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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 16:41

 

ActuaLitté : le 30 mars 2016

 

La seule réponse du gouvernement Cameron aux milliers de suppression de postes de bibliothécaires et des centaines de fermeture d’établissements... est d'installer le Wifi !

 

Depuis plusieurs années, les Britanniques assistent à la fermeture de nombreuses bibliothèques de proximité, délaissées par le gouvernement et peu soutenues par des comtés aux budgets limités. Seules la vigilance des volontaires et pas mal de débrouillardise ont permis de conserver un semblant de réseau de lecture publique : les dégâts sont énormes, avec la disparition d’un quart des emplois, soit huit mille postes supprimés depuis 2010.

 

Tout le Royaume-Uni est concerné par ses mesures de restrictions budgétaires décidées par le gouvernement Cameron, et défendues par le ministre de la Culture Ed Vaizey. Lorsque les militants dénonçaient un budget en baisse de 16 % en 5 ans, le ministre de la Culture britannique minimisait les effets de ces décisions sur la lecture publique et l'accès à la culture.

 

La BBC a souhaité en avoir le cœur net, et s'est donc lancée dans une vaste étude pour établir dans quelle mesure le réseau avait été transformé par ces restrictions budgétaires. Ce sont 350 établissements ou bibliothèques mobiles qui ont mis la clé sous la porte entre 2010 et aujourd'hui et, plus inquiétant encore, le nombre de volontaires en poste dans les bibliothèques est désormais supérieur à celui des employés.

 

La BBC relève en effet 24.044 personnes payées pour un poste de bibliothécaires, contre 31.977 en 2010, et 31.403 volontaires actuellement, contre 15.861 en 2010. Avec un volume de volontaires qui a doublé en six ans à peine, difficile de ne pas s'alarmer. Selon l'auteur Desmond Clarke, militant de longue date contre les coupes budgétaires, l'examen de la BBC fournit « une image fidèle de ce qui est vraiment en train d'arriver au sein du service public des bibliothèques ».

 

 

Royaume-Uni : les bibliothèques au cœur d'une crise sans précédent selon la BBC

 

Laura Swaffield, à la tête de Library Campaign, qui rassemble des militants et activistes mobilisés pour le maintien du réseau, a salué l'étude de la BBC, tout en déplorant que le gouvernement ne l'ait pas réalisée plus tôt et s'appuie sur des données vieilles de plusieurs mois pour juger de l'état du réseau et de la politique à mettre en œuvre pour le préserver.

 

Les critiques pleuvent sur le ministre de la Culture Ed Vaizey : « Il était à la radio ce matin même pour expliquer combien les bibliothécaires professionnels étaient importants, et que les volontaires ne pourraient jamais les remplacer. Mais jusqu'à présent, il n'a fait qu'encourager la gestion des établissements par des volontaires », souligne ainsi Laura Swaffield.

 

Ses déclarations sur des coupes budgétaires uniquement réalisées par le parti travailliste [Vaizey est affilié au parti conservateur de Cameron, NdR] ont également été tournées en ridicule. Vaizey s'est défendu en estimant que l'avenir des bibliothèques n'était pas « catastrophique » : « De nombreuses initiatives sont mises en place, dont on devrait parler ». Interrogé sur l'explosion du nombre de volontaires, Vaizey a expliqué que « [l]es gens ont besoin de bibliothécaires, cela va sans dire. Mais le recours aux volontaires est, je pense, gagnant-gagnant, parce qu'ils sont des résidants locaux et peuvent ainsi véritablement modeler la bibliothèque selon les besoins. » Un bibliothécaire formé et payé pourrait tout aussi bien assumer ce rôle, rétorquent les militants. Inutile de souligner que le ministre est loin d'avoir convaincu.

 

« Je ne suis pas contre le volontariat, mais s'appuyer sur des volontaires pour un service qui doit être assuré [aux citoyens] n'est pas une bonne politique. Et ensuite ? On va proposer des volontaires dans les écoles parce que les moyens seront en baisse ? » a interrogé Philip Pullman, autre militant de longue date. Depuis 2010, les activistes rappellent en effet le gouvernement à ses devoirs, et notamment à une loi de 1964, le Public libraries and museums act, qui oblige le gouvernement à fournir un service de lecture publique de qualité.

 

Par ailleurs, les actions du gouvernement lancées fin 2014 pour moderniser le réseau des bibliothèques sont aussi moquées, puisqu'elles concernent un millier d'établissements environ et se concentrent essentiellement sur le WiFi et le prêt numérique.(via BBC, The Bookseller).

 

Lire l'article de ActuaLitté

 

 

 

                                   Les bibliothèques britanniques sont à poils selon la vénérable BBC

Royaume-Uni : les bibliothèques au cœur d'une crise sans précédent selon la BBC

                   - Godamn, t'inquiètes pas mon gars on va prendre bien soin de ton antenne Wifi

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 14:18

 

ActuaLitté : le 8 avril 2016

 

Alors que les bibliothèques sans livres apparaissent aux États-Unis,  ils préconisent au contraire….. un retour au livre !

 

Le débat sur le bienfait des nouvelles technologies sur l’enfant est bien connu, mais il concernait principalement les écoles jusqu’ici. Pourtant, la lecture ne s’arrête pas aux salles de classe et la question ne concerne pas seulement l’école au sens strict. Doit-on revaloriser la lecture et offrir aux enfants un espace sans technologie ? C’est ce que des bibliothécaires parisiens croient.  

