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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 16:08

 

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13 avril 2022 3 13 /04 /avril /2022 16:07

 

Agissements homophobes ou misogynes, harcèlement moral et sexiste, agressions… Quelques mois après une lettre des intérimaires du Musée d’art moderne de la Ville de Paris dénonçant un climat anxiogène, le journal Libération a enquêté et constaté des agissements similaires dans six autres musées gérés par la municipalité parisienne

 

À l’été 2021, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris (MAMVP) s’est constitué un collectif d’intérimaires, révoltés par le sexisme de l’environnement ambiant dont eux-mêmes et les visiteurs seraient les cibles. Dans une lettre envoyée à la direction de leur établissement et à Paris Musées, l’établissement public en charge des musées de la capitale depuis 2013, le collectif dénonçait alors« des cas de misogynie, de sexisme, de racisme, d’homophobie et de harcèlement sexuel » qui ont lieu « au quotidien, et même devant le public ».

 

D'après cette lettre, six fonctionnaires s’y distingueraient et les actes évoqués sont décrits avec précision – comme cette fellation mimée par un agent à une vacataire. Mais ni cette lettre, ni les multiples entretiens avec leurs supérieurs, ni même l’intervention d’Alice Coffin, conseillère de Paris (EELV) et membre du conseil d’administration de Paris Musées, auprès de la directrice générale Anne-Sophie de Gasquet, arrivée en mars 2021, n’auraient été suivies d’actions spécifiques. Suite à cette affaire, le journal Libération a décidé d'enquêter et aurait aussi constaté des agissements similaires dans six autres musées gérés par la municipalité parisienne dans un article publié le 11 avril (lire ici).

 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2021 4 04 /11 /novembre /2021 15:32

 

Bibliothèque fermée le week-end, conférences et événements annulés jusqu’à nouvel ordre… Le mouvement de grève des agents territoriaux démarré il y a cinq mois fait tanguer les Champs libres, vaisseau amiral de la culture rennaise

 

Café philo, conférences sur la biodiversité des mardis de l’espace des sciences, concerts, projections de films… Pas un jour de ces vacances de la Toussaint ne devait se dérouler sans événement aux Champs libres à Rennes (Ille-et-Vilaine). Mais tout a été annulé. Le mouvement social des agents territoriaux qui s’éternise depuis cinq mois et demi a pris de la vigueur. Les agents de la bibliothèque, fermée chaque week-end depuis cinq mois et demi, ont été rejoints par les techniciens de l’auditorium des Champs libres puis par ceux du musée de Bretagne, lors d’un débrayage mardi dernier.

 

Les expositions de l’Espace des sciences ou du musée de Bretagne sont toujours ouvertes au public. Mais Corinne Poulain, la directrice des Champs libre, a décidé d’annuler toute la programmation événementielle jusqu’à nouvel ordre, dans l’attente de la résolution du conflit social. La réouverture complète des Champs libre, lieu de culture et de citoyenneté, après des mois de confinement était pourtant très attendue. Au mois de juin, l’application de la loi des 1 607 heures est venue tendre les rapports des agents avec leur employeur, Rennes métropole. Cette loi vise à faire en sorte que tous les agents territoriaux passent aux 35 heures. Rennes métropole a décidé de saisir l’occasion pour harmoniser les statuts de tous ses agents territoriaux.

 

« L’application de la loi des 1 607 heures n’est qu’une partie du dossier, rappelle Eric Derouene, délégué syndical CGT et agent à la bibliothèque des Champs libres, tête de pont d’un réseau de bibliothèques de quartiers. Aux bibliothèques, nous travaillons un week-end par mois et nous avions le choix entre une compensation financière ou un repos compensateur, choisi par 85 % des agents. Rennes métropole veut le supprimer. Il s’agit là d’une décision locale. Il y a une vraie colère des agents des bibliothèques, qui se sont investis pendant le confinement notamment pour mettre en place le clik and collect. Nous perdons dix jours de repos compensateurs, mais les agents qui travaillent dans les Ehpad en perdent 24 ! On les entend moins car ils sont réquisitionnés ».

