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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:00

 

« Je fais ce métier depuis onze ans et aujourd'hui, j’aimerais pouvoir l'exercer correctement » déplore ce bibliothécaire parisien

 

J’ai 54 ans et je travaille dans le réseau des bibliothèques de la ville de Paris depuis 2005. Je suis entré en tant que contrat aidé, c’est-à-dire par la toute petite porte. J’ai eu ce statut pendant deux ans, puis j’ai été intégré en tant que titulaire après avoir réussi un recrutement sans concours, avec lettre de motivation puis passage devant un jury de professionnels.

 

Auparavant, j’avais travaillé pendant dix ans comme disquaire dans une enseigne bien connue de la grande distribution, puis en tant que correcteur et secrétaire de rédaction dans l’édition et dans la presse spécialisées dans la musique pendant également dix ans. Les raisons pour lesquelles j’ai orienté ma carrière professionnelle dans cette direction sont donc évidentes : j’ai toujours travaillé dans la branche « culture ». Ce que j’ai pu observer dans la pratique de ce métier – que j’aime, je tiens à le préciser – depuis que je l’exerce au sein de la ville de Paris, c’est qu’on nous demande de plus en plus de disponibilité et de capacité d’adaptation (travail le dimanche, amplitude horaire, formation à de nouveaux outils informatiques, à de nouvelles technologies, comme pour les bibliothèques numériques, entre autres, etc.) sans que les moyens et les salaires suivent.

 

À Paris de grands complexes s’ouvrent – notamment les nouvelles « grandes bibliothèques » comme Marguerite Yourcenar (XVe), Marguerite Duras (XXe), La Canopée (Ier), Françoise Sagan (Xe), ouvertes le dimanche et munies d’un parc informatique très conséquent mis à la disposition des usagers –, mais les moyens mis à la disposition des personnels travaillant dans ces « usines » culturelles ne suivent pas. Les primes ne sont pas réellement motivantes, quand elles ne sont pas inexistantes, les postes qui doivent être créés pour travailler dans de bonnes conditions ne le sont pas. Je parle de « parc informatique » c’est qu’il y a de plus en plus une réelle demande du public (et pas que celui ne possédant pas d'ordinateur à la maison) pour l’accès, voire la formation à l’internet et l’outil informatique. Mais cela représente des tâches en plus pour nous, en ne parlant que de cet aspect du métier. Car il y en a d'autres : comme la gestion des problèmes humains, pas des moindres.

 

En effet, nous sommes les seuls endroits ouverts à tous les publics, et ce, gratuitement. Ces publics sont très en demande et pas toujours faciles à contenter. D’autre part, le public a souvent contact avec les personnels dans un cadre d’accueil, ce que nous appelons le service public, mais notre métier est très « multitâches » en fait, et c’est qui ce qui fait beaucoup de son attrait. Mais du fait du changement et de l'évolution du métier le temps imparti pour faire ce travail interne – dans les bureaux, en dehors du service public donc – s'amenuise et on se retrouve à traiter plusieurs « tâches » en même temps. Ce qui implique du stress. En plus des autres problèmes à gérer. Les réels problèmes sont les restrictions budgétaires, et, de fait, la diminution des effectifs, et la dégradation des conditions de travail.

 

Malgré de nombreuses demandes d'augmentation des primes (depuis 20 ans la filière « culture » tient réellement le rôle de la laissée-pour-compte de la ville de Paris au niveau des primes) et des mesures pour améliorer nos conditions de travail, la Mairie de Paris continue de faire la sourde oreille. Mais elle veut imposer l'ouverture de sept nouvelles bibliothèques le dimanche sans donner de réels moyens aux établissements pour le faire dans des conditions « normales », c'est-à-dire avec des effectifs suffisants pour accueillir le public.

 

Par exemple, la bibliothèque Hélène Berr (XIIe) doit ouvrir avec une équipe en réalité restreinte, car le personnel ne pourra pas prendre de pause du tout le dimanche entre l'heure d'ouverture et celle de la fermeture : c'est totalement inacceptable. Des créations de postes pour l'ouverture des dimanches (au minimum) et une augmentation réelle et significative des primes pour que la Direction des affaires culturelles soit réajustée à toutes les autres directions de la ville de Paris. L'ouverture du dimanche est déjà en soi discutable, mais au moins le faire dans des conditions décentes...

 

Il faut que la Mairie de Paris entende ces personnels et engage un vrai processus de changement qui va avec l'évolution du métier. Mais la direction est apparemment fermée à tout dialogue. On a l'impression qu'il s'agit pour eux d'ouvrir de belles et grandes bibliothèques « vitrines » du grand et beau Paris sans mettre les moyens pour que les gens qui y travaillent fassent leur métier dans de bonnes conditions.

 

 

                                    Light's out dans les bibliothèques parisiennes

Je suis bibliothécaire et je refuse de travailler dans une « usine » culturelle
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:08

 

Il est vrai qu'au sujet des conservatoire municipaux parisiens, Bruno Julliard dit vraiment n'importe quoi. C'est même un rapport officiel qui le confirme.

 

Un récent article du Monde sur la réforme des conservatoires parisiens a mis en émoi de nombreux enseignants et musiciens et personnels du secteur. Nous publions la réponse d’un professionnel, de la question aux propos tenus par Bruno Julliard, l’adjoint au maire de Paris en charge (entre autre) de la culture. Il est vrai que sur ce sujet, Bruno Julliard a dit n'importe quoi. Et ce n'est pas nous qui le disont mais rien moins.... qu'un rapport de l'inspection générale de la Ville de Paris. Cette tribune, signée par Gérard Ganvert*, et publiée à l'origine par La lettre du musicien, va nous expliquer pourquoi (par contre les illustrations et les légendes sont uniquement de nous). Alors pour en savoir plus sur les conservatoires de la capitale, ouvrons grandes nos oreilles.


 

             FIAC-2012--Bruno-Juliard20121021 Photo-Christophe-Noel-FMAC

                             - Je crois que je vais avoir bientôt les miennes qui vont siffler...



 

Dans un article intitulé « Conservateurs les conservatoires ? La Ville de Paris veut réformer » (Le Monde du 17 novembre), le premier adjoint et adjoint à la culture de Paris réitère ses anciennes velléités de réforme des dix-huit conservatoires de la Ville de Paris, qui sont des écoles spécialisées comme les quatre mille autres conservatoires français – conservatoires de musique, de danse et d’art dramatique.


En 2013 déjà, derrière la diligente mise en œuvre de la réforme des rythmes éducatifs par la capitale, l’adjoint à la culture avait tenté un premier essai rampant de mutation forcée de ces (ses) écoles d’enseignement artistique (1). Résultat : pour la première fois de leur longue histoire (2), l’ensemble des conservatoires parisiens avaient déclenché deux journées – exceptionnelles – de grève, les 20 mars et 12 juin 2013 (lire ici).
   Dans ce même article, on peut lire qu’une certaine confusion, devenue traditionnelle(3), persiste chez les politiques entre ces établissements – encore une fois « spécialisés » (des écoles) – et des centres d’animation (4).


De fait, on peut se demander quelles compétences ces politiques possèdent en matière de pédagogie musicale, de pédagogie chorégraphique ou de pédagogie de l’art dramatique. D’autant que la Ville vient de recruter – souvent sur simples dossiers adressés aux directeurs – des animateurs (et/ou des élèves !) non ou insuffisamment diplômés, alors qu’elle demande des surqualifications à ses professeurs de conservatoires (exigence de diplômes spécialisés), recrutés par concours.


 

                                                 Bruno Jullliard a les conservatoires en travers de la gorge

 

                  14.02-Bruno-Julliard-930620

                                                           -  Et même jusque là ! 



