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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 17:28

 

L'équipe d'Anne Hidalgo qui avait multiplié les manœuvres dilatoires, est condamnée sur tous les points et devra en plus payer des frais de justice

 

C'est une décision « qui fera date pour les différents CHSCT de la collectivité parisienne » affirme la CGT. Tout commence quand le Comité Hygiène et Sécurité d'un établissement de l'Aide Sociale à L'enfance (ASE) dépendant de la Ville de Paris alerte son employeur sur les très fortes dégradations des conditions de travail générant des risques psychos-sociaux (lire ici) puis décide à l’unanimité de ses membres de faire appel à un cabinet d'expert agréé par le ministère du travail pour établir un diagnostic. Bon jusque là tout va bien.

 

Sauf que la mairie de Paris va alors multiplier les manœuvres pour ne pas appliquer la décision du CHSCT. La liste est longue. Outre la non publication du procès verbal qui retarde son exécution, l'équipe d'Anne Hidalgo affirme ensuite contre toute évidence qu'il faut « passer par un appel d'offre dans le cadre d'un marché public » pour ainsi choisir elle même son cabinet. Et on en passe et des meilleures. Sans même parler des pressions sur les membres de l'instance pour revenir sur leur vote. Seulement voilà ces derniers ont tenu bon et décidé de concert de saisir la justice via le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris.

 

Et les juges n'y ont pas été de main morte pour condamner les agissement de la Mairie de Paris. Ainsi devant l'absence délibérée de toute publication du procès verbal, quasiment du « délit d'entrave », le TGI met d'abord les points sur les i : « par conséquent, l’employeur ne peut raisonnablement contester, dans le cadre de la présente procédure, la réalité de la délibération. Il ressort d’ailleurs des termes même des échanges qu’il s’agit d’avantage d’une contestation des modalités de l’expertise que de son principe. Le moyen ainsi soulevé ne peut donc prospérer » Et toc.

 

Ensuite le tribunal met les barres sur les t en ce qui concerne le recours à un appel d'offre pour désigner un expert même dans le cadre d'une collectivité : « les règles de la commande publique ne s’appliquent pas aux modalités de désignation de l’expert par le CHSCT » peut on lire dans le jugement du TGI. Une claque pas très fluctuat pour la direction des affaires juridiques de la Ville.

 

Enfin, les juges mettent un dernier coup sur la tête d'Anne Hidalgo et de son équipe en reconnaissant au CHSCT sa souveraineté pleine et entière dans la désignation d'un expert : « en l'espèce, le Département de Paris n'établit pas le caractère abusif de la désignation d'un expert par le CHSCT, qui n'a fait qu'user de ses prérogatives. Il sera donc condamné aux dépens de l’instance ainsi qu’au paiement de la somme de 4.800 euros ». « Hors taxe » précise tout de même moqueur le tribunal. Soit pas loin de six mille euros toutes taxes comprises. La justice aura été jusqu'au bout on ne peut plus mergitur.

 

Publié également (avec la copie intégrale du jugement) sur Miroir Social

 

 

                          Droit du travail : Anne Hidalgo condamnée par la justice

- Je ne veux pas finir comme Pénélope, trouvez moi au moins des traces de mon passage comme inspectrice du travail

- Je ne veux pas finir comme Pénélope, trouvez moi au moins des traces de mon passage comme inspectrice du travail

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 11:28

 

« Et pour une durée indéterminée » selon la direction de l'établissement

 

La bibliothèque Mohammed Arkoun située rue Mouffetard dans le Vème arrondissement est fermée depuis maintenant plus de trois semaines pour raison de sécurité. « La bibliothèque est fermée depuis le 19 novembre en raison d'une panne qui affecte à la fois les portes et le système de sécurité incendie » a déclaré la direction de l'établissement dans une communiqué (lire ici).

 

Une fermeture qui pourrait durer car, symbole de la mondialisation, la pièce défectueuse n'est visiblement pas disponible dans l’hexagone, ce qui amène la bibliothèque Mohammed Arkoun à préciser qu'elle « restera fermée pour une durée indéterminée ». Probablement jusqu'à la fin de l'année.