 

Dans une étude publiée par le Haut Conseil de l’Éducation, il est écrit que plus de 40 % des élèves n’ont pas réussi à acquérir une lecture fluide à leur entrée en 6e. Alors, faut-il empêcher les jeunes enfants d’avoir une prise illimitée sur tous ces objets technologiques ? 

 

L’idée a été expérimentée en France. Ainsi, en 2013, six établissements scolaires des Buttes-Chaumont (XIXe arrondissement) avaient fait l’expérience de la diète numérique. Une mère parisienne s’était inspirée d’une expérimentation faite au Québec et à Strasbourg.  Un an plus tard, en avril 2014, c’est le maire du XIXe arrondissement qui avait tenu une conférence sur le sujet, disponible sur Youtube.

 

C’est ce que plusieurs noms éminents de la Silicon Valley auraient testé, selon le New York Times. Dans un article assez surprenant, il est raconté que beaucoup de dirigeants écartent les nouvelles technologies lorsqu’ils sont avec leurs enfants.  Le fondateur d’Apple, feu Steve Jobs, aurait, lui, adopté une pédagogie stricte avec ses enfants. Evan Williams, un des cofondateurs de Twitter, n’autoriserait quant à lui que l’accès aux livres, mais pas aux tablettes. 

 

C’est ce qu’on appelle la pédagogie Steiner-Waldorf, une école qui s’applique dans plusieurs établissements non seulement américains, mais internationaux, notamment en France. Dans ces établissements, les enfants n’apprennent à maîtriser Google qu’en 4e et le mode d’apprentissage dans ses premières années n’inclut aucune forme de technologie, bien plutôt des outils traditionnels : tableaux noirs, craies, livres. 

 

Pour le moment, la méthode n’est toutefois pas très implantée en France, car les professionnels de l’éducation ont toujours craint que cette école soit sectaire. C’est sous Jack Lang que la méthode a été purgée de ces accusations… jusqu’en 2013-2014, date à laquelle une Commission de l’Assemblée nationale a remis un rapport sur les dérives sectaires en citant la méthode. 

 

Alors que les bibliothèques sans livres apparaissent aux États-Unis, des bibliothécaires parisiens préconisent un retour au livre, et pas de technologie dans les bibliothèques. Ils arguent l’idée que l’obsession ambiante pour le divertissement ne doit pas pâtir sur l’éducation des enfants à la culture. La bibliothèque serait ainsi un endroit idéal pour déconnecter l’enfant.

 

L’auteur de l’article rapporte les idées d’un collègue bibliothécaire : « Ce que je vois, en effet, c’est cet étrange glissement qui transforme les écoles en bibliothèques et les bibliothèques en ludothèques. Ce que je ressens, c’est cette impression bizarre que tout s’homogénéise, qu’on veut faire la guerre à l’ennui, peut-être même au fond à la difficulté de vivre, qu’on pense la gagner avec des tablettes, des ordinateurs ou des consoles, des images et des codes, des connexions illimitées. »  Peut-être l’enfant a-t-il besoin d’échapper un moment à la vague technologique... 

 

Lire l’article de ActuaLitté

 

Des bibliothécaires parisiens veulent un espace de déconnexion pour l'enfant
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9 avril 2016 6 09 /04 /avril /2016 14:57

 

Le Parisien : le 9 avril 2016

 

Mais les syndicats qualifient ces ouvertures dominicales de « véritable provocation »

 

C’est avec beaucoup de précaution que la mairie de Paris a mis sur la table ce vendredi matin le dossier de l’ouverture des bibliothèques le dimanche. Au cours d’une réunion « prétechnique », le sous-directeur des affaires culturelles de la Ville a annoncé aux délégués syndicaux des personnels (CGT, FO, UCP, CFDT, Supap, Unsa) le calendrier prévu jusqu’à la fin de la mandature.

 

A savoir : cette année, ouverture le dimanche de la bibliothèque Picpus (XIIe) ; en 2017, Aimé-Césaire (XIVe) et Edmond-Rostand (XVIIe) ; en 2018, Jean-Pierre-Melville (XIIIe) et Robert-Sabatier (XVIIIe) ; en 2019, Parmentier (XIe) et Germaine-Tillion (XVIe). Sachant qu’il y a 60 bibliothèques municipales, la Ville a visiblement choisi de prendre son temps pour ouvrir ces établissements sept jours sur sept, d’autant que la généralisation d’une telle mesure supposerait d’importants moyens.

 

Aujourd’hui, cinq bibliothèques ouvrent le dimanche : Marguerite-Duras depuis 2008 (XXe), Marguerite-Yourcenar depuis 2012 (XVe), Françoise-Sagan inaugurée en 2015 (Xe), François-Truffaut (Ier) et La Fontaine (Ier) sous la canopée des Halles (Ier). En vertu d’une délibération du Conseil de Paris, les bibliothécaires ne peuvent travailler qu’un dimanche sur cinq et perçoivent à ce titre une prime nette de 85 €. Selon ce texte, les effectifs le dimanche sont composés pour moitié de titulaires, pour moitié de contractuels, généralement des étudiants.

