Blog d'informations culturelles et sociales à la Ville de Paris
11 Janvier 2016
Le Parisien : le 10 janvier 2016
Les syndicats reprochent à la Ville de Paris de privilégier « une logique financière, dont le but est d'avoir le plus de visiteurs possible » quitte à ne pas rendre trop lourd le dispositif de contrôle.
Y a-t-il une faille dans la sécurité des musées de la Ville de Paris ? Pourquoi le visiteur est-il fouillé à l'entrée de certains établissements, passé au détecteur de métaux et au portillon alors que, dans d'autres, on entre avec son sac à dos et même sa petite valise fouillée « visuellement » — un simple coup d'œil parfois —, que l'on peut ensuite laisser dans une consigne.
Depuis les attentats, les personnels des quatorze musées municipaux de la capitale s'inquiètent. Selon Nadine Lemoule, secrétaire de la section CFDT de Paris Musées, il y a « un manque d'homogénéité dans le traitement de la sécurité et la sûreté des musées ». Le syndicat demande « une politique commune » des mesures. Fin novembre, un courrier de la CFDT, que nous nous sommes procuré, a été envoyé à Bruno Julliard, premier adjoint d'Anne Hidalgo, la maire (PS) Paris, chargé de la culture. « J'attends toujours sa réponse », se désole la syndicaliste. « Nous avons justement eu le 8 décembre un CHSCT (NDLR : comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) », se défend Bruno Julliard qui sera, le 12 janvier, au musée Carnavalet (IVe) lors de la cérémonie des vœux au personnel. Des employés comptent lui poser à nouveau la question. En attendant, cette semaine, nous avons testé la sécurité de quatre musées.
Face au Grand Palais, qui dépend, lui, de la Réunion des musées nationaux et donc de l’État, avec une sécurité renforcée, le Petit Palais, au bord des Champs-Elysées, n'a rien d'un Fort Knox. Nous sommes entrés avec une valise-cabine (moins de 80 cm). Si le visiteur passe par le portillon, le bagage, lui, est juste fouillé « visuellement » -- terme employé par la mairie -- de manière superficielle. Les pochettes intérieures et extérieures de notre bagage n'ont pas du tout été inspectées. On peut ensuite laisser celui-ci au vestiaire au sous-sol... ou pas. « Un peu léger dans le contexte actuel », s'alarme la CFDT. Delphine Lévy, directrice de Paris Musées, qui regroupe les quatorze établissements, avance un argument touristique : « C'est agréable pour certains visiteurs de pouvoir laisser son sac à dos ou sa petite valise au vestiaire d'un musée. » Ce jour-là, tous ne sont pas de cet avis : « Je préfère être retoquée d'un musée et fouillée de fond en comble, nous glisse Leslie, trentenaire américaine en visite au Petit Palais, plutôt que voir qu'on peut faire rentrer n'importe quoi ! »
Au Petit Palais, seuls les visiteurs avec cigare sont refoulés