 

D'autres problèmes de sécurité avaient déjà affecté la bibliothèque de la rue Mouffetard depuis la rentrée et pas des moindres. A tel point que la direction de l’établissement avait dû déposer plusieurs plaintes au commissariat du quartier pour de nombreuses violences de la part d’usagers (lire ici).

 

Paris : La bibliothèque Arkoun (Ve) fermée pour raison de sécurité
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 16:36

 

Interrogé par le site d’information, le directeur des affaires culturelles a été obligé d’annoncer que l’individu « était exfiltré puis mis sous surveillance »

 

C’est un article qui a fait l’effet d’une bombe à la mairie de Paris. Il faut dire que l’enquête de Médiapart « Avis de tempête post-socialiste sur les conservatoires parisiens » est truffée de révélations sur les carences de gestion des ressources humaines en vigueur dans les conservatoires de la capitale en pointant notamment le comportement du directeur du conservatoire Claude Bussy situé dans le XVIIème arrondissement (voir ici).

 

Un directeur qui, il est vrai, ne faisait pas dans la demie-mesure si l’on en croit Médiapart puisque la gestion de son établissement consistait surtout dans le harcèlement qu’il exerçait sur les employés du conservatoire. Au point que nombre d’entre eux ont été « déplacés » à leur demande par la direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. « C’est un habitué des conflits ayant déjà semé le trouble de Saint-Ouen au Ve arrondissement de la capitale en passant par Amiens », déclare même un fonctionnaire de la ville au site d’information. « C’est un manipulateur qui se pose en victime et traite d’homophobe toute personne qui lui résiste », confirme pour sa part une enseignante.

 

En tout cas, l’affaire ne pouvait plus durer du côté du conservatoire Claude Debussy puisque les parents d’élèves, inquiets des perturbations patentes affectant jusqu’au fonctionnement de l'établissement se sont plaints auprès des élus. Avec succès semble-t-il, puisque Noël Corbin, le directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris, annonçait à Mediapart, que le directeur du XVIIe était finalement exfiltré – « mis sous surveillance et bénéficiant d’un coaching » – vers une structure plus modeste, le conservatoire Camille Saint Saëns dans le VIIIe arrondissement.

 

Problème, c’est à Camille Saint Saëns justement qu’avait trouvé refuge une de ses principales victimes. Ni une, ni deux, l’administration parisienne réaffecte alors l’ancienne victime, qui pouvait donc se retrouver de nouveau face à son harceleur, vers….le conservatoire Claude Bussy ! « Un chassé-croisé caractéristique d’un management déficient » observe Médiapart.

 

Alors cette affaire marque t’elle une tolérance coupable de la part de la direction des affaires culturelles ? « Pas du tout » se défend Noël Corbin au site d’information prenant pour preuve avoir récemment démis de ses fonctions la directrice du Conservatoire Darius Milhaud dans le XIVe et avoir aussi pris des sanctions contre le directeur du conservatoire Jean-Philippe Rameau, situé lui dans le VIe. « Et nous nous préparons d’ailleurs à sévir ailleurs » révèle le directeur des affaires culturelles, lequel confirme ainsi le gros problème de management actuellement à l’œuvre dans les conservatoires municipaux de la capitale.

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

            Noël Corbin soucieux sur la conduite à mener dans les conservatoires parisiens

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 15:26

 

Un rapport d’une remarquable qualité tant du point de vue du travail accompli que de la déontologie selon tous les observateurs

 

C’est une première à la Ville de Paris : la remise officielle d’un rapport d’enquête sur la souffrance au travail à la direction des affaires culturelles lors d’un comité hygiène et sécurité (CHSCT) présidé par le premier adjoint, Bruno Julliard en personne. Un rapport choc ! « En effet jamais un rapport n’avait dénoncé une situation aussi préoccupante au regard de risques psycho-sociaux avérés » affirme d’ailleurs le syndicat UNSA des attachés d’administration dans un communiqué publié sur son site.

