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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 08:58

 

Métro : Le 12 décembre 2013

 

« C’est un des moyens pour les hommes de garder le pouvoir » selon un spécialiste.

 

Etes-vous atteint de présentéisme ? Les symptômes sont faciles à reconnaître : vous restez tard au travail le soir, vous regardez vos mails professionnels le week-end, ou vous répondez aux sollicitations de votre entreprise en dehors des heures de travail...

 

Si c'est le cas, c'est normal : les Français sont champions dans le domaine. Par souci d'être bien vu de leur direction, ou par peur de perdre leur place, ils sont en effet très nombreux à privilégier leur travail au détriment de leur vie privée.

 

Car en France, contrairement à beaucoup de pays étrangers, être encore à son poste à 19 ou 20 heures est perçu comme un signe de forte implication dans sa mission. Un phénomène qui s'est aujourd'hui généralisé dans l'Hexagone, touchant l'ensemble du monde du travail. « Ce fléau, je l'appelle le management de la montre, explique à metronews le président de l'Observatoire de l'équilibre des temps et de la parentalité en entreprise (OPE), Jérôme Ballarin. Il ne regarde que l'heure et pas l'efficacité du salarié ».


 

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                                       -  Et voilà ce que ça donne de rester tard au bureau

 

 

 

« Le présentéisme coûte plus cher que l'absentéisme »  Pourtant, le présentéisme, loin d'être louable, ferait en fait des ravages. « Aujourd'hui, on chiffre à environ 3 milliards d'euros par an le coût net du stress et de la fatigue au travail et donc du présentéisme. C'est plus que l'absentéisme, souligne l'expert. Or il est prouvé que les salariés épanouis dans leur vie privée sont plus concentrés et créatifs », ajoute-t-il.

 

Partant de ce principe, le ministère du Droit des Femmes a mandaté l'Observatoire de la Parentalité en Entreprise, une association qui lutte pour l'amélioration de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle des salariés. Sa mission : convaincre les entreprises de signer la charte du ministère, prévoyant « 15 engagements pour l'équilibre des temps de vie ».                                

 

Plus de mails le week-end  Plus de réunions avant 9h et après 18h, plus de mails envoyés en dehors des heures de travail, plus de sollicitations les week-ends et pendant les jours de congés : ces quelques engagements concrets, seize grosses entreprises les ont pris depuis octobre, dont cinq nouvelles cette semaine, parmi lesquelles Coca-Cola, BNP-Paribas ou encore Casino. Pas de promesses en l'air : la charte doit être signée par tous les membres du comité exécutif ou du comité de direction de l'entreprise.

 

Piloté par le ministère du Droit des femmes, ce programme n'en est pas moins adressé à tous les salariés. En optimisant le temps de travail, le gouvernement espère ainsi favoriser la parité et l'équilibre familial. Il est en effet toujours bon de rappeler que d'après de récentes études, les femmes effectuent encore 80% des tâches domestiques et familiales. « Le présentéisme est un moyen pour les hommes de garder le pouvoir. 80% des tâches éducatives et domestiques sont encore réalisées par les femmes donc ce sont plutôt les hommes qui restent tard au travail. » selon Denis Moneuse, chercheur à institut des Administration des Entreprises (IAE) qui dépend de la Sorbonne.

 

Lire l’article de « Métro »

 

 

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                         - Bon les gars, faites pas semblant et dépèchez vous de rentrer !

 

 

 

 

                   

Lire aussi

Jean-Claude Mailly et le syndicat Force Ouvrière ne réclament plus la retraite à 60 ans.     

Un syndicat dénonce la façon dont la Mairie de Paris recrute un de ses DRH.                      

 

 

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 08:54

 

Basta Mag : Le 2 décembre 2013

Malheureusement ces salariés appartiennent à des entreprises sous-traitantes qui n’ont même pas de CHS-CT.

Les quatre opérateurs de téléphonie mobile ont mis les bouchées doubles avec le lancement de la 4G, qui permet de surfer sur Internet en haut-débit depuis son téléphone mobile, l’installation de nouvelles antennes se multiplie. Problème : les techniciens du secteur, souvent salariés d’entreprises sous-traitantes, semblent délaisser les consignes de sécurité au détriment de leur santé. Sous la pression des donneurs d’ordre, les risques augmentent, alors que la réglementation sur la protection des travailleurs reste inadaptée.

« On a souvent des maux de tête, certains de nos collègues se sont mis à saigner du nez en travaillant, sans savoir vraiment pourquoi », témoigne un technicien, sous-traitant d’Orange, qui s’apprête à monter des « antennes panneaux » 4G sur un mât d’une vingtaine de mètres, au sommet d’un stade de foot. « Je ne ferai pas ce métier toute ma vie », ajoute-t-il, inquiet des risques que peuvent représenter les émissions d’ondes de ces antennes relais.

Comme lui, de nombreux techniciens sont aujourd’hui concernés par l’installation des antennes relais sur le territoire français. Près de 7 896 autorisations ont été accordées en septembre dernier par l’Agence nationale des fréquences (ANFR), tous opérateurs confondus. Au total, avec l’extension de la 4G à tout le territoire, 50 000 antennes relais d’Orange, SFR (Vivendi) et Bouygues, devront être remplacées. Avec quels risques pour la santé de ces travailleurs ?

 

                                                   4G : les opérateurs mettent les bouchés doubles

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                                               - Désolé, mais pour la santé, c'est pas prévu au menu

 

« La situation est dramatique », s’insurge Jean Rinaldi, président de la Coordination citoyenne antennes relais Rhône-Alpes (CCARRA). En début d’année, lors d’un déplacement à Metz, ce spécialiste des mesures de champs électromagnétiques chez les particuliers a été « sidéré » : un technicien travaille à la maintenance sur le toit d’un immeuble, alors que l’antenne est toujours en fonction. Normalement, pendant la durée de l’intervention, il est recommandé de faire basculer le réseau sur d’autres antennes, pour ne pas surexposer le technicien. Car près des antennes, les champs électromagnétiques sont très puissants. « A six mètres de l’antenne, lors de précédentes mesures, j’ai pu obtenir : 203 Volt par mètre (V/m). A 10 mètres 156 V/m », détaille Jean Rinaldi.

