieu, la mairie de Paris annonce désormais que le bâtiment sera officiellement transformé en centre d'hébergement. Une situation semble-t-il prise un peu dans la précipitaion dont personne toutefois ne sait quand elle prendra fin. « Probablement quelques années, en tous cas moins de dix ans », indiquait tout de même Bruno Julliard, le premier adjoint (également en charge de la culture) au journal Le Figaro sans toutefois être « en mesure de donner un calendrier plus précis » précisait le quotidien (lire ici).

 

Mais alors quid de la future médiathèque réclamée à cor et à cri par les élus de l’arrondissement ? « Avant que les études et les travaux soient engagés, nous avons du temps devant nous » veut croire Bruno Julliard. Nous voulions lui trouver à ce lieu une fonction provisoire. Cet établissement faisait partie des bâtiments que la ville pensait offrir à l'État pour en faire un centre d'accueil. Son occupation, illégale pour le moment, ne change pas nos plans », assène néanmoins l’adjoint à la culture. Un discours loin de rassurer les habitants, lesquels commencent à s'inquiéter de la situation (lire ici).

 

On peut donc présager que le projet de médiathèque à la Place des Fêtes a désormais du plomb dans l’aile. Reste à savoir où se situera ce « service public culturel ». Une histoire qui remonte à plus de dix ans puisque à l’origine, cette médiathèque devait être implantée à la Porte des Lilas dans le cadre d’une opération urbaine qui recouvrirait le périphérique (lire ici). Un feuilleton qui pourrait donc s’étirer sur près de deux décennies. Restera plus aux élus de l’arrondissement et son maire, François Dagnaud qu’à présenter leur vœu directement au Conseil de Paris cette fois et ainsi porter haut et fort le projet d’une « offre municipale  culturelle dans le XIXe à la hauteur des ambitions que porte Paris en faveur de ses quartiers populaires ».

 

 

François Dagnaud, le maire du XIXe, aura-t-il enfin la bibliothèque qu'il réclame à cor et à cri ?

La Mairie de Paris va-telle enterrer le rêve « de service public culturel en faveur des quartiers populaires » des élus du XIXème arrondissement ?

    - Si on me joue un sale tour, je rends mon tablier

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 16:37

 

ActuaLitté : le 13 août 2015

 

« Je vous avoue qu’avec les membres du bureau national de l’ABF, nous avons été particulièrement surpris par votre démarche » a répondu  Anne Verneuil, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France

 

C'est l'histoire surréaliste de cet été : en juin dernier, à l'occasion de son congrès annuel, l'Association des Bibliothécaires de France publiait sa Charte du droit fondamental des citoyens à accéder à l'information et aux savoirs par les bibliothèques. Un document assez consensuel, mais qui allait permettre un meilleur suivi des établissements, en période de restrictions budgétaires, présentée avec un label, Bib'lib. Ce dernier a mis les avocats de la Ville de Paris sur les dents, qui y voient une dangereuse menace pour les Vélib' et autres Autolib'.  

 

Le courrier de la Ville de Paris est arrivé aux alentours de la mi-juillet sur les bureaux de l'Association des Bibliothécaires de France, qui a donc désormais tout le loisir d'en rire, une fois la mauvaise surprise passée. Comme nous précise l'ABF, le courrier explique que le terme « Lib » est une marque déposée par la Mairie de Paris, « et que Bib'lib pourrait donc porter à confusion ».

 

Bib'lib, c'est donc ce label, associé à la Charte, qui viendra saluer les établissements qui mettent le mieux en application les différents préceptes énoncés par le document. L'objectif final étant de défendre « les droits culturels des citoyens », comme nous l'expliquions en juin dernier. Grands seigneurs, les avocats de la Ville de Paris précisent dans le courrier que la municipalité donne l'autorisation d'utiliser le terme, mais se réserve le droit de l'utiliser plus tard pour une éventuelle action nommée « Bib'lib ».

 

La surprise passée, Anne Verneuil, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France, a répondu à la Mairie de Paris : « J’ai pris connaissance de votre courrier, dans lequel vous relevez la similitude du nom de notre Charte, Bib’lib, avec la marque que vous avez déposée pour votre service de location de vélos et de voitures. Je vous avoue qu’avec les membres du bureau national de l’ABF, nous avons été particulièrement surpris par votre démarche » , cite Social Nec Mergitur.