Ainsi, depuis la fin des années 1970, époque de la municipalisation progressive de la culture en France, l’argumentation avancée se trouve, hélas, toujours la même : d’abord, les conservatoires coûtent toujours beaucoup trop cher (par rapport à quoi, s’agissant d’un investissement culturel et social ?) ; ensuite, ils touchent toujours beaucoup trop peu de monde (par rapport au supposé nombre d’électeurs-clients des élus qui pensent surtout à leur réélection).               

 

Quatre assertions sont relayées dans l’article du Monde : Première assertion. Forts de 20 000 jeunes – et moins jeunes – Parisiens, ces établissements seraient « majoritairement fréquentés par des élèves issus de catégories sociales favorisées » (surreprésentation des quotients familiaux [QF] 7 et 8). C’est tout simplement faux ! Il suffit de lire les pages 15 et 16 du Rapport définitif – Synthèse de l’audit des conservatoires municipaux d’arrondissement, n° 08-24, août 2010, 92 p., réalisé par l’inspection générale de la Mairie de Paris : « Depuis l’instauration des quotients familiaux en 2006, on constate une augmentation des familles aux revenus les plus bas (le QF 1 passe de 4,7 % en 2005-2006 à 5,6 % en 2008-2009) » ; « l’absence de plafond pour le QF 8 […] regroupe ainsi des familles ayant des revenus fortement dispersés » 

 

Deuxième assertion. A cette pseudo-homogénéité sociologique, s’ajouterait « une défaillance du service public d’éducation musicale » liée à un recrutement « très sélectif et très jeune » et « au caractère normé de l’enseignement ». De tels propos, insultants pour tous les personnels enseignants et administratifs, sont quelque peu démagogiques et également faux ! Le rapport cité ci-dessus précise en effet que « les objectifs de la municipalisation ont été atteints » (p. 22), notamment « l’égalité d’accès pour tous et la mixité sociale » : ce dernier objectif « s’est concrétisé dans l’harmonisation des tarifs d’un conservatoire à l’autre avec le vote dès 2006 par le Conseil de Paris d’une grille tarifaire […] d’un montant très attractif par rapport aux tarifs pratiqués par les structures d’enseignement artistique semblables. » (pour voir le rapport de l'inspection, cliquez là)



                                                    La Mairie de Paris en route vers la mixité sociale

 

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                              - Bon mon Bruno, tu commences par les conservatoires...

                                               - Je vais d'abord leur tailler un costard


 

Troisième assertion. Pour réformer, l’adjoint à la culture de Paris voudrait :
• soit retarder « un peu » l’âge d’inscription dans les conservatoires. Cette solution est inefficace (elle a déjà été testée sans succès par d’autres collectivités) et dangereuse, car nihiliste sur le plan psychopédagogique : tout pédagogue, particulièrement dans le domaine artistique, sait que l’apprentissage précoce est fondamental dans la formation de l’enfant ;
• soit multiplier « les passerelles » entre l’école élémentaire et les conservatoires, à partir de l’initiation musicale réalisée dans le cadre de l’aménagement des rythmes scolaires. C’est là une solution confuse et totalement irréaliste sans davantage de moyens, puisque, aujourd’hui, il manque déjà des places pour accueillir tous les candidats à l’entrée directe en conservatoire.

 

Quatrième assertion. L’adjoint à la culture et son directeur des affaires culturelles découvrent :
• que « le maintien de l’exigence n’est pas contradictoire avec la notion de plaisir » !
• que seul 1 % des élèves des conservatoires municipaux deviennent des professionnels. Là aussi, l’argument est fallacieux et contradictoire avec les propos antérieurs ! Il n’existe aucune source connue de ce pourcentage. Mais, si oui, cela voudrait dire que 200 élèves parisiens deviendraient, chaque année, des artistes professionnels et pourraient donc entrer sur le marché du travail musical, chorégraphique ou théâtral : mais c’est un très beau résultat !

• qu’« une partie des conservatoires porte bien leur nom (sic) ». Il faudrait que les élus sachent combien les professeurs de musique, de danse, d’art dramatique sont fiers d’appartenir à un « conservatoire », lieu de tradition et de transmission du savoir-faire (l’art et la technique) ! Comme l’artisan transmet à son compagnon, et cela, même si les techniques évoluent ! Sans ces « maîtres » de la transmission, la création s’étiolera, car elle n’aura plus ni source ni repères : alors, les « amateurs » – au premier sens du terme – seront eux-mêmes incompétents, car non éduqués et sans jugement possible.



                                                         Conservatoires : Bruno Julliard s'est pris un vent

 

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                                                           - Je crois même que c'est un instrument à vent

 

                     
Cet article s’est donc gratuitement fait l’écho de propositions funestes, à terme, pour les dix-huit établissements parisiens et leurs personnels artistes. Les propos qu’il relate, non « sourcés » ni sur le plan politique ni sur le plan journalistique, attestent, de la part d’un responsable politique chargé de faire rayonner la culture d’une grande capitale comme Paris, d’un manque de respect et de considération, d’une méconnaissance du travail et des conditions de travail de toutes celles et tous ceux qui s’investissent et œuvrent depuis bien longtemps pour satisfaire un public en demande d’un enseignement artistique spécialisé de qualité.                    
                   


* Gérard Ganvert, musicien, musicologue et essayiste, est professeur de conservatoire à Paris (depuis 1976) et représentant élu des professeurs du conservatoire Gustave-Charpentier du 18e arrondissement. Il a notamment publié L’Enseignement de la musique en France, Situation – Problèmes – Réflexions (L’Harmattan, 1999).

 


1 Voir « Paris reporte la réforme de ses conservatoires » in LM 431.
2 Les premiers cours municipaux de musique parisiens voient le jour en 1900 (dans le 18e arrondissement).
3 Lire ou relire l’article de l’auteur (in l’édition électronique de L’Education musicale, juillet 2014) : “La confusion de certains décideurs politiques à l’égard des écoles et conservatoires de musique, de danse et d’art dramatique”
4 Relire l’essai incontournable La Crise de la culture de Hannah Arendt, Gallimard, coll. Folio, 1972.

 

 

 

                                           Conservatoires : Le disque préféré de l'adjoint à la culture

 

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Lire aussi

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 14:24

 

« Nous vous prions, Madame, de répondre, et s'il vous est possible, de sortir du silence sans manier la langue de bois » écrivent-ils dans une lettre incendiaire.

 

Les relations sociales se tendent à la Ville de Paris en cette période électorale. Après les agents des équipements sportifs et les personnels des bibliothèques, c’est au tour des professeurs des cours du soir pour adulte de dénoncer leur situation dans une lettre ouverte. Pour ces enseignants, malgré les promesses faites, les relations sociales à la Ville de Paris, sont assez mergitur comme nous le rappelions ici.

 

C’est pourquoi le collectif pour la contractualisation des professeurs de CMA vient d’adresser une lettre ouverture à Anne Hidalgo, favorite au fauteuil de maire de Paris, mais aussi première adjointe dans la municipalité sortante. La charge est lourde pour l’ancienne inspectrice du travail puisque celle-ci est interpellée « sur l'illégalité, en matière de droit du travail, des pratiques de la mairie de Paris » et lui demande de répondre « s'il vous est possible sans manier la langue de bois » pas moins. La voici dans son intégralité.

 

   

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                                                       - J'espère que tu vas répondre !

 

 

« Madame, Le collectif pour la contractualisation des professeurs des Cours Municipaux d'Adultes (CMA) vous interpelle aujourd'hui sur l'illégalité, en matière de droit du travail, des pratiques de la mairie de Paris, car la situation, dénoncée depuis longtemps tant par le personnel que par ses représentants syndicaux et parfaitement connue des responsables administratifs et politiques, devient d'autant plus insupportable qu'elle aurait dû changer par application de la loi n°2012-347 du 12 mars 2012.