Des chiffres confirmés par l’association Next-Up, spécialisée dans la lutte contre les effets des ondes électromagnétiques, qui a notamment mesuré 204 V/m face à des antennes relais camouflées. A titre de comparaison, le Conseil de l’Europe recommande un seuil maximal d’émission de 0,6 V/m, afin de ne pas porter atteinte à la santé des riverains. Or, quand un technicien intervient, ces procédures de coupures ne sont pas toujours respectées pour ne pas risquer de perdre des clients, explique Jean Rinaldi, qui pointe « la responsabilité des opérateurs ».

 

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                                  Des mesures de  204 V/m face à des antennes relais camouflées

 

« Les techniciens ont la trouille de témoigner »  Les enjeux économiques de la téléphonie mobile sont tels que le silence règne. Un fait que déplore Marc Cendrier, chargé de l’information scientifique pour l’association Robin des Toits, spécialisée dans la lutte contre les dangers du rayonnement électromagnétique et les implantations d’antennes-relais. Cette dernière est contactée « par des employés de sociétés sous-traitantes s’inquiétant pour leur santé, à la suite de vertiges et de maux de tête », confirme Marc Cendrier. Avant d’ajouter : « Les techniciens ont la trouille de témoigner ».

« Il y a les consignes de sécurité d’un côté et la réalité de l’autre. Celle de la rentabilité que l’on demande aux sociétés sous-traitantes », dénonce Jacques, responsable syndical chez l’un des quatre opérateurs de téléphonie mobile. « Un ancien technicien employé par Orange souffrait parfois de maux de tête. A cause de ses conditions de travail et de son inquiétude sur les ondes, il a quitté son travail », témoigne-t-il, désabusé. Un autre de ses collègues, élu dans un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), déplore lui aussi la situation : « On gratte constamment sur les coûts. On sous-traite et le résultat est là. Cela fait partie du spectre de situations à risques que l’on peut rencontrer avec la sous-traitance. »

 

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                                          Il y a les consignes de sécurité d'un côté et la réalité de l'autre 

 

Les opérateurs se défaussent sur leurs sous-traitants  Un constat partagé par Patricia Mouysset, responsable du département risque chimique, toxicologique et physique à Technologia, un cabinet privé d’évaluation et de prévention des risques professionnels agréé par le ministère du Travail : « La pression de rentabilité financière et de minimisation de la durée d’immobilisation de l’antenne, empêche la mise en place de ces processus », explique-t-elle. De quoi s’interroger sur le respect des procédures de coupure d’antennes. D’autant plus qu’il suffit parfois aux techniciens d’une poignée de minutes seulement pour réaliser une opération de maintenance sur une antenne.

L’institut national de la recherche et de la sécurité (INRS) a publié en janvier 2013 une note intitulée, « Exposition des travailleurs aux risques dus aux champs électromagnétiques. Guide d’évaluation des risques » (à consulter ici). Elle précise que l’employeur est tenu à une obligation de résultat en termes de santé et de sécurité des travailleurs. Mais n’aborde que très succinctement la question des antennes relais.

De leur côté, les opérateurs assurent prendre leurs précautions, tout en renvoyant la responsabilité aux entreprises sous-traitantes. « Les sous-traitants interviennent sous la responsabilité de leur employeur, mais des procédures de coupures existent pour nos antennes. Le technicien peut lui-même provoquer la coupure et vérifier », affirme Alexandre André, responsable presse pour le groupe Bouygues Telecom. Il confirme que « le déploiement des antennes est assuré [en partie] par des sociétés sous-traitantes », même si l’opérateur dispose de « ses propres techniciens pour une partie de la maintenance ».

 

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                                 Ondes et santé: Les opérateurs se défaussent sur leurs sous-traitants

 

Free et SFR aux abonnés absents  En cas de doute, « nos techniciens disposent aussi d’un instrument de mesure des CEM (compatibilité électro-magnétique) », ajoute l’opérateur. Sollicitée à de multiples reprises, Catherine Moulin, directrice de santé et environnement pour l’opérateur SFR, n’a pas donné suite à nos questions. Quant à l’opérateur Free, il se contente de répondre que « toutes les procédures sont solidement encadrées » mais que la société « ne communiquera pas plus » sur le sujet.

Chez Orange, Estelle Ode-Coutard du service de presse, assure que « la réglementation est respectée en interne, c’est-à-dire avec ses salariés, comme en externe, avec les sociétés sous-traitantes. » « Nos salariés reçoivent une formation, précise-t-elle. Pour ce qui est des externes, les sociétés sous-traitantes signent une charte avec Orange qui les engagent à respecter les règles de sécurité. »

Des garanties qui contrastent fortement avec le discours d’un responsable chargé de la sécurité dans une grande entreprise sous-traitante pour les trois principaux opérateurs. Selon lui, il existe bien « une convention signée par les opérateurs dans laquelle ils présentent le mode opératoire de coupure des émissions d’antennes ». Mais il pointe aussi des failles : « Couper l’antenne lors d’une installation d’antenne relais est une procédure contraignante pour les opérateurs qui sont obligés de couper leur réseau. Alors couper toutes les antennes en même temps sur un toit d’immeuble, ce n’est pas évident. »

 

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                                                                 Free et SFR aux abonnés absents

 

De nouvelles réglementations pas avant 2016  Suite à une procédure enclenchée contre SFR par des représentants du personnel, la Cour d’appel de Versailles oblige, depuis août 2013, les employeurs à consulter le CHSCT avant le déploiement d’un service 4G. SFR estimait « que les conditions de travail n’étaient pas impactées et ne jugeait pas nécessaire de consulter le CHSCT », rappelle La Nouvelle Vie Ouvrière, le magazine de la CGT. Les techniciens des opérateurs de téléphonie mobile pourront donc profiter de cette obligation pour poser la question des impacts des champs électromagnétiques sur leur santé. Problème : les salariés des entreprises sous-traitantes ne sont pas concernés par cette obligation.

Or, nombre de PME qui travaillent dans ce secteur ne dépassent pas quelques dizaines de salariés, parfois moins, et ne disposent pas de représentants syndicaux. Et les accidents liés aux ondes électromagnétiques, dans le cadre d’opérations spécifiques sur des antennes relais, ne sont toujours pas reconnus par la médecine du travail. Le chemin à parcourir est encore long pour « pouvoir établir un vrai diagnostic clinique » sur les symptômes des techniciens, estime Amélie Massardier Pilonchéry, médecin du travail et chercheuse à l’Université de Lyon.