 

Face au durcissement du mouvement de grève, les délégués de l’intersyndicale (CGT- UGICT.CGT, FO, Sud, Unsa) ont été reçus par la maire de Rennes, Nathalie Appéré, vendredi dernier. « Trois délibérations ont été prises par Rennes métropole en juin et juillet pour appliquer la loi des 1 607 heures et remettre à plat les régimes indemnitaires des agents territoriaux, rappelle Antonin le Moal, directeur des ressources humaines de la ville de Rennes et de Rennes métropole. Il y a des services où le travail le dimanche ne donnait droit à aucune compensation et d’autres où elle était à la fois financière et en repos compensateurs. Cela s’expliquait par la construction historique des différents services ».

 

Rennes métropole se défend de considérer le dimanche comme un jour travaillé comme les autres. « Outre les compensations financières de 100 € par dimanche, des propositions ont été faites à l’intersyndicale lors de la discussion avec Nathalie Appéré notamment, souligne Antonin Le Moal. Comptabiliser le temps de travail caché, comme la préparation d’une animation, réduire les horaires de coupes, quand une personne travaille le matin et revient en fin d’après-midi, attribuer des RTT supplémentaires. Les agents des Ehpad participent à ces discussions avec leurs directions. La même proposition a été faite aux agents des bibliothèques, c’est une main tendue ». « Sous prétexte d’harmonisation, Rennes métropole nivelle par le bas », estime Eric Derouene. Une assemblée générale des agents est prévue ce mardi 9 novembre.

 

Lire l’article de Ouest-France

 

 

 

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 08:13

 

Une réunion publique a même réuni une soixantaine de personnes mais aussi des élus, aussi bien de la majorité que de l’opposition, preuve d’un soutien politique qui dépasse les clivages du conseil municipal

 

Depuis le 5 août dernier, l’accès à la médiathèque intercommunale de Lasalle (Gard) est soumis au passe sanitaire, une situation que dénonce son bibliothécaire, William Gosselin. Refusant de discriminer les usagers, chose qu’il juge « contraire à la déontologie du métier », il est en grève depuis le 25 août. Chaque lundi et mercredi, de 10 heures à midi, il occupe les locaux et offre la possibilité à tous d’accéder librement à la seule bibliothèque du village, qui compte plus de 500 inscrits.

 

« Les libraires ont réussi à être classés comme commerces de première nécessité lors du deuxième confinement. Malheureusement, ce n’est pas le cas des bibliothèques », souligne William Gosselin, dans un récent communiqué. Ces restrictions semblent d’autant moins justifiées pour lui que « la faible densité de personnes au mètre carré ainsi que la mise en place de toutes les précautions sanitaires préconisées par les professionnels de santé (gestes barrière, masques…), suffisent à lutter contre la propagation du Covid-19 ».

 

La mobilisation du bibliothécaire est largement soutenue dans la commune. En témoigne la « caisse de grève » que les villageois abondent afin de permettre au gréviste de ne pas perdre de salaire. Certaines attentions touchent aussi ce dernier dans sa mobilisation, comme ce pot de confiture déposé il y a peu ou les multiples témoignages de sympathie reçus durant ses heures d’occupation. Le 15 septembre dernier, une réunion publique a même réuni une soixantaine de personnes pour évoquer les suites du mouvement, dont des adhérents de l’association Les Amis de la bibliothèque et des élus (majorité et opposition), preuve d’un soutien politique qui dépasse les clivages du conseil municipal.

 

Au terme de cette réunion, il a été proposé de faire classer la médiathèque, par le conseil communautaire, comme lieu à caractère « social et culturel ». De tels lieux, à l’instar par exemple du Pôle d’accueil et de services de Lasalle, ne sont en effet pas soumis au contrôle du passe sanitaire. L’affaire est à suivre et dépendra peut-être d’une prise de décision au niveau intercommunal. En attendant, la grève de William Gosselin se poursuit et une pétition a été adressée au président de la communauté de communes pour faire reconnaître le caractère social et culturel de la médiathèque circule actuellement.