 

Bertrand Delanoë ne manque pas de mettre en avant ses actions de déprécarisation. Il  oublie de mentionner que le nombre annuel des « précaires nouveaux » dépasse certainement le nombre des « déprécarisés ». La CGT, après un recensement, estime à plus de 15 000 le nombre de faux vacataires à la mairie de Paris.

 

Certes, avant l'arrivée de l'équipe socialiste, les communiqués auto-satisfaits sur le sujet n'existaient pas : rien n'était prévu pour les milliers de faux vacataires, ces employés qui assurent des missions permanentes mais que la ville embauche abusivement à la vacation – modalité d'emploi légale seulement lorsqu'elle concerne une mission ponctuelle, limitée dans le temps. Comme on nous l'avait déclaré à l'époque, à l'accueil du service des ressources humaines de l'Hôtel de Ville : « Les vacataires n'ont aucune perspective de carrière ». La rime intérieure n'adoucissait pas l'amertume, mais la phrase avait le mérite d'être claire.

 

 

                         Paris:  Avant Delaoë, les communiqués auto-satisfaits n'existaient pas

 

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                                                                  - Jean, mais pourquoi tu m'as rien dit !

 

 

Aujourd'hui, les choses ont changé : on déprécarise a minima (Danielle Simonnet, sur son blog, avance le chiffre de 6%) parallèlement à des embauches toujours massives de vacataires. Combien de faux vacataires ont été recrutés pour mettre en œuvre la réforme des rythmes scolaires ? Tout Parisien fréquentant les bibliothèques municipales peut lire ces affiches-offres d'emploi : « la Mairie recrute des vacataires ».

 

Il s'agit, par exemple, d'animateurs ou de surveillants de cantine. C'est bien connu, les enfants mangent un mois à la cantine, puis ne mangent plus ; la surveillance de la cantine est donc une mission temporaire. De qui se moquent les services municipaux des ressources humaines ? D'une grande partie de leurs employés, chargés d'assurer des services continus et pérennes, dont la ville par ailleurs se plaît à faire la publicité.

 

La Direction des Affaires Scolaires (Dasco) est une des directions parisiennes les plus friandes de faux vacataires. Et pourquoi diable cela changerait-il quand les élus en place, en dix ans, n'ont pas remis en cause cette pratique ? La distorsion est d'ailleurs incontestée, entre ce que la mairie définit comme emploi vacataire, sur son site officiel, et les emplois vacataires effectifs. L'illégalité est devenue criante, insupportable, avec l'entrée en vigueur de la  loi n° 2012-347 du 12 mars 2012, que la mairie de Paris se refuse à appliquer à certaines catégories d'employés, tout particulièrement à ceux qui ont un « petit temps ».

 

C'est le cas pour les professeurs des CMA. Cette institution dispense des cours du soir aux Parisiens depuis le XIXe siècle. C'est dire si la mission est provisoire... Selon les chiffres de la Dasco, sur les 850 professeurs qui forment annuellement 30 000 auditeurs, 500 ne sont pas titulaires de la fonction publique, et sont donc concernés par l'embauche contractuelle.

 

 

                                                 CMA: une institution qui dure depuis le XIXe siècle                              

 

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                                         -  Un provisoire qui dure, c'est pas pour mon ballon qu'on dirait ça !

 

 

Pourtant, en 2007, une trentaine de professeurs seulement ont été contractualisés, sans tenir compte de l'ancienneté. Quant aux 470 collègues restants, dont certains enseignent depuis 20 ou 30 ans, ils n'ont pu que constater les inégalités nouvelles : heures de réunion rémunérées pour les uns, pas pour les autres, heures supprimées pour maintenir en-deçà du seuil (arbitrairement fixé) pour une contractualisation... La médecine du travail ? Le droit individuel à la formation ? Les congés payés ? Pour les faux vacataires, cela n'existe pas.

 

L'indemnité chômage pour compenser l'absence de congés payés l'été ? Ceux qui ont eu l'occasion de demander leur indemnisation au fameux bureau des pensions de la rue Audubon savent la propension de ce service, qui est en passe de devenir à lui seul une légende urbaine, à égarer des dossiers confectionnés à l'aide de dizaines de documents, à notifier des refus immotivés, bref à dissuader quiconque de réitérer une demande.

 

Malgré cette absence de droit, les exigences vis-à-vis des professeurs, depuis 2007, se sont accrues. Le professeur précaire devra ainsi en fin de session se faire évaluer par ses auditeurs, à qui sont posées des questions aussi pertinentes que, par exemple : « Le professeur corrige-t-il les exercices qu'il donne ? » Non, bien sûr, le professeur fait les pieds au mur. Sans doute les lois de la récente « démarche qualité », qui ne nous épargne pas de petite humiliation. Telle est la situation des enseignants. On conviendra qu'ils ne sont guère valorisés.

 

Aux professeurs qui se rendent à leur travail, à 18h30, depuis 20 ans, pour former les Parisiens, et que vous laissez sans contrat de travail, quel message adresserez-vous, Madame? Les enseignants des CMA qui ont demandé par courrier, en 2012, puis une nouvelle fois en 2013, leur requalification en CDI par application de la loi, se sont vu opposer non pas un refus écrit, mais un silence complet. Cela s'appelle du mépris.

 

Mépriser des personnels au point de ne pas répondre à une demande de régularisation qui constitue un tel enjeu pour leur situation professionnelle et personnelle, est indigne de responsables administratifs ou politiques. Le collectif des professeurs, soutenu par le syndicat UNSA, vous a écrit le 19 avril 2012. La lettre reste en ligne sur leur blog. Elle n'a pas reçu de réponse. Ainsi en va-t-il de tous les courriers envoyés aux différents niveaux du millefeuille des ressources humaines. A chaque niveau trône, on peut l'imaginer, une corbeille broyeuse dédiée aux recommandés.

 

 

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                                              -  Z'avez pas vu ma broyeuse ? Mon bureau est tout encombré !

 

 

Nous avons cru que nos démarches aboutiraient : les Verts ont fait pour nous un vœu au Conseil de Paris (8,9,10 juillet 2013). Nous avons rencontré l'élue en charge de la Vie scolaire, madame Colombe Brossel, le 1er juillet 2013, qui nous a promis pour 2014 l'élaboration d'un règlement d'emploi, et pour la fin 2013, 50 contrats équivalents temps plein, devant concerner 200 professeurs.

 

Promesse non tenue : les ressources humaines n'ont pas daigné contractualiser les professeurs en 2013, inversant ce calendrier. Le règlement d'emploi est bien en cours d'élaboration, mais aucun contrat n'a été proposé. Les calendes grecques sont certainement la date envisagée.

 

Après tant de vaines démarches, nous faut-il vraiment attendre quoi que ce soit de votre équipe ou chaque professeur devra-t-il aller devant le tribunal réclamer l'application de la loi ?

 

Nous vous prions, Madame, de répondre, s'il vous est possible de sortir du silence sans manier la langue de bois. Vous engagez-vous, une fois élue, à contractualiser les professeurs des Cours Municipaux d'Adultes ? Et, plus généralement, que ferez-vous pour la contractualisation de la dizaine de milliers de faux vacataires de la ville de Paris ? »

 

Par le collectif pour la contractualisation des professeurs de CMA

 

Publié également sur " Miroir Social "

 

 

 

                         Anne hidalgo sortira-t-elle de son silence sans langue de bois ?

 

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                                                    - Oh, j'utiliserais juste ça !