Contactés par Basta !, les services de la Direction générale du travail (DGT) n’ont pas encore évalué l’ampleur du risque. « De manière générale, très peu de signalements individuels sont remontés directement par les usagers au niveau de l’administration centrale, nous a répondu la DGT. Mais, les délais impartis pour répondre ne nous ont pas permis de questionner nos services déconcentrés sur ces éventuels signalements individuels », précise-t-elle, alors que l’inspection du travail est en pleine réforme. Une évaluation des risques professionnels que font peser les ondes électromagnétiques devraient être menées en 2014. « La réglementation nationale relative à la protection des travailleurs contre les risques liés aux champs électromagnétiques va être prochainement renforcée », promet la DGT... « au plus tard » le 1er juillet 2016 .

 

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                                                     Une nouvelle reglementation pas avant 2016

 

Des « effets biologiques et sanitaires déplorables »  Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. En 2011, photos et témoignages à l’appui, l’organisation Next-Up dénonce déjà les « effets biologiques et sanitaires déplorables et scandaleux qui sont malheureusement constatées de façon récurrente », sur les techniciens. Leur lettre adressée à la Direction départementale du travail de la Drôme est restée sans réponse.

« En Angleterre, au milieu des années 1990, une dizaine de techniciens, exposés à des champs électromagnétiques de puissance équivalente à ce que l’on peut obtenir près d’une antenne relais, ont eu de sérieux problèmes de santé et troubles neurologiques, et ont été contraints d’arrêter de travailler », décrit Marc Filterman, membre du Conseil scientifique du Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques non ionisants (Criirem) et spécialiste des recherches sur l’électronique.

Pierre Le Ruz, président du Criirem, expert européen en nuisances électromagnétiques et en radioprotection, confirme que ces situations dangereuses existent. Reste que les techniciens en intervention sont soumis à de multiples expositions, en particulier, via leurs portables professionnels. « Le portable expose avec des pics plus importants, mais sur de courts instants alors que les émissions dues aux antennes sont moins puissantes mais concernent un plus grand temps de travail », expliquait ainsi Amélie Massardier-Pilonchéry, lors d’une intervention au Comité national d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’Orange / France Télécom en 2012.

 

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                                                          Des effets biologique et sanitaires déplorables

 

Réglementation et droit du travail inadaptés  Les élus politiques demeurent bien silencieux sur ces problématiques liées aux ondes, regrette Marc Filterman. En février dernier, le Criirem expédie à une centaine de députés une synthèse sur les risques des champs électromagnétiques sur les riverains, les professionnels, ou même les militaires, avec plus d’une centaine de références d’études. Le 23 janvier, lors de l’examen de la loi de la député Laurence Abeille pour « un principe de précaution pour les risques résultant des ondes électromagnétiques », silence radio. Le principe de précaution semble tombé aux oubliettes (lire l’article de Basta ! sur le sujet).

Il y aurait pourtant fort à faire sur le plan législatif. Le code du travail français ne contient aucune disposition spécifique sur la prévention des risques d’exposition professionnelle aux champs électromagnétiques. Seule la directive européenne 2013/35/UE fixe les prescriptions minimales en matière de protection des travailleurs. Elle indique que pour une gamme de fréquences supérieure à 2000 MHz, l’intensité du champs électromagnétique d’exposition ne doit pas dépasser 137 Volt par mètre. Les fréquences utilisées pour la 4G sont comprises entre 1800 MHz et 2600 MHz. Seules certaines installations de la 4G seraient donc soumises à cette réglementation. En matière de protection des salariés, comme des riverains, tout reste à faire.

Lire l’article de « Basta Mag »

 

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                              Ondes et santé: En matière de protection des salariés tout reste à faire.

 

 

Lire aussi

Santé au travail: Des syndicalistes sensibles aux effets des ondes électromagnétiques !

Les ondes électromagnétiques envahissent le métropolitain

 

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 08:55

 

Le Parisien : Le 21 octobre 2013

Une étude révèle que les transports sont une source de stress pour près de deux salariés sur trois en Ile-de-France.

Prendre le RER, le métro ou le tram pour aller bosser, quelle galère ! D’après une étude du cabinet Technologia, spécialiste des risques liés au travail, 63% des actifs franciliens qui passent une heure et demie par jour dans les transports en commun les considèrent comme une source de fatigue, d’usure, voire d’altération de la santé. Il fait trop chaud, on voyage souvent debout, pendant un temps de trajet trop long, au cours duquel on a parfois affaire à des passagers agressifs. Ce sont les principales causes de fatigue pointées par les personnes interrogées dans le cadre de l’étude.

Rien d’étonnant pour le patron de Technologia, Jean-Claude Delgènes, qui estime que « les salariés franciliens paient le sous-investissement pendant vingt ans sur le réseau de transports franciliens ». S’il constate qu’aujourd’hui de l’argent a été mis sur la table — en attendant le supermétro du Grand Paris à l’horizon 2030 —, il estime que ces « investissements n’ont pas encore été générateurs d’améliorations ».
 

                             

                           Transport: Une source de stress pour deux franciliens sur trois

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                          -  Enfin, quelqu'un a réussi à rassembler deux français sur trois !

 

Toutefois, Jean-Claude Delgènes pointe aussi du doigt les entreprises : « On ne peut pas résoudre les difficultés rencontrées par les salariés uniquement en faisant des travaux sur les réseaux. Il y a encore trop de patrons qui pensent que leurs salariés vivent à la porte de leur entreprise. La France a trop de retard sur le télétravail. Le covoiturage est sous-développé », dénonce-t-il. Il préconise le développement « des entreprises en réseaux, de bourse d’échanges d’emploi, l’embauche de conseillers en mobilité dans les entreprises ».

S’il est vrai que les entreprises paient déjà un lourd tribut pour les transports en commun (3,4 Mds€ versés en 2013 au Stif, le Syndicat des transports d’Ile-de-France), Jean-Claude Delgènes pense qu’investir davantage permettrait à terme aux entreprises de faire des économies… en arrêts maladie. « Il n’y a malheureusement pas d’études sur le sujet, mais il faudrait s’intéresser aux corrélations entre certaines pathologies, comme l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux et les transports en commun.»
  