 

Lire l’article du Midi Libre

 

 

 

 

 

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11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 16:46

 

Neuf des onze bibliothécaires de la médiathèque de Romainville ont fait grève ce samedi matin, estimant que la vérification du passe sanitaire est « une entorse à l’éthique professionnelle et à la mission d’accueil universel des bibliothèques »

 

« Ce n’est pas dans le débat pour ou contre le passe sanitaire qu’on se positionne, mais sur son application dans les bibliothèques où l’on demande l’arrêt des vérifications par les agents. C’est contraire à nos valeurs et mission d’accueil universel, ça nous met en porte à faux. C’est une entorse à l’éthique professionnelle ».  À l’image de Nazim, neuf des onze bibliothécaires ont fait grève ce samedi, toute la matinée devant la médiathèque de Romainville (Seine-Saint-Denis), qui compte 3 800 utilisateurs actifs.

 

Leur mouvement soutenu par le syndicat FSU s’inscrit également dans le préavis national déposé le 1er septembre par Sud. Une pétition a par ailleurs été lancée pour accompagner les revendications. « Nous ne sommes pas une piscine ni un laser game mais un lieu public d’information qui doit rester ouvert à tout le monde, renchérit Hélène, également bibliothécaire. Et moi, ce qui me pose problème, c’est qu’on demande à des citoyens de contrôler d’autres citoyens. Ça n’est pas mon rôle ! ».

 

Michel qui accompagnait ce samedi matin, sa fille de onze ans et demi à la médiathèque a dû faire demi-tour, non sans avoir d’abord pris le temps d’échanger avec les grévistes. « On était venus rendre des ouvrages et en reprendre, résume-t-il. Je suis favorable au passe sanitaire, qui peut nous aider à sortir de cette pandémie, mais je comprends les difficultés des bibliothécaires, je comprends leur souci de ne pas priver des gens d’accéder librement et gratuitement au savoir notamment dans les quartiers populaires. Nous, nous y venons quasiment chaque semaine. C’est une vraie richesse ». « Notre situation est d’autant plus incompréhensible que la bibliothèque publique d’information (au centre Pompidou) est accessible sans passe, comme les bibliothèques de recherches et les salles de lecture de la Bibliothèque nationale de France », ajoute Nazim.

 

Difficile cependant d’évaluer l’impact de la vérification obligatoire sur la fréquentation de la médiathèque. « Nous avons un dialogue nourri avec les agents mais nous devons appliquer la loi », réagit ce samedi le maire de Romainville, François Dechy (DVG). Il indique par ailleurs ne pas avoir constaté dans les services de la ville et les animations de tensions liées à l’instauration du passe sanitaire. « Nous avons tiré ce vendredi un feu d’artifice, on a refoulé aucun visiteur, souligne l’élu. Sur les 1 500 spectateurs, une grosse trentaine de personnes n’avait pas de passe mais elles ont pu se rendre au centre de test en face de la manifestation pour se faire dépister ».

 

Lire aussi l'article du Parisien

 

 

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 16:41

 

Opposés à l’obligation pour les usagers de présenter un passe sanitaire pour accéder à la médiathèque, les agents lannionnais étaient mobilisés, ce samedi matin. La loi sera appliquée, a, de son côté, assuré Paul Le Bihan, le maire de Lannion

 

Samedi 4 septembre, à l’instar de nombreuses bibliothèques en France, le personnel de la médiathèque de Lannion était en grève pour protester contre l’instauration du passe sanitaire. « Nous ne souhaitons pas vérifier le passe sanitaire des usagers. Ici, nous sommes dans un lieu ouvert à tous, sans discrimination. La vaccination n’est pas le sujet de cette grève. Certaines familles qui viennent ici n’ont pas d’ordinateur à la maison. D’autres ont besoin de notre aide pour faire des démarches administratives ou autres. Nous avons une mission sociale. Refuser l’entrée à ces personnes n’a donc aucun sens », déplorent les salariés grévistes.