 

Le rapport d’enquête « d’une remarquable qualité tant du point de vue du travail accompli que de la déontologie » selon tous les observateurs est en effet accablant sur les méthodes managériales en cours à la Direction des Affaires Culturelles (DAC) de la Ville de Paris. Et c’est au cœur du système que la déflagration a eu lieu puisque ce sont des cadres de catégorie B et A, tous proches de la direction au sens large, qui ont tenu à témoigner de leur souffrance au travail « évoquant des risques psychosociaux liés à la fois à l’organisation du travail et au management ».

 

Il est vrai que cette enquête menée conjointement par une élue de la CGT et une psychologue clinicienne du travail fait froid dans le dos. « Le management est ressenti comme humiliant, infantilisant, voire maltraitant ; ils évoquent la déshumanisation de l’environnement de travail, le climat de défiance qui règne dans la direction et l’absence d’accompagnement au changement » dénoncent ainsi ceux qui ont eu accès au rapport. Autre éléments dévoilés par cette l’enquête : « les agents font état d’une grande rigidité organisationnelle, d’outils inopérants, de process instables, d’une charge de travail toujours plus accrue, intensifiée par le sentiment d’être perpétuellement dans l’urgence ». Bref, on est loin du paradis socialiste à la mairie de Paris, laquelle est pourtant dirigée par une ancienne inspectrice du travail, Anne Hidalgo.

 

De son côté, Bruno Julliard a lui-même reconnu que ce rapport illustre des difficultés réelles de fonctionnement de cette direction dont il a la tutelle. Il s’est alors engagé « à ce que la parole recueillie ne tombe pas dans l’oubli ». Un Bruno Julliard pourtant  loin d’être innocent dans l’histoire puisque la CGT culture a aussi pointé les pressions exercées « par les cabinets des élus » (lire ici).

 

Néanmoins devant la gravité de cette situation la mairie de Paris, et jusqu’au plus haut niveau de son administration, a été bien obligée d’admettre qu’un tel rapport « appelle des changements organisationnels d’importance » avec pour commencer la mise en place « d’un plan d’action » sous le contrôle du CHSCT. Une promesse qui pour le moment laissent dubitatifs les partenaires sociaux car dans le même temps, Bruno Julliard, droit dans ses bottes, affirme qu’il continuera de suivre le programme fixé par Anne Hidalgo dans sa feuille de route. Celui même qui vient de révéler qu’elle était génératrice de souffrance au travail pour nombre de cadres de la direction des affaires culturelles.

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

Souffrance au travail à la Ville de Paris : le rapport choc !
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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 08:29

 

ActuaLitté : le 10 juin 2016

 

Le SAMU doit même parfois intervenir

 

Depuis son ouverture, la bibliothèque Jacqueline de Romilly (Montmartre, Paris XVIIIe) présenterait d’évidents problèmes de chaleur et de renouvellement naturel de l’air. Le Syndicat CGT Culture de la Direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris a interpellé Bruno Julliard, premier adjoint au Maire de Paris en charge de la Culture et a placé cette problématique à l’ordre du jour du prochain CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la Direction des Affaires Culturelles, qui se déroulera le 15 juin prochain. 

 

Voilà deux ans que la bibliothèque Jacqueline de Romilly a ouvert ses portes dans le quartier de la porte de Montmartre, dans le XVIIIIe arrondissement de Paris. Et tout autant de temps que les bibliothécaires, le public tentent de faire remonter le problème qui nuit à la réputation du lieu. 

 

Bertrand Pieri, syndicaliste de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, a écrit un article dans lequel il pointe du doigt l’absence totale de mesures prises pour remédier à ce problème d’envergure. Contacté par ActuaLitté, il déplore : « Aucune mesure n’a été prise en deux ans, malgré les plaintes des publics et des personnels, ainsi que les nombreux rapports envoyés. La bibliothèque Jacqueline de Romilly dépend bien entendu de son administration de tutelle. Cependant, celle-ci n’entreprend aucune démarche ».

 

Pourtant, les plaintes dénonçant l’inconfort des lieux, notamment dans les salles de travail du premier étage, dans la salle d’animation ou dans celle qui accueille la petite enfance sont nombreuses. La plupart d’entre elles, émises par les publics, sont consignées dans le cahier de réclamation « QualiParis », ce qui signifie que la Mairie de Paris est au courant des faits. Contacté par ActuaLitté, le bureau des bibliothèques de Paris n'a pas répondu. 