De son côté, la patronne du Transilien plaide pour « l’effet papillon » : « Il suffirait qu’une minorité de salariés puisse travailler en horaires légèrement décalés pour améliorer l’ensemble du réseau », assure Bénédicte Tilloy. En contrepartie, les entreprises qui joueraient le jeu pourraient bénéficier d’un rabais sur la fameuse taxe transport qu’elles versent au Stif. Mais à l’heure où celui-ci se voit contraint de majorer les prix des tickets de transport de 3% jusqu’en 2025, cette piste de travail reste plus que jamais virtuelle…

 

Lire l’article du « Parisien » 

 

                                      Elle court, elle court la banlieue

 

 

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Pour Bertrand Delanoë, « travailler en bibliothèque, c’est pas la mine » !

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 11:16

 

Le Nouvel Observateur : Le 15 octobre 2013

Si l'Anses fait preuve d'une grande prudence, elle appelle tout de même à beaucoup de précaution avec les ondes.

Comment présenter en toute liberté un rapport sur les effets des expositions aux ondes quand le sujet est aussi polémique et les fronts aussi radicalement opposés ? Tout est affaire de communication. Mardi 15 octobre, Marc Mortureux, le directeur général de l’ANSES (Agence nationale de Sécurité sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) a rendu public le rapport "Radiofréquences et santé". Très attendu, ce rapport est une revue du millier d’études scientifiques publiées dans le monde sur le sujet depuis avril 2009.

La dernière présentation en 2009 avait donné lieu à de vives polémiques et abouti au changement de dénomination de l’Agence (préalablement l’Affset) et à la démission de son directeur. L’Anses a donc cette fois décidé de faire preuve d’une grande prudence dans sa présentation. Trop au goût des associations comme Robin des Toits ou Priartem (Pour une réglementation des implantations d’Antennes relais et de Téléphone Mobile). Mais pour qui veut se donner la peine de lire entre les lignes, les signaux sont assez clairs.  

On ne pouvait pas s’attendre à ce que l'Anses disent : " les ondes tuent " comme on peut lire sur les paquets de cigarettes " fumer tue ". Le sujet des ondes, qui touchent plusieurs disciplines (physique, biologie, etc) est plus complexe et le recul scientifique pas encore assez long. L'Anses a donc dit que l’actualisation des données scientifiques " ne met pas en évidence d’effet sanitaire avéré ".

 

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Et pourtant, dès la ligne suivante, elle met en avant des études démontrant différents effets biologiques des champs électromagnétiques chez l’Homme ou l’animal. Les effets sur le sommeil et la fertilité mâle ont notamment été démontrés par l’Ineris (Institut National de l’environnement industriel et des risques). Et enfin l’Anses écrit noir sur blanc que " plusieurs publications évoquent une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphone portable ".

Beaucoup de journalistes présents lors de cette conférence de presse ont cru avoir mal entendu…Alors pour en avoir le cœur net, l’une d’entre eux a demandé à Marc Mortureux ce que signifiait " long terme " et " utilisateurs intensifs ". Sa réponse : " toute personne qui a utilisé le portable à l’oreille 30 minutes par jour pendant vingt à vingt-cinq ans "… Autrement dit, nous tous. Ou en tout cas, tous ceux qui ont besoin d’un téléphone portable dans le cadre de leur travail.

Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques de l’Anses, a rappelé que l’usage du téléphone portable évoluait (On fait plus de SMS) et que les constructeurs ont fait des efforts pour réduire le DAS (Débit d’absorption spécifique) qui mesure la quantité d’énergie absorbée par les tissus organiques sous l’effet des ondes électromagnétiques émises par un appareil. Il est recommandé que le DAS ne dépasse pas 2 Watt/ kilogramme. Ces données sont inscrites sur tous les téléphones. En revanche, elles ne sont pas du tout indiquées sur tous les autres appareils de la vie quotidienne émettant des ondes comme les téléphones sans fil (DECT), le Wi-Fi, les babyphone, les tablettes, les consoles de WI.

C’est pourquoi l’Anses a recommandé que tous ces " appareils communicants ", comme on les appelle désormais, affichent clairement leur DAS. Le demanderait-elle s’il n’y avait aucun danger ? Non. D'ailleurs, l’Anses préconise, tout comme en 2009, de limiter les expositions aux radiofréquences avec des recommandations (qui sont tout à fait en ligne avec celles du "Nouvel Observateur"). La façon de les formuler est là encore plus " politique ". Et c’est ce qui exaspère les associations.

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Ainsi, Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, estime que " l’Anses aurait dû carrément recommander l’interdiction pure et simple des téléphones portables et autres tablettes pour les enfants de moins de six ans. Une loi a été votée dans ce sens le 12 juillet 2010 mais n’a jamais été promulguée… On sait que le cerveau des enfants est particulièrement fragile tant qu’il n’est pas définitivement formé, mais cela n’empêche pas M. Peillon de lancer son plan numérique dans les écoles ".

Dans le langage plus administrativo-politique de l’Anses, cela donne la recommandation suivante : " réduire l’exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone mobile ". Présidente du comité d’experts chargé de faire cette revue scientifique, Martine Hours a regretté, lors de cette conférence de presse, qu’il n’y ait pas davantage d’études sur les enfants.

Sur les antennes-relais, l’Anses a opté pour un discours tout aussi précautionneux. Il est pris entre le marteau et l’enclume. D'un côté, les associations qui s’inquiètent de la recrudescence d’appels au secours d’électrohypersensibles (EHS) et, de l’autre, les opérateurs qui comptent sur la 4G pour se refaire une santé économique après l’arrivée du trublion Free dans le secteur du mobile.

Dans son communiqué, on peut donc lire que " le développement des nouvelles infrastructures de réseaux de téléphonie mobile fassent l’objet d’études préalables en matière de caractérisation des expositions et que les conséquences d’une éventuelle multiplication du nombre d’antennes-relais dans le but de réduire les niveaux d’expositions environnementaux fassent l’objet d’un examen approfondi ".

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Le décryptage est : théoriquement, il faudrait vérifier avant qu’un opérateur n’installe une nouvelle antenne 4G que le niveau d’exposition n’explose pas. Selon les spécialistes, le déploiement de la 4G suscitera en moyenne 50% d’augmentation du niveau d’exposition car les opérateurs devront pendant un certain temps laisser allumer les autres technologies 2G et 3G avant de tout faire basculer en 4G. 

Les associations peuvent légitimement se sentir flouées car elles exigent depuis longtemps cet " examen approfondi ". En vain. De même elles demandent que le principe de précaution soit appliqué dans les écoles et les crèches. Mais Fleur Pellerin, ministre de l’innovation et de l’économie numérique avait balayé cette demande en évoquant des " peurs irrationnelles ".