 

La médiathèque de Lannion compte environ 6 500 abonnés, et sur l’année, il y a 370 000 emprunts diversifiés. Les employés à la défense de la culture rappellent que « les médiathèques sont un service public essentiel d’accès à la culture. La mise en place du passe sanitaire est contraire à la mission de service public, qui garantit un accès libre et gratuit, ouvert à tous et à toutes, sans justification de l’usage qui en est fait ». Paul Le Bihan, le maire de Lannion, considère que l’application du passe sanitaire à la médiathèque ne se discute pas. « On peut partager un certain nombre d’inquiétudes ou de difficultés mais la loi est la loi. C’est réglementaire. La pandémie est aussi toujours présente. Il faut être très vigilant ».

 

Pour lui, la discussion, aujourd’hui, porte plutôt sur les modalités d’application du passe sanitaire. « Les agents ont des craintes que les gens ne viennent pas à la médiathèque. Il y a aussi la crainte inverse des gens qui n’ont pas envie de côtoyer des gens qui n’auraient pas été vaccinés et pourraient être positifs. Il y a les deux aspects ».  Paul Le Bihan rappelle que le passe sanitaire est appliqué dans les équipements sportifs. « Les associations qui utilisent les salles municipales pour leurs activités vont devoir appliquer le passe sanitaire, sous la responsabilité du président de l’association ».

 

Les agents de la médiathèque devront-ils assurer le contrôle du passe sanitaire ? « Il y aura un agent spécifique à l’entrée de la médiathèque. C’est déjà le cas à l’entrée de Sainte-Anne. Cet agent ne pourra peut-être pas être présent tout le temps. On a établi la liste des chefs de service qui peuvent assurer le contrôle du passe sanitaire du public et des agents », répond Paul Le Bihan.

 

Lire aussi sur le Télégramme

 

 

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 16:19

 

Samedi 4 septembre, le personnel de la médiathèque de Guingamp sera en grève pour protester contre le passe sanitaire obligatoire pour accéder aux médiathèques publiques

 

Les portes de la médiathèque de Guingamp resteront fermées samedi 4 septembre. Le personnel a décidé de se mettre en grève, pour « affirmer son opposition à une loi, qui, à travers le passe sanitaire, remet en cause le libre accès aux lieux de culture et alimente les clivages entre les citoyens qui ont le passe et ceux qui ne l’ont pas ».

 

Le personnel met également en avant des incohérences dans la mise en place de ce passe sanitaire : « Comment comprendre que le passe soit obligatoire pour accéder à une bibliothèque municipale quand les bibliothèques universitaires, la bibliothèque de France, les librairies, les lieux de culte en sont dispensés ? ».

 

Les employés, attachés à la défense de la culture, rappellent que « les médiathèques sont un service public essentiel d’accès à la culture. La mise en place du passe sanitaire est contraire à la mission de service public qui garantit un accès libre, gratuit, ouvert à toutes et tous, sans discrimination et sans justification de l’usage qui en est fait ».

 

La CGT de la ville de Guingamp a donc déposé un préavis de grève pour les agents de la médiathèque samedi de 9h à 18h : « Nous proposons un rendez-vous d’information à 10h demain samedi 4 septembre devant la médiathèque à la presse, aux usagers, au public », concluent-ils.

 

Lire aussi sur l’Écho de l'Armor et l'Argoat

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 11:46

 

À l’appel de la CGT et du syndicat Sud de la ville de Lyon, deux rassemblements doivent se dérouler ce samedi et le mercredi 8 septembre contre l’application du passe sanitaire dans les bibliothèques municipales

 

Depuis plusieurs semaines les agents des bibliothèques municipales de Lyon manifestent ouvertement leur désaccord avec l’application du passe sanitaire dans leurs établissements. Après un rassemblement le 18 août, un mouvement de grève local avait été lancé le 26 août. Ce samedi, des agents se réuniront une nouvelle fois à l’appel des syndicats CGT et SUD devant la bibliothèque de Jean Macé de 10 heures à midi, et le mercredi 8 septembre, devant la bibliothèque de la Part-Dieu de 15 à 17 heures.