 

 

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 13:53

 

Un collectif s’insurge contre cette attaque pour l’accès à la culture (et à la lecture) pour les enfants dans les bibliothèques


Par le collectif SavoirsCom1

   

La SACD veut faire payer les heures du conte en bibliothèque ! Protégeons cet usage collectif de la culture !   

Partout en France, les bibliothèques de lecture publique organisent des « heures du conte », au cours desquelles des ouvrages sont lus en groupe à des enfants. Ces animations sont très courantes dans les bibliothèques et elles participent à l’éveil du goût pour la lecture chez les plus jeunes. Jusqu’à présent, cette pratique est restée libre, bien que ces lectures publiques puissent être assimilées à des représentations en public d’oeuvres protégées. 

Mais comme on peut le lire sur le forum de l’Association des Bibliothécaires de France, plusieurs établissements ont récemment reçu des courriers de la part de la SACD, la société des gestion collective des auteurs dans le domaine du spectacle vivant. Cet organisme réclame visiblement que les bibliothèques déclarent la tenue de telles animations et la liste des livres utilisés, afin de les soumettre à une tarification. Ce faisant, cette société manifeste sa volonté de mettre fin à une tolérance admise depuis des décennies, ce qui fragilise la capacité des bibliothèques à jouer leur rôle de médiation culturelle. Rappelons également que les bibliothécaires promeuvent ainsi et depuis longtemps, une diversité et une richesse éditoriale pour la jeunesse dont la France s’enorgueillit.


Ce ne serait pas la première fois que de telles revendications seraient adressées à des bibliothèques par des représentants des titulaires de droits. En Belgique, à partir de 2012, la société de gestion collective SABAM s’est mise elle-aussi à appliquer des tarifs aux bibliothèques organisant des lectures publiques à destination des enfants, pouvant atteindre 1600 euros par an pour de petits établissements.

 

 

                                          Christophe Girard devra-t-il payer pour lire ?

                        Med4.jpg

                                                            - Oumph, j'ai plus les moyens !

 


Au-delà du principe, c’est le procédé employé par la SACD qui s’avère choquant : ses agents surveillent les sites de bibliothèques pour repérer les annonces de tenue d’une heure du conte et envoyer des courriers aux bibliothèques, sans qu’aucune concertation n’ait eu lieu sur ce sujet. Rappelons également que la SACD ne dispose d’aucun mandat général pour représenter l’intégralité des auteurs. Elle ne peut agir que pour les auteurs membres de la société et n’a aucun droit en dehors de ce périmètre.


Les bibliothèques se sont de tout temps constituées comme des lieux de développement des usages collectifs de la culture, qui font intrinsèquement partie de leur mission de service public. Elles aménagent à côté de la sphère marchande un espace d’usages non-marchands, indispensables pour que la découverte de la lecture puisse s’épanouir.


L’approche maximaliste de la revendication des droits d’auteur qui se déploie depuis des années remet en cause la capacité des bibliothèques à remplir leurs fonctions fondamentales. Les achats de livres effectués par les bibliothèques ainsi que le droit de prêt dont elles s’acquittent annuellement constituent pourtant des contributions importantes au secteur de l’édition jeunesse, en particulier pour les éditeurs indépendants. Les bibliothèques favorisent également la création en faisant intervenir des conteurs professionnels devant les enfants. Et grâce à leur inventivité, la formule de l’heure du conte a aussi été renouvelée ces dernières années, sous la forme de lectures numériques utilisant des tablettes ou des ordinateurs.


 

                   1970 mails

                             - Gasp, la formule de l'heure du conte a encore été renouvelée !



Par son attitude, la SACD remet en cause l’équilibre entre le droit des auteurs et les droits du public dans l’usage de la culture. Même si les paiements restent modiques, les modalités que la SACD entend imposer, autorisation préalable des auteurs et déclarations à la société, auront fatalement pour effet de freiner la mise en place de lectures pour les enfants dans les bibliothèques. Est-ce ainsi que l’on favorisera le goût pour la lecture chez les nouvelles générations, alors qu’il s’agit d’un enjeu fondamental de politique culturelle ?


La SACD devrait comprendre que sa conception maximaliste et déséquilibrée des droits exclusifs ne fait que fragiliser un peu plus la légitimité du droit d’auteur. Ce jusqu’au-boutisme de l’usage conçu comme un « préjudice » ne peut qu’engendrer la réprobation. Les auteurs eux-mêmes sont-ils d’accord avec les revendications que l’on adresse en leur nom ?


SavoirsCom1 appelle les bibliothécaires, mais aussi les parents, les élus locaux, les auteurs, les enseignants, en particulier les professeurs documentalistes, les agences régionales du livre et tous ceux qui accordent de l’importance à la diffusion de la culture à se mobiliser pour protéger les usages collectifs que constituent les heures du conte en bibliothèques.


Lire l’appel de « SavoirsCom1 »

 

 

                              600x800 213307

                                                  -  A 1 600 euros ça devient l'heure du compte !

 

 

 

 

 

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Censure dans les bibliothèques: Les tentatives ratées du « Salon Beige » auprès des municipalités 

Ouvrir mieux avant d’ouvrir plus : Quelques arguments essentiels  

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 08:13

 

Elle aussi, l’appel pour ouvrir les bibliothèques le dimanche et le soir l’a beaucoup énervée

 

Ca faisait longtemps que je n'avais pas pété les plombs en direct, non ? En tous les cas, c'est sûr, c'est la première fois de l'année ... Et quel sujet a donc réussi à me faire sortir de mes gonds aujourd'hui ...? ... je vous le donne Emile ... l’appel de bibliothèques sans Frontières pour ouvrir les bibliothèques le soir ou le dimanche. Voui, je vous le dis tout net, moi, je suis contre !

 

Rien d'étonnant, me direz-vous, je suis une affreuse fonctionnaire privilégiée, qui n'a pas envie de travailler plus pour gagner pareil.

 

Je vais vous faire une confidence : une bibliothécaire, ça ne porte pas forcément des lunettes, une jupe plissée et un cardigan gris, mais ça ne porte pas non plus une robe de bure et une tonsure avec chapelet assorti, en d'autres termes, bibliothécaire, c'est un métier, pas un sacerdoce, un métier que j'adore, mais qui reste un métier, auquel je n'entends pas sacrifier ma famille ...  


Parce qu'ouvrir les bibliothèques le soir et le week-end (vous noterez l'utilisation judicieuse du terme week-end, tellement plus fédérateur que le mot dimanche, qui aurait dû être utilisé ici, puisque l'immense majorité des bibliothèques est déjà ouverte le samedi ... et puis quand on met travail ou ouverture et dimanche dans la même phrase, on pense forcément aux magasins de bricolage, en ce moment), forcément, ça veut dire faire travailler les gens qui sont dedans le soir et le week-end ...  

 


                                  Bibliothèques: Comment faire pour ouvrir le dimanche et le soir ?

                                     roboread

                                                                           -  Just do it  !

 

 

Et que quand on a une famille, finir trois ou quatre soirs par semaine à 19h (et donc regagner ses pénates à 20h bien sonnées) et travailler le samedi jusqu'à 18h (je sais que ce n'est pas le cas partout, mais à Lyon, les bibliothèques sont ouvertes jusqu'à 19h les soirs de semaine et jusqu'à 18h le samedi), cela signifie n'avoir plus que le dimanche à passer avec ses proches (une toute petite journée ensemble, sans réveil strident, sans course contre la montre pour que tout le monde soit prêt à temps, sans cris et énervements parce qu'on va encore être en retard, une journée tous ensemble, libre de toute contrainte extérieure ...) ... et que travailler le dimanche, ce sera la fin de cette journée hebdomadaire en famille ...                  