 

« Vous nous parlez de marque, alors que Bib’lib est une charte émise par une association d’intérêt public, énonçant des principes de liberté et d’égalité d’accès à l’information », poursuit la présidente de l'association à but non lucratif. « L’ABF n’a jamais eu l’intention d’en faire une marque, ce qui serait assez contraire à l’esprit de la charte. Il existe 158 marques déposées à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) contenant le terme « LIB », mais l’usage que nous faisons de Bib’Lib reste tout à fait hors de la vie des affaires et le risque de confusion dans l’esprit du public est très loin d’être avéré dans ce cas. » En guise de conclusion, l'ABF invite Paris à adhérer à cette charte... 

 

Dans une réponse envoyée par mail, la Mairie de Paris a assuré que l'affaire n'irait pas plus loin. Contactée par ActuaLitté, l'administration n'a pas réagi. « Ce qui est incroyable, c'est d'avoir mobilisé des équipes juridiques pour ça », s'étonne-t-on à l'ABF.  Certains diraient qu'on nage en plein dé'lib...

 

Lire l’article de ActuaLitté

 

 Les avocats de la Ville de Paris contre des bibliothécaires, pour une simple marque
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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 15:39

 

Archimag : le 13 août 2015

 

La municipalité parisienne reproche à l'Association des bibliothécaires de France d'utiliser le nom « Bib'lib »

 

Au mois de juin dernier, l'Association des bibliothécaires de France (ABF) présentait sa Charte du droit fondamental des citoyens à accéder à l'information et aux savoirs par les bibliothèques. Mais pour faire plus court, l'ABF a donné le nom de « Bib'Lib » à ce texte qui vise à réaffirmer le rôle des bibliothèques dans l'accès aux connaissances. 

 

Cette initiative n'est malheureusement pas du goût de la mairie de Paris qui s'en est plaint auprès de l'ABF. « Au point de lui envoyer ses avocats » souligne le blog syndical Social Nec Mergitur...

 

​Pour Anne Verneuil, présidente de l'ABF, les reproches de la ville de Paris sont disproportionnés : « J’ai pris connaissance de votre courrier, dans lequel vous relevez la similitude du nom de notre Charte, Bib’lib, avec la marque que vous avez déposée pour votre service de location de vélos et de voitures (Vélib' et Autolib'). Je vous avoue qu’avec les membres du bureau national de l’ABF, nous avons été particulièrement surpris par votre démarche ».

 

L'association souligne en effet qu'elle « n’a jamais eu l’intention d’en faire une marque, ce qui serait assez contraire à l’esprit de la charte (...) Vous nous parlez de marque, alors que Bib’lib est une charte émise par une association d’intérêt public, énonçant des principes de liberté et d’égalité d’accès à l’information ».

 

Selon l'ABF, il existe 158 marques déposées à l'INPI (Institut national de la propriété industrielle) contenant le terme « Lib ». « Mais l’usage que nous faisons de Bib’Lib reste tout à fait hors de la vie des affaires et le risque de confusion dans l’esprit du public est très loin d’être avéré dans ce cas » souligne l'Association des bibliothécaires de France.

 

Lire l’article de Archimag

 

                                                                        Anne Hidalgo et Vincent Bolloré le patron d'Autolib'

La mairie de Paris cherche des poux dans la tête de l'ABF

                           - Promis Vincent, je ne chercherais des poux qu'à l'ABF

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 13:04

 

Le nom de sa charte pour « le droit fondamental des citoyens à accéder aux savoirs » n'était pas du goût de l’équipe d’Anne Hidalgo

 

L’ABF, l’Association des Bibliothécaires de France, pensait bien faire en dénommant du doux nom de Bib’lib sa charte pour le « droit fondamental des citoyens à accéder à l'information et aux savoirs par les bibliothèques » (lire ici). Mais cette appellation n’était pas vraiment du goût de la Ville de Paris. Au point de lui envoyer ses avocats. Un courrier qui a amené en retour une réponse cinglante de la part de la présidente de l’ABF, Anne Verneuil.

 

« J’ai pris connaissance de votre courrier, dans lequel vous relevez la similitude du nom de notre Charte, Bib’lib, avec la marque que vous avez déposée pour votre service de location de vélos et de voitures. Je vous avoue qu’avec les membres du bureau national de l’ABF, nous avons été particulièrement surpris par votre démarche ». On le serait à moins. Surtout venant d’une mairie qui s’autoproclame progressiste.

 

Et l’ABF de renvoyer la municipalité parisienne dans ses cordes. « Vous nous parlez de marque, alors que Bib’lib est une charte émise par une association d’intérêt public, énonçant des principes de liberté et d’égalité d’accès à l’information » Une notion qui visiblement dépasse l’équipe dirigée par Anne Hidalgo.