 

Qualifiant l’ouverture de ce chantier de « véritable provocation », Bertrand Pieri, représentant CGT du personnel des bibliothèques, rappelle que « certains établissements exsangues sont contraints de réduire leurs horaires d’ouverture en semaine. Quand ils ne sont pas carrément fermés brutalement ! » A ses yeux, « l’ouverture de sept nouvelles bibliothèques le dimanche nécessitera le recrutement de près de 100 bibliothécaires, étant entendu que le service rendu ce jour-là ne doit pas être de moindre qualité ».

 

Prochains rendez-vous le mardi 19 avril pour un comité technique présidé par Bruno Julliard, premier adjoint (PS) à la maire de Paris suivi le 21 avril d'une grande assemblée générale pour tous les bibliothécaires parisiens à la bourse du travail à l 'appel de tous les syndicats (CFDT, CGT, FO, SUPAP , UNSA, UCP).

 

Lire l'article du Parisien

 

 

          Dialogue social dans les bibliothèques parisiennes: Bruno Julliard demande conseil

Paris : un pas de plus vers l’ouverture des bibliothèques le dimanche

 - T'es sur Myriam que si je vais dans cette direction je vais me manger un grand conflit social ?

                                   - Sûr ! Et tu peux me faire confiance sur ce coup là....

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 18:08

 

20 Minutes : le 7 avril 2016

 

« On se moque de nous », s’exclament les syndicats. « Le contexte est déjà critique. Nous sommes dans une situation de restriction budgétaire avec des réductions de personnel qui amène actuellement à des réductions d’amplitude horaire dans certaines bibliothèques »

 

Lire, emprunter, étudier dans une bibliothèque, à côté de chez soi, le dimanche, sera bientôt possible. Du moins, c’est ce que souhaite la mairie de Paris, qui a lancé cette semaine une concertation avec les syndicats pour définir les modalités d’ouverture dominicale de bibliothèques dans la capitale. « C’était un engagement de campagne d’Anne Hidalgo. Nous préférons ouvrir des bibliothèques le dimanche que des grandes surfaces », rappelle à 20 Minutes  Bruno Julliard, premier adjoint à la Maire de Paris chargé de la culture, avant de détailler son plan de bataille.

 

A l’heure actuelle, quatre bibliothèques sont ouvertes le dimanche, de 13h à 18h : Marguerite Duras dans le 20e, Marguerite Yourcenar dans le 15e, Françoise Sagan dans le 10e et François Truffaut, dans le 1er arrondissement. Une cinquième vient d’ouvrir ses portes à la Canopée. Mais la Mairie souhaite que le système s’étende davantage d’ici 2019. « Nous programmons l’ouverture en 2016, d’une bibliothèque dans le 12e. Une dans le 14e et une dans le 17e en 2017. Une dans le 13e et une dans le 18e d’ici 2018. Enfin, une dans le 11e et une dans le 16e, en 2019 ». Au total, dans trois ans, il y aurait douze bibliothèques ouvertes le dimanche dans la capitale. Un plan qui répond à une attente, selon Bruno Julliard.

 

« Les bibliothèques sont actuellement très fréquentées. Sur les 72 existantes à Paris, il y a 13 millions de prêts chaque année, 300.000 inscrits et plus de 7 millions de visiteurs par an dans le réseau », détaille l’adjoint. Et selon la Mairie, cette demande ne fait que croître : « Le public souhaite un élargissement des horaires et une ouverture le dimanche. D’autant que le public qui vient le dimanche n’est pas le même que celui de la semaine. Il est plus familial ». D’après Bruno Julliard, « ces ouvertures permettront de couvrir les grands secteurs de la capitale. Ainsi, l’ensemble des Parisiens auront une bibliothèque à côté de chez eux ». Mais les syndicats, eux, ne l’entendent pas de cette oreille.

 

 

           Ouverture des bibliothèques le dimanche : Bruno Julliard va se frotter aux syndicats

La Mairie de Paris veut ouvrir plus de bibliothèques le dimanche dans la capitale, mais à marche forcée

 

« La Mairie se moque de nous », s’exclame Bertrand Pieri, délégué CGT des bibliothèques parisiennes. « Le contexte est déjà critique. Nous sommes dans une situation de restriction budgétaire avec des réductions de personnel qui amène actuellement à des réductions d’amplitude horaire dans certaines bibliothèques », poursuit-il. « Nous sommes donc opposés en bloc à ces ouvertures le dimanche », lâche-t-il. Même son de cloche chez Force Ouvrière. « Nous sommes contre ce projet. Les moyens de le faire n’existent pas », réagit Bertrand Vincent, secrétaire générale FO des personnels de la Ville de Paris.

 

Dans les quatre bibliothèques fonctionnant déjà le dimanche une délibération municipale fixe les conditions d’ouverture. Soit, pas plus d’un dimanche travaillé sur cinq, « sur la base du volontariat », avec une prime de 85 euros, rappelle Bruno Julliard. Et ce, avec un effectif composé à 50 % de bibliothécaires titulaires et 50 % de contractuels. Et c’est ce même dispositif, qui est prévu par la Mairie pour les prochaines ouvertures. « Ça n’a aucun sens », selon Bertrand Pieri. « La délibération municipale est bafouée dans la plupart des équipements déjà ouverts ».