Aujourd'hui, l’Anses recommande de "documenter les situations des installations existantes conduisant aux expositions les plus fortes du public et d’étudier dans quelle mesure ces expositions peuvent être techniquement réduites". Seule " petite " victoire : le cas des EHS est implicitement reconnu puisque l’Anses a décidé d’y consacrer un rapport à part entière en 2014.

La balle est aujourd'hui dans le camp des pouvoirs publics. Les ministres de la santé, de l’écologie… et du numérique doivent prendre leur responsabilité. Et ne pas faire semblant de ne pas comprendre de qui est écrit dans ce rapport, sans quoi ils devront, peut-être dans dix ans ou dans vingt ans, rendre des comptes sur leur pseudo-cécité. A défaut de "preuves avérées", comme les appelle l’Anses, il y a suffisamment de signaux pour appliquer des principes de précaution, au moins en ce qui concerne les personnes les plus fragiles.

Lire l’article du « Nouvel Observateur »

 

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 17:13

 

Un colloque organisé le 24 octobre par le cabinet Technologia  

 

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 10:00

 

La direction de la BnF avait désactivé les alarmes lancées par les syndicats

Une partie de la toiture du site Richelieu de la Bibliothèque nationale (BNF) à Paris (IIe), a été endommagée lundi matin par un incendie. Le feu avait pris dans une partie actuellement en travaux de désamiantage, nécessitant la mobilisation de cent-vingt sapeurs-pompiers et une trentaine de véhicules en raison de la nature exceptionnelle du bâtiment.

Dès le lendemain, la direction de la Bibliothèque Nationale de France a convoqué en urgence un Comité Hygiène et Sécurité (CHSCT) extraordinaire. L’occasion pour les syndicats de se faire entendre et de poser les questions qui fâchent.

Pour la FSU qui avait déjà alerté sur les risques d’incendie dès le mois de février (lire ici), les interrogations  sont nombreuses notamment sur le fait « qu’aucun système n’ait pu être mis en place afin de détecter tout début d’incendie, au point que c’est le voisinage (!!) qui a déclenché le processus d’alerte ? »

« Que se serait-il passé si un riverain n’avait pas donné l’alerte et combien de temps se serait-il écoulé avant que de pouvoir combattre le feu » poursuit la FSU de la BnF pour qui « ce sont désormais les réponses à ces questions que pourra faire une administration qui hier encore marchait sur des œufs et s’épongeait le front, bien consciente d’avoir échappé à un désastre historique irréparable, afin de pallier ces incroyables failles organisationnelles, indigne d’un tel établissement ? »

« Comment va-t-on pouvoir continuer les travaux dans ces conditions de sécurité tant que des solutions aux problèmes évoqués ci-dessus n’auront pas été apportées ? » conclue la FSU. Des questions qui mettent la direction de la BnF et le Ministère de la Culture dans une position des plus mergitur. 

 

                                   La Ministre de la Culture se retrouve dans une position des plus mergitur

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                                                                    - M'en fous, j'ai sorti le parapluie !

 

De son côté, la CGT de la BnFa écrit à la ministre de la culture, Aurelie Filippetti et rappelle que « cet évènement fait suite à plusieurs autres dysfonctionnements graves en terme de sécurité dans la zone en travaux du site Richelieu. Ces dysfonctionnements  qui ont provoqué des retards très importants (plus de 11 mois par rapport au calendrier initial), ont mis le personnel en danger et ont engendré des surcoûts à la charge du Ministère et de la BnF. »

Le syndicat ajoute que « la présence d’amiante non détectée par l’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic) qui mène la rénovation du site, a ainsi entraîné début 2012, l’arrêt des travaux, le confinement de plusieurs zones et l’intervention en urgence d’entreprises spécialisées. ». Pour la CGT, « l’absence de détection incendie dans cette zone en chantier est inacceptable, d’autant plus dans un bâtiment aussi sensible que la Bibliothèque nationale. »

La ministre est également interpellée sur  « la mise en danger des collections, des personnels de la BnF et des ouvriers intervenant sur le site, plus de transparence de l’Oppic quant au déroulement des travaux, mais aussi un rappel à l’ordre des prérogatives du CHSCT de la BnF, et d’autre part, un renforcement des mesures de sécurité et la mobilisation de moyens humains et financiers supplémentaires pour terminer au plus tôt un chantier qui s’enlise inexorablement ».  «  Il s’agit de la santé et de la sécurité des agents, et de la sûreté de collections qui font de la BnF une des plus importantes bibliothèques nationales au monde. » rappelle la CGT à une direction plus que jamais dans une situation pas très fluctuat (lire ici).

Les syndicats soulèvent de nombreuses questions. Il faudra bien que la direction ou la Ministre, elle-même, apporte des réponses. Elles ne pourront pas indéfiniment ignorer les alertes lancées par les représentants du personnel. A moins que l’horizon indépassable de la Bibliothèque Nationale soit de se transformer en promoteur immobilier ? C’est vrai qu’à la BnF c’est toujours, tout bénef !

Publié également sur " Miroir Social "

 

                                  Aurelie Filippetti tente de désactiver l'alerte lancée par les syndicats

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                                                                        - Ah zut, j'ai plus de réseau !

 

 

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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 09:12

 

Dans le privé comme dans le public, les salariés ne savent plus ce qu’ils font.


Dans un entretien publié dans la Lettre du Cadre du 15 juillet 2013, le sociologue Vincent de Gaulejac, auteur avec Antoine Mercier de « Manifeste pour sortir du mal-être au travail » développe la notion de contrat narcissique imposé aux salariés, dans le privé comme dans le public. Morceaux choisis:


Au cœur de la crise, le privé comme le public imposent un contrat narcissique à leurs employés. Aimer son entreprise, y adhérer sans savoir pourquoi : telle est la réalité de milliers de salariés

 

Les  salariés du secteur public ou privé ont intégré les exigences de l’organisation du travail comme si elles relevaient d’un fonctionnement logique. On est passé en quelques années d’un pouvoir d’imposition à un pouvoir d’adhésion. On a basculé dans un contrat narcissique. Ce n’est plus le corps qui est mobilisé pour faire quelque chose mais la psyché.