 

Alors, bien sûr, j'entends déjà les voix s'élever pour dire que les étudiants se bousculeront au portillon pour venir bosser le dimanche et les soirs de semaine dans les bibliothèques ... euh, mais l'argumentaires des pro-ouvertures c'est de dire que les étudiants n'ont pas accès aux bibliothèques les jours de semaine en journée parce qu'ils ont cours ou travaillent ...

 

Et puis, quelles communes auront les moyens de recruter du personnel statutaire et qualifié pour faire ces heures en plus ? Qui (parmi le personnel) aura vraiment le choix de dire s'il est volontaire ou non pour travailler les dimanches et soirées ? Est-ce qu'on ouvrira les bibliothèques avec simplement des automates de prêt et retour (ah, les automates, le bonheur en barre pour tout chef du personnel qui se respecte ...) et des vigies pour surveiller les entrées et sorties ?  


Donc, je résume : les bibliothèques en France ne sont pas assez ouvertes ... je suis plutôt d'accord, mais avant d'ouvrir en nocturne et les dimanches, on pourrait peut-être commencer par ouvrir un peu plus tôt le matin (par exemple, je ne connais aucune bibliothèque qui ouvre ses portes avant 10h ... mais cela ne veut pas dire que le personnel ne commence pas avant, simplement, il y a beaucoup de taches à effectuer avant l'accueil du public, et il y a aussi les accueils de public spécifique, notamment scolaires, qui se font en dehors des horaires d'ouverture au public) ... et réfléchir aux journées continues, mais cela signifie bien sûr embaucher du monde, étant donné qu'en France, il y a des lois accordant aux salariés le droit de manger en milieu de journée..  


              
                                    Ils soutiennent l'appel "ouvrons mieux, avant d'ouvrir plus"

               librarian-katherine-case-and-pack-library-bookmobile

                                -   N'écoutez pas ces intellectuels germaprotins, madame !

 

 

Mais d'un autre côté, la tendance n'est pas vraiment à l'embauche de personnel supplémentaire et à l'attribution de nouveaux crédits (une des bibliothécaires de la médiathèque que je fréquente avec les enfants me confiait il y a deux jours que le Conseil Général se désengageait totalement de la bibliothèque cette année, aucune subvention attribuée, et qu'il ne leur resterait que le seul budget municipal pour les achats de l'année ...), donc on fait quoi ?  


En fait, pour conclure, je dirais simplement que je suis contre le travail le dimanche, qu'il s'agisse des bibliothèques, des magasins de bricolages ou des supermarchés ... parce qu'ouvrir des magasins et des services le dimanche, c'est forcément faire travailler des gens, et pas que des volontaires, n'en déplaise à ceux qui vivent au pays des Bisounours, et c'est taillader un peu plus dans les liens familiaux et sociaux (déjà mal en point) en désarticulant l'emploi du temps des familles, en ne laissant plus de temps libre et en commun aux gens pour faire autre chose que consommer, encore et toujours consommer ... que ce soit des biens, des services ou de la culture, cela reste de la consommation, en fast-food, en libre-service, à toute heure du jour et de la nuit, partout ... et ça me rend dingue !  


Merci à Laetitia qui m'a transmis les coordonnées d'un article de Livres-Hebdo qui relaie l'initiative d'un groupement de bibliothécaires et d'usagers réunis sous le nom de Socialnecmergitur, et qui a lancé sa propre pétition en réaction à celle dont je vous parlais : Ouvrir mieux les Bibliothèques avant de les ouvrir plus !

 

Et cette fois-ci, je vous invite à signer et à faire circuler !

 

Lire ce billet publié sur « Lud in The Mist »

 

 

 

                                                La pétition de Bibliothèques Sans Frontières a énérvé

                0000430002 500

                                                                      - Et pas qu'un peu !

 

 

 

 

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Bibliothèques : Ouvrir plus ou ouvrir mieux ?

  

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 08:49

 

Dans la capitale, maintenant même les poètes ont disparu !

 

La culture, si elle n’est pas bling-bling, est décidément bien malmenée en ce moment à Paris. On connaissait les difficultés rencontrées par les bibliothèques municipales - budget, horaires, effectifs - suffisement décrites ici pour que ce soit utile d’y revenir, ou bien la situation des conservatoirres municipaux. Il y a quelques jours c’était la Maison de l’Europe et d’Orient, librairie spécialisée dans les cultures d’Europe de l’Est, du Caucase et de l’Asie Centrale qui était sur le point de mettre la clé sous la porte avec les abandons successifs des pouvoirs publics, dont la Mairie de Paris. Aujourd'hui, c’est un appel à l’aide qui est lancé par le fondateur du festival Poètes à Paris.

    

Ce festival crée il y a sept ans est lui aussi en péril faute d’aide du ministère de la Culture et maintenant de la Mairie de Paris. Le festival, programmé pour le mois d’octobre, n'avait pourtant besoin que d'une subvention de cinq mille euros pour continuer d'exister. Encore trop pour la municipalité, sans doute. Il est vrai qu’à Paris les crédits affectés à la culture, plusieurs dizaines de millions d’euros sont déjà mangés par les projets les plus couteux – CentQuatre, Gaité Lyrique, Théâtre du Rond-point…. Alors à Paris, même les poètes auront bientôt disparu ? C’est semble-t-il les craintes du fondateur de Poètes à Paris, Yvan Tetelbom, à travers la tribune que nous publions ici.                                        


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Créateurs, artistes, relevons la tête avec fierté !

 

Par Yvan Tetelbom, créateur du festival « Poètes à Paris »

 

J’ai fondé et dirige depuis sept ans, une association Poètes à Paris qui bénéficiait de quelques subventions du ministère de la culture (DRAC) et de la mairie de Paris (DAC) jusqu’en 2012. Seule, la région Ile de France s’opposait sans explications, à ce projet. 

 

Ces subventions dont le total cumulé ne dépassait pas les cinq mille euros me permettaient de faire vivre un événement unique à Paris dont la nature est de faire émerger, découvrir, promouvoir le poète vivant et son langage, à travers des rencontres culturelles et artistiques qui draine un public d’environ mille à mille cinq cent personnes.

 

Cette année, toutes mes demandes ont essuyé un refus malgré mes lettres recommandées réitérées au maire de Paris, à son adjoint à la culture, et mes appels téléphoniques incessants à leurs conseillers ou aux responsables en charge des affaires culturelles dans les différents ministères suivis parfois de rendez vous où j'ai exprimé mes attentes, mes espoirs avec force de conviction argumentée.


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                   Un évenement unique à Paris qui draine un public d’environ 1000 à 1500 personnes

 

 

Mais ces responsables ou plutôt ces robots sans âme ni sentiments de toute évidence formatés par leurs écoles, vous répondent avec un sourire figé, prennent des notes, le regard posé sur leurs feuillets, mais la décision est déjà prise en plus haut lieu.

 

Devant cet abandon « politique » de toutes ambitions culturelles au sommet de l’état, le créateur culturel, l’artiste, c’est à dire celui qui ose, crie, accuse, espère, aime, s’indigne, se révolte, est aujourd’hui démuni, comme livré à lui même entre renoncement et engagement impérieux de poursuivre sa démarche dont il sait qu’elle est nécessaire pas seulement à lui même mais aux autres, à la jeunesse surtout.

 

J’appelle tous les créateurs, les artistes, dont les projets tel le mien, sont désormais malmenés, voire assassinés par l’état, à s’organiser, à relever la tête avec fierté, à faire front commun pour enrayer cette destruction programmée du bien culturel, témoin d’un héritage commun, source de représentation qu’une société a d’elle même, vecteur de cohésion sociale sans lequel un pays mais surtout la France, n’aurait plus d’avenir.