 

Côté agenda, les représentants du personnel des sept bibliothèques et les syndicats qui ont été mis au courant mercredi du plan de la mairie doivent participer ce vendredi à réunion pré-technique avant le début des négociations, mi-avril. Les bibliothèques : Nouveau terrain d’affrontement social parisien ? « Je suis confiant », indique Bruno Julliard. De son côté, la CGT et FO comptent se mobiliser « le plus vite possible » pour « mener des actions ». Avec un premier rendez-vous le jeudi 21 avril puisque, avec tous les autres syndicats, ils appellent l'ensemble des bibliothécaires parisiens à une grande assemblée générale à la bourse du Travail (Xe).

 

Lire l'article de 20 Minutes

 

 

                                Ouverture du dimanche : Bruno Julliard se déclare confiant

La Mairie de Paris veut ouvrir plus de bibliothèques le dimanche dans la capitale, mais à marche forcée
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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 15:37

 

Les Inrockuptibles : le 26 mars 2016

 

La mairie de Paris envisage de supprimer les cours de musique individuels dans ses Centres d’animation. Un sale coup pour la culture, et une menace pour l’emploi de nombreux professeurs

 

Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête des édiles de la mairie de Paris, qui se targuent pourtant de mettre au premier plan la culture, facteur indispensable de lien social et de développement individuel ?

 

En annonçant la suppression à partir de la rentrée de septembre 2016 des cours de musique individuels et semi-collectifs dans ses Centres d’animation, pour les remplacer par des cours collectifs d’au moins six élèves par heure, la ville de Paris fait un sale coup à la musique en général et à de nombreux enseignants en particulier, qui risquent de se retrouver au chômage.

 

Alors que les conservatoires municipaux sont submergés de demandes d’inscriptions non satisfaites, au point qu’on envisage des inscriptions par tirage au sort, alors que souvent ils ne proposent pas d’enseignements spécifiques pour des styles contemporains comme le jazz, le rock ou la pop, les centres d’animation représentent une excellente alternative pour répondre à la demande des très nombreux Parisiens, de tous les âges, qui souhaitent débuter ou améliorer la pratique d’un instrument.

 

Car avant de monter son groupe de rock, son quintet de jazz ou son quatuor à cordes, il est indispensable d’apprendre à maîtriser son instrument et donc de prendre des leçons avec des profs expérimentés. Et on voit mal comment un enseignant motivé pourrait s’occuper sérieusement, en une heure de cours, de six élèves à la fois, allant du gamin débutant amené par ses parents, à l’étudiant surbooké ou au préretraité qui veut profiter de son temps retrouvé pour renouer enfin avec sa passion.

 

Cours de musique : une politique culturelle au rabais à la mairie de Paris ?

 

 

Depuis l’annonce de cette décision, une pétition pour le maintien des cours individuels d’instruments a déjà reçu plus de cinq mille signatures, une manifestation a eu lieu en février et une autre est prévue demain, dimanche 27 mars, place du Châtelet, afin de peser sur le vote prévu au conseil de Paris la semaine prochaine.

 

Selon Pauline Véron, adjointe à la Maire de Paris en charge notamment de la vie associative et de la jeunesse, interrogée par Le Parisien, les centres d’animation sont destinés à étendre leurs activités et à accueillir davantage de participants : « Pour cela, nous devons supprimer les cours individuels afin d’augmenter nos capacités d’accueil”.

 

Pourtant cette décision ne fait pas l’unanimité à la mairie, même parmi les élus de gauche. Ainsi pour Eric Thébault, maire-adjoint chargé de la culture et membre du groupe des élu-es écologistes et citoyen-nes du XIXe, « la suppression brutale des cours individuels de musique dans les centres d’animation ne peut tenir lieu de réforme ».

 

Plus généralement, les enseignants s’interrogent sur les choix fondamentaux concernant la culture et l’éducation. Comme l’affirme sur France Culture un professeur qui tient à garder l’anonymat : « Ce qui est en plus très dangereux, c’est de confondre ‘éducation populaire’ et ‘éducation au rabais’. Parce que ce qui est un véritable enseignement populaire, c’est d’assurer aux amateurs une formation de qualité ».

 

Lire l'article des Inrockuptibles

 

 

 

 

                      A la mairie de Paris, les cours individuels de musique prennent l'eau

Cours de musique : une politique culturelle au rabais à la mairie de Paris ?
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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:37

 

ActuaLitté : le 22 mars 2016

 

Pour le moment cette mesure, si elle est adoptée au Conseil de Paris, sera réservée aux usagers mineurs et bénéficiaires des minimas sociaux

 

Le paradoxe a été remarqué depuis plusieurs années : si l'inscription et les emprunts de livres sont gratuits depuis longtemps au sein du réseau de lecture publique de la Ville de Paris, ce n'est pas le cas des CD et des DVD. Le Conseil de Paris avait adopté un vœu pour étendre la gratuité à ces objets culturels en 2014, et la Mairie prévoyait de l'appliquer aux usagers mineurs et bénéficiaires des minimas sociaux dès 2015. Finalement, la gratuité des prêts de CD-DVD pourrait être effective entre mai et septembre 2016.

 

La mesure de gratuité a été révélée par le blog CGT Culture : il rappelle que, si l'emprunt des livres et des revues est gratuit dans le réseau parisien, celui des CD est facturé 30 € pour l'année, et celui des DVD (qui permet également l'emprunt des CD) 61 € pour l'année. Les questions relatives à la gratuité des emprunts de CD et de DVD sont étudiées depuis longtemps : un rapport sur « L'avenir de la musique dans les bibliothèques de la ville de Paris », publié en janvier 2012, abordait déjà le sujet de la gratuité. 