Au siècle dernier la souffrance était physique, le corps était marqué. Aujourd’hui c’est la psyché qui est en souffrance. La perception de son propre rôle au sein du collectif professionnel devient de plus en plus complexe. Dans un tel contexte la « méritocratie » est elle aussi soumise à des facteurs très aléatoires.


Les DRH s’inspirent de la psychologie comportementale pour savoir si les cadres adhèrent réellement aux valeurs de l’entreprise. Aujourd’hui la valeur travail est moins perceptible et objectivable et les salariés ne savent plus très bien ce qu’ils font. Ils sont impliqués dans des projets, des campagnes de sensibilisation, de réorganisation dont les objectifs finaux restent illisibles. La conséquence de cette incarnation subjective du travail est une perte absolue de confiance en soi.


L’objectif est de créer les conditions de réussite d’un contrat narcissique. Cette révolution managériale est née dans les multinationales à la fin des années 70. Depuis l’objet du pouvoir n’est plus le corps qu’il s’agissait de rendre utile, docile et productifs mais la psyché que l’on prétend rendre utile, docile et productive. Cette évolution change radicalement la fonction du management et celle du travail. Nous avons tous un rapport contradictoire au travail. Il s’agit à la fois d’un lieu de désir et de souffrance, d’un lieu d’émancipation et de contrainte, de réalisation et d’asservissement.


Même si les syndicats luttent pour faire reculer cette souffrance, c’est un lent processus. Les représentants du personnel conseillent encore de suivre des formations de gestion du stress alors que c’est le stress qu’il faut essayer de mieux contrôler en amont. La défense des salariés doit passer par la dénonciation de toutes les formes de violence. Il ne suffit pas pour cela de se décharger sur les CHSCT, les médecins ou les psychologues du travail. Il faut peser sur les pouvoirs politiques  pour que ce dernier s’engage à rééquilibrer les rapports sociaux au travail en assurant ainsi une plus grande protection des salariés. Un cadre juridique s’impose, capable de faire face à l’idéologie managériale qui s’est imposée ces dernières années.

 

Publié aussi sur " Miroir Social "

 

 

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Bibliographie : Vincent de Gaulejac et Antoine Mercier, Manifeste pour sortir du mal-être au travail, éditions Desclée de Brouwer

Biographie : Vincent de Gaulejac est sociologue, directeur de laboratoire de changement social à l’université de Paris-Diderot.

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 16:16

 

Les Inrockuptibles : Le 31 octobre 2012

 

Tandis que les effets mortifères de l’idéologie managériale se perpétuent, la gauche politique et intellectuelle semble délaisser la question de la souffrance au travail.

 

Dépressions, burn-out, suicides… : les symptômes de la souffrance au travail, identifiés par les sociologues depuis vingt ans, se développent. Tandis que les effets mortifères de l’idéologie managériale se perpétuent, la gauche politique et intellectuelle semble délaisser la question.

 

Le travail tue, on le constate tous les jours (un suicide par jour à cause du mal-être au travail), on en mesure les causes et les mécanismes depuis une vingtaine d’années grâce aux travaux décisifs de sociologues comme Christophe Dejours, Danièle Linhart, Vincent de Gaulejac, Robert Castel, Alain Ehrenberg, Richard Sennett… Les salariés ne sont pas tous morts, mais tous sont frappés. Quelque chose de destructeur est à l’oeuvre dans toutes les branches professionnelles du privé ou du public (services, industrie, professions libérales…), toutes les catégories (cadres, employés, ouvriers, techniciens…).

 

Partout se manifestent les mêmes symptômes : stress, perte de sens, dépression, désenchantement, épuisement, incompréhension… Et pourtant tout continue, comme si de rien n’était. La souffrance au travail, noyée dans la masse des souffrances sociales qui l’englobent, ne forme pas le cadre d’une politique publique affirmée. Comme le remarque le sociologue Christophe Dejours dans La Panne, son nouveau livre d’entretien avec Béatrice Bouniol, « la pensée du travail est à ce point en friche qu’un président de la République a pu se faire élire en 2007 sur le slogan ‘travailler plus pour gagner plus’, à un moment où les pathologies de surcharge explosaient, de la dépression au burn-out. »

 

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Une souffrance dont l’Etat et les managers se moquent  Depuis la publication, en 1998, du livre marquant de Christophe Dejours, Souffrance en France, la question du mal-être au travail occupe cette place ambivalente dans le débat public, à mi-chemin de la marginalité politique et de la centralité de ses enjeux perçus par les sociologues, réalisateurs ou romanciers. Si de plus en plus d’indices témoignent de cette déshumanisation – suicides, dépressions, burn-out, troubles musculo-squelettiques et autres pathologies de la surcharge -, l’État et les managers s’en moquent largement, prétextant l’urgence de mener la guerre contre le chômage. Soyez heureux de souffrir au travail, au moins vous avez un emploi…

 

La misère du raisonnement dominant épouse la misère de ceux qui crèvent de l’injonction qui leur est faite de se sentir heureux. « Vivre en niant ce qui nous angoisse est notre lot », souligne Dejours, pour qui l’idéologie gestionnaire du « new public management » déshumanise le monde du travail en isolant les individus, en imposant le management par objectifs (faire plus avec moins) ou l’évaluation individuelle des performances, dont les résultats ne reflètent pas l’ensemble du travail. « Comment ne pas voir que le seul résultat ne dit rien même de la quantité de travail investie ? Comment le réduire à un résultat chiffré alors qu’il engage la personnalité tout entière ? »

 

Depuis quarante ans, l’approche clinique et psychodynamique du travail menée par Dejours tente de comprendre « le succès de ce système qui parvient à conserver l’assentiment de ceux qu’il maltraite chaque jour ». Le changement d’organisation ne peut précisément surgir que d’une réappropriation collective : ce n’est pas le harcèlement au travail qui est nouveau mais « le fait de devoir l’affronter seul ». « Le sentiment d’isolement au sein d’un environnement hostile, l’expérience de l’abandon, du silence, de la lâcheté des autres, voilà la marque de notre organisation du travail. » Or le sociologue persiste à penser que le travail est un « lieu unique d’émancipation et d’expérimentation de la vie en commun », qu’il « contient un potentiel éthique par la coopération qu’il implique entre les individus ».