 

Pour tout savoir sur le festival Poètes à Paris, lire ici

 

 

                                              Alors à Paris, même les poètes auront bientôt disparu ?


                              mission-9---L-ame-des-poetes.jpg

                                                   Ah, Paname, c'était toute une époque !

 

 

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 08:46

 

La RFID dans les bibliothèques : Une technologie plus rapide, plus pratique mais pas moins contraignante.


Par le colectif "Livre de papier"


Après l’installation de la RFID et des bornes de prêt automatique dans les bibliothèques parisiennes, un argumentaire critique contre cette technologie a été diffusé à l’initiative du collectif  “Livre de papier”, composé de lecteurs, bibliothécaires, libraires, traducteurs ou éditeurs. Un article qui, bien que sous un angle différent, est à mettre en regard du bilan fait dans les bibliothèques aussi bien à Paris (lire ici) qu'en Bretagne (lire là). Pour continuer le débat, voici donc le texte dans son intégralité.

 

"L’automatisation du prêt franchit une nouvelle étape avec l’instauration de bornes de prêt automatique, dans les bibliothèques parisiennes. Grâce à ces bornes, finies les files d’attente (encore que…), finies les erreurs humaines (mais vive les bugs !) et finie l’obligation d’être aimable avec celles et ceux qui nous rendent service. Mais terminée aussi la chaleur du contact humain, envolés les conseils sympas des bibliothécaires qui nous renseignent sur nos emprunts, et très bientôt… terminé aussi avec les bibliothécaires, avant que la bibliothèque elle aussi ne ferme ses portes pour rouvrir sur googlebooks.fr ou toute autre plate-forme dont on ne cesse de vanter l’exhaustivité et l’efficacité (sans même parler de sa juteuse rentabilité !).


Le monde qu’on ne cesse de vouloir nous vendre, censé être plus pratique et plus rapide, obéit en réalité à une double volonté : créer de nouveaux marchés (comme lorsqu’une entreprise privée est payée par les pouvoirs publics pour installer du matériel électronique) et réduire la masse salariale (un vigile prendra la place de dix bibliothécaires avec des bornes de prêt efficaces).


Et si pour chaque salarié-e remplacé-e par des machines, la pilule est déjà difficile à avaler, des pans entiers de personnels seront finalement dépossédés des savoir-faire qui les rendait utiles et compétents. Non seulement la machine ne vous fera jamais de sourire, mais c’est ainsi que chaque métier d’aujourd’hui en vient à devenir purement mécanique et répétitif, jusqu’à être vidé de son sens initial : les magasiniers ne sont désormais plus considérés que comme des manutentionnaires au service des machines gestionnaires des livres, et leur connaissance du fonds se perd, tout comme l’ancien savoir-faire des artisans a disparu avec les immenses chaînes de production des usines, véritables bagnes industriels modernes. Plus l’on intègre les savoir-faire professionnels dans des machines, plus les salarié-e-s deviennent remplaçables, c’est-à-dire délocalisables, jetables et donc corvéables à merci.      

 

Enfin, la logique de la numérisation a besoin de chevaux de Troie (telles les bornes de cette bibliothèque ou les puces RFID servant à tracer chaque livre), pour s’insinuer au cœur de la chaîne du livre : les magnats de l’édition électronique (qui sont parfois aussi marchands d’armes) rêvent de profits colossaux grâce à la numérisation intégrale des fonds papier, sans se soucier des éditeurs et libraires, mais aussi correcteurs, imprimeurs, diffuseurs, etc. qu’ils fragiliseront puis démantèleront sans coup férir. Le livre électronique, que les industriels tentent de nous imposer depuis plusieurs années (pour l’instant sans réel succès), vise à transformer le monde de l’écrit en société du zapping numérique généralisé. Il suffit de se rendre au salon du livre pour y voir ces commerciaux en costard vendre leurs e-book comme s’ils étaient au salon de l’auto, tout en faisant croire que les profiteurs sont les éditeurs.

 

                                Elevator-Pitch cr

                                              "  Avec cet e-book, je vous propose un monde parfait ! ........"

 

Pourtant, une partie de ces derniers reste encore vaille que vaille passionnée, attachée à l’objet livre en tant qu’il est créateur de lieux d’échanges et d’espaces collectifs, au premier rang desquels figurent les librairies et les bibliothèques – ces dernières étant fréquentées par une personne sur deux en France en 2006.

 

Ainsi, à l’inverse de la démagogie populiste faisant d’Internet le contrepoint populaire des librairies et bibliothèques élitistes, nous pensons que le livre est au cœur des possibilités d’émancipation collective et d’élévation culturelle : les bibliothèques, véritables lieux de mixité où se croisent des hommes et des femmes de tous âges, de toutes classes et de tous horizons, sont un des derniers outils de diffusion et de réappropriation collective des savoirs, là ou le numérique ne fournit que des contenus vidés de leur sens à des individus isolés devant leurs écrans. « Élitaire pour toutes et tous » pourrait être notre mot d’ordre, puisque nous persistons à préférer les savoirs, potentiellement émancipateurs, aux contenus, bien souvent interchangeables voire abêtissants.


Le mythe libéral de l’accès au savoir égal pour toutes et tous, sur lequel surfe la déferlante numérique, oblitère le fait que nul-le ne peut prétendre n’avoir pas accès à suffisamment de livres (il suffit de se rendre dans la moindre bibliothèque pour se convaincre qu’on n’aura jamais le temps d’en lire assez), alors que la question de la connaissance pose en réalité celle de la transmission, c’est-à-dire de l’éducation à l’écrit, revendiquée par tous les mouvements d’émancipation antérieurs à Internet : le réseau nous apprend en fin de compte davantage à glisser à la surface des idées qu’à les comprendre et à savoir s’en imprégner pour penser par soi-même.


Le Web et le futur livre numérique permettraient d’accéder à tout !? Mais que lira-t-on alors ? Rien, ou plus probablement rien de ce qui s’apparente aujourd’hui au livre, dans lequel on s’immerge longuement, patiemment et tranquillement, en dehors de la société des flux incessants et tourbillonnants d’e-mail, messages msn et autres textos qui nous happent à chaque instant dans leur propre temporalité.


La télévision a contribué à détruire le lien social, et on nous fait croire que l’informatique, en nous simplifiant la vie, va le recréer ? Quand on s’apercevra que le numérique a encore appauvri les relations et échanges collectifs, qu’inventera-t-on pour « recréer » à nouveau du lien social et poursuivre toujours plus loin la spirale d’un monde en perpétuelle déshumanisation."

 

Article également disponible sur le site " Les Carnets de la Phonothèque"

 

 

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                                     " ....... Et moi aussi, avec cet automate ! "

 

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 13:53

 

Médiapart: Le 30 Mai 2012. Par Valérie de Saint-Do

 

À la politique culturelle parisienne, ses obligés reconnaissants envers Christophe Girard (et même très reconnaissants !)

 

Une douzaine de directeurs de théâtres, de lieux et de festivals ont cru bon de publier dans Le Monde un éloge de la politique culturelle parisienne dans un style révérencieux que l'on eut cru réservé aux odes à Ben Ali, ainsi qu'un vibrant appel au maintien de Christophe Girard au poste d'adjoint à la culture de Delanoë. Pourquoi tant de zèle?