 

« Nous constatons que le réseau parisien est l'un des rares à percevoir des droits spécifiques sur les supports musicaux. Une situation d'autant plus paradoxale que l'emprunt des livres est gratuit. La gratuité, cette doctrine immuable à la Ville de Paris est pourtant loin d'être la règle générale dans les autres collectivités. Ce traitement différencié a un effet stigmatisant, laissant penser que la musique est soumise à droit tandis que seule la lecture serait un droit fondamental », pouvait-on lire dans le document.

 

 

Paris consent à la gratuité des prêts des CD et DVD dans ses bibliothèques, mais pour certains usagers seulement

                         A la Ville de Paris, seule la lecture est gratuite, pas la musique

 

 

 

Pour le moment, donc, la gratuité de ces emprunts, si elle est adoptée au Conseil de Paris, sera réservée aux usagers mineurs et bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, RMI, API, ASS, AER, ATA, ASPA, AV, ainsi que l'allocation aux adultes handicapés et l'allocation supplémentaire d'invalidité). « C'est une mesure sociale, qui concerne ceux qui ont le plus de mal à payer les forfaits », souligne Noël Corbin, directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. « L'exécutif a suivi un vœu du Conseil de Paris, déposé en décembre 2014, et il sera toujours intéressant d'en observer les effets sur les prêts », ajoute Noël Corbin. Pour le moment, évidemment, l'extension de cette mesure à d'autres catégories d'usagers, voire à tous les usagers, n'a pas encore été abordée. 

 

Elle était pourtant au cœur de ce fameux premier vœu déposé en juin 2014 par Nicolas Bonnet-Oulaldj et Raphaëlle Primet (Communiste-Front de Gauche), qui demandait à l'origine la gratuité du prêt des disques, tout court. Le vœu avait été amendé sur proposition de l'exécutif, justement, pour ne concerner que les mineurs et les bénéficiaires des minimas sociaux. Rappelons au passage que la mairie de Bordeaux avait pris la décision de rendre gratuites toutes ses bibliothèques en octobre 2015.

 

« Il s'agit d'une première avancée », nous explique Raphaëlle Primet, « et je demanderai au prochain Conseil qu'un bilan soit fait d'ici un an, pour que cette mesure puisse être élargie à tous les usagers. Nous ne voudrions pas que les discothèques soient pénalisées [par rapport aux bibliothèques] parce qu'il y a moins d'usagers, et que l'on décide ensuite de les fermer pour cette raison ». Ce point a déjà été évoqué parmi les autres arguments avancés pour défendre une gratuité totale des prêts de CD. Certains évoquaient ainsi la nécessité de repeupler les discothèques de la Ville de Paris : « L'ensemble des petites discothèques offre des fonds qui sont sous-utilisés (Amélie, Saint-Simon, Europe, Batignolles, Aimé Césaire et Vaugirard) », notait ainsi le groupe de travail à l'origine du rapport cité précédemment, et disponible ci-dessous. 

 

Interrogée sur les différences entre usagers que créera cette mesure, Raphaëlle Primet explique que « l'égalité n'exclue pas la solidarité pour des publics en difficulté, comme c'est déjà le cas pour les entrées au musée par exemple. Par contre, dans l'absolu, nous ne comprenons pas la différence établie entre les livres, dont l'emprunt est gratuit, par rapport aux CD et aux DVD. C'est pour cela que la gratuité totale des prêts est l'objectif final ».

 

Lire l'article de ActuaLitté

 

 

 

            A Paris pour certains il faudra encore chosir entre les livres et les disques

Paris consent à la gratuité des prêts des CD et DVD dans ses bibliothèques, mais pour certains usagers seulement
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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 11:08

 

Le Monde : le 21 mars 2016

 

Et seulement 10 % des établissements où la négociation est obligatoire signent des accords

 

En proposant de modifier les règles de licenciement et du temps de travail, le projet de loi El Khomri agite deux « chiffons rouges » qui attirent justement l'attention, mais au risque de faire oublier l'objectif affiché du projet. Selon Mme El  Khomri, il s'agit de « permettre à nos entreprises de s'adapter face à la concurrence en donnant plus de pouvoir à la négociation collective pour répondre aux besoins du terrain. C'est par des accords signés par les syndicats dans l'entreprise que doit être donnée de la souplesse dans l'organisation et le temps de travail (…). C'est par le collectif que le salarié est mieux défendu et que des solutions novatrices peuvent être trouvées ».

 

Faire en sorte que salariés et employeurs puissent mieux négocier est un objectif louable. Cependant, le projet de loi ne propose pas d'améliorer l'organisation de la négociation au niveau de l'entreprise, mais plutôt d'en étendre le champ. Il passe ainsi largement à côté du problème majeur : aujourd'hui, on ne négocie que très rarement dans les entreprises où, pourtant, la loi prévoit déjà des dispositifs formels pour ce faire.

 

La législation française sépare les représentants du personnel ayant un rôle de consultation et ceux ayant vocation à négocier. Les représentants élus lors des élections professionnelles siègent au sein d'instances consultatives telles que le comité d'entreprise, la délégation du personnel ou le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Ces instances peuvent parfois être fusionnées, elles peuvent comporter des représentants syndiqués et non syndiqués, et elles n'ont, sauf cas dérogatoires, pas vocation à négocier.