 

Dans un communiqué commun, les deux syndicats rappellent que « le métier des  agent.es des bibliothèques de la Ville de Lyon consiste à accueillir et accompagner tous les usagers sans distinction, et que les bibliothèques sont restées ouvertes à tous et toutes depuis le premier déconfinement. Ils et elles refusent cette discrimination entre les publics, entre les bibliothèques municipales et les autres ». 

 

Il y a une dizaine de jours, ils expliquaient ainsi ne pas comprendre le fait que le passe sanitaire ne soit pas demandé pour pénétrer dans « les librairies, les bibliothèques universitaires, la Bibliothèque Publique d’Information, la Bibliothèque Nationale de France, les bibliothèques spécialisées… […] Deux poids deux mesures : pourquoi cette inégalité de traitement entre les publics ? ».

 

Avant d’ajouter « avec l’application de ces mesures, nous craignons une dégradation de l’accueil en bibliothèque et un éloignement durable des publics ». Aujourd’hui, ils se disent même prêts à rétablir si nécessaire, « des jauges d’accueil, afin de mettre fin à ce régime d'exception qui met à mal leurs missions et le lien avec les publics ».

 

Lire l’article de Lyon Capitale

 

 

 

 

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 15:42

 

Augmentation du temps de travail et limitation du droit de grève des agents de la Ville de Lyon : des mesures qui ressemblent bien peu au programme officiel à la nouvelle majorité ? C’est pourtant les écolos et leurs alliés de gauche qui, aux manettes de la municipalité, les feront appliquer avec zèle au 1er janvier 2022. Du côté des agents municipaux, une semaine de grève se prépare

 

Perturbations à prévoir dans les écoles, les crèches ou encore les bibliothèques lyonnaises pour cette semaine de rentrée. Une intersyndicale regroupant les six syndicats de la Ville de Lyon (CGT, SUD, UNSA, CFDT, CFTC, FO) a déposé un préavis de grève du lundi 30 août au vendredi 3 septembre et une manifestation est prévue le 2 septembre devant l’hôtel de ville et les mairies d’arrondissement. En cause : l’augmentation du temps de travail pour les près de 8300 agents de la municipalité ainsi que la modification des modalités de leur droit de grève.

 

Des mesures qui passent d’autant plus mal qu’elles sont portées par une majorité municipale de gauche réunissant écologistes, insoumis et membres du Parti socialiste. « On ne savait pas qu’il y avait l’augmentation du temps de travail dans le programme d’Europe Écologie Les Verts (EELV) ou de La France Insoumise (LFI) », ironise Sébastien Douillet, secrétaire général de la CGT Ville de Lyon, le syndicat majoritaire. De fait, l’augmentation du temps de travail de ces fonctionnaires ne fait pas partie du programme d’EELV ou de LFI mais bien de celui d’Emmanuel Macron. Lors de sa campagne présidentielle, il avait promis de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires, dont 70 000 dans la territoriale. Une fois devenu Président de la République, c’est la loi de transformation de la fonction publique, votée en août 2019, qui lui permet de parvenir à son objectif. Celle-ci supprime les journées de congés et les réductions du temps de travail hebdomadaire exceptionnelles ou « extra-légales », acquises par les salariés de la municipalité.

 

À Lyon, les agents disposent ainsi de trois jours de congés payés en plus des cinq semaines réglementaires. « Deux de ses jours ont été conquis suite au mouvement de Mai 1968. Le troisième c’est ce qu’on appelle le « jour du maire » : un jour supplémentaire offert aux agents », explique Vincent Gras, secrétaire général de la section CFDT de la Ville de Lyon. S’ajoutent à cela différentes journées de repos occasionnelles comme les trois jours de congés payés acquis après l’obtention d’une médaille d’honneur et des réductions journalières du temps de travail comme celle d’une demi-heure accordée aux femmes ayant des enfants de moins de deux ans. Finalement, les agents de la Ville de Lyon, qui ont pour l’heure une base annuelle de travail de 1582 heures, devront désormais en travailler 1607.