 

« L’ABF n’a jamais eu l’intention d’en faire une marque, ce qui serait assez contraire à l’esprit de la charte. Il existe 158 marques déposées à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) contenant le terme « LIB », mais l’usage que nous faisons de Bib’Lib reste tout à fait hors de la vie des affaires et le risque de confusion dans l’esprit du public est très loin d’être avéré dans ce cas » précise en plein dans le lib l’association.

 

Une ironie qui se glisse même dans son lancer de carton d'invitation « Je me permets d’ailleurs d’inviter la ville de Paris, avec qui nous conduisons régulièrement des actions en partenariat, à adhérer à cette charte pour son réseau de bibliothèques, ce qui soulignerait sa volonté politique d’encourager cette égalité d’accès à l’information si chère à l’ABF ».

 

Humm, vu la paupérisation du réseau municipal parisien (diminution d’horaire, état des bâtiments, baisse des effectifs et des budgets d’acquisition) il faudra sûrement faire appel à quelques mécènes comme Decaux ou Boloré, les capitaines d’industrie en charge de Vélib’ et Autolib’. Restera alors à trouver une appellation à ces futures bibliothèques de la capitale. On aurait bien un petit nom en tête.

 

 

 

 

 

                                                                            Quai des marques : Hidalgo attaque tout azimut

La mairie de Paris envoie ses avocats à l'Association des Bibliothécaires de France

                                                                                                     - Mince, j'ai plus de freins !

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 14:31

 

L’établissement est fermé depuis plusieurs jours car « l’air y est devenu irrespirable » selon la direction

 

La bibliothèque Jean-Pierre Melville, située dans le XIIIème arrondissement de Paris est fermée au public depuis la fin de la semaine dernière suite à une panne de son système de ventilation.

 

« L’air est devenu irrespirable (pour ne pas dire inexistant) au sein de l’établissement, tant dans les espaces publics que dans les bureaux » a ainsi déclaré la direction de l’établissement dans un communiqué envoyé dès samedi dernier aux bibliothécaires du réseau parisien.

 

La bibliothèque est toujours fermée ce mardi 11 août. « Il n’y a plus du tout d’air dans l’établissement » a d’ailleurs tenu à préciser la direction toujours dans l’attente de l’intervention d’un technicien pour une réouverture éventuelle. Le système de ventilation de la bibliothèque est pourtant neuf car le moteur a été entièrement changé il y a huit mois à peine suite à des pannes répétées qui avaient alors (déjà) contraint l'établissement à fermer (lire ici) !

 

La médiathèque Jean-Pierre Melville, inaugurée en 1983, semble victime de son architecture faite de verre et d’acier car quand ce n’est pas la ventilation qui tombe en carafe c’est son système de climatisation qui tombe en rideau. Résultat : l’été, par fortes chaleurs ou l’hiver, lorsque le thermomètre descend en dessous des dix degrés, le bâtiment est, là aussi, obligé de fermer ses portes au public.

 

 

La bibliothèque Jean-Pierre Melville (XIIIe) se fait pomper l’air
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 17:22

 

Une fonction guère prenante car elle ne prend qu'une journée de travail par semaine, en moyenne, à l'ancienne directrice des affaires culturelles de la ville de Paris.

 

La commission d'enquête du Sénat chargée de contrôler le gouvernement, s'est intéressée aux conditions de la création du poste de médiatrice du livre. Une fonction attribuée à Laurence Engel quatre mois après qu'elle a été débarquée du poste de directrice de cabinet de la ministre de la Culture de l'époque, Aurélie Filippetti. La même ministre qui a crée la même fonction de médiatrice du livre et dont l'attribution interpelle plus d'un parlementaire

 

« La loi [instituant la fonction de médiateur] date du 17 mars 2014, à un moment où vous dirigiez le cabinet de la ministre de la Culture, c'est quand même quelque chose qui m'interpelle, surtout au niveau de la notion d'indépendance », souligne ainsi le sénateur du Cantal (Parti radical de gauche), Jacques Mézard, rapporteur de la commission dans un article du site ActuaLitté (lire ici).

 

En effet, les parlementaires peuvent s’interroger sur la création d'un poste taillé sur mesure pour la directrice de cabinet, obligée de démissionner de son poste prise dans la tourmente de l'affaire Acquilino Morelle, son mari qui se faisait cirer les pompes à l'Elysée. Celle ci ne s'est toutefois pas retrouvée à la rue car elle est retournée pantoufler tranquillement à la cour des comptes (lire ici).