 

La négociation est en principe le monopole des délégués syndicaux (DS). Ceux-ci sont désignés par les syndicats représentatifs, ceux qui ont obtenu au moins 10  % des votes aux élections professionnelles. Les employeurs de tous les établissements d'entreprise de plus de dix salariés doivent négocier avec les délégués syndicaux au moins une fois par an lors des  négociations annuelles obligatoires sur les salaires et les conditions de travail.

 

Premier problème : dans deux tiers de ces établissements, il n'y a pas de délégués syndicaux. C'est quasiment la règle dans les établissements de 10 à 20  salariés et dans la majorité des établissements de 50 à 100 salariés. Second problème : dans un établissement sur trois où il y a des délégués syndicaux, les négociations, bien qu'obligatoires, n'ont pas lieu. Les causes données par les employeurs sont l'application d'un accord de branche, une décision de la direction ou l'absence de demande des salariés. Troisième problème : lorsqu'il y a des négociations, elles n'aboutissent à un accord que dans deux cas sur trois. Mises bout à bout, ces statistiques impliquent que seuls 10 % des entreprises qui pourraient le faire signent des accords. On négocie en fait très peu dans les entreprises françaises.

 

 

 

                En France, les syndicats ne sont toujours pas les bienvenus dans l'entreprise

En France, les syndicats ne sont toujours pas les bienvenus dans l'entreprise

                          - Par contre pour toi Manu, on aura toujours une petite place

 

 

La raison principale en est la discrimination syndicale. Les salariés renoncent à s'engager dans les instances représentatives parce qu'ils craignent pour leur carrière. Plus d'un tiers des salariés mentionnent la peur des représailles comme une raison de la faible syndicalisation en France (sondage TNS Sofres).

 

Ces craintes ne semblent pas infondées : 40 % des délégués syndicaux estiment que leur mandat a été un frein pour leur carrière. L'étude de leur salaire révèle qu'à diplôme, ancienneté et âge égaux ils sont payés en moyenne 10 % de moins que leurs collègues non syndiqués. Elle révèle également que tous les délégués syndicaux ne sont pas logés à la même enseigne : ceux qui ne négocient pas avec leur employeur ne subissent aucune pénalité salariale, et sont même parfois mieux rémunérés que les salariés non syndiqués. A l'inverse, les délégués des syndicats qui négocient sans parvenir à un accord subissent de très lourdes pénalités salariales. On comprend mieux pourquoi un tiers des délégués syndicaux rechignent à négocier.

 

Les cas avérés de discrimination ou de répression se sont tellement accumulés qu'en  2013 la CFTC, la CGT, FO, la FSU et Solidaires, ainsi que le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, ont créé un Observatoire de la discrimination et de la répression syndicales. Il se crée ainsi dans les entreprises un cercle vicieux.

 

La rareté des salariés prêts à prendre le risque d'un mandat rend impossible la tenue d'élections professionnelles. Et la boucle est bouclée. Moins les syndicats sont représentatifs et soutenus, plus il est facile de les discriminer, moins il y a de candidats aux élections professionnelles, et moins les syndicats sont représentatifs…

 

Lire l'article du Monde

 

 

             En France, les syndicats ne sont toujours pas les bienvenus dans l'entreprise

En France, les syndicats ne sont toujours pas les bienvenus dans l'entreprise
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21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 16:16

 

Le Soir de Bruxelles : le 21 mars 2016

 

La réforme du travail lancée par le gouvernement français est plus libérale que jamais

 

François Hollande avait prévenu la semaine dernière  : entre ceux qui ne veulent « rien faire » et ceux qui veulent « tout défaire », il s’emploierait, lui, à « bien faire ». Les Français étaient donc avisés : jusqu’à la fin de son quinquennat, il s’efforcerait de réformer le pays englué dans la crise pour qu’il se remette sur les rails.

 

Mais comment ? Ce serait la surprise du chef. Après le tournant social-démocrate de l’hiver 2013-2014 qui, avec le pacte de responsabilité, donnait le coup d’envoi d’une politique de l’offre plutôt que de la demande, voici la saison 2 du « changement, c’est maintenant ! ». La réforme annoncée du Code du travail, qui aboutira de facto à un déverrouillage des 35 heures et à des licenciements facilités, offre davantage de flexibilité aux entreprises qu’elle ne garantit de stabilité aux salariés. «  Du thatchérisme ! », s’épouvante jusqu’à l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui n’a rien d’un dangereux gauchiste.

 

On ne va pas lui reprocher ce volontarisme. Après tout, il faut un certain courage pour annoncer aux salariés, à quatorze mois d’une élection, que les temps vont être encore plus durs, plutôt que de leur promettre qu’on va raser gratis. Le problème, c’est que sa nouvelle politique ne chamboule pas seulement les droits sociaux en accroissant l’inquiétude des salariés, qui ne seront pas forcément enclins à consommer davantage. Elle repose en outre sur un pari aléatoire : espérer que les entreprises, ainsi aidées, créeront de nouveaux postes, et cela même si la croissance reste quasi inexistante. Rien n’est moins sûr. Manuel Valls vient lui-même de sermonner le patronat parce que celui-ci n’avait pas joué le jeu du pacte de responsabilité : pas assez d’emplois créés en contrepartie des allégements de charges consentis.