 

La réforme a été évoquée avec eux depuis le printemps lors de réunions informelles, les comités de dialogue social, crispant sévèrement les syndicalistes qui y assistaient. Les municipalités ont jusqu’au 1er janvier 2022 pour faire appliquer cette loi de transformation de la fonction publique, la délibération du conseil municipal la validant sera donc prise avant la fin de l’année. D’où l’urgence de la situation à la mairie de Lyon et le déclenchement de cette grève de rentrée.

 

Au sein du conseil municipal, on ne peine pas à afficher son désaccord avec cette loi, sans aller toutefois jusqu’à la refuser. « Nous pensons que c’est une mauvaise loi car elle stigmatise les fonctionnaires en laissant penser qu’ils ne travaillent pas assez. Les députés Insoumis ont voté contre à l’Assemblée nationale. Néanmoins une fois la loi votée nous sommes tenus de la faire appliquer sous peine de voir notre décision retoquée, voire attaquée au tribunal administratif, par la préfecture », soutient Laurent Bosetti, adjoint chargé de la promotion des services publics et élu France insoumise. Pour les syndicats, hors de question de sacrifier les jours de congés d’agents aux conditions de travail difficiles, mal payés et qui sont en première ligne durant cette crise sanitaire.  « Il est possible de ne pas appliquer cette loi. Un certain nombre de municipalités l’ont déjà fait et c’est ce que demande l’intersyndicale », soutient Vivent Gras de la CFDT. Il rappelle l’initiative de certaines mairies communistes notamment en banlieue parisienne.

 

Autre mesure inattendue mise en place par des élus de gauche : la modification des modalités du droit de grève pour les agents municipaux, permise elle aussi par la loi de transformation de la fonction publique. Jusqu’alors, ceux-ci avaient la possibilité de se mettre en grève une heure à vingt-quatre heures par jour et d’être payés en conséquence. Au 1er janvier 2022, les agents perdront automatiquement un jour de salaire, quel que soit le temps de grève effectué dans une journée. Autrement dit : ils n’auront plus la possibilité de faire moins d’un jour de grève. « Casser notre droit de grève, c’est nous priver de la possibilité de revendiquer de nouvelles avancées à l’avenir. Même Gérard Collomb n’y avait pas touché », s’indigne Sébastien Douillet de la CGT.

 

 

 

 

             Lyon : les écolos et la France insoumise appliquent sans vergogne le programme de Macron

           - Et Jean-Luc et moi on est même déjà habillé comme ceux qui vont aux journées du Medef !

 

 

 

À cela s’ajoute l’obligation faite aux agents de prévenir de leur mouvement de grève quarante-huit heures à l’avance. « C’est déjà ce que nous faisons. L’intersyndicale est d’accord pour rendre ce délai de prévenance obligatoire. C’est une concession que nous faisons. En contrepartie, la majorité doit renoncer à ôter une journée de salaire pour toute heure de grève. Pour l’heure, on nous refuse toute discussion sur ce point », regrette Vincent Gras de la CFDT. Mais pour l’élu Insoumis, principal interlocuteur des syndicats représentants les agents de la Ville de Lyon, la question de la modification du droit de grève est un point crucial. Notamment parce qu’elle permettrait de mettre fin aux « grèves à répétition dans les cantines scolaires » affirme, sans ironie, le mélenchoniste lyonnais.

 

Et Laurent Bosetti de développer : « Dans les cantines, une seule heure de grève posée à midi par quelques agents suffit à paralyser le service. Les parents sont obligés de venir chercher leurs enfants à l’école, ce qui coupe leur journée. Ils sont à bout, se sentent pris en otage et nous envoient des lettres de plaintes et des pétitions. Certains nous disent qu’ils vont envoyer leurs enfants dans le privé, d’autres qu’ils risquent le licenciement à force de manquer le boulot ».  Il ajoute : « Comme ces grèves sont particulièrement visibles et impactantes à peu de frais, elles sont devenues le principal levier syndical que ce soit pour des mots d’ordre locaux mais aussi pour des mots d’ordres nationaux auxquels la municipalité ne peut pas répondre. Or la grève doit être un dernier recours ». Un argument de libéraux pur sucre !