 

Ces derniers temps, alors même que les températures n’atteignaient pas des sommets, trois lecteurs ont eu un malaise, « dont un a été transporté par le SAMU », comme précisé sur le blog du Syndicat CGT Culture de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. « Il est impensable que le SAMU doive se déplacer parce qu'il fait trop chaud dans une bibliothèque ! », s'exclame Bertrand Pieri. Les lecteurs ne sont pas les seuls à souffrir de la chaleur et du manque de renouvellement de l'air. Les bibliothécaires sont les plus touchés : maux de têtes, nausées, sensations de grande fatigue, douleurs aux jambes... Leurs conditions de travail y seraient pour beaucoup. 

 

 

Les malaises se succèdent à la bibliothèque Jacqueline de Romilly (Paris XVIIIe)

                                Bibliothèque Romilly : les secours prêts à intervenir

 

 

La médecine du travail a même été sollicitée l'année dernière et son constat est sans équivoque : « Les conditions de confort thermique et de renouvellement d'air dans cet établissement ne semblent pas respecter les critères compatibles avec la préservation de la santé. » Pour autant, Bertrand Pieri rappelle que la médecine n'est pas « toute puissante. On pense qu'il s'agit d'une institution qui possède beaucoup de pouvoirs, mais il n'en est rien. Tant que l'employeur ne prend aucune mesure, rien ne sera fait ».

 

 « Le problème, dans la conception de ces bâtiments, c’est qu’ils ne comportent pas ou très peu de fenêtres », constate le syndicaliste. « Les grandes baies vitrées qui ne peuvent pas être ouvertes semblent être le nouveau dada des architectes. Le système mécanique sensé réguler le renouvellement de l’air semble quant à lui complètement inadapté, surtout pour des établissements de cette superficie [la bibliothèque a une superficie de 1220 m2, NdR] ». En pleine canicule l’année dernière, la bibliothèque Jacqueline de Romilly avait même dû fermer ses portes le 1er juillet 2015. Le motif : la chaleur et la non-climatisation des lieux rendaient sa fréquentation impossible. Idem deux jours après. 

 

La bibliothèque Jean-Pierre Melville, située dans le quartier des Olympiades, dans le XIIIe arrondissement de Paris avait rencontré un problème quelque peu similaire en octobre 2014. Pendant plus d’un mois, le public et les agents de la bibliothèque ont souffert du manque de renouvellement d’air, causé par une panne de climatisation. Pourquoi ne pas avoir ouvert les fenêtres dans ce cas ? Tout simplement parce que ce bâtiment inauguré en 1983 ne compte que des baies vitrées qui ne peuvent pas être ouvertes. 

 

 « Notre but, c'est avant tout de rendre toute cette histoire publique, de manière plus large », explique Bertrand Pieri. « Ça ne peut plus durer. Il est grand temps que la Mairie prenne des mesures pour atténuer la chaleur régnant dans le bâtiment :  installer des climatiseurs, entreprendre des travaux ou même fermer temporairement la bibliothèque. Mais les choses ne peuvent pas être laissées en l'état », affirme-t-il.

 

Et de poursuivre : « Si rien ne bouge d'ici le 15 juin, les salariés pourront exercer leur droit de retrait, car les représentants du personnel ainsi que le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sont déjà au courant des dangers présents à la bibliothèque ». Comme précisé sur le site du service public, à la rubrique Particuliers, vos droits, « le salarié a le droit d'arrêter son travail sans l'accord de son employeur et, si nécessaire, de quitter son lieu de travail pour se mettre en sécurité. Il n'est pas tenu de reprendre son activité tant que la situation de danger persiste ». Les cartes sont donc dans les mains de Bruno Julliard. 