 

Surtout, on peut s’interroger sur le timing d’une telle réforme. François Hollande, qui s’est longuement expliqué vendredi soir sur France Inter lors d’une émission spéciale, peut très bien vanter les modèles suédois ou finlandais en faisant un grand plaidoyer pour le dialogue social. Mais pour un pareil big bang, il aurait fallu un mandat. Or le candidat de 2012, celui qui disait que son seul ennemi serait la finance, n’avait pas annoncé cette couleur.

 

Ses électeurs, qui se sentent trahis, se demandent si François Hollande est toujours de gauche. « Toute ma vie a été un engagement pour l’égalité, la dignité humaine et le progrès », leur a répondu le président français, même s’il revendique, de par sa fonction, ne plus être un militant. La question n’est en fait même plus celle-là. Qu’elle soit de gauche ou qu’elle soit de droite, le problème dramatique de la politique de François Hollande est surtout qu’après quatre ans d’efforts, elle ne porte désespérément pas ses fruits.

 

Lire l'article du Soir de Bruxelles

 

 

 

                        François Hollande est-il encore de gauche ? Même Platini s’interroge

François Hollande est-il encore de gauche? Même la presse belge s’interroge

                Attention François, si tu va trop sur l'aile droite, tu risque de te mettre hors-jeux

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 15:12

 

Loi travail : une radicalisation néolibérale

 

Même si le projet de « loi travail» est remanié ou abandonné, il marquera la présidence Hollande. Les millions d’électeurs qui ont cru voter pour une politique de gauche n’anticipaient pas le projet de transformation de la relation salariale le plus néolibéral de tout l’après-guerre. On chercherait longtemps la « loi El-Khomri » dans les soixante engagements du candidat François Hollande mais on trouverait sans peine ses principaux éléments dans les demandes du patronat et les programmes des candidats de droite les plus libéraux et marginaux. Mais la droite, dans son ensemble, n’a jamais osé proposer ni mettre en œuvre une « réforme » de cette ampleur ; et pour cause, une partie de sa propre base sociale goûte peu les charmes de la précarité. La loi travail, c’est la revanche d’Alain Madelin.

 

L’offensive surprend quand même par sa violence. Sans faire explicitement campagne sur ce thème, François Hollande envisageait bien des « réformes » du marché du travail suivant l’exemple allemand. Mais l’objectif des fameuses lois Hartz n’était pas, au moins dans un premier temps, de flexibiliser tous les contrats de travail. Il s’agissait de développer un secteur de jobs précaires et mal payés pour occuper les chômeurs de longue durée et/ou peu qualifiés qui sinon toucheraient une aide sociale calculée au strict minimum. D’ailleurs, si on se fie aux indicateurs de l’OCDE, les salariés en CDI sont maintenant mieux protégés en Allemagne (et aux Pays-Bas) qu’en France. De plus, des « réformes », il y en a eu depuis 2012. Mais leur manque de résultats semble inciter à la fuite en avant.

 

La forme surprend aussi. Le gouvernement a sauté l’étape de négociations formelles préalables avec les syndicats, qui permet, en principe, de s’assurer un soutien minimal de la part des organisations les plus arrangeantes. Il a peut-être estimé que la préparation d’artillerie médiatique consécutive à la publication des rapports Combrexelle, Badinter, Terra Nova et consorts pouvait suffire. L’idée que la législation de l’emploi était une cause voire la cause du chômage a été martelée avec obstination. On nous a rabâché que le code du travail était « obèse », qu’il fallait le simplifier, que les entreprises avaient peur d’embaucher par crainte de ne pouvoir licencier… Certains économistes ont bien attiré l’attention sur la fragilité de ce raisonnement ; on peut aussi rappeler qu’empiriquement, il n’est pas du tout vérifié que les pays où la législation du travail est la plus protectrice sont ceux où le chômage est systématiquement le plus élevé. Qu’importe, la petite victoire du gouvernement est probablement d’avoir inculqué l’idée qu’il fallait « réformer » ; comme l’Espagne et l’Italie, deux pays où l’emploi n’a toujours pas retrouvé le niveau de 2008.

 

 

                              Alain Madelin avec Frère Léo et un ancien d'Occident

La loi El Khomri, « c'est la revanche d'Alain Madelin » selon un professeur d’économie à la Sorbonne

                     - Bon les gars, je vous propose de faire de l'entrisme chez les socialos

                                      - Heu t'es sûr qu'on va pas se faire repérer ?

 

 

Sur le fond, le projet de loi vise à modifier le rapport de forces dans la relation de travail au profit des employeurs. La décentralisation des négociations collectives en combinaison avec l’extension des possibilités de conclusion d’accords dérogatoires - l’inversion de la hiérarchie des normes - et même de prise de décision unilatérale par l’employeur affaiblit la position à partir de laquelle les salariés pourraient négocier. Permettre des référendums d’entreprise conduit à diminuer la capacité de résistance des syndicats et facilite l’adoption de mesures augmentant la flexibilité grâce à l’appui de salariés non concernés par ces mesures, donc plus susceptibles de n’y voir que des avantages.

 

La division au sein du salariat est un élément essentiel d’un projet qui est principalement conçu pour bénéficier au capital. L’argument le plus en vogue est que la protection des uns se ferait au détriment de l’insertion des autres. Les mêmes qui soi-disant ne croient pas à la lutte des classes attendent, en revanche, beaucoup de celle entre les «insiders» et les « outsiders », et tentent de faire croire à ces derniers que l’amélioration de leur sort dépend de la dégradation de celui des premiers. Et de promettre pour tous un CDI… qui va finir par être plus précaire qu’un CDD si on continue dans la même direction.

