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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:46

 

Les mensonges du secrétaire général de la CGT ressemblaient de plus en plus à une fuite en avant désespérée qui n'est pas sans faire penser à Jérôme Cahuzac

 

Plus de deux mois après les premières révélations sur les travaux de l'appartement de fonction de son secrétaire général, suivies de celles sur son bureau, sa prime et maintenant le montant de son salaire, la crise qui frappe la CGT atteint un paroxysme explosif. C'est en tout cas la teneur du rapport rédigé par les sept membres de la commission financière de contrôle (CFC) - mandatés pour enquêter sur toutes ces affaires qui n'est finalement pas resté sans conséquence

 

On comprend alors que ce qui pouvait paraître pour certains comme des péchés véniels - mauvaise appréciation de la situation, légèreté dans le contrôle des dépenses voire une certaine naïveté dans la lecture d'un devis - ne l'est pas. C'est même plutôt de péchés mortels qu'il va falloir qualifier les pratiques du premier dirigeant de la première centrale syndicale du pays, à savoir : goût du luxe, caprice et amour de l'argent et peut être le plus grave, mensonges répétés et délibérés.

 

« J’ai découvert la facture des travaux de mon logement de fonction dans la presse. Si j’avais eu connaissance des montants — 105 000 € —, j’aurais dit non. » avait ainsi déclaré Thierry Lepaon, le 18 décembre dernier, au quotidien Le Parisien. Une interview confession qui ressemblait à une tentative désespérée pour sauver ce qui pouvait encore l'être. Cette première ligne de défense a été réduite en miettes par la CFC. Le quotidien francilien qui a eu accès à son rapport dévoile ainsi que contrairement aux affirmations du numéro un de la CGT, ce n'est pas « dans la presse » que le secrétaire général a découvert le montant de la facture, loin de là. Les éléments du dossier indiquent au contraire qu'il a reçu des informations au fil de l'avancement du chantier, exigeant lui même « des matériaux de qualités ». Bling !

 

 

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                                  - Attends, t'as encore rien, ça c'est juste l'escalier de service !

 

 

Mieux, ou pire c'est selon, c'est même sa compagne —  elle aussi cadre CGT — qui « donnait les ordres », selon le témoignage de la société auditionnée sur les travaux. De plus la facture ne s’élève pas à 105 000 euros comme lâché finalement par Lepaon mais bien à.... 140 000 euros. C'est en tout cas ce qu’avance la commission financière après une « relecture » de la facturation du mobilier. Gros problème cependant pour le mobilier en question, car lors de la visite effectuée par les membres de la dite commission, une partie des meubles et autres équipements facturés n'était pas visible. Soit ils ont disparu, soit ils n'ont jamais été livrés. Par contre, ils ont été payés rubis sur l'ongle par la centrale de Montreuil. Reste à savoir au bénéfice de qui.

 

Pour son bureau, bis répétitas. Là aussi luxe et de mensonge sont au cœur du dossier selon la commission de contrôle. Pour justifier le coût dispendieux de la rénovation de son bureau, Thierry Lepaon a affirmé le 19 décembre dernier dans les colonnes du Parisien: « cela a coûté 65 000 € parce qu'il fallait refaire le chauffage et la climatisation. ». Problème : le chauffage est collectif et l'essentiel de la facturation est en réalité du au mobilier sur mesure, réalisé à la demande de Thierry Lepaon lui même. Il maintient pourtant mordicus n'avoir été au courant de rien. Croix de bois, croix de fer !

 

 

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                                   - En fait, c'est pas des meubles mais bien des radiateurs !

 

 

Reste le plus gros des péchés, passons sur celui concernant les conditions de versement de sa prime de départ pour passer de la CGT.... à la CGT, 100 835 euros TTC seulement, car le plus grave, si cela est possible, concerne celui sur le montant de son salaire. Depuis des semaines, Lepaon l'affirme sur tous les fronts et la main sur le cœur : il n'est pas un homme d'argent : « J'ai demandé à faire baisser mon salaire dès mon arrivée » a t-il affirmé publiquement, mais surtout les yeux dans les yeux, aux instances officielles du syndicat. Une baisse de 1 200 euros mensuels selon l'ex futur secrétaire général. Mais là aussi, la commission de contrôle a vérifié, pièces comptables à l'appui. Or, selon Le Parisien, Thierry Lepaon n'a jamais demandé à baisser son salaire « Les bulletins de paye parlent d'eux-mêmes » affirme le quotidien et la modification n'a été effectuée que sur le salaire du mois dernier, soit en plein milieu de la crise.

 

Ce mensonge délibéré qui marque une tentative désespérée de s'en sortir ressemble de plus en plus à une fuite en avant psychologique. Certains n'hésiteront pas à faire le parallèle avec Jérôme Cahuzac. Il faut dire qu'il y a quelques points communs entre les deux scandales : d'abord la dénégation, ensuite les révélations successives qui amènent ces deux affaires à durer plusieurs mois tel un poison lent et finalement mortel. Et après le dénis, la justification partielle accompagnée de mensonges. Reste à savoir si l'histoire de Thierry Lepaon va connaître le même épilogue que l'affaire Cahuzac.

 

Et bien oui. Même s'il semblait bien décidé, dans un premier temps, à entraîner tout le monde dans sa chute,Thierry Lepaon vient finalement de jeter l'éponge en proposant « un nouveau bureau confédéral et un nouveau secrétaire général ». Affaires, c'est bien le mot, à suivre..

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

 

      arton41988

                                 - Et maintenant, monsieur Lepaon, la suite c'est quoi ?

 

 

 

 

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Published by Social Nec Mergitur - dans Actualité sociale
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