 

Lire l’article d’ActuaLitté


 

Les malaises se succèdent à la bibliothèque Jacqueline de Romilly (Paris XVIIIe)

                                            - Mince j'ai pas de jeu

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 15:39

 

La direction ne peut pas jouer la surprise puisque dès 2014 les élus du comité d’entreprises avaient fait une déclaration sur l’impact des ondes électromagnétique sur la santé « tant pour les salariés que pour la clientèle »

 

La lettre a été envoyée il y a quelques jours à la direction du magasin Conforama de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) par le délégué du personnel et visiblement les deux parties ne sont pas sur la même longueur d’onde si l’on en croit la teneur de la missive : « en tant que délégué du personnel,  je vous informe que je met en œuvre le droit d’alerte de l’article L2313-2 du Code du Travail concernant l’installation du réseau Wifi dans la magasin» bien que le sujet ai été mis sur table depuis maintenant seize mois. Un comble quand on vend des meubles !

 

Pourtant la direction du magasin du boulevard Victor Hugo était on ne peut plus au courant puisque lors d’un comité d’entreprise en novembre 2014, les élus CFDT avaient fait une déclaration sur l’impact des ondes électromagnétique sur la santé « tant pour les salariés que pour la clientèle du magasin ». Toutefois du côté du Conforama audonien le réseau devait avoir du mal à passer car malgré de multiples relances, la CFDT n’a pu que déplorer « qu’aucune évaluation des risques n’avait été faites à ce sujet ». Gênant. D’autant que l’employeur a, en matière de santé et sécurité au travail, une obligation générale de résultat qui peut engager sa responsabilité civile, voire pénale.

 

Et les syndicalistes de demander « sans délais une enquête commune » avec désignation d’un organisme agrée « pour effectuer des mesures et des analyses du rayonnement des ondes électromagnétiques dans notre magasin ». En cas de refus de la part du magasin Conforama, la CFDT promet de saisir la justice en référé. Et recevoir probablement du soutien sur ce sujet qui ne laisse pas insensible le monde du travail puisque en 2013 plusieurs syndicalistes d'entreprises avaient alors lancé un appel pour réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques sur le lieu de travail (lire ici).

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

Chez Conforama, la CFDT demande le confort pour la santé tant pour les salariés que les clients

Un syndicaliste CFDT de chez Conforama lance un droit d’alerte sur l’installation du Wifi dans le magasin de Saint-Ouen
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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 16:54

 

Le Monde : le 24 janvier 2016

 

Pour certains spécialistes de la santé au travail, les risques psychosociaux ont été instrumentalisés et ont masqué l’enjeu politique des conflits en entreprise

 

Entre 2007 et 2014, la psychologue du travail Lise Gaignard  a rédigé des chroniques à partir d’entretiens menés dans son cabinet. Elle soulignait alors les phrases les plus affligeantes, les retapait, et changeait les prénoms. Aujourd’hui réunis dans un ouvrage, Chroniques de la souffrance au travail, ces textes sont poignants : la psychanalyste a du mal à relire son livre. Elle n’est pas la seule : « On m’a reproché de dire du mal des travailleurs », raconte-t-elle.

 

Si son texte suscite des réactions vives, c’est qu’il critique la dépolitisation de la souffrance au travail : à ses yeux, le changement le plus frappant dans le monde du travail en France n’est pas « la transformation – pourtant importante – des modes de management, ni les catastrophiques techniques d’évaluation pipées, ni la mondialisation. Pour moi, la différence majeure, c’est qu’en France, quand on est victime d’une injustice épouvantable au travail… on demande à aller chez le psy ! ».

 

D’après la psychologue du travail, c’est en 1998 que tout commence, avec la sortie de Souffrance en France, de Christophe Dejours, et Le Harcèlement moral, de Marie-France Hirigoyen. Deux ouvrages qui connaissent un succès retentissant : « Soudainement, tout le monde est harcelé, tout le monde a un pervers narcissique dans son entourage ! Le ministère du travail va même introduire le harcèlement moral dans la loi de 2002. » Lise Gaignard n’a pas de mots tendres pour cette loi qui « arrange les entreprises : pendant qu’on consulte sur les risques psychosociaux, on ne s’interroge pas sur les modalités de production ».