 

Disons le tout de go, la liste des signataires choque. Bien sûr, on y relève le nom d'un ancien collaborateur de Christophe Girard, Guillaume Descamps, et l'inévitable Jean-Michel Ribes, infatigable VRP de sa personne. Nul ne s'étonnera d'y voir les patrons de la Gaité Lyrique, du 104, du Théâtre de la Ville, du Théâtre Monfort, des Nuits Blanches, de la Maison des Métallos même si l'on crut un moment Philippe Mourrat capable d'esprit critique. Quand à François Grosjean, directeur du Grand Parquet, bel équipement mobile qui fait un travail de proximité apprécié dans le quartier Stalingrad/ La Chapelle (XVIIIème arrondissement), il ne fut pourtant pas toujours des mieux traités par la mairie centrale. Son relogement aux jardins d'Éole vaut-il allégeance?

 

C'est bien le mot qui convient, à lire cette tribune qui pourrait illustrer la définition de "vassalité" dans le petit Robert, tristement révélatrice des moeurs féodales qui régissent le monde de la culture. Tous les signataires sont des obligés et winners de la politique culturelle de Bertrand Delanoë. Cela ne retire rien à leurs qualités intrinsèques (que l'on appréciera différemment pour chacun), ni au travail qu'ils effectuent dans leurs établissements. Mais cette missive renvoie clairement à leur dépendance au suzerain menacé dans son fief.

 

                                                  culture 2

                                                          " Pour avoir des subventions, c'est par là  ! "

 

Car suite à l'arrivée de Dominique Bertinotti, maire du IV ème arrondissement de Paris, au gouvernement, Christophe Girard doit la remplacer à la tête sa mairie, comme le prévoit la loi. Ce qui est normalement incompatible avec sa fonction d'adjoint à la mairie centrale.Il a demandé à Bertrand Delanoë une exception à cette règle jusqu'en 2014.  Et voilà pourquoi les dévoués serviteurs se mobilisent "spontanément"... (On constatera avec amusement qu'une politique culturelle "exemplaire" s'accommode d'un cumul de fonctions anormal. Les mauvaises langues ajouteraient qu'avec son poste de directeur de la stratégie à LVMH, cela fait beaucoup..)

 

L'ennui, c'est que même les signataires  ne croient pas à ce qu'ils écrivent, pour les plus lucides au moins (d'autres, victimes de l'idéologie de la concurrence libre et non faussée qui fait aussi ses ravages dans la culture croient ne devoir leur poste qu'à leur excellence.)

 

Car si la politique culturelle de Paris est exemplaire, c'est de toutes les tentations d'instrumentalisation qui guettent les maires d'une grande ville: obsession des équipements au détriment des équipes, concurrence du rayonnement, priorité donnée à l'événementiel et au prestige sur le travail de fond.

 

Nuançons. La politique culturelle parisienne ne se réduit pas à la Nuit blanche, aux établissements dirigés par les signataires; elle eut même des lumières d'ingéniosité en confiant le poussiéreux carré Monfort à l'équipe des Arts Sauts ou en créant le Grand Parquet. Elle a sa part d'invisible loin des sunlights avec l'excellent boulot du réseau de bibliothèques- hélas peu soutenu ( voir à ce sujet un texte de la CGT qui vise très juste ).

 

Elle put faire preuve d'audace, au moins dans le premier mandat, avec la légalisation – au prix de la normalisation parfois – de certains squats, ou la place nouvelle donnée aux arts de la rue... Mais depuis quelques mois, elle avance dans une direction uniforme: l'écrasement des anciens lieux par les nouveaux, du tiers état de la culture par ses grands féodaux, et des artistes et acteurs engagés par les managers. La soumission aux exigences d'un marketing culturel auxquels on soumet même ce qui devrait relever du service public. Et la priorité donnée à la "culture de capitale" sur la culture dans la ville (même si le Grand Parquet, et dans une moindre mesure, le Monfort et les Métallos sont l'exception qui confirme la règle).

 

                                                                 culture 1

                                          " Je tire mon chapeau à cette formidable politique culturelle"

 

La logique à l'oeuvre est d'une banalité consternante. Comme tout nouvel élu, Bertrand Delanoë a voulu imposer sa marque, visible. Cela passe toujours par l'obsession du bâti. Rénovation du 104, dont on connut les vicissitudes et qui s'il trouve son rythme de croisière et conquiert un public a toujours quelque peu de mal à s'imposer dans son quartier populaire (était-il judicieux de créer un équipement de cette taille et de ce coût si près de la Villette?) Rénovation de la Maison des Métallos, Trois baudets ressuscités, Gaité lyrique dédiés aux arts numériques après une gestion de plus chaotiques... Ajoutons une manifestation à grand succès comme les Nuits blanches et nous avons les deux mamelles de la culture Girard/ Delanoë: nouveaux équipements "visibles" et événementiel.

 

Fabriquer du prestige a un coût... matériel et moral. Outre les dépenses d'investissement, un lieu exige un budget de fonctionnement(1)...  et surtout, des objectifs et du sens. On ne reviendra pas par charité sur les désastres de la première équipe du 104. Après une phase d'augmentation forte des budgets culturels(2) (ce dont on ne peut que se féliciter), le maire de Paris a décidé de les plafonner en fin de mandat.

 

Or, les gros équipements sont dans une logique implacable d'augmentation des dépenses, ne serait-ce que par l'application des conventions collectives; il va donc falloir, dans la logique populaire, déshabiller Pierre pour habiller Paul. L'ennui, c'est que Pierre, en l'occurrence, c'est le pauvre. C'est le Lavoir moderne parisien, sacrifié après 35 ans d'action artistique passionnante et rebelle à la Goutte d'or. C'est le Théâtre Paris-Villette, - mieux loti, certes que bon nom nombre de "tiers lieux", mais bénéficiant d'une aura nationale pour la qualité et l'audace de sa programmation, et qui n'a aucune assurance pour son financement à partir de 2013.

 

C'est La Forge de Belleville, ancien squat dont on évince l'association TRACES, par la calamiteuse procédure des appels d'offres toujours profitable aux habiles ficeleurs de dossiers, et où l'on parachute l'équipe du Point éphémère, plus connue pour son flair immobilier que son souci des artistes et du public. Et le projet aussi pharaonique que dispensable de la Philharmonie (alors que le public de la musique classique se réduit comme peau de chagrin) risque de ne pas arranger les choses.

 

Pire: cette logique d'équipements gourmands en moyens de fonctionnement s'accompagne d'une dilution même de la notion de bien commun et de service public. Les grands équipements tels que le 104 et la Gaité lyrique sont tenus à des obligations de résultats drastiques en matière de financement privé.

 

Or chacun sait que loin de l'image du mécène romantique et désintéressé, les entreprises qui abondent aux budgets des établissements culturels ne le font que par souci de leur communication. L'argent va systématiquement à ceux qui en ont déjà, aptes à fournir un retour sur investissement d'image. Sans parler du mélange des genres qui voit un Patrick Zelnik, PDG de la maison de disques Naïve aux pratiques sociales douteuses et fervent lobbyiste anti-Hadopi, présider la Gaité lyrique avec le représentant du Troisième Pôle,  agence omniprésente  d'"ingénierie culturelle" (ces excroissances parasitaires du monde de l'art qu'il serait de salubrité publique d'éradiquer). Ou Philippe Lemoine, PDG des Galeries Lafayette, présider des débats "sociétaux" au Théâtre du Rond-point financé par ailleurs par une filiale de la FIMALAC présidée par le trés sarkozyste Marc Ladreit de Lacharrière, patron entre autres de l'agence Fitch...

 

                                                   culture 3

                                                 " Où est ce que je pourrai gratter d'autres subventions ? "

 

Au fait, ce public, que l'on ne traite même plus en usager, mais en client, qu'en pense-t-il? Il est peu charitable de comparer la douzaine de soutiens (prestigieux certes) de l'adjoint à la Culture des quelques 3000 signataires des soutiens au Lavoir moderne parisien et 6000 au Paris Villette.