 

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Affirmer la « centralité politique du travail »  L’idéologie managériale nie tout ce que les gens mettent d’eux-mêmes dans le travail ; l’engagement de leur subjectivité n’entre plus dans le circuit de la reconnaissance. Or les salariés que Dejours rencontre « ne nourrissent pas l’illusion d’être reconnus par un patron (…), ils revendiquent que leur contribution le soit, et qu’en outre, elle soit reconnue comme indispensable; la distinction est essentielle : le jugement d’utilité porte sur le travail et non sur la personne. (…) Mal poser la question de la reconnaissance, ce n’est pas répondre à la souffrance. » Dejours pose surtout comme préalable absolu à une prise de conscience salutaire la nécessité d’affirmer la « centralité politique du travail ». 

 

Pour avoir délaissé cet enjeu depuis des années, la gauche a de ce point de vue une responsabilité particulière. L’intellectuel et syndicaliste italien Bruno Trentin s’interrogeait dès 1997 sur le sens de cet abandon par la gauche politique et intellectuelle dans une magistrale réflexion, La Cité du travail, dont l’édition française est préfacée par Jacques Delors et le sociologue Alain Supiot. Alors que la gauche accompagne sur un mode compassionnel la dégradation des conditions de vie et de travail engendrées par la globalisation, Trentin rappelle qu’on ne saurait « penser la liberté dans la cité sans la penser d’abord dans le travail ».

 

                    YUMI MATUTOUYA 1981

 

La gauche doit revoir sa conception du travail  Le lieu par excellence de la conquête de soi, c’est le travail. La réflexion de Trentin s’ancre dans la « crise du compromis fordiste » : base de l’État social, il a consisté à échanger de la sécurité économique contre de la dépendance au travail, à « faire payer aux entreprises le prix d’une aliénation jugée inévitable dans son principe ». La gauche doit pourtant reconsidérer les bases de cette adhésion à une conception du travail dépassée, liée à la seconde révolution industrielle. Car la troisième a depuis opéré une nouvelle redistribution des pouvoirs, débouchant sur une « augmentation simultanée des responsabilités et de la précarité dans un contexte de restructuration permanente des entreprises ».

 

La fascination de la gauche pour la rationalisation technique du travail souligne qu’elle « n’a rien de crédible à dire face au tour pris par le nouveau capitalisme globalisé ». Un constat partagé par le sociologue Vincent de Gaulejac et le journaliste Antoine Mercier, qui analysent ce « phénomène social total » dans un revigorant Manifeste sur le mal-être au travail.

 

Identifiant clairement les symptômes et les raisons de ce mal-être (pression, culture de l’urgence, instrumentalisation, injonctions paradoxales, isolement, dégradation de l’amour du métier, perte de sens…), les auteurs invitent à réarticuler la question de la souffrance au travail à un cadre politique global qui oserait enfin déconstruire un système, critiquer frontalement les présupposés de l’idéologie gestionnaire qui imprègne nos vies professionnelles sans que personne, sinon chacun dans sa propre expérience isolée, n’y prête attention.

 

Lire l’article des « Inrockuptibles »

 

 

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                                       La gauche doit revoir sa conception du travail 

 

 

 

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 12:05

 

Miroir Social : le 1er juillet 2013

 

La Ville de Paris se mobilise pour la vaccination contre la maladie du rat 

 

Par Anne le Strat, adjointe au Maire de Paris chargée de l'assainissement

 

La Mairie de Paris ne l’avait pas vue venir ! Suite à une curieuse décision du Tribunal Administratif mettant fin à la vaccination obligatoire contre la leptospirose (aussi appelée maladie du rat) des égoutiers parisiens, la polémique n’a cessé de rebondir, l’affaire étant même remontée jusqu’à l’Elysée !

 

Articles de presse, menace de grève des agents concernés, un Comité Hygiène et Sécurité (CHS) mouvementé où l’adjointe en charge des égouts parisiens, Anne Le Strat, était accusée par la CGT de les avoir insultés, qui à son tour s’en est défendue, bref cette histoire n’a pas manqué de faire des remous.

 

Alors que la Mairie de Paris a renoncé pour le moment à faire voter une délibération traduisant la décision du tribunal, voici, par la voie officielle d'Anne Le Strat, l’élue municipale en charge de l’assainissement, un article publié sur le site « Miroir Social » qui pourrait clôre (provisoirement ?) ce chapitre sur la question importante de santé au travail. En voici donc l’intégralité.

 


                                                                Anne Le Strat publie un tribune sur Miroir Social


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                                                    "  Vous voyez, je reste pas les bras croisés !   "


 

Les égouts de la Ville de Paris, qui datent du XIXème siècle, sont des ouvrages visitables, ce qui facilite leur inspection et leur entretien. En revanche, cela suppose que les égoutiers, qui travaillent dans ce milieu insalubre et dangereux, soient parfaitement protégés. Aussi, pour la municipalité parisienne, la prévention contre la leptospirose ou « maladie du rat » constitue un enjeu majeur.

 

La vaccination du personnel a d’ailleurs montré son efficacité puisqu’aucun cas de leptospirose n’a été recensé depuis la mise en place (en 1976) de la vaccination systématique des égoutiers et des autres agents intervenant dans les égouts municipaux.

 

En décembre 2012, le tribunal administratif a jugé que le Conseil de Paris n'était pas compétent pour imposer cette vaccination qui n'est pas obligatoire. En conséquence, la Ville de Paris se voit dans la nécessité légale d’appliquer l’avis du Conseil supérieur d'hygiène public de France, établi le 18 mars 2005, qui ne fait que recommander cette vaccination.


 

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                                      Leptospirose: La Mairie de Paris estime de son devoir de se faire vacciner ! 


 

Pour autant, la collectivité parisienne estime qu’il est de son devoir de vivement encourager l’ensemble du personnel intervenant en égout à se faire vacciner. C’est en ce sens que le maire de Paris a saisi la Ministre des Affaires sociales et de la Santé pour l’alerter sur la spécificité du réseau d’assainissement parisien et le niveau élevé d’exposition des égoutiers à cette maladie aux conséquences graves, afin qu’elle puisse examiner la possibilité d’inscrire la vaccination contre la leptospirose parmi celles obligatoires pour le métier d’égoutier, au moins pour les égoutiers parisiens.

 

Si la législation reste inchangée, la Ville de Paris entend poursuivre l’application de dispositions pour assurer le droit à la vaccination des égoutiers.