 

Les risques psychosociaux auraient-ils été instrumentalisés ? En tout cas, de nombreux médecins se plaignent d’avoir à régler des problèmes qui relèvent du management plus que de la santé. « Quand on a commencé à parler de harcèlement, c’était miraculeux : finalement, on comprenait ce qui se passait, on pouvait s’en prendre au pervers narcissique », se souvient Fabienne Bardot. Mais cette médecin du travail porte aujourd’hui un regard plus amer sur la question, et refuse de mettre ses patients en inaptitude médicale. « C’est ce que tout le monde leur dit de faire, et c’est grave ! Le problème n’est pas médical, il est lié au travail. Je préfère la rupture conventionnelle : au moins, c’est le salarié qui la demande, qui décide de mettre un terme à une situation qui ne lui convient pas ».

 

Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi. Même après les attentats du 13 novembre, on ne parle que de la souffrance des gens ! On met en place des cellules d’urgence, mais personne ne se demande comment on a pu produire des monstres pareils ».

 

 

Souffrance au travail : oubliez le psychologue !

Si la psychologisation de la souffrance au travail s’est autant développée, c’est aussi qu’elle constitue une niche rémunératrice pour les médecins, consultants et experts qui se sont spécialisés sur la question.« Même les syndicats envoient les salariés chez le psy ! La souffrance ne pousse plus à l’action, elle est vécue de façon individuelle et désespérante », regrette Anne Flottes, auteur de Travailler, quel boulot ! Les conflits du travail, enjeux politiques du quotidien. « Bien sûr qu’il y a des gens qui vont mal et que le travail joue un rôle majeur dans ce malaise. Sauf qu’on utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! », renchérit la professeure de psychologie sociale Pascale Molinier.

 

Le psychologue Yves Clot parle d’une approche hygiéniste des risques psychosociaux, qui transforme la fragilité des situations en fragilité des personnes. Stress, burn-out, pervers narcissique, sont des termes qu’il prend avec beaucoup de recul : « Le vocabulaire est glissant parce qu’il traduit une angoisse sociale d’appeler les choses par leur nom. Il y a quelque chose de profondément déréglé dans le travail. On assiste alors à une obsolescence programmée des mots. On passe des plans d’action contre les risques psychosociaux à la qualité de vie au travail, et pendant ce temps les symptômes s’aggravent ».

 

Le cœur du problème est ailleurs. Il se trouve dans l’impossibilité du travail bien fait. Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l’art se heurtent à des organisations qui sacrifient la qualité du travail, dans tous les secteurs : l’industrie, les services ou encore le milieu universitaire. Ces conflits de critères refoulés viennent s’enkyster dans le corps et la tête de chacun. Le problème devient alors personnel, mais il est politique dans ses causes, tout comme dans ses conséquences.

 

L’auteur de Le travail peut-il devenir supportable ? évoque le cas Volkswagen, « une organisation du travail qui fonctionne comme la Corée du Nord : on ne peut pas parler sous peine d’être éliminé, et on finit par abîmer l’entreprise, ainsi que la planète. Et là, on accorde aux salariés le droit de faire des aveux : c’est le comble de la perversion politique ! On les contraint à ravaler leur expérience, et quand on arrive au drame on leur demande de confesser des tricheries qu’ils ont été amenés à faire justement parce que la parole était censurée ».

 

Lire l’article du Monde

 

Souffrance au travail : oubliez le psychologue !
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 10:40

 

Pauline Veron, l’adjointe en charge de la politique de la ville et…. de la démocratie et de la participation citoyenne, refuse de respecter une décision pourtant votée à l'unanimité par le CHSCT

 

C’est une direction de la Ville de Paris qui porte vraiment bien mal son nom, celui de « démocratie », tant les conflits sont exacerbés entre l’adjointe en charge du secteur, Pauline Veron et les syndicats au sein des instances représentatives des personnels la Direction de la Démocratie,des Citoyens et des Territoires (DDTC). Une direction qui assure entre autres le fonctionnement interne du Conseil de Paris, celui des cabinets des Adjoints au Maire ou encore des relations avec les mairies d'arrondissement et les associations de la capitale. Bref, un secteur sensible du côté de l’Hôtel de Ville.