 

Aux syndicalistes qui soulignent le paradoxe de voir un élu insoumis dénoncer des grèves auxquelles son parti à lui-même appelé (par exemple contre la réforme des retraites en 2019) Laurent Bosetti répond : qualité du service public. « Oui, ce n’est pas une position confortable pour moi, mais en tant qu’élu en charge du service public je dois m’assurer que celui-ci fonctionne le mieux possible. Or ces grèves à répétition lui nuisent ». Un vrai discours patronal ! Dans cette atmosphère de confrontation frontale entre syndicats et élus, on aperçoit néanmoins une porte de sortie. Si elle supprime les jours extra-légaux, la loi de transformation de la fonction publique permet en revanche de prendre en compte le calcul de la pénibilité des métiers et de la compenser en attribuant des jours de congés. Les jours de congés extra-légaux supprimés par la loi seraient alors remplacés par des jours légaux accordés aux métiers pénibles.

 

« Il est possible de reconnaître tout un tas de métiers comme pénibles, notamment les métiers de terrain. La municipalité s’engage à avoir la définition la plus extensive de la pénibilité. Tout cela sera l’objet de discussions lors de réunions avec les syndicats », avance Laurent Bosetti. Reste à savoir quelle part des huit mille trois cents agents bénéficiera de cette reconnaissance de pénibilité. A Paris, Anne Hidalgo a elle aussi choisi d’en faire bénéficier un maximum d’agents. Pour ce faire, elle a octroyé des jours de repos « au titre de l’intensité et l’environnement de travail induisant une pénibilité spécifique à la ville-capitale », une décision retoquée par la préfecture au début du mois d’août. Pour ce qui est du droit de grève, en revanche, la municipalité, dite de gauche radicale, ne semble pas vouloir revenir sur sa décision d'appliquer cette mesure réclamée à cors et cris de longue date par le Medef et la droite la plus anti sociale.

 

Lire aussi sur Rue 89 Lyon

 

 

 

 

 

                                        Social : les mélenchonistes pris en flagrant délit de duplicité !                           

                                                - Toi, je t'interdis de me prendre en photo

 

 

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 18:14

 

Les bibliothécaires de Grenoble manifestent de nouveau ce mercredi 1er septembre à 17 heures devant la bibliothèque du centre-ville. Les agents dénoncent le fait d'avoir à contrôler le passe sanitaire des visiteurs et demandent un retour à la jauge

 

Le mouvement de grève national des bibliothécaires a débuté le 24 août dernier. Depuis, plusieurs mobilisations se sont organisées à Grenoble et les agents ont décidé de se réunir à nouveau. Ils se retrouvent devant la bibliothèque du centre-ville ce mercredi 1er septembre à 17 heures. Ils refusent toujours de contrôler le passe sanitaire des visiteurs et demandent un retour à la jauge. 

 

La ville de Grenoble compte cent soixante-dix agents pour onze bibliothèques. Le mouvement de grève complique un peu l'organisation. Par exemple, mardi 31 août, deux bibliothèques ont dû fermer leurs portes (Teisseire-Malherbe et Eaux-Claires Mistral) faute d'agents disponibles. Ce jour-là, onze bibliothécaires étaient en grève sur cent deux agents attendus pour travailler. La semaine précédente, chaque jour, la mairie a dénombré environ vingt-cinq grévistes pour soixante-cinq agents attendus. 

 

Le 26 août dernier, les grévistes ont demandé au maire de Grenoble, Eric Piolle, d'être « précurseur en restaurant une jauge adaptée à la surface de chaque équipement ». Pierre Mériaux, adjoint au personnel à la mairie, assure que cette obligation de contrôle « relève d'une décision de la loi » et non pas de la ville de Grenoble : « Nous comprenons le mouvement mais nous devons respecter les consignes gouvernementales ». Il souligne toutefois que deux courriers sont « en cours de préparation » et devront être envoyés  « prochainement » à la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot et au préfet de l'Isère, Laurent Prevost. 

 

Lire aussi sur France-Bleu Isère

 

 

 

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