 

 

                                                                Laurence Engel sous le feu des questions du Sénat

Médiatrice du livre, un boulot à temps très partiel pour Laurence Engel

                                                   - Si vous voulez je peux vous montrer mes pantoufles

 

 

Elle devait néanmoins s’ennuyer ferme sous les ors et les lambris de la rue Cambon car à peine quatre mois après sa réintégration dans son corps d'origine, la voilà donc nommée... médiatrice du livre sur proposition de son ancienne supérieure hiérarchique, Aurélie Fillipéti ! Pure coïncidence sans doute, mais qui, hélas, peut prêter le flanc à toutes les rumeurs de connivence.

 

Ceci dit, que l'on se rassure, le poste de médiatrice du livre accepté par Laurence Engel n'est pas vraiment le bagne si l'on en croit ActuaLitté et la commission du Sénat car il suffirait d'une journée de travail par semaine pour satisfaire à la fiche de poste. Et encore une journée en moyenne. On comprend que cela lui laisse assez de temps libre pour rester membre de la Cour des Comptes et même d'être... présidente de la commission financière de l'AFP ! On ignore toutefois si c'est à titre bénévole.

 

En tout cas, une chose est sûre. Ce mélange des genres, où les hauts fonctionnaires occupent des postes qu'ils ont contribué à créer, nommés par ceux là même qu'ils connaissent depuis les bancs de l'ENA ou des fauteuils en cuir des différents cabinets auxquels ils ont été attachés, explique la défiance des français envers nos élites, ces marquis (et marquises) de la République. D'ailleurs pour ce qui concerne notre cumularde, Laurence Engel a d'abord été membre du cabinet de Bertrand Delanoë avant d'être ensuite nommée par le même...directrice des affaires culturelles de la ville de Paris !

 

Une pratique habituelle du côté de l'Hôtel de Ville puisqu'elle a servi de la même façon la carrière de Delphine Levy chargée dans un premier temps par le même Delanoë d'une mission sur les musées municipaux de la capitale alors qu'elle était, elle aussi, membre de son cabinet. La fine analyste a proposé la mise en place d'un établissement public, Paris-Musées, dont elle est devenue illico la présidente. Pas très fluctuat au niveau de l'éthique. Et même plutôt mergitur.

 

 

 

                                                                            Aurélie Filippetti et sa directrice de cabinet

Médiatrice du livre, un boulot à temps très partiel pour Laurence Engel

                                                     - Bon Laurence il va falloir te trouver un job

               - D'accord Aurélie, mais pas plus d'une journée par semaine et seulement en moyenne

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 13:54

 

Contre la numérisation à marche forcée — à laquelle les pouvoirs publics se plient d'ailleurs sans rechigner —, Virgile Stark, auteur-bibliothécaire, publie un essai vivifiant.

 

C’est un petit livre qui devrait intéresser tous ceux « qui ne se résignent pas à l'engloutissement de la pensée par la technique » nous annonce l’hebdomadaire Marianne à propos du livre de Virgile Stark intitulé, prophétiquement, Crépuscule des bibliothèques. Cet auteur, bibliothécaire de son état, il a passé plus de dix ans à la Bibliothèque nationale de France, au cœur des grandes mutations du livre et du projet numérique nous décrit « l'autodafé symbolique » des lieux de culture et de réflexion voués à la lecture et à la concentration qui se déploie, selon lui, sans résistance.

 

Pour Virgil Stark, « le destin des bibliothèques et les progrès de la liberté ont longtemps été étroitement liés ». Une assertion que partage le critique littéraire de l’hebdomadaire, Alexis Lacroix, pour qui « l'humanisme, l'encyclopédisme et la diffusion de la connaissance et des Lumières auraient été impossibles sans l'existence de ces lieux séparés ». Selon Alexis Lacroix, l'auteur  publie un essai vivifiant sur ce processus qui emporte nos sociétés : la numérisation à marche forcée. Avec pour funeste conséquence  « cette injonction de remplacer partout les vieux grimoires par les liseuses et les e-books — un commandement auquel se soumettent sans discussion les pouvoirs publics ».

 

Tellement sans discussions d’ailleurs que certains s’étonnent que les mêmes pouvoirs publics en pleine austérité budgétaire acceptent le coût prohibitif du prêt des livres numériques dans les bibliothèques de lecture publique. Des e-book qu’il faut en plus racheter tout les trente emprunts (lire ici).  « Les gens sont assez choqués lorsqu'ils réalisent combien payent les bibliothèques pour des livres numériques qu’en en fin de compte nous ne possédons même pas » déclare dépitée une directrice de bibliothèque qui a expérimenté ce système. Avec une telle politique, c’est bien des bibliothèques qu’on est en train d’abattre.

 

 

Ces bibliothèques qu'on veut abattre
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