 

Après un Comité hygiène et sécurité (CHSCT) très mouvementé en novembre dernier qui avait vu Pauline Veron hurler au scandale (lire ici),  on pensait que le conflit allait s’apaiser puisque les organisations syndicales, toutes tendances confondues, avaient fini par obtenir une expertise indépendante avec un cabinet agréé par le Ministère du Travail pour analyser les conditions de travail dans le sevice dit de la politique de la ville (rattaché à la DDTC) et dont nombre d'agents se trouvent en grande souffrance depuis plusieurs années déjà. « Il s’agit d’analyser concrètement les risques organisationnels et la combinaison de ces risques pour les agents : Intensité du travail, l’augmentation de la charge de travail sans moyens suffisants, conflits de valeur... » précisaient ainsi les représentants des personnels dans un communiqué (lire ici). C'était même « du jamais vu à la Ville de Paris pour une reconnaissance de la souffrance au travail et des risques psycho-sociaux » selon les organisations syndicales.

 

Oui, mais voilà, la mairie de Paris a décidé de s’assoir sur les décisions du CHSCT au risque de provoquer une nouvelle fronde sociale, voire de se coltiner une plainte pour « entraves syndicales » en refusant que le cabinet désigné puisse commencer son enquête sur les risques psycho-sociaux dans le service concerné. Selon plusieurs sources, la ville craindrait les conclusions à venir. Et la municipalité socialiste de choisir un cabinet moins regardant pour mieux lui dicter la marche à suivre en prévision des prochaines reorganisations et restructurations. Heureusement que la mairie est désormais dirigée par une ancienne inspectrice du travail...

 

Une procédure qui met même le nouveau cabinet d’expertise dans l’embarras puisque celui-ci a déclaré devant les représentants des personnels « qu’une expertise décidée par les élus du CHSCT ne se passe pas comme cela, et qu’il n’y a pas de comité de pilotage d’habitude ». Pan sur le bec d’Anne Hidalgo et de son équipe. Si le projet budget participatif avec les parisiens, dirigé lui aussi par Pauline Veron et forment médiatisé par la mairie, se passe dans les mêmes conditions ça promet d’être sportif.

 

Enfin détail qui tue : le Conseil de Paris s’est vu présenté une délibération municipale pour commander un logiciel sur la « gestion de la santé au travail et la prévention des risques professionnelles pour l’ensemble des agents de la Ville ». Du pur mergitur. Pas de doute, à la mairie de Paris, le travail est vraiment au bord de la crise de nerf. De quoi relancer les maigres ventes du livre d'Anne Hidalgo, malgré des critiques dithyrambiques (lire ici).

 

Publié également sur Miroir Social

 

 

A la mairie de Paris, le travail est vraiment au bord de la crise de nerf

                       - Pas d'inquiétude les amis, j'ai plein d'exemplaires en stock

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 08:10

 

« En utilisant la batterie de biomarqueurs que nous avons investigué auprès de plus de 700 patients il est désormais possible de caractériser objectivement et d'identifier l'électrosensibilité » déclarent les auteurs de l’étude

 

La question de l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques s’est invitée à de nombreuses reprises dans le débat public depuis l’émergence des technologies sans fils il y a maintenant quelques années notamment dans le cadre du travail. Toutefois, il pourrait bientôt y avoir du nouveau pour les salariés souffrant d’électrosensibillité.

 

En effet, selon une étude du Professeur Dominique Belpomme, publiée dans la revue scientifique Reviews on Environmental Health, il existe désormais des critères cliniques et des marqueurs biologiques permettant de diagnostiquer une électrosensibilité. Une première à ce jour. « En utilisant la batterie de biomarqueurs que nous avons investigué dans cette étude, il est désormais possible de caractériser objectivement et d'identifier l'électrosensibilité et la sensibilité chimique multiple » déclarent les auteurs de l’étude.

 

Selon les données de cette étude de plusieurs années qui porte sur 727 personnes, l’électrohypersqensibillité (ainsi que l’intolérance à de nombreux produits chimiques) implique « une hyperhistaminémie et un stress oxydant liés à une inflammation, une réponse auto-immune, une hypoperfusion dans la région capsulotalamique, une ouverture de la barrière hémato-encéphalique, ainsi qu’un déficit en mélatonine ». Traduit en bon français cela signifie que certains de ces symptômes, comme par exemple une histaminémie anormalement élevée, sont le signe d'une inflammation chronique.