 

La segmentation du marché du travail n’a pas besoin de la législation protectrice de l’emploi. Les firmes font ça très bien toutes seules. D’ailleurs l’avenir que certains nous promettent, qui verrait cohabiter une minorité de salariés jouissant des avantages attachés à ce statut, et une masse d’indépendants/précaires, n’est jamais que la consécration de la séparation entre « insiders » et « outsiders », avec des proportions inverses de celles qu’on connaît aujourd’hui.

 

Par Bruno Amable, professeur à l'Université Paris Panthéon Sorbonne et à l'École d'économie de Paris, prix du meilleur jeune économiste de France en 2000. Lire aussi l’article de Libération

 

 

 

La loi El Khomri, « c'est la revanche d'Alain Madelin » selon un professeur d’économie à la Sorbonne

    - Jacques, avec toi j'e penchais trop à gauche alors j'ai fini par rejoindre les socialistes

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 16:37

 

Le Parisien : le 13 mars 2016

 

Selon le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle, la loi Travail s'avérera pénalisante pour les femmes. Il explique pourquoi...

 

Voilà un avis rendu le 11 mars, en toute discrétion, par le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (CSEP, rattaché au ministère des Droits des femmes) qui risque de faire jaser. A la demande du gouvernement, plusieurs personnalités qualifiées, mais aussi les organisations syndicales, patronales et les associations familiales ont été chargées de passer le projet de loi Travail au crible de l'égalité hommes-femmes. Le verdict est salé : « Un déséquilibre apparaît dans ce texte en défaveur des salarié(e)s et singulièrement des femmes », lit-on en conclusion de ces 23 pages dont nous nous sommes procuré une copie.

Deux lignes plus loin, ils enfoncent le clou : « Même si ces mesures ne visent pas explicitement une dégradation de la situation des femmes, elles auront un impact négatif sur elles. Il s'agit bien d'un risque de discrimination indirecte. » Au total, quatre syndicats ont rendu un avis négatif (
CFDT, CGT, FO et CFE-CGC). La CFTC et la CGPME émettent des réserves importantes. Quant au Medef, qui soutient totalement le texte, il a refusé de se prononcer sur l'impact du projet de loi en termes d'égalité hommes-femmes, comme l'UPA (Union professionnelle artisanale).


Certes, le préambule de l'avant-projet de loi rappelle bien que « l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes doit être respectée dans l'entreprise », relève le Conseil. Voilà pour la théorie, mais tout au long des 150 pages « à aucun moment la prise en compte » du problème « n'apparaît dans le texte », critique dans cet avis l'économiste Rachel Silvera, spécialiste des inégalités salariales. Certains articles du futur Code du travail sont même « moins-disant » par rapport aux règles européennes. Comme l'article 31 qui prévoit que « l'employeur assure l'égalité de rémunération entre les salariés pour un même travail », et non pas « l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes », pointe ainsi le Conseil.
 

 

Comment la loi El Khomri va pénaliser les femmes

                             - Quel est l'imbécile qui a accroché cette pancarte...

 

 

Et d'affirmer plus loin : « Cela signe une méconnaissance notoire de la construction des inégalités. » Même chose pour la primauté des accords d'entreprise sur les accords de branche ou la loi. Pièce maîtresse du projet de la loi El Khomri, ce principe est selon l'avis du CSEP nuisible aux avancées de l'égalité professionnelle. Car « les femmes sont plus nombreuses dans les secteurs les moins couverts syndicalement », comme le commerce, l'aide à domicile ou encore dans les PME de moins de 50 salariés où les syndicats sont absents.

Autre point noir, les mesures touchant au « temps de travail, premier facteur discriminant pour les femmes ». Le projet de loi renforce considérablement la flexibilité en augmentant les durées maximales de travail, notamment pour les cadres et les possibilités pour l'employeur de modifier de façon unilatérale les horaires. Pour la CFDT, « il convient de dénoncer le fait qu'un certain nombre d'articles sont en complète contradiction avec le principe de conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale ». La CGT y voit « une double peine pour les salariés à temps partiel (80 % sont des femmes) dont les heures supplémentaires seront demain encore moins bien payées ». En effet, le projet de loi prévoit une majoration de 10 % seulement des heures complémentaires, contre 25 % actuellement dans un grand nombre de branches.


L'avis pointe enfin un « risque de licenciement plus grand pour les femmes ». Le texte prévoit notamment d'élargir les accords « compétitivité » qui permettent aux employeurs d'imposer une modulation des horaires de travail, des salaires, de la mobilité. En cas de refus, le salarié sera licencié. « Ces mesures sont particulièrement défavorables aux femmes, pour qui cela peut signifier d'être obligé de renoncer à son emploi. Car du fait d'autres charges qu'elles assument, elles ont beaucoup moins de possibilités d'adaptation », rappelle le CSEP. Quant aux congés légaux « de solidarité familiale » ou « de proche aidant » — majoritairement utilisés par des femmes —, le Conseil redoute « une régression » puisque leur durée n'est plus fixée par la loi.

 

 

LIre l'article du Parisien

 

 

 

   Haut conseil égalité femmes-hommes : quand le Gouvernement faisait dans la démogagie

Comment la loi El Khomri va pénaliser les femmes

                              - J'espère que ça ne va pas nous retomber dessus....

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