 

Car bon nombre de Parisiens se soucient d'une authentique diversité culturelle réellement menacée à Paris: celle des théâtres d'arrondissement (tiens, qu'est devenu le rapport de Bernard Faivre d'Arcier qui constatait que la Ville les laissait vivoter?), des lieux atypiques tels que la Maison d'Europe et d'Orient ou l'Avant rue. Les zélateurs zélés de Christophe Girard n'ont d'ailleurs pas daigné soutenir leurs confrères, à une exception près (François Grosjean): confraternité et solidarité s'arrêtent là où commence l'intérêt bien compris et la concurrence libre et non faussée. Ils rendent le pire service qui soit aux artistes et aux acteurs culturels. Au moment où le populisme ravageur s'en prend aux "artistes officiels", aux "copinages", aux "connivences", leur déférence conforte cette image. Pour le plus grand profit de ceux qui ne rêvent que de laisser l'art à la main invisible du marché.

 

Dommage d'ajouter ainsi la lâcheté à la flagornerie. Nul n'est obligé, bien sûr, de mordre la main qui le nourrit...  ni de se couvrir de ridicule en la léchant avec autant de servilité.

   

1.Précisons toutefois que les budgets des différents établissements dirigés par les signataires sont trés disparates, par exemple entre 9,5 millions d'euros pour la Gaité lyrique (dont 4, 5 millions d'euros de subvention de la Ville), 2, 6 euros pour la Maison des Métallos (75% de subventions) , 1, 3 million pour le Monfort (900000 euros de subvention de la Ville).

 

2. Le budget consacré à la culture par la Ville de Paris est, en pourcentage, inférieur au moins de moitié à celui de grandes viles telles que Nantes ou Lille.

 

Lire l'article de "Médiapart"  

 

 

                                        culture 4 

                                                        "  Alors, elle est pas belle cette flagornerie ? "

 

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 08:33

 

Tribune Libre   Un texte de Francis Mizio*

     

Non à la fermeture de la bibliothèque Morland


Je suis un écrivain, mais aussi un citoyen, un quidam, qui doit tout aux bibliothèques de prêt. Je leur suis viscéralement attaché. Enfant aux parents guère fortunés,  j'ai usé mes pantalons dans les bibliothèques municipales de ma ville. Plus tard salarié, déjà, pas assez rémunéré dans les années 80-90 j'ai écumé le catalogue de la  bibliothèque d'entreprise réservée au personnel de la grande banque parisienne pour laquelle je travaillais.  Aujourd'hui encore, -et toujours, et plus que jamais, et résolument-, je hante tout ce qui est bibliothèque et médiathèques de ma ville, de musées, d'administrations, d'entreprises, même.

 

J'ignore si la bibliothèque financée par la banque et son comité d'entreprise de l'époque existe encore. Je doute, mais je le souhaite vraiment. On dit que chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Je viens d'apprendre que la ville de Paris voulait supprimer la bibliothèque Morland, réservée au personnel de la ville. La ville de Paris brûle donc ses bibliothèques. Sans doute l'idée de donner accès à la culture à des employés est-elle une idée de vieillard -de ceux qui firent en 1945 le service public, la sécu, l'éducation, et j'en passe.

 

                                                                       mizio

 
Les employés de la ville de Paris ne devront que produire, travailler et ne plus pouvoir se cultiver sans écorner leurs faibles rémunérations. On savait déjà au titre du terme étrange de "volumétrie" que la ville de Paris veut se séparer de milliers de livres. La volumétrie va donc atteindre l'accès à la culture des salariés. Lire, c'est sans doute désobéir. Lire c'est sans doute coûter de l'argent.  Donner à lire, donner du sens, c'est sans doute plus onéreux que de répandre du sable sur des quais pour amuser une galerie de passants.

 

C'est à la bibliothèque de prêt qu'enfant j'ai emprunté le roman de Ray Bradbury : "Fahrenheit 451". Des pompiers y brûlent des livres. Ils font des tas dans la rue et les enflamment. A Paris, on va carrément éliminer des rayonnages. C'est plus radical, plus rationnellement froid, sans doute. On fera un hôtel ou un supermarché. On fera de l'argent grâce à la revente du lieu. Avec le reste on communiquera sur papier glacé et sans doute parlera t-on dans ces pages aux mots creux de Paris, Ville de Culture.

 

Le service public -ho ! le méchant mot- est en train de crever sous la bêtise et la cupidité. Le service public, l'éducation générale, le respect de chacun, et même de ses salariés, voudrait qu'on s'élève toujours plus.

C'est une histoire de dignité. Encore un vilain mot, sans doute.

Le projet de fermeture de la bibliothèque Morland est indigne. Comme de nombreux autres écrivains je suis signataire de la pétition. Je vous engage à faire de même.

 

Francis Mizio

 

Ce texte est également paru sur le site du "Nouvel Observateur".

Le site de Francis Mizio est là.

Lire aussi une autre tribune publié en 2008, où le Salon du livre et celui de l'agriculture pourrait ne faire qu'un.

 

* Francis Mizio, né à Melun en 1962,  a écrit près d'une vingtaine de romans et nouvelles. Il est l'un des nombreux auteurs qui ont participé à la série "Le Poulpe". Pour voir sa bibliographie.

 

Sur le même sujet:  

Des écrivains au secours de la bibliothèque Morland !

L'enjeu des bibliothèques: Une chronique de Pierre Marcelle

 

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 10:00

  

 

Bibliothèques : Christophe Girard souhaite des ouverture très tardives

 

L'adjoint au maire de Paris chargé de la culture, Christophe Girard, se déclare favorable à des ouvertures très tardives mais aussi le dimanche pour toutes les bibliothèques de la Ville de Paris. " Mon souhait le plus cher pour les bibliothèques est qu'elles ouvrent toutes le dimanche dans quelques années avec quelques nocturnes" a t-il déclaré dans le magazine "En Vue" tiré à 30 000 exemplaires et distribué gratuitement par la Ville de Paris. Il est vrai que durant cet interview, Monsieur Girard a été, continuellement, poussé dans ses derniers retranchements.

 

                                                   girard 1

                                                         "Ma detemination est intacte"                             

 

 

Christophe Girard, qui a annoncé ses ambitions pour la Mairie de Paris  dans "L'Express" du 1er septembre se retrouve donc sur la même ligne politique que la droite parisienne  qui avait déposé un voeu en ce sens au le Conseil de Paris du mois de juillet. Cela promet un débat animé dans la perspective des prochaines échéances municipales.

 

Bon, on sait déjà que ces projets d'ouverture dominicale ne concerneront par la future médiathèque qui est prévue sur l'emplacement de l'ancien hôpital Saint Lazare, car le projet est reporté pour cause de restrictions budgétaires  selon "Le Monde"  daté du 17 juillet.

 

Reste que pour rajouter un jour d'ouverture pour la soixantaine de bibliothèques il faut compter dans les 150 à 200 recrutements supplémentaires et ce, alors que la médiathèque Yourcenar, inaugurée il y a trois ans et qui ouvre le dimanche est en sous-effectifs chronique et a du se mettre en grève  au mois de juin. Bref, c'est pas gagné ! 

 

 Quand aux "quelques nocturnes", c'est minimum deux fois par semaines et pas avant minuit.

 

On en attendrait pas moins de la part de l'inventeur des fameuses et dispendieuses "Nuits Blanches" !

 

  

Sur le même sujet:  

Le Parisien: Remède de cheval pour la culture à la Mairie de Paris

Christophe Girard: Objectif Lune !

                                        

 

 

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