 

« Il s’agit d’un phénomène inflammatoire qui siège dans le cerveau, une neuro-inflammation induite par les champs électromagnétiques. Ce n’est pas une maladie psychiatrique ou psychosomatique » a ainsi précisé Dominique Belpomme au mensuel Santé Magazine. Malgré les controverses de ces dernières années l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques semble d’ailleurs de plus en plus prise au sérieux par le corps médical. « Aujourd’hui, 30 % des malades nous sont adressés par des médecins. Le corps médical commence à bouger. Nous avons une liste d’environ mille praticiens qui nous ont adressé ou ont pris en charge des patients et ils remplissent eux-mêmes les demandes de reconnaissance du handicap » rappelle le professeur Belpomme.

 

Un handicap qui vient aussi d'être reconnu par la justice. Selon le journal Libération, une femme, qui expliquait être réduite à l’inactivité à cause du syndrome d’hypersensibilité électromagnétique s’est vu allouer une allocation adulte handicapé par les juges des contentieux de l’incapacité de Toulouse, lesquels ont  évoqué une « restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi ». Là aussi une première, du moins en France.

 

En tout cas, ces dernières avancées médicales issues de l'étude menée par le Professeur Belpomme devraient intéresser au plus haut point les représentants des personnels et médecins du travail qui interviennent au quotidien sur cette nouvelle question de santé au travail. Certains d’entre eux étaient même à l’avant-garde car il y a près de trois ans, des syndicalistes d'entreprises aussi variées que la RATP, la Ville de Paris, France-Télécom, Géodis, Renault, Bayard-Presse, Arkema ou encore le groupe L'Oréal avaient lancé un appel pour réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques sur le lieu de travail (lire ici).

 

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Les causes de l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques identifiées par une étude scientifique

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 16:47

 

Une véritable onde de choc pour ces questions sensibles de santé au travail

 

C’était il y a près de trois ans : des syndicalistes d'entreprises aussi variées que la RATP, la Ville de Paris, France Télécom ou le groupe L'Oréal avaient lancé un appel pour réduire l'exposition aux ondes électromagnétiques sur le lieu de travail (lire ici). Depuis cette question sensible de santé au travail a aussi poussé la porte des tribunaux.

 

En effet, selon le journal Libération, pour la première fois en France, une femme, qui expliquait être réduite à l’inactivité à cause du syndrome d’hypersensibilité électromagnétique vient de bénéficier d’une allocation adulte handicapé sur décision de justice. Cette aide lui avait été une première fois refusée par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Ariège mais après avoir été saisis, les juges des contentieux de l’incapacité de Toulouse ont donné raison à la requérante en août, en évoquant une « restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi ».

 

Mieux, la décision a été validée en appel cet automne et elle pourrait ouvrir la voie à d’autres. Une affaire similaire est d’ailleurs en cours d’instruction selon le quotidien de la rue Béranger. En 2014, un homme s’était aussi vu accorder une aide par la MDPH de l’Essonne pour ces mêmes maux, mais à l’amiable d'après Libération.

 

La question de l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques s’est invitée à de nombreuses reprises dans le débat public depuis l’émergence des technologies sans fils il y a maintenant quelques années. D’ailleurs dès 2005, l’Organisation mondiale de la santé avait reconnu l’existence de « divers symptômes » liés à l’électrosensibilité. Mais le développement des appareils qui fonctionnent via les ondes électromagnétiques étant devenu exponentiel jusque dans les entreprises ou les services publics, cette problématique est devenue aussi une question de santé au travail.

 

« Il existe une réelle prise de conscience de la part des salariés et nous sommes de plus en plus saisis par les CHSCT pour des demandes d’expertise sur le rayonnement des ondes électromagnétiques. L’utilisation de la wifi et des téléphones portables sont au centre des demandes » avait d’ailleurs déclaré à Bakchich Info Patricia Mouysset du cabinet Technologia, une entreprise d’évaluation et de prévention des risques professionnels agréée par le ministère du Travail.

 

Désormais les syndicalistes sensibles aux effets des ondes électromagnétiques pourront s'appuyer sur plusieurs décisions des tribunaux. Cela pourrait constituer une véritable onde de choc.

 

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