 

Au moment de la visite de recrutement au service de médecine statutaire, les agents continueront d’être informés oralement et par écrit des risques infectieux pour lesquels une vaccination est obligatoire ou recommandée. Ils seront ainsi sensibilisés au fait que les différentes instances de la Ville de Paris, et notamment la Direction de la propreté et de l’eau, agissant comme responsable de la prévention des risques professionnels, considèrent que la vaccination contre la leptospirose, recommandée par le ministère chargé de la santé pour les égoutiers, constitue un des éléments de prévention contre cette maladie et qu’elle est hautement recommandée chez les égoutiers et les autres agents de la ville travaillant dans les égouts.

 

La vaccination contre la leptospirose pourra se faire dans un des services de vaccination de la ville et à ses frais.


                                                 

                                                          Une vaccination au frais de la Mairie de Paris 

 

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                                                           Maladie du rat:  Immunisation is the safeguard !


 

La santé et la sécurité des égoutiers sont une priorité de la Ville de Paris qui met en œuvre une politique globale en ce sens. Celle-ci s’appuie notamment sur le recours à des équipements de protection individuelle permettant d’éviter tout contact des muqueuses (yeux, bouche, nez) et de toute lésion de la peau (égratignure, plaie) avec l’eau ou les urines d’animaux contaminés, voire les animaux eux-mêmes, le renforcement de la formation des agents et le suivi de consignes précises selon les activités à accomplir et les lieux d’intervention, une meilleure ventilation des égouts et le désencombrement de la galerie technique. Toute évolution de ces dispositions est réfléchie collectivement par le biais des commissions paritaires et par des évaluations des égoutiers eux-mêmes.

 

La municipalité a également pour ambition de mettre en place une gestion à la fois moderne et sécurisée du réseau d’assainissement, qui limiterait finalement l’exposition aux risques de l’ensemble du personnel.

 

Dans cet esprit, elle vient de décider de doter le service de l’assainissement parisien d’un outil cartographique en 3D sur la totalité du réseau. Il permettra d’assurer une meilleure préparation des interventions en égout, voire d’en limiter le nombre et la durée.

 

La ville estime en effet qu’aucune possibilité ne doit être négligée pour préserver la santé et la sécurité de ses agents.

 

Lire l’article de « Miroir Social »

 

 

           Leptospirose: Paris va-t-elle mettre le paquet sur l'équipement de protection individuelle ? 


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                                                                      "  Bah, on attend de voir ! "  

 

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 13:12

 

Quelles luttes pour la santé au travail dans les entreprises et en France ?

 

Pour tout ceux qui s'intéressent de près aux questions de santé dans le monde du travail c'est un rendez-vous à ne pas manquer !

 

Le lundi 3 juin, venez nombreux à la rencontre autour du livre: " La santé n'a pas de prix, voyage au cœur des Comités Hygiène Sécurité et Conditions de Travail " de Hélène Adam & Louis-Marie Barnier, Préface de Serge Volkoff - Editions Syllepse, 2013.

 

Avec: Alain Alphon-Layre, responsable Travail-Santé à la CGT, Eric Beynel, animateur du collectif Santé au travail de Solidaires et Laurent Vogel, chercheur au Département Santé au travail de l'Institut syndical européen (ETUI). Débat animé par Pascal Marichalar, sociologue, SAGE-CNRS.

 

Le lundi 3 juin 2013 à 16h au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) - 9, place d’Iéna - salle 301. 75016 Paris. Attention: inscription nécessaire (pour pouvoir entrer) auprès de Louis-Marie Barnier (lmbarnier@wanadoo.fr) - 06 82 93 39 95. Se munir d’une pièce d’identité.

 

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En France, 25 000 Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) réunissent élus du personnel, directions, médecins du travail et inspecteurs du travail. Que se passe-t-il dans les CHSCT ? Comment y traite-t-on des questions de santé au travail ? Comment mettre en avant le droit à la santé ?

 

Les suicides des salariés de France Télécom sont dans toutes les mémoires et ont lancé un débat national sur la santé au travail. Mais les questions de la santé et des risques au travail ont toujours été un objet de conflits et de discussions.

 

Dans les entreprises, la santé au travail est devenue un sujet de débat, d’inquiétude pour les salariés, de responsabilité pour les employeurs. C’est au sein des CHSCT que cette question est prise en charge. Ils sont pourtant une des instances de représentation des salarié(e)s les plus méconnues bien que leur cadre légal soit fixé par de nombreux textes législatifs.

 

L'objet de ce livre est de faire une présentation des CHSCT et de leurs actions. Combien d’accidents sont évités là où ils imposent le respect des normes de sécurité ! Sans oublier les efforts innombrables pour faire reconnaître les « maladies professionnelles » et faire interdire les produits nocifs.

 

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Toutefois, le bon fonctionnement des CHSCT ne saurait suffire pour imposer le respect de la santé au travail. Le parti pris des auteurs est d’aborder cette question à partir de leur expérience de syndicalistes au sein des CHSCT.

 

L’ouvrage s’appuie sur des expériences concrètes vécues et analysées, dans l’entreprise ou au niveau du territoire, parfois de l’Europe, qui transgressent le fonctionnement institutionnel. L’aptitude syndicale à organiser le rapport de forces devient déterminante pour leur efficacité.

 

Comment la pénibilité peut être prise en compte pour la retraite ? Comment lier la santé au travail à la lutte pour l’écologie ? Comment défendre la santé des femmes au travail autrement que sous l’angle des capacités de reproduction ? Comment répondre à l’éclatement du travail par la sous-traitance ? Ce sont toutes ces pistes que ce livre explore.

 

Les auteur(e)s : Hélène Adam : Syndicaliste, a été membre du CHSCT national de France Télécom de 1989 à 2000. Louis-Marie Barnier : Sociologue, membre associé du laboratoire CRESPPA-GTM du CNRS, syndicaliste et ancien secrétaire de CHSCT d’Air France. Il est co-auteur de "Ceux qui croyaient au ciel. Enjeux et conflits à Air France" (Syllepse). Membre de la Fondation Copernic, il a participé à différentes « Notes » de cette Fondation, dont "Répression et discrimination syndicale" (Syllepse 2011), "Revendiquer et s’organiser" Syllepse 2008). Serge Volkoff, qui préface l’ouvrage, est directeur du Centre de recherches et d’études sur l’âge et les populations au travail, directeur de recherche au Centre d’étude de l’emploi, co-auteur avec Michel Gollac de "Les conditions de travail" (2007), La Découverte, « Repères ».

 

                         YUMI MATUTOUYA 1